DVD Jaquette de : Turandot

Distribution

Interprètes
  • Maria Guleghina
    Turandot
  • Marco Berti
    Calaf
  • Alexia Voulgaridou
    Liù
  • Javier Agulló
    Altoum
  • Alexander Tsymbalyuk
    Timur
  • Fabio Previati
    Ping
  • Vincenç Esteve
    Pang
  • Roger Padullés
    Pong
  • Ventseslav Anastasov
    Un Mandarin
  • Ossama Bedreddine
    Il principe di Persia
  • Eguski López
    il carnefice
  • Immaculada Burriel
    Ancella
  • Jacqueline Squarcia
    Ancella
  • Cor de la Generalitat Valenciana
  • Escolania de la Mare de déu dels Desemparats
Mise en scène
Chen Kaige
Orchestre
Orquestra de la Comunitat Valenciana
Chef d'orchestre
Zubin Mehta
Réalisation
Tiziano Mancini
Origine
Palau de les Arts Reina Sofia, Valencia
Année
2008

Informations techniques

Durée
125'
Nombre de disques
1
Zone/Région
Zone ALL
Éditeur
C Major
Distributeur
Harmonia Mundi
Date de sortie
25/02/2010

Vidéo

Couleurs/N&B
Couleurs
Format images
1.78
Format vidéo
16/9 compatible 4/3
Codec/Standard vidéo
NTSC

Audio

Version(s) sonore(s)
5.1 DTS mi-débit
Stéréo PCM
Sous-titres
•  Allemand
•  Anglais
•  Espagnol
•  Français
•  Italien

Turandot DVD

Note générale : 9/10

Giacomo Puccini

Opéra


On attend beaucoup d’une telle affiche : Zubin Mehta et une distribution tout à fait exceptionnelle dont on sait qu’elle contient les artistes parmi les plus convoités actuellement.
Reste à découvrir le cinéaste chinois Chen Kaige, qui aborde ici pour la première fois la mise en scène d’une œuvre d’opéra.

 

Distribuer Turandot de Puccini est toujours fort complexe, tant il est difficile de réunir des voix robustes, volumineuses mais aussi dotées d’une grande musicalité et d’un sens du phrasé dont le compositeur a le secret.

Desservi par un physique plutôt quelconque, Marco Berti est pourtant un redoutable Calaf. Ses aigus perçants, puissants, sa justesse implacable et son style altier font de lui un splendide prince qui irradie musicalement de sa présence et rend du même coup crédible son triomphe futur sur la "femme de glace".
C’est avant tout son style de chant puccinien, l’élégance de ses phrasés qui triomphent du rôle.
Le ténor ne ménage pas ses efforts en nuances et donne une vraie dimension amoureuse et humaine au rôle qu’on réduirait sans cela à celui de la performance d’un sportif.
Son Acte I est le plus réussi, et nous comble musicalement.

Le trio des ministres Ping, Pang et Pong doit répondre à l’exigence de tessitures complémentaires les unes et des autres pour ne former qu’un par son homogénéité.
Il ne doit souffrir aucune défaillance, notamment du côté des ténors Pang et Pong (Ping est baryton), pour leur registre grave notamment : paradoxalement, ils doivent en dépit de tout s’y faire entendre.
Quelques difficultés passagères, à l'Acte I par exemple, laissent finalement Ping (Fabio Prerviati), le mieux distribué des trois ministres, dominer l’ensemble.
Mais l'Acte II rattrapera aisément cette réserve.

Alexia Voulgaridou  © C MajorLa Liù d’Alexia Voulgaridou est un pur bonheur. La chanteuse grecque domine la distribution avec Maria Guleghina dans le rôle de Turandot. Son "Signor ascolta" de l'Acte I est un véritable accomplissement. Là aussi, c’est non seulement l’atout d’une voix splendide, riche en harmoniques et charnue, mais aussi un phrasé et un style de tout premier plan qui rendent la scène bouleversante.


À l’Acte III, celui de sa mort, "Tanto amore segreto" puis "Tu che di gel sei cinta", ultimes sommets - sinon les véritables cimes de l’opéra - sur lesquelles l’auteur posa ses dernières notes, conjuguent son chant merveilleux.
Quel timbre si profondément émouvant, allié à une magnifique comédienne ! Quelle merveilleuse Butterfly doit-elle être !
Loin des stéréotypes de la mise en scène, ses attitudes des plus sincères, ses larmes authentiques, ajoutent au succès de sa magnifique caractérisation.

Son père Timur, Alexander Tsymbalyuk, est remarquable lui aussi. Il possède bien la voix du roi déchu, aveugle et vieillissant, qui s’acquitte à merveille des lourdes et périlleuses phrases musicales que Puccini lui a dévolues ("Figlio che fai ?", Acte I ; "Liù, sorgi !", Acte III).
La voix est pleine, timbrée et les moyens sont remarquables.
Autant d’atouts qui contribuent à équilibrer cette distribution mémorable.
La transformation du jeune et bel artiste russe en Timur, qu’on voit dans le documentaire proposé en bonus, est saisissante.

Javier Argullo (l'Empereur Altoum)  © C MajorZubin Mehta a gravé plusieurs Turandot, y compris celle filmée sur la grande muraille de Chine, mais c’est de loin l’enregistrement désormais historique de Decca en 1972, qui domine la discographie : il en demeure un des acteurs majeurs, aux côtés d’une des distributions de légende qui réunissait Joan Sutherland, Luciano Pavarotti, Montserrat Caballé, Nicolaï Ghiaurov, et l’admirable chœur John Alldis. Peut-être un des plus grands enregistrements d’opéra de l’ère contemporaine. À la quasi-unanimité de la critique, sa direction a été l’atout majeur de cette réalisation studio.

Trente années plus tard, on ne tentera donc pas de comparaison inappropriée avec la présente représentation filmée sur le vif.
Toutefois, il soigne ici de la même façon chaque détail d’orchestration et rend grâce à la partition en évitant ses nombreux écueils : les redoutables "climax" (fin de l'Acte I, Acte III), la densité des timbres, les vertigineux "forte", les spectaculaires changements de masses rythmiques (à l’Acte I, notamment).
Il conserve à la partition la fraîcheur de ses sources, les gammes pentatoniques, les authentiques mélodies chinoises, autant que les timbres délicats des percussions métalliques ou des chorales diaphanes dans le lointain.
Il rend pleinement justice à Puccini qui s’est tant impliqué dans ses recherches d’authenticité chinoises, comme japonaises dans son admirable Butterfly, vingt ans auparavant.
On retrouve avec un immense plaisir, ce chef qui domine cette partition comme personne, sans jamais en alourdir le trait, ni le poids orchestral naturellement écrasant avec ses cuivres, la percussion, l’orgue, les fanfares en coulisses, etc. Il entoure chaque chanteur de son plus grand soin, et ne cache, ni musicalement, ni dans ses paroles (dans le documentaire), son plaisir à la tâche, comme son admiration pour la Turandot de Maria Guleghina.

Maria Guleghina  © C MajorJustement, la princesse possède des moyens vocaux spectaculaires.
Dans le même sens que Mehta, Maria Guleghina ménage elle aussi suffisamment d’espace musical au rôle pour ne pas le réduire à celui d’un monstre froid, et sans véritable dimension expressive.
Autrement dit, elle ne mise pas tout sur son apparition ("In questa regia", Acte II), finalement guère représentative du rôle, en tout cas de sa véritable dimension dramatique.
Certes cet air comporte les aigus parmi les plus redoutables de la partition - autant que les graves, d’ailleurs, rendant proprement terrible la distribution du rôle-titre.
Bien plus intense encore est la scène finale, celle où Calaf révèle lui-même son nom et impose à la princesse de sang son ultime et définitive capitulation à l’amour.
De part en part Maria Guleghina traverse admirablement la partition. Elle possède véritablement les moyens du rôle, et projette sa voix en pleine maturité, dans une intensité vocale péremptoire et souveraine.
On se souvient qu’elle a véritablement enflammé le Met, lors de ses débuts New Yorkais en 1991 dans Andrea Chénier de Giordano, avec Pavarotti comme partenaire.

Petite réserve, en revanche, sur le chœur de La Generalitat Valenciana. Cette masse chorale imposante dans Turandot, autre "personnage" (Il Popolo di Pekino) essentiel du drame, à l’image de celui du Boris de Moussorgski.
Alors que l’orchestre se plie avec une immense souplesse à la baguette précise et sûre de Mehta, le chœur ne semble pas toujours trouver la cohésion, l’homogénéité indispensables qui donnent son relief si singulier tant à l’Acte I qu’au final.
La prestation est certes bonne mais, dans le présent contexte, l’exigence la dépasse !

Quant à la production de ce Turandot
Certes, le metteur en scène de cinéma Chen Kaige nous explique combien ses recherches sur les costumes, les rituels, l’apparat, les postures l’ont inspiré…
Malgré tout, on ne sort guère ici du cliché, d’une Chine de carte postale, du peuple qui lève les bras en mesure, d’une direction d’acteur où seuls les somptueux costumes pékinois (de Chen Tong Xun) retiennent véritablement l’attention.
On regrette de ne rien découvrir qui éclaire d’un nouveau jour puissant ou mystérieux la légende de Turandot comme Le Dernier Empereur - pour reprendre une vision cinématographique et chinoise - a su le faire, sans pour autant révolutionner le septième art, d’ailleurs.
Ainsi, en 1976, Jean-Pierre Ponnelle était bien plus original et a laissé une production mémorable (Opéra du Rhin), toute imprégnée de sinologie suggérée, transfigurée, et autrement plus onirique et fantasmatique qu’ici.

Contrairement à ce qui est dit, le metteur en scène n’amène pas vraiment de regard inédit, éloigné de ce qu’on a déjà vu.
D’autres - pas nécessairement chinois - ont reproduit à la lettre, la splendeur d’éléments de la Chine historique, parvenant même à en transcender la singularité.
À commencer par Gallileo Chini, qui dessina les décors de la première en 1926 à la Scala et dont on retrouve ici, presque à l’identique, le même grand portail de la scène des énigmes, à l’Acte II.

On regrette que l’occasion ne nous ait pas été donnée de découvrir le mystère d’une Chine secrète, celui qui échappe au regard occidental, comme sans doute Puccini l’italien, avant de tomber sous son charme, ne pouvait qu’échapper à un artiste de culture chinoise.

Restent le rituel, les somptueux costumes, les maquillages, qui vont certainement, sous l’œil aiguisé d’une image de fort belle qualité, en convaincre plus d’un et feront oublier cette réserve portée sur cette grande réalisation, avant tout musicale, de l’ultime ouvrage de Puccini.

 

Lire le test du Blu-ray

Gilles Delatronchette

Suppléments du DVD

Un making-of en anglais non sous-titré, à l'exception des interventions en chinois et italien qui bénéficient de sous-titres anglais, nous permet d’assister à quelques répétitions où, notamment, Chen Kaige met en scène.
Zubin Mehta parle, lui, de Puccini et d’éléments importants de la genèse de Turandot, tandis que les principaux artistes commentent leur rôle.
C’est aussi l’occasion de découvrir le fabuleux Palau de les Arts Reina Sofía de Valence, extraordinaire théâtre d’opéra de 40.000 m2 que l’on doit à l’architecte Santiago Calatrava (35').


Une jolie galerie musicale de photos du spectacle complète les bonus.

Bande-annonce du DVD

Critique Images et Son du DVD

Images

Les noirs sont profonds et le mandarin qui débute l'opéra se détache avec éclat dans son habit blanc. Un peu plus tard, la couleur rouge sang se mariera avec art à cette densité. Mais le sous-éclairage de certaines zones du plateau empêche de profiter au maximum du raffinement des costumes.
Le master d'origine HD délivre ici nombre de ses qualités sans pouvoir toutefois atteindre le niveau de détails et la richesse qui fait l'apanage du Blu-ray, ainsi que sa faculté à rendre la précision des plans larges, un peu décevants sur ce DVD.
Les travellings - et il y en a, avec une caméra qui a souvent bien du mal à rester en place - sont peu homogènes et ont tendance à pixelliser.
En revanche, le piqué est excellent et la saturation des couleurs à ravir.

Son

Le mixage 5.1 est assez compact et les graves ont tendance à déborder pour recouvrir un peu trop la lisibilité souhaitable, en particulier sur les plus discrets pupitres de l'orchestre. Le registre aigu du ténor ressort, bien sûr, mais avec une certaine agressivité.
Mais l'ampleur est au rendez-vous, autant sur la scène avant, qu'en regard de l'activité des enceintes surround, assez sollicitées. Les chœurs font preuve de puissance mais ne sont pas suffisamment détaillés.
Avec la piste stéréo, l'écoute devient bien plus "raisonnable" mais manque de ce brio qui sied si bien à l'orchestration de Puccini.

Note technique : 7/10

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Mots-clés

Giacomo Puccini
Maria Guleghina
Palau de les Arts Reina Sofia, Valencia
Turandot
Zubin Mehta

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