
Quelle que soit la valeur de la démarche du réalisateur, ce n’est pas encore ce documentaire qui popularisera la vie de Holst en France. Et pour cause : la seule langue disponible sur ce DVD est l’anglais - pas de sous-titres français ! -, ce qui le destine avant tout à un public anglophone.
Pour ce documentaire, le réalisateur Tony Palmer adopte un style très personnel, pour ne pas dire déroutant, voire parfois de mauvais goût…
Le film s’ouvre ainsi sur une vision de désert accompagnée de la splendide musique de Maurice Jarre pour le film Lawrence d’Arabie de David Lean. Et le spectateur de chercher en vain le rapport avec Holst. Autre exemple, alors que la caméra filme un orchestre jouant un extrait des célèbres Planètes, viennent soudain s’insérer dans le montage des images de camp de concentration nazi, sans aucune justification ni esthétique ni thématique. D'où une impression de totale gratuité face à une intrusion aussi déplacée.
La trame du documentaire alterne par ailleurs des témoignages de musicologues ou de proches de Holst, et de la musique filmée lors de concerts. Les informations distillées par les intervenants présentent un intérêt inégal mais constituent la principale source d’informations délivrée par le documentaire.
Quant aux concerts, certains sont filmés avec un style d’un kitsch appuyé, les instrumentistes étant alignés par pupitre indépendants et baignés dans une sorte de lumière brillante.
Néanmoins, les passages musicaux ont le mérite de faire découvrir l’originalité et la variété de l’œuvre de Holst. Musique pour chœurs et pour formations diverses, de nombreuses œuvres différentes sont présentées. Le documentaire parcourt ainsi, illustrations musicales à l’appui, les différents styles et genres auxquels le compositeur s’est essayé. Les interprètes se montrent d'un niveau acceptable, mais le spectateur ne doit pas ici s’attendre à croiser le LSO ou le Royal Philharmonic conduits par John Barbirolli, Colin Davis ou Adrian Boult. En lieu et place, un orchestre hongrois inconnu au bataillon - l’Orchestre Symphonique Savaria - constitue la principale formation présente à l'image. Le film permet également d’entendre les jeunes musiciens du Royal College of Music Orchestra ainsi que les choristes plus chevronnés du BBC Symphony Chorus, interprètes qu’il est moins surprenant de voir ici défendre la musique de leur compatriote.

Entreprise louable, le documentaire tente néanmoins de démêler certains aspects obscurs de la vie du compositeur, comme son intérêt pour l’astrologie ou l'hindouisme. Malheureusement, ces explications sont accompagnées d’images de rituels hindous, lesquels ne sont pas explicités, achevant de perdre le spectateur, qui ne sait plus très bien ce qu’il regarde. Là encore, la séquence laisse une impression de malaise, tant les images sont décalées par rapport au sujet et semblent avoir été choisies non pour illustrer le propos mais plutôt pour marquer l’audience.
Qu’ajouter encore sinon que le ton général, hagiographique et jamais critique, contribue finalement plus à glorifier les qualités de la musique de Holst qu’à l’expliquer rationnellement. Tout cela baigné par un climat de patriotisme anglais qui renforce encore l’impression que le film est surtout destiné au public britannique.
Ces deux heures dix-sept paraissent bien longues…
Antonin Forlen


































