DVD Jaquette de : Les Garçons du Lido

Distribution

Interprètes
  • Andy Griffith
    Danseur
  • Pierre Rambert
    Directeur artistique du Lido
  • Anki Albertsson
    Meneuse de revue
Réalisation
Louis Dupont
Origine
France
Année
2010

Informations techniques

Durée
55'
Nombre de disques
1
Zone/Région
Zone ALL
Éditeur
Epicentre Films Editions
Distributeur
Arcadès
Date de sortie
19/10/2010

Vidéo

Couleurs/N&B
Couleurs
Format images
1.78
Format vidéo
16/9 compatible 4/3
Codec/Standard vidéo
PAL

Audio

Version(s) sonore(s)
VF stéréo DD
Sous-titres
•  Anglais
•  Français

Les Garçons du Lido DVD

Note générale : 8/10

Documentaire


La caméra de Louis Dupont se penche sur le corps de ballet masculin du Lido, et plus particulièrement sur le jeune danseur Andy Griffith et sur Pierre Rambert, Directeur artistique, que nous avons récemment interviewé pour Tutti-magazine. Portraits à la fois intimistes et réalistes d'artistes pour lesquels la valeur travail n'est pas un vain mot.

Ne nous y trompons pas, la jaquette du DVD de ce documentaire montrant le danseur Andy Griffith allongé de façon lascive sur un lit de plumes n'a que peu de rapport avec la réalité du travail de danseur montré ici. Après un documentaire sur la natation synchronisée masculine et avant un futur film sur les boxeurs, il est vrai que le réalisateur Louis Dupont poursuit avec Les Garçons du Lido, une recherche qu'il qualifie lui-même de quasi-obsessionnelle sur le corps masculin. Mais la teneur de son travail dépasse de beaucoup le simple côté formel pourtant défendu avec esthétisme.

 

Les danseurs du Lido répètent un tableau de la revue Bonheur.

 

Andy Griffith est le personnage central du film. Ce jeune danseur athlétique a été choisi par le réalisateur et nous le suivons dans son quotidien de danseur du Lido, mais aussi dans certains axes de sa vie personnelle qu'il partage avec franchise. En contrepoint, les interventions de Pierre Rambert, Directeur artistique du Lido et créateur de la revue Bonheur dans laquelle danse Andy, apportent une profondeur de pensée, fruit d'une expérience sincère qui trouve à s'exprimer avec des mots d'une vraie richesse.

Pierre Rambert, Directeur artistique du Lido.Dès le début du film, le réalisateur installe une dialectique entre les corps des danseurs en mouvement au cours d'une répétition, et la présence de Pierre Rambert, pensif près d'une fenêtre. Le documentaire, continuellement, montrera ce vrai travail qui aboutit au spectacle, mais aussi une forme de solitude qui semble accompagner nombre de protagonistes.

La première voix entendue est celle de l'annonce faite aux danseurs qui se préparent en coulisses avant l'entrée en scène : "Attention, s'il vous plaît, le rideau dans 15 minutes !". Le ton est donné.

 

 


Stuart MacGhee, maître de ballet du Lido.Échauffements, puis répétitions derrière le rideau alors que des musiciens accompagnent le dîner dansant des spectateurs qui ont choisi la formule de soirée avec repas.
Nous faisons connaissance avec Stuart MacGhee qui, avec Jane Adamik, seconde Pierre Rambert. Tous deux  font entre autres travailler le corps de ballet. Les danseurs doivent être précis, le geste ne souffre pas de mauvais placement. Ici comme dans n'importe quelle compagnie de danse, on travaille dur, on transpire et on tente d'accéder à une forme de perfection que l'on sait par avance très fugitive.
Face caméra, Andy Griffith se confie. Il est né pour le music-hall. C'est sa vie, sa respiration qui le conduit à un enchaînement que l'on sent jubilatoire de 10 personnages différents en 1h45 de spectacle deux fois par soir, six jours par semaine.
Le son du documentaire est traité avec grand soin. La musique, presque sérielle spécialement écrite par Damien Salançon ou celle, richement orchestrée de Jean-Claude Petit pour la revue Bonheur, ponctuent le film de belle façon. Mais, avant tout, le souffle des danseurs, les comptes des maîtres de ballet, les froissements de tissus dans les coulisses et tous ces petits bruits qui hantent traditionnellement les théâtres, nous plongent dans cet univers backstage que la voix bien timbrée de Pierre Rambert ponctue régulièrement.

 

Andy Griffith (de dos) et Jonathan Forte-Scannapieco.

Andy Griffith.













C'est un peu du quotidien des Lido Boys Dancers que nous partageons avec ce documentaire. Un quotidien basé sur un travail réellement physique, sur la persévérance et la quête du "mieux possible".
Ainsi, Pierre Rambert doit-il adapter sa mise en scène aux exigences de l'inspection du travail qui demande de revoir la position des danseurs autour du grand élévateur lorsqu'il est en fonction. On sent le metteur en scène hésitant, à la recherche d'une solution. Le spectacle est de fait en perpétuelle évolution. Car, non seulement il est fait pour durer une dizaine d'années, mais surtout, il est vivant ! Par ces instantanés de situations, c'est un peu du quotidien de la compagnie que nous appréhendons.

Anki Albertsson, meneuse de la revue.Puis, pose de faux-cils pour la chanteuse vedette du spectacle Anki Albertsson. Au moment où nous écrivons ces lignes, elle a été remplacée par Carien Keizer. Louis Dupont, par un montage intelligent, montre par petites touches le lien subtil de complicité qui existe entre la meneuse de revue et les danseurs. On ressent à la fois le profond respect qui les lie, mais aussi une empathie évidente. La chanteuse parle, du reste, spontanément de ce soutien des danseurs dont elle a besoin pour assurer quotidiennement ses deux représentations.

Andy Griffith.  Photo © E. LanuitLe moindre petit espace en coulisses sert à s'échauffer, à se changer, à échanger… De petites phrases anodines attestent d'une connivence, voire d'une reconnaissance. On sera touché par cette attention portée à l'autre lorsque Andy lui tend un accessoire de scène avant de se servir lui-même.

Andy Griffith confie la fierté qu'il ressent à côté d'une jolie fille portant talons et strass. Pierre Rambert, lui, parlera avec justesse de ce point de rencontre un peu flou du féminin/masculin dans son spectacle ou, au contraire, des moments ou le "X" s'affirme autant que le "Y".

Les extraits de la revue Bonheur sont le plus souvent filmés sous un angle original, proche des danseurs ou des techniciens qui s'affairent, à l'opposé de la vision que pourra enregistrer le spectateur installé dans la salle.
Si le corps du danseur masculin est au centre du travail du réalisateur, le rapport au corps est également abordé par le biais de confidences sincères comme le rejet d'un corps trop maigre à l'adolescence, immédiatement contredit par l'image du travail accompli durant des années pour le transformer.


Lorsque Andy Griffith est entré au Lido, il assurait environ deux spectacles par semaine. Aujourd'hui il danse six jours par semaine. La condition physique doit être excellente. On verra un peu plus tard Andy venir trouver son capitaine car il s'est blessé en dansant et voudrait être dispensé d'un numéro fatiguant. Il devrait se reposer. Nous n'assistons pas à l'échange de paroles mais le voyons se préparer à entrer en scène…

Pierre Rambert et Andy Griffith.  Photo © E. LanuitPour autant, les gestes quotidiens du Lido ne sont pas oubliés : les bouteilles de Champagne plongées dans les seaux remplis de glace, les cuisiniers qui s'activent en cuisine ou les serveurs qui récupèrent les desserts sur un grand passe-plat. Mais nous sommes très vite orientés dans un axe de profondeur assez inattendue. "Nous sommes notre propre question tous les jours", dira Pierre Rambert. Et la caméra de capter une forme de mélancolie, de solitude. Celle du danseur qui se projette en permanence dans un avenir qu'il sait limité par le temps, le vieillissement du corps, la perte des facilités.
Des danseurs auditionnent et c'est le difficile moment de la sélection ponctuée par la mesure de la taille. Tout se déroule dans un parfait respect des individus.
Dernier retour dans les coulisses. Pierre Rambert arpente le couloir d'un pas rapide et déterminé, distribuant à chacun ses remarques : Jonathan a perdu sa cape, il faut changer les collants de Stéphanie, une costumière était en retard pour habiller Laura pour le tableau Fatale… Une nouvelle fois, rien n'est laissé au hasard.

 

L'exigence est là, comme l'air qu'on respire, mais toujours accompagnée d'une compréhension humaine de ce qu'est un danseur. En conclusion nous retiendrons les paroles d'Andy : "Aujourd'hui je suis heureux… 50 % car je suis seul. Mais je vis ma passion à 100 % !".

Avec ce film, nous le comprenons, être danseur au Lido, c'est un métier, un travail, mais avant tout une passion.

 

 











Cliquez ici pour lire
l'interview de Pierre Rambert,
Directeur artistique du Lido

 

Philippe Banel

Suppléments du DVD

Particulièrement riche, elle propose en VF stéréo DD :


Louis Dupont.
- Entretien avec le réalisateur. Louis Dupont situe son documentaire comme le troisième volet d'une série dédiée au corps masculin et nous parle de ses débuts avec une caméra Super 8. Sa personnalité discrète paraît moins à l'aise devant la caméra que derrière et il faut un moment avant de le voir se livrer. Il décrit alors son obsession pour l'image des corps et l'aspect formel si important dans ses films. L'interview alterne avec des extraits de ses réalisations. (22')



 

Jane Adamik.- Rencontre avec Jane Adamik. Nous suivons cette ancienne Bluebell entrée au Lido à 24 ans, et aujourd'hui maîtresse de ballet, aussi bien lors d'un entretien d'évaluation avec le danseur Jonathan Forte-Scannapieco, que lors de répétitions. Elle explique en outre la structure du ballet et parle avec connaissance des danseurs de la compagnie. On la retrouve aussi en pleine discussion sur les costumes avec Andy Griffith. La personnalité de Jane Adamik déborde d'une humanité qui n'empêche aucunement la vigilance inhérente à son statut. Une belle personne en vérité. (31')

 


Bruce MacArthur.- Entretien avec Bruce MacArthur, ancien danseur aujourd'hui en charge de la logistique pour Sidaction. Il revient sur ses 14 années de Lido et confie avec pudeur de généreux souvenirs tant professionnels que personnel. Une certaine nostalgie marque ces propos. (18')


- Galerie de photos.


- Filmographie du réalisateur.


- Bandes-annonces, dont celle du documentaire.



Bande-annonce du DVD

Critique Images et Son du DVD

Images

Le montage alterne superbes cadrages et prises de vues caméra à l'épaule plus instables. Mais nous sommes ici plongés dans un contexte de réalisme qui y trouve son compte. La palette de couleurs se montre particulièrement agréable (remarquables teintes chair, éclats des costumes), la définition s'avère probante sur les gros plans, et le tout se trouve soutenu par des noirs intenses permettant des contrastes à même de servir au mieux les extraits du spectacle.

 

Son

Ce mixage naturel nous fait partager assez subtilement les bruits des coulisses comme les paroles échangées avec une belle clarté. Les interviews qui émaillent le documentaire et les bonus du DVD bénéficient d'un rendu très intelligible mais la voix parlée sature un peu parfois. L'ouverture stéréo joue à plein dès lors que la musique de Jean-Claude Petit est diffusée en accompagnement des extraits de la revue Bonheur.

 

Note technique : 8/10

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Mots-clés

Lido
Pierre Rambert

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