DVD Jaquette de : Tannhäuser

Distribution

Interprètes
  • Stephen Milling
    Hermann
  • Stig Andersen
    Tannhäuser
  • Tommi Hakala
    Wolfram von Eschenbach
  • Peter Lodahl
    Walther von der Vogelweide
  • Kjeld Christoffersen
    Biterolf
  • Peter Arnoldsson
    Heinrich der Schreiber
  • Jens Bruno Hansen
    Reinmar von Zweter
  • Tina Kiberg
    Elisabeth
  • Susanne Resmark
    Venus
  • Ioannis Marinos
    Ein Knabe
  • Royal Danish Opera Chorus
Mise en scène
Kasper Holten
Chorégraphie
Signe Fabricius
Orchestre
Royal Danish Opera
Chef d'orchestre
Friedemann Layer
Réalisation
Uffe Borgwardt
Origine
Royal Danish Opera
Année
2009

Informations techniques

Durée
201'
Nombre de disques
1
Zone/Région
Zone ALL
Éditeur
Decca
Distributeur
Universal Music Classics
Date de sortie
04/07/2011

Vidéo

Couleurs/N&B
Couleurs
Format images
1.78
Format vidéo
16/9 compatible 4/3
Codec/Standard vidéo
NTSC

Audio

Version(s) sonore(s)
5.0 DTS mi-débit
Stéréo PCM
Sous-titres
•  Allemand
•  Anglais
•  Chinois
•  Danois
•  Espagnol
•  Français

Tannhäuser DVD

Note générale : 8/10

Richard Wagner

Opéra


La production de Tannhäuser représentée en décembre 2009 à Copenhague est un témoignage abouti et très original du metteur en scène Kasper Holten. Decca publie en DVD ce spectacle étonnant avec Stig Andersen dans le rôle-titre, accompagné par Tina Kiberg et Susanne Resmark, respectivement Elisabeth et Vénus. L'orchestre Royal Danois est dirigé par Friedemann Layer.

 

Stig Andersen dans <i>Tannhäuser</i> en 2009.  Photo Søren Solkaer Starbird/The Royal Danish OperaL'amateur d'opéra wagnérien se souvient sans doute du très étonnant Ring de Copenhague du même Kasper Holten sorti chez Decca en 2006. Le metteur en scène danois s'y montrait déjà d'une audace ni gratuite ni provocatrice, lot malheureux de bien des productions qui cherchent à se démarquer de la routine, mais proposait une réinterprétation en profondeur du livret mythologique wagnérien.
Monter un opéra de Wagner constitue en effet un des plus grands défis possibles. Pris dans un étau entre l'histoire et le mythe, le metteur en scène se trouve confronté à des ouvertures possibles particulièrement étroites. Parfois, il s'agira de suivre à la lettre les didascalies du livret et de jouer la carte de "l'authentique". Armures et accessoires conventionnels feront alors leur apparition sur scène pour la joie du public le plus conformiste. Ou bien, la tentation d'extrapoler verra exploser ce cadre trop contraignant pour aboutir soit à des réussites visuellement gratifiantes (par exemple le Ring de Barcelone testé par Tutti-magazine lors de sa sortie), abstraites, voire absconses - celle de Wieland Wagner… - ou totalement ratées.
Par miracle, une troisième voie existe et se trouve empruntée de temps à autre. C'est celle que suit Kasper Holten avec son Ring danois. Différents éléments caractérisent son travail.

En premier lieu, Kasper Holten s'attache à un réalisme décoratif très poussé : objets, vêtements, coiffures sont conformes à une époque et assoient le spectateur dans un confort visuel captant toute son attention dès le lever du rideau. L'identification claire du milieu social dans lequel évoluent les chanteurs ainsi qu'un solide cadre chronologique rassurent et poussent à un sentiment a priori favorable.
Puis, comme pour jouer avec ces impressions presque trop confortables, le metteur en scène déstabilise le spectateur en insufflant à l'action censée se dérouler traditionnellement une complète et complexe métamorphose. Ainsi, sans toucher un mot du livret – ce qui ne sera pas sans poser quelques problèmes mineurs de correspondance entre un fait et sa solution visuelle – c'est la dramaturgie wagnérienne qui va se trouver remise en cause.
Avec son Ring, Kasper Holten avait fait très fort en transformant le monde des dieux en monde des hommes et en relatant l'histoire d'une chronique familiale allant des années 1920 aux années 1970. Son travail consistait de fait à donner un sens tout différent mais étonnamment juste à ces livrets complexes et souvent boursouflés, trahissant l'état d'esprit et le style d'une époque qui n'est plus la nôtre. De même, dans ce Tannhäuser enregistré en 2009, la réussite est totale, et nous dévoilerons ici quelques pistes d'une lecture toute personnelle.

Le metteur en scène Kasper Holten pendant une répétition de <i>Tannhäuser</i> au Royal Danish Opera.  Photo Per Morten Abrahamsen/The Royal Danish OperaSouvenons-nous que Wagner était un écrivain et un théoricien prolixe et engagé, si ce n'est autant qu'un musicien. De son abondante œuvre en prose, hormis l'écriture de ses propres livrets, il ressort qu'un de ses objectifs était de renouveler l'opéra pour en faire un drame complet dans lequel paroles et musique se voyaient entièrement imbriquées. La lutte incessante qu'il mena durant des décennies et qui vit sa concrétisation dans la réalisation de l'œuvre d'art totale – la Tétralogie - incarnée dans la pierre de son opéra de Bayreuth, est aussi celle de ses héros contre les conventions sociales. Telles apparaissent en vérité les figures historiques mythologiques de Rienzi, du Hollandais, de Lohengrin et de Tannhäuser, pour se limiter aux premières créations. Ces hors-la-loi opératiques figurent leStig Andersen.  Photo Per Morten Abrahamsen/The Royal Danish Opera compositeur lui-même, et cette présence entre les lignes de l'ouvrage wagnérien, Kasper Holten l'a très bien perçue.
Son Tannhäuser, évidemment Wagner en personne, est immédiatement identifiable dès l'Ouverture, avec son collier de barbe et sa coiffe traditionnelle. D'ailleurs, ce qu'exprime le plus Stig Andersen après le chant, c'est l'écriture ! Véritable obsession dévorante, absolue possession, Tannhäuser rédige son chef-d'œuvre. Grâce à une longue ouverture musicale, Holten scénarise et synthétise ses idées avec une audace pertinente. La folie et la passion s'incarnent en des réalisations originales mêlant réalisme et onirisme. Le décor composé d'escaliers et de portes, par moments réversibles, nous plonge dans le logis familial de Tannhäuser mais également dans son monde intérieur, la pièce symbolisant son espace mental. Elle variera - dans les détails seulement - en fonction de l'évolution du personnage. Ce décor unique aux couleurs sombres est parfois éclairé d'un faisceau lumineux descendant qui apparaît à des moments clés de l'action. Seule la robe rouge vif d'Elisabeth, l'épouse de Tannhauser, tranche sur le monde solitaire et onirique du créateur.

 

Stig Andersen dans <i>Tannhäuser</i> sur la scène du Royal Danish Opera.  Photo Per Morten Abrahamsen/The Royal Danish Opera

 

Tina Kikberg chante le rôle d'Elisabeth.  Photo Per Morten Abrahamsen/The Royal Danish Opera

Sur le plan de la scénographie, Kasper Holten nous représente un poète aux prises avec son démon de la création, subordonné à l'impulsion tentatrice de Vénus, la muse qui le harcèle et interviendra aux moments cruciaux de la rédaction du chef-d'œuvre. Très étonnamment représentée en matrone aussi peu attirante que possible, elle incarne l'antithèse parfaite de tous les désirs et représente une allégorie mentale visible du seul poète. Elle poussera Tannhäuser à détruire son chef-d'œuvre, unique solution pour se libérer d'elle (fin Acte I). Tannhäuser/Wagner n'existe que pour son art et doit faire face aux conventions pour le mener à bien. La superbe mise en scène de l'Acte II nous le fait bien comprendre.

On ne révélera pas ici le subterfuge utilisé par le metteur en scène, résumant toute sa conception de l'œuvre, qui intervient en toute fin de la représentation. Il permet de comprendre l'ensemble de cette réinterprétation originale qui, pour peu qu'on y adhère, rendra caduque et terre à terre toute version traditionnelle de cet opéra.

Stephen Milling interprète le rôle de Hermann .  Photo Per Morten Abrahamsen/The Royal Danish Opera

 

Susanne Resmark (Venus) et Stig Andersen (Tannhaüser).  Photo Per Morten Abrahamsen/The Royal Danish OperaCôté distribution, rien ne permet malheureusement de tenir ce Tannhäuser pour exceptionnel, même si la distribution se montre juste quant au point de vue dramatique. On retrouve une partie des chanteurs du Ring de 2006 avec quelques années de plus, ce qui n'est pas à leur avantage. Ainsi, Stig Andersen accuse le temps par une usure et une pénibilité affirmée pour un rôle très lourd et use d'un vibrato constant et de passages en force. La voix de Susanne Resmark se montre neutre et pauvre en couleurs, aussi peu attirante, physiquement - voir plus haut - que vocalement. Paradoxe voulu pour cette Vénus ? On retrouvera en revanche avec plaisir Stephen Milling en Hermann, basse imposante tant par l'apparence que la voix. L'autre rôle féminin, l'Elisabeth de Tina Kiberg, assure une réelle puissance mais au prix d'efforts apparents. Là encore, le physique de la chanteuse n'est pas fait pour empêcher son poète de mari d'aller voir ce qui se passe ailleurs. Il est presque permis de voir en elle une correspondance de silhouette avec Cosima, la seconde épouse de Wagner. Simple coïncidence encore ?
Le Wolfram de Tommi Hakala est quant à lui juste honnête quoique meilleur et plus émouvant sur la fin.
Seuls le Royal Danish Orchestra, rompu à la virtuosité de la Tétralogie, et les chœurs comblent musicalement nos attentes. Le chef Friedemann Layer allège au possible la partition, sans doute conscient des limites vocales de ses chanteurs.

Les niveaux de lectures peuvent sans doute être encore approfondis dans ce Tannhäuser. Selon les propres dires du metteur en scène, l'essentiel n'est pas de tout comprendre à la proposition théâtrale. Mais, globalement, ce Tannhäuser se présente comme une belle réflexion sur la création artistique, ses tenants et ses aboutissants, dont la musique n'est ici que l'instrument destiné à porter le message.

À noter : Tannäuser est réparti sur 2 disques. le DVD 1 contient l'Acte I, et le DVD 2, les Actes II et III.

Nicolas Mesnier-Nature

Suppléments du DVD

Aucun.

Critique Images et Son du DVD

Images

La captation Haute Définition ne laisse aucun doute devant la fort bonne précision diffusée par ce master vidéo. Les éclairages assez froids qui caractérisent la production, comme ses zones d'ombres aux noirs très denses sont reproduits au mieux. Les couleurs sont équilibrées jusque dans certains excès, et les contrastes assez marqués. Cet ensemble semble respecter de fait les partis pris visuels du metteur en scène.

Son

La piste stéréo, très ouverte, se montre aérée sur l'orchestre aux timbres bien définis, et les voix s'intègrent de façon convaincante à la fosse. On relève toutefois un manque de proximité et une puissance qui ne parvient pas à s'exprimer totalement.
Le mixage 5.0 apporte une dynamique bien plus en accord avec l'œuvre et surpasse de façon évidente la stéréo qui paraît bien ténue en comparaison. L'absence d'adressage au caisson de graves est compensée par des basses assez présentes sur la scène avant. La projection de la voix devient idéale de naturel, tandis que l'activité surround mesurée favorise un sentiment de participation chez le spectateur.

Note technique : 8/10

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