DVD Jaquette de : Claude (Opéra de Lyon - 2013)

Distribution

Interprètes
  • Jean-Sébastien Bou
    Claude
  • Jean-Philippe Lafont
    Le Directeur
  • Rodrigo Ferreira
    Albin
  • Laurent Alvaro
    L'Entrepreneur…
  • Rémy Mathieu
    Premier personnage…
  • Philip Sheffield
    Deuxième personnage
  • Loleh Pottier
    La Petite fille
  • Anaël Chevallier
    La Voix en écho
  • Yannick Berne
    Premier détenu
  • Paolo Stupenengo
    Deuxième détenu
  • Jean Vendassi
    Troisième détenu
  • David Sanchez Serra
    L'Avocat
  • Didier Roussel
    L'Avocat général
  • Brian Bruce
    Le Président
  • Laura Ruiz Tamayo
    Danseuse
  • Chœurs de l'Opéra de Lyon
  • Maîtrise de l'Opéra de Lyon
Mise en scène
Olivier Py
Orchestre
Orchestre de l'Opéra de Lyon
Chef d'orchestre
Jérémie Rohrer
Réalisation
Vincent Massip
Origine
Opéra de Lyon
Année
2013

Informations techniques

Durée
97'
Nombre de disques
1
Zone/Région
Zone ALL
Éditeur
Bel Air Classiques
Distributeur
Harmonia Mundi
Date de sortie
21/04/2015

Vidéo

Couleurs/N&B
Couleurs
Format images
1.78
Format vidéo
16/9 compatible 4/3
Codec/Standard vidéo
NTSC

Audio

Version(s) sonore(s)
5.1 DD
Stéréo PCM
Sous-titres
•  Anglais
•  Français

Claude (Opéra de Lyon - 2013) DVD

Tutti ovation

Note générale : 10/10

Thierry Escaich

Opéra


Créé le 27 mars 2013 à Lyon, capitale des Canuts, Claude de Robert Badinter et Thierry Escaich reprend le personnage principal du bref roman Claude Gueux de Victor Hugo (1834) pour mieux le relire à l’aune de l’Histoire mais aussi à celle de la grande connaissance de la machine judiciaire acquise par l’ancien Garde des Sceaux. Un regard glacial et terriblement humain sur le monde carcéral à travers les moyens de l’opéra et de la mise en scène d'Olivier Py. Jean Sébastien Bou, Jean-Philippe Lafont et Rodrigo Ferreira interprètent les rôles principaux, tandis que l'Orchestre de l'Opéra de Lyon est placé sous la direction de Jérémie Rhorer. Un DVD paru chez Bel Air Classiques.

 

<i>Claude</i> de Thierry Escaich mis en scène par Olivier Py.  © Stofleth

 

Jean-Sébastien Bou dans le rôle-titre de l'opéra de Thierry Escaich <i>Claude</i>.  © StoflethLa dimension éminemment française de cette production de Claude, tant dans ses origines que dans sa réalisation, déplace quelque peu le propos de Victor Hugo sur la peine de mort dans son roman Claude Gueux vers les conditions de vie carcérales. Ainsi, même si l’issue de ce drame demeure aussi injuste que fatale, c’est surtout le parcours d’un homme incarcéré pour avoir participé à la révolte des Canuts qui nous intéresse, la manière dont il trouve d’abord sa place à l’intérieur de l’univers de la prison, que ce soit par son charisme ou par sa sensibilité, puis la façon dont il est progressivement broyé par un système qui le conduit à l’homicide et l’autodestruction.

La fresque ainsi dépeinte par Robert Badinter tire sa force de sa crédibilité, tandis que la mise en scène profondément intelligente d’Olivier Py la fait accéder à la métaphore au travers de références tant aux mythes grecs (il y a du Sisyphe dans ces prisonniers manœuvrant les décors) qu’à la peinture de la Renaissance (poses des prisonniers dans leur cellule, en ombres chinoises). De la sorte, cette chronique accède à l’universalité.

Ainsi en est-il également de la musique de Thierry Escaich. Résolument actuelle, résolument savante et hautement référentielle, elle est en même temps remarquablement accessible. Tel César Franck se frottant en son temps à l’orchestre symphonique, il distille et associe dans Claude les timbres comme autant de registrations, de jeux d'orgue que l’on tire et que l’on pousse à l’envi, créant une peinture sans cesse renouvelée. Une peinture lyrique et passionnante, où la rigueur métallique des cuivres le dispute au martèlement terrible du piano. À cette musique sans cesse changeante, l’écriture vocale oppose un hiératisme parfois déconcertant, faisant la part belle à la langue, qu’elle soit celle de Robert Badinter ou de Victor Hugo, pour les chœurs. Il y a dans ce parler-chanter hautement sophistiqué quelque chose du premier baroque, mais aussi du chant grégorien, sans parler de l’écriture vocale du XXe siècle. Mais divers emprunts à la musique de film empêchent ce savant tissage de sombrer dans l’intellectualisme.

 

Rodrigo Ferreira (Albin) et Sébastien Bou (Claude) dans l'opéra de Thierry Escaich.  © Stofleth

 

Ce qui rend l'opéra Claude si terrible est qu'Il nous prend littéralement par la main, à commencer par son écriture, pour nous entraîner à la suite du personnage principal dans cette vaine quête d’humanité dans un environnement qui en est dépourvu, voire même qui la combat. Les interprètes, ensuite, exercent sur nous un véritable pouvoir de fascination. Tout d'abord, il est difficile de ne pas être superlatif devant l’incarnation vibrante et poignante de Jean-Sébastien Bou dans le rôle-titre. Un rôle exigeant tant musicalement que physiquement. Avec lui, jamais la rigueur musicale ne se désincarne. Elle reste toujours sous-tendue par une émotion, une humanité qui remue, allant jusqu’à la tendresse avec Albin.
Le contre-ténor Rodrigo Ferreira n'hésite pas à faire vaciller la stabilité de sa projection habituellement totalement maîtrisée, comme l'a prouvé un récent récital à l'Auditorium du Musée d'Orsay, afin de montrer la fragilité du personnage. Ces marques de sensibilité exprimées par la voix autant que par les intentions scéniques rendent cette interprétation idoine et bouleversante.
Et que dire du Directeur de Jean-Philippe Lafont, haïssable à souhait, à la voix d’airain, inflexible tant dans son interprétation que dans son exigence technique ?
Rarement on aura vu distribution aussi idéale. Technique aussi très sûre pour l’Orchestre de l'Opéra de Lyon, dont on connaissait la qualité et qui occupe sans forcer une place de choix dans le discours global de cet opéra.

 

Jean-Philippe Lafont (Le Directeur) face à Jean-Sébastien Bou (Claude) dans l'opéra de Thierry Escaich <i>Claude</i>.  © Stofleth

 

Le metteur en scène Olivier Py et le chef d'orchestre Jérémie Rohrer ont su remarquablement fédérer autour de ce projet, définitivement exigeant pour les interprètes, mais aussi pour le public. Inutile de dire qu’on ne ressort pas indemne de cette expérience, ce qui témoigne de son indéniable réussite, mais avec le sentiment d’avoir assisté à quelque chose d’important, sur le plan politique comme sur les plans philosophique et artistique.
Maintenant que la France est conquise par Claude, il faudrait peut-être envisager de présenter cet opéra à l’international. Tant d’autres pays en ont cruellement besoin…

Jean-Claude Lanot

Suppléments du DVD

Olivier Py (metteur en scène), Robert Badinter (librettiste), Thierry Escaich (compositeur) et Serge Dorny (Directeur de l'Opéra de Lyon).  © Stofleth


En français stéréo DD, avec sous-titres anglais :


- Interview très détaillée de Robert Badinter, librettiste de l'opéra, et du compositeur Thierry Escaich par Anne Sinclair. Plus à l’aise sur la dimension littéraire et politique de l’œuvre qu’avec la musique, la journaliste a cependant travaillé son sujet pour pouvoir induire un dialogue informatif de très bon niveau. (25'31)

Bande-annonce du DVD

Critique Images et Son du DVD

Images

Le master vidéo respecte le soin apporté aux lumières par Bertrand Killy, lesquelles transmettent un sentiment idoine de malaise et d’angoisse. Les couleurs sont naturelles et les teintes chair remarquablement rendues. Le détail jaillit de l’écran sur de nombreux plans serrés et les plans moyens affichent une définition à peu près correcte. En revanche, les plans larges manquent de précision. L’ensemble est bien contrasté et le visionnage, globalement, se montre très satisfaisant.

Son

Le mixage stéréo séduit par son ouverture et sa profondeur. L’équilibre entre fosse et plateau est admirable et les timbres profitent d’une belle restitution, à la fois dynamique et contrastée.
Le mixage multicanal Dolby Digital apporte des contrastes de dynamique bien supérieurs à la stéréo. Le caisson de basses dope la restitution et accentue la présence des voix autant que celle de la fosse. La projection vocale est admirable, et les enceintes arrière, parfaitement intégrées, nous plongent dans l’ambiance très spéciale de l’œuvre. L’orchestre, magnifiquement traité par le compositeur, trouve ici l’ampleur parfaite qui permet de l’apprécier. Enfin, même si le Dolby Digital se montre un peu trop rentre-dedans par rapport à la subtilité qu’aurait apporté du DTS, force est de reconnaître son efficacité.

Note technique : 9/10

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Mots-clés

Claude
Jean-Philippe Lafont
Jean-Sébastien Bou
Jérémie Rohrer
Laurent Alvaro
Olivier Py
Opéra de Lyon
Rodrigo Ferrera
Thierry Escaich

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