Blu-ray Jaquette de : Sémélé (Bartoli, Scharinger)

Distribution

Interprètes
  • Cecilia Bartoli
    Semele
  • Anton Scharinger
    Cadmus, Somnus
  • Liliana Nikiteanu
    Ino
  • Thomas Michael Allen
    Athamas
  • Charles Workman
    Jupiter
  • Birgit Remmert
    Junon
  • Isabel Rey
    Iris
  • Chorus of the Opernhaus Zürich
Mise en scène
Robert Carsen
Chorégraphie
Philippe Giraudeau
Orchestre
Orchestra La Scintilla of the Zürich Opera
Chef d'orchestre
William Christie
Réalisation
Felix Breisach
Origine
Zürich Opera House
Année
2007

Informations techniques

Durée
154'
Nombre de disques
1
Zone/Région
Zone ALL
Éditeur
Decca
Distributeur
Universal Music Classics
Date de sortie
06/06/2011

Vidéo

Couleurs/N&B
Couleurs
Format images
1.78
Codec/Standard vidéo
AVC
Résolution vidéo
1080i

Audio

Version(s) sonore(s)
5.0 DTS HD Master Audio
Stéréo PCM
Sous-titres
•  Allemand
•  Anglais
•  Chinois
•  Espagnol
•  Français

Sémélé (Bartoli, Scharinger) Blu-ray

Semele

Note générale : 9/10

George Frideric Handel

Opéra


Cecilia Bartoli dans le rôle-titre de Sémélé, et William Christie à la tête de La Scintilla constituent de prime abord une distribution qui nous incite à l'intérêt voire même à la bienveillance. Le visionnage de cette production zurichoise mise en scène par Robert Carsen nous donnera raison. Quant au support Blu-ray, il ne pourra qu'ajouter la superbe facture d'images Haute Définition au plaisir musical.

 

Charles Workman et Cecilia Bartoli dans <i>Sémélé</i>.  Photo © Suzanne Schwiertz

 

L'importance des rôles écrits par Handel met l'accent sur les voix graves féminines. Pour cette Sémélé enregistrée en 2007, William Christie a su s'entourer d'une distribution intéressante et efficace.

Cecilia Bartoli dans une robe dessinée par Patrick Kinmonth pour <i>Sémélé</i>.Largement dominante par l'envergure musicale du rôle-titre et par son interprétation, la mezzo-soprano colorature Cecilia Bartoli a le don de ne pas étaler son savoir-faire de manière inconsidérément virtuose. Elle incarne en Sémélé toute la panoplie des sentiments humains, mais jamais avec excès, et c'est là sa grandeur. Les invraisemblables déploiements de vocalises destinées à caractériser l'autosatisfaction et la vanité de la Scène du miroir (Acte III, tableau 2), suivis d'un nouvel abattage de petites notes en présence de Jupiter, mais dans un sentiment tout autre (no. 57), ne laissent pas l'auditeur indifférent face à une virtuosité gratuite. Car Handel les a placées au service de la futilité, de l'autorité abusive et de l'ambition démesurée. En plus de leur pouvoir illustratif, Cecilia Bartoli prend le parti de les habiter davantage en jouant ces scènes avec adresse et même retenue malgré son tempérament bouillonnant. Aucune extravagance, aucune mimique inutile, et même parfois de l'humour.
On sait que la virtuosité vocale à l'état pur nécessite une concentration extrême. Cecilia Bartolli la transfigure avec un art consommé et sans faille. Son chant reflète la perfection et le naturel, seul apanage des très grands artistes qui savent aller au-delà des écueils techniques de l'interprétation afin de les faire oublier. Les aigus sont amenés piano, les graves sont enrobés, le médium est brillant et l'absence de vibrato respecte l'esthétique baroque. Sa scène finale sera criante de vérité.
En vérité, cette Sémélé est une partenaire redoutable pour les autres artistes de la distribution…

Liliana Nikiteanu interprète le rôle d'Ino.Mezzo-soprano également, mais bien différente, Liliana Nikiteanu interprète Ino, la sœur de Sélémé, et possède un débit sonore assez faible. Ses fins de phrases semblent souvent comme mangées par un orchestre pourtant à l'écoute. Une bouche ouverte de laquelle paraît ne sortir aucun son, sans doute par excès de nuances, revient périodiquement. Mais sa longue robe noire et ses cheveux blonds l'aident indéniablement à incarner une femme fatale. Son jeu de scène restera sobre, comme son chant.
L'épouse "officielle" de Jupiter, Junon, a été habilement profilée par le compositeur. La chanteuse allemande Birgit Remmert reprend à son compte l'épouse jalouse et vengeresse dans le même registre vocal grave. Sans verser dans la caricature outrée, la prestation est très convaincante. Les premiers tableaux des Actes II et III, ainsi que le second tableau de ce dernier, lui appartiennent. Si la voix manque quelque peu de brillant et de fluidité, elle parvient néanmoins à compenser par un jeu de scène remarquable. Elle forme avec sa confidente Iris - la soprano Isabel Rey transformée pour l'occasion en secrétaire fofolle et maladroite - un duo comique inattendu dans cette tragédie, mais irrésistible et tout à fait à sa place.
L'aisance vocale d'Isabel Rey ne laisse planer aucun malaise, pas davantage que ses talents d'actrice : son personnage de vieille fille scrupuleuse à lunettes confrontée à des situations qu'elle rend inconfortables nous réjouit par ses réactions improvisées et improbables.

 

Isabel Rey (Iris) et Birgit Remmert (Junon).

 

Moins immédiatement séduisants, les rôles masculins accusent le coup face au talent de leurs consœurs.

Charles Workman (Jupiter).Sans doute le meilleur des chanteurs, et malgré son importance dans l'action scénique, Charles Workman (Jupiter) ne daigne se faire entendre qu'à partir du no. 28 à l'Acte II. Son "Lay your Doubts and Fears aside" met en avant un registre ténor bien timbré, charmeur et délicat, sachant s'adapter afin de pouvoir exprimer autant le dieu protecteur que l'amant passionné, imprudent et inquiet, et l'immortel en proie aux sentiments humains.
Quant à Athamas, il trouve en Thomas Michael Allen un ténor très léger, avare de couleurs. Son unique air à la fin de l'Acte I (no. 16) se montre terne. L'émission étroite et nasale de la voix s'avère peu séduisante et convaincante. Sa présence durant tout cet Acte d'ouverture ne fera que nous inciter à nous intéresser aux autres interprètes.
Eu égard aux petits rôles de Cadmus et Somnus (le Roi et le Dieu du sommeil) qu'il interprète, Anton Scharinger offre l'occasion de se faire remarquer par une imposante voix de baryton-basse apte à nous faire tendre l'oreille et à donner corps à ces quelques mesures.

 

Liliana Nikiteanu (Ino) et Cecilia Bartoli (Sémélé).

 

On ne nourrira aucune réserve face à la mise en scène, sobre et efficace. Fort heureusement pour le public contemporain, perruques, bas blancs, chaussures à boucles, décors pompeux et machineries tape-à-l'œil n'ont plus guère leur place dans les productions baroques actuelles. La réelle modernité du metteur en scène Robert Carsen n'est ici tempérée que par un rappel chronologique du mobilier peu ou prou contemporain de Handel et par les habits royaux. Mais rien ne fait allusion à l'antiquité romaine et à ses dieux.
L'aspect discrètement fantastique de certaines situations propres à la mythologie se déroule hors de scène - l'enlèvement de Sémélé, l'envol de Junon, la métamorphose de la reine, le sommeil de Somnus… - et trouve un substitut de bon aloi à ces invraisemblances d'un autre âge. Ainsi, l'humour vient-il à notre secours pour justifier et expliquer le départ subit de Sémélé, et la beauté plastique transcende l'irréalité de l'arrivée à la caverne de Somnus.
Réinterpréter le livret original en rajoutant un sens supplémentaire à une situation représente un pari osé. Mais il fonctionne ici à plein régime : une scène dramatique peut devenir comique, un passage longuet bénéficier d'une double lecture grâce au talent des interprètes, ou la fin devenir ouverte grâce à ce que l'on voit et qui n'est pas écrit. Ces choix sont assumés, parfaitement intégrés, et le public participe et valide en applaudissant à tout rompre.

 

Scène finale de <i>Sémélé</i> mis en scène par Robert Carsen à l'Opéra de Zürich.

 

La superbe qualité des images met encore plus en valeur le jeu des lumières et des couleurs de cette production. Sur un fond noir, impénétrable et omniprésent, qui semble nous rappeler sans cesse que nous assistons à une tragédie, ressortent l'intensité des bleus et la violence des rouges en une traînée rayant le sol ou ponctuant la scène de taches éblouissantes émises par les livrées des valets ou les tapisseries des sièges.

William Christie.Est-il utile de rappeler l'excellence de la direction d'orchestre de William Christie, lequel a délaissé ses Arts Florissants pour la Scintilla de Zürich ? Si certaines stars de la baguette vieillissent mal, le constant investissement personnel du chef au service d'une musique qu'il adore et le fait qu'il n'extrapole pas son talent dans des périodes où son art n'aurait pas le même impact, prouve le contraire. Tenant en même temps la basse continue du clavecin, son impétuosité s'annonce dès les premières secondes. Les récitatifs vivent, les tics baroqueux comme les soufflets sont remplacés par des accents sur les temps forts qui fuient toute mièvrerie. L'orchestre suit ce fil d'Ariane interprétatif, auréolé de couleurs franches sans être crues, douces sans être doucereuses, toujours de façon opportune. Par exemple, la scène de l'orage, dans le genre énergique, ne trahit aucun manque d'engagement !

Certes, la partition sans cesse vivante, vibrante et vivace peine à faire oublier un texte à la morale douteuse bien inscrite dans le contexte de l'époque. Mais c'est grâce à de telles productions, de plus soigneusement éditées, que l'avenir de l'opéra baroque sera assuré. Car le respect musicologique de l'original et l'actualisation intelligente et signifiante du passé s'allient pour le meilleur.



Également disponible en DVD

Nicolas Mesnier-Nature

Suppléments du Blu-ray

Aucune.

Bande-annonce du Blu-ray

Critique Images et Son du Blu-ray

Images

Les éclairages soignés de Robert Carsen et Peter van Praet sont superbement rendus par ce master vidéo fortement contrasté. Les couleurs se montrent assez saturées et la variété des matières comme l'éclat magique des bijoux se donnent en spectacle pour le bonheur des yeux. Les ambiances scéniques sont globalement sombres mais la Haute Définition permet de scruter avec confort les zones difficiles car peu éclairées.

Son

La piste stéréo excelle à rendre les attaques des instruments baroques et la bonne séparation exprime une ouverture assez large pour donner au spectateur une agréable sensation d'espace. Les chœurs sont bien intégrés et les voix solistes trouvent une place naturelle au-dessus de l'orchestre bien qu'un peu trop timides.
La piste multicanale 5.0 (et non 5.1, comme inscrit sur la jaquette !) remédie instantanément à cette réserve en projetant les voix de façon comparable à une acoustique de salle de théâtre et permet d'en apprécier la beauté des timbres et des harmoniques de manière évidente. L'orchestre bénéficie également d'une plus value indéniable quant à la précision et exprime une dynamique bien supérieure. La réverbération bien dosée permet enfin l'immersion du spectateur dans une optique très naturelle. Une réussite !

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