Blu-ray Jaquette de : Salome

Distribution

Interprètes
  • Nadja Michael
    Salome
  • Michaela Schuster
    Herodias
  • Thomas Moser
    Herod
  • Joseph Kaiser
    Narraboth
  • Michael Volle
    Iokanaan
  • Daniela Sindram
    Page to Herodias
  • Christian Sist
    First Soldier
  • Alan Ewing
    Second Soldier
  • Vuyani Mlinde
    A Cappadocian
  • Pumeza Matshikiza
    Slave
  • Adrian Thompson
    First Jew
  • Maertyn Hill
    Second Jew
  • Hubert Francis
    Third Jew
  • Ji-Min Park
    Fourth Jew
  • Jeremy White
    Fifth Jew
  • Iain Paterson
    First Nazarene
  • Julian Tovey
    Second Nazarene
  • Duncan Meadows
    Naaman (Executioner)
Mise en scène
David McVicar
Chorégraphie
Andrew George
Orchestre
The Orchestra of the Royal Opera House
Chef d'orchestre
Philippe Jordan
Réalisation
Jonathan Haswell
Origine
The Royal Opera House, London
Année
2008

Informations techniques

Durée
112'
Nombre de disques
1
Zone/Région
Région ALL
Éditeur
Opus Arte
Distributeur
DistrArt Musique
Date de sortie
02/07/2010

Vidéo

Couleurs/N&B
Couleurs
Format images
1.78
Codec/Standard vidéo
AVC
Résolution vidéo
1080i

Audio

Version(s) sonore(s)
5.0 DTS HD Master Audio
Stéréo PCM
Sous-titres
•  Allemand
•  Anglais
•  Espagnol
•  Français
•  Italien

Salome Blu-ray

Salomé

Note générale : 7/10

Richard Strauss

Opéra


Opéra de tous les excès, la Salomé de Richard Strauss peut à la fois servir l'ambition d'un chef d'orchestre, celle d'un metteur en scène ou bien d'une soprano. Cette production enregistrée en février 2008 à la Royal Opera House tente de trouver sa voie en s'adjoignant le réalisme d'une action historique contemporaine.

 

Thomas Moser (Hérode), Michaela Schuster (Hérodias) et Nadja Michael (Salomé).  Photo © Clive Barda

 

Il faut du souffle pour mener à bout cette œuvre complexe. Ce grand bloc symphonique, où cinq scènes s'enchaînent sans interruption, demande la présence d'un grand chef. Philippe Jordan, fils du défunt Armin, prend à bras-le-corps la partition, lui insufflant dynamisme et puissance. Avec un orchestre dépassant la centaine d'exécutants, Strauss a tissé un ensemble de leitmotivs destinés à illustrer musicalement une intrigue au demeurant très simple. Philippe Jordan ne semble pourtant pas prendre appui sur ces thèmes qui suffisent à transformer l'orchestre en un énorme commentaire musical basé sur des repères d'événements essentiels : motif de Salomé, de Iokanaan, du désir, de la vengeance, de la tête de Iokanaan ou du baiser. À aucun moment le chef ne semble articuler son texte en fonction de leur apparition. Une vision globalisante domine ainsi au détriment d'une cohérence intratextuelle. Mais le ton général reste heureusement juste ; la fameuse pause symphonique de la Danse des sept voiles en est un bon exemple.

Michael Volle (Iokanaan).  Photo © Clive BardaL'orientalisme de pacotille écrit par Strauss, avec ses formules mélodiques éculées tournant à la valse de salon, ne peut être évité qu'en complicité avec une mise en scène avançant dans la même direction. De fait, le metteur en scène anglais Davis McVicar a su contourner le problème tant par la direction des artistes que l'utilisation de l'espace. La scène est divisée en deux parties. Les trois quarts nous montrent les sous-sols d'une demeure luxueuse : un grand escalier tournant sur la partie droite communique avec le quart supérieur où Hérode reçoit ses invités. Les murs sales carrelés de blanc laissent apparaître une tuyauterie rouillée. Des urinoirs, un évier, des bouteilles empilées et des chaises sont baignés d'une ambiance crue de cave, tandis qu'une lumière bleue descend de l'escalier et filtre par les soupiraux. La fameuse citerne où se trouve enfermé Iokanaan se situe sur la gauche. Ressemblant à une énorme plaque d'égout dont la grille est mue par des chaînes, elle conduit mentalement à un troisième espace d'où sortira la voix du prophète. Elle illustre en quelque sorte un niveau supplémentaire, invisible, de notre subconscient. Dans ce monde souterrain du sous-sol évoluent gardes, serviteurs et prostituées.

Uniformes militaires, mitraillettes, coiffures, robes de soirée, habits de gala : les costumes évoquent les années 1930. Deux mille ans après le déroulement historique de l'action, il semble pourtant que rien n'ait changé. Esprits dominateurs, décadence des mœurs, droit de vie ou de mort des chefs, courtisanerie, abus de pouvoir et indifférence à la souffrance sont indissolublement liés à la lâcheté, à la peur et à la soumission. La gangrène de cerveaux malades, ivres de plaisirs interdits et décalés, franchit sans complexe les époques historiques.

 

Michael Volle et Nadja Michael.  Photo © Clive Barda


Afin d'incarner ces personnages à la lourde hérédité, de bons acteurs doivent tenir la scène avec force, et c'est le cas ici. Les chanteurs s'emparent de leur rôle avec une conviction communicative. Hérode et Hérodias ressemblent à de gros bourgeois repus et libidineux, tandis que le capitaine amoureux Narraboth est assez fade en face d'un Iokanaan-colosse imposant. Mais tout tourne finalement autour de Salomé. Sa frêle silhouette légèrement vêtue développe avec intelligence et sans caricature outrancière tous les excès de son rôle : regard félin et séduisant, sombre et menaçant, extatique et dérangé, elle passe la moitié de son temps par terre, rampant, assise ou couchée. Toujours en mouvement, sa gestuelle ne se fige que lorsqu'elle ne chante pas.
Un personnage muet omniprésent impose également sa silhouette inquiétante sur le plateau : le bourreau. Portant un long sabre, vêtu d'une capote militaire, il finira entièrement nu et recouvert de sang lorsqu'il apportera la tête dégoulinante du prophète. Cette scène très réaliste, sans aucune ambiguïté, magnifie l'horreur devant une foule écœurée. Salomé finira elle aussi dans une grande robe blanche maculée de sang.

Duncan Meadows (Naaman, le bourreau) et Nadja Michael.  Photo © Clive BardaCe réalisme très premier degré est heureusement pris à contre-pied par la fameuse Danse des sept voiles. Pour ce faire, David McVigar s'ingénie à symboliser ces voiles par sept pièces, témoins de la vie passée de Salomé, illustrant les moments clés de son existence qui ont fait d'elle cette hystérique érotomane perverse. À l'aide d'un système de décors coulissants, nous voyageons dans le temps et nous apprenons sa relation trouble avec son beau-père Hérode. Dès l'enfance, symbolisée à l'aide d'une poupée, Salomé se trouve face à une psyché très symbolique en jouant avec un voile, rappel thématique discret de l'accessoire de la danse. Viennent ensuite un essayage de robe, la citerne illuminée de l'intérieur puis le pas de valse avec Hérode. La garde-robe, le lavement lui aussi symbolique face à un évier, toujours en présence d'Hérode et le retour de la citerne sur laquelle Salomé évolue développent le désordre mental de la jeune femme.

L'Histoire biblique raconte qu'Hérode fit tuer Philippe, son frère, afin de prendre sa place auprès d'Hérodias. Iokanaan l'ayant averti qu'il n'était pas possible d'épouser la femme de son frère, Hérode le fit enfermer. On peut supposer qu'en remontant le temps, Philippe se trouvait lui aussi dans la même citerne que le prophète. Ayant vécu cela, Salomé associe mentalement son père Philippe à Iokanaan. Dans un tel contexte, toute l'ambiguïté de ces situations troubles entraînera une brisure morale sur la jeune Salomé.

La distribution vocale de la présente captation se montre homogène. Pourtant, la volonté des chanteurs ne leur suffit pas toujours à s'imposer face à un orchestre parfois couvrant. Le ténor Joseph Kaiser (Narraboth), en amoureux de Salomé transi, obéissant et incompris, ne laisse pas vocalement un souvenir marquant. Dans la même tessiture, Thomas Moser (Hérode) incarne en revanche avec talent un autocrate paranoïaque, doté d'une ligne de chant mielleuse ou anxieuse bien conduite. Mais la vedette masculine demeure sans conteste le baryton Michael Volle (Iokanaan). Puissante, violente, moralisatrice ou accusatrice, sa voix se plie à toutes les facettes du personnage.
La soprano Nadja Michael suit le même chemin en théâtralisant au maximum le personnage de Salomé et son chant suit les contours suggestifs de l'écriture complexe de Strauss. Tout à tour séduisante, enjôleuse, haineuse et vindicative, la mise en scène vocale est extrême. Ses aigus restent tendus, mais l'hystérie du personnage légitimise aussi cela. Il faut aussi reconnaître que ses nombreux déplacements associés à des positions de chant inconfortables compliquent l'émission vocale.

 

Nadja Michael.  Photo © Clive Barda

 

Au final, le pari de transposer Salomé une trentaine d'années après sa date de composition dans une atmosphère très connotée est tenu.
Le piège d'une mise en scène à la vision orientalisante en toc est parfaitement évité afin de laisser place à une historicité toujours d'actualité.



Lire le test du DVD Salomé au Royal Opera House

 

Retrouvez la biographie de Richard Strauss sur le site de notre partenaire Symphozik.info.

Nicolas Mesnier-Nature

Suppléments du Blu-ray

En HD et en anglais stéréo PCM, avec sous-titres français, allemands, espagnols et italiens :


- Synopsis illustré.
- Photos du casting.
- David McVicar : A Work in progress. Ce riche documentaire sur le travail de mise en scène de Salomé invite le spectateur à suivre les diverses étapes qui conduiront à la première.
Le réalisateur Nigel Wattis nous permet ainsi d'être témoin de réunions de travail et de répétitions, de la construction de décors suivie de la mise en place des chanteurs dans l'espace ou de la démonstration d'effets spéciaux.
Il ressort de ce témoignange une ambiance de travail quasi familial palpable dans sa générosité.
Un modèle du genre…  (51')

 

Bande-annonce du Blu-ray

Critique Images et Son du Blu-ray

Images

Les contrastes lumineux imaginés par Wolfgang Göbbel afin de partager la scène en plusieurs ambiances étaient déjà très bien rendus par le DVD de ce programme.
Mais les qualités observées sur ce support se hissent avec ce Blu-ray au niveau de la Haute Définition. Une grande précision s'invite ainsi sur les visages, les textures des costumes et des décors, tandis que les plans généraux conservent un détail perdu en DVD.
Les couleurs étaient remarquables ; elles le demeurent bien sûr mais gagnent en vie et s'expriment dans un univers mieux contrasté à la profondeur de champ tout aussi nourrie.

 

 

Son

La piste stéréo s'exprime avec détail et brillance sur l'orchestre mais se montre un peu trop sourde sur les voix. D'où cette légère sensation d'écrasement et de valorisation moindre par rapport à un orchestre rutilant et omniprésent.
Avec le mixage multicanal, la cohérence de la salle est parfaitement reproduite. Les voix se détachent avec naturel et conservent leurs couleurs au premier plan d'un orchestre brillant et pourtant bien plus sonore, ventilé de façon à constituer un écrin dynamique au service de l'orchestration straussienne. L'encodage sonore HD se montre, en outre, encore plus précis et fin que le DTS plein débit du DVD. Le choix de cette option sonore s'impose sans l'ombre d'une retenue.

 

 

Note technique : 10/10

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Michael Volle

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