DVD Jaquette de : The Minotaur

Distribution

Interprètes
  • John Tomlinson
    The Minotaur
  • Johan Reuter
    Theseus
  • Christine Rice
    Ariadne
  • Andrew Watts
    Snake Priestess
  • Philip Langridge
    Hiereus
  • Amanda Echalaz
    Ker
  • Rebecca Bottone
    First Innocent
  • Pumeza Matshikiza
    Second Innocent
  • Wendy Dawn Thompson
    Third Innocent
  • Christopher Ainslie
    Fourth Innocent
  • Tim Mead
    Fifth Innocent
  • Katy Batho
    Kere
  • Tamsin Dalley
    Kere
  • Amanda Dean
    Kere
  • Siobháin Gibson
    Kere
  • Krysia Mansfield
    Kere
  • Lucy Tregear
    Kere
  • Helen Withers
    Kere
  • Simon Archer
    Onstage Timpani
  • Patrick King
    Onstage Timpani
  • The Royal Opera Chorus
Mise en scène
Stephen Langridge
Chorégraphie
Philippe Giraudeau
Orchestre
The Orchestra of the Royal Opera House
Chef d'orchestre
Antonio Pappano
Réalisation
Jonathan Haswell
Origine
Royal Opera House - London
Année
2008

Informations techniques

Durée
141'
Nombre de disques
2
Zone/Région
Zone ALL
Éditeur
Opus Arte
Distributeur
DistrArt Musique
Date de sortie
23/10/2008

Vidéo

Couleurs/N&B
Couleurs
Format images
1.78
Format vidéo
16/9 compatible 4/3
Codec/Standard vidéo
NTSC

Audio

Version(s) sonore(s)
5.0 DTS mi-débit
Stéréo PCM
Sous-titres
•  Allemand
•  Anglais
•  Espagnol
•  Français
•  Italien

The Minotaur DVD

Note générale : 10/10

Harrison Birtwistle

Opéra


Né en 1934, Harrison Birtwistle est aujourd’hui un des compositeurs majeurs Outre-Manche. Sa notoriété s’étend loin sur le continent européen ainsi qu’aux États-Unis où, par exemple, Daniel Barenboim à Chicago ou encore Christoph von Dohnanyi à Cleveland, lui ont commandé et ont donné en première mondiale plusieurs de ses pièces.

 

Christine Rice (Ariadne).  Photo © Bill CooperEn 2005, l’Opéra Royal Covent Garden de Londres lui passe commande d’un opéra, The Minotaur, ouvrage qui voit le jour en 2008 sous la direction de l’actuel directeur musical de l’institution Antonio Pappano.
L’œuvre se réfère naturellement au Minotaure Astérios de la mythologie grecque, monstre à tête de taureau et corps d’homme. Enfermé en Crète, dans le célèbre labyrinthe conçu par Dédale, il y sera finalement tué par Thésée à l’aide d’Ariadne et du fil salvateur qui lui permettra de retrouver son chemin.

L’écriture vocale de cet opéra en 13 tableaux relève d’un matériau atonal sobre, lisible, lyrique et nostalgique d’une surprenante sobriété s’agissant d’Harrison Birtwistle. La pâte orchestrale n’est jamais écrasante. Au contraire, elle brille de couleurs multiples au milieu desquelles le saxophone alto, qui se joint souvent au chant d’Ariadne, ajoute un relief particulièrement poétique. Le verbe, la projection du texte en est d’autant plus accessible et foncièrement intelligible. Ce n’est pas là la moindre de ses qualités.
L’orchestre fourni nous offre une palette de sonorités tour à tour sombres (les cordes graves, clarinettes basses, contrebasse, bassons, contrebasson, la percussion, les masses cuivrées) et colorées (notamment les bois aigus, le cymbalum), toujours denses et qui font entendre sans les effacer les uns les autres, tous les détails alchimiques de la composition. Ça et là intervient l’électronique pour l’amplification de voix parlées, notamment, aussi discrètes qu’efficaces.

 Photo © Bill CooperLa production de Stephen Langridge est une succession de tableaux plus somptueusement réglés dans l’espace, les uns que les autres. Sobre et efficace, elle est parée d’une lumière d’une exceptionnelle beauté, tantôt froide voire glaciale, tantôt colorée des plus belles palettes du halo solaire. Le plateau dans son ensemble offre une harmonie visuelle de tout premier ordre, qui nous permet une écoute concentrée et apaisée de la partition pourtant complexe dans son essence. Le contraste est d’autant plus saisissant quand apparaît l’arène des sacrifices humains, conçue comme celle d’une corrida, où bientôt le sang et les cris des sacrifiées comme ceux des affamées de chair se font entendre. L’ombre de la mort, ou plutôt des morts, envahit alors la scène où le noir et le sang se confondent et se mêlent sauvagement. Chaque costume est parfaitement réussi, sobre, d’une grande et belle élégance inspirée en premier lieu des tuniques antiques.

John Tomlinson.  Photo © Bill CooperJohn Tomlinson campe un minotaure hallucinant autant qu’halluciné. Sa puissance vocale, son timbre spécifique de basse (profonde parfois) font de cette mystérieuse rugosité chantante qui le caractérise, un des éléments forts de toute la production. Ils contribuent savamment au surnaturel de son personnage mi-homme mi-animal auquel un troisième état, ici inventé, s’ajoute : celui d’animal parlant dès lors qu’il commence à prendre forme humaine et que son visage se révèle en clair-obscur à l’intérieur du masque cornu. La prestation de Tomlinson est superbe de part en part !
Face à lui, l’ardente Ariadne de Christine Rice, offre un chant d’une grande sobriété qui mêle clarté et acuité. La fraîcheur et la beauté de son timbre contribuent à porter l’élégance souveraine de son personnage.
Johan Reuter, le baryton de la distribution chante Theseus. Sa voix jeune et pleine d’ardente vigueur donne un caractère particulièrement mordant à son personnage. Diction exemplaire, ligne vocale claire, limpide, sa prestation est là aussi une vraie réussite.
À noter également l’incroyable intervention du haute-contre Andrew Watts, particulièrement impressionnant en Prêtresse-serpent.
Philip Langridge chante enfin le rôle du prêtre Hiereus grâce auquel on comprend les onomatopées de la prêtresse. Ce sera hélas la magnifique et dernière apparition à l'image du ténor britannique disparu le 5 mars 2010. Nous tenons à saluer la mémoire d’un artiste lyrique exceptionnel, au métier unanimement reconnu et apprécié, qui a chanté tous les répertoires et y fut, en tout temps, exemplaire.
Les Kères (ces Walkyries de la mythologie grecques), les cinq innocents et la foule assoiffée du sang des sacrifiés forment le chœur antique au sein de l’opéra de Birtwistle.

 

Johan Reuter (Theseus) et John Tomlinson.  Photo © Bill Cooper

 

Cette représentation de Londres reçoit un immense succès auquel nous nous joignons sans retenue. L’ouvrage nécessite plusieurs lectures et écoutes, comme c’est souvent le cas pour la musique contemporaine mais, d’emblée, sa poésie et la splendeur de sa conception nous apparaîssent comme une évidence.




Lire le test du Blu-ray

Gilles Delatronchette

Suppléments du DVD

Sur le disque 1, en anglais stéréo DD, avec sous-titres français, allemands, espagnols et italiens :

- Synopsis détaillé.
- Photos de la distribution.
- Un documentaire nous informe abondamment sur la naissance de l’opéra et sur la nature de la collaboration qui s’est installée entre ses différents protagonistes : l’auteur du livret David Harsent, le metteur en scène Stephen Langridge, le compositeur et les interprètes. Chacun s’exprime en profondeur sur son rôle et sur l’interactivité indispensable, incontournable qui a présidé à la naissance de The Minotaur. Le langage est clair, précis modeste et généreux. On est indéfectiblement attiré par le projet auquel on aurait aimé prendre part, tant cela semble trompeusement aisé. Mais ce serait un peu vite oublier qu’il s’agit d’éminents artistes, experts chacun dans sa discipline, et qui maîtrisent parfaitement leur métier. (32')

Bande-annonce du DVD

Critique Images et Son du DVD

Images

Un très léger fourmillement s'invite sur les animations marines de très belle couleur.
Mais il disparaît très rapidement au profit d'une captation scénique de très bon niveau servie par des couleurs saturées (superbe tête de taureau au début du spectacle, les yeux bleus expressifs de Christine Rice), une précision correcte et un bon niveau de contrastes.
Les éclairages sophistiqués de Paul Pyant sont, en outre, superbement rendus.

Son

La piste stéréo diffuse une image plutôt globale, voire un peu trop compacte. Toutefois la richesse de l'orchestre n'est pas sacrifiée, et les voix se placent à l'avant avec intelligibilité.
Malgré tout, elles ont tendance à se fondre un peu trop dans l'orchestre.
Avec le mixage 5.0, la projection vocale est bien plus performante sans être agressive. Les sonorités de l'orchestre gagnent en complexité et la richesse de l'orchestration, ses couleurs, paraissent bien plus présentes.
La dynamique gagne également en spectaculaire et parvient à mieux servir l'esprit de l'œuvre.

Note technique : 8/10

Acheter ce titre

Tutti-magazine.fr est un site gratuit. Vous pouvez lui apporter votre soutien en commandant dans la Boutique Amazon les titres présentés aux mêmes prix et conditions de livraison que sur Amazon.fr

Mots-clés

Antonio Pappano
The Royal Opera House

Index des mots-clés

Les derniers tests

Envoyer cette page à un(e) ami(e)

Envoyer

Imprimer cette page

Imprimer

Peuvent également vous intéresser

Tutti Ovation
Wozzeck mis en scène par Andreas Homoki - Tutti Ovation
Saul mis en scène par Barrie Kosky à Glyndebourne, Tutti Ovation
Adam's Passion d'Arvo Pärt mis en scène par Robert Wilson - Tutti Ovation
L'Elixir d'amour - Baden-Baden 2012 - Tutti Ovation
Les Maîtres chanteurs de Nuremberg - Salzbourg 2013 - Tutti Ovation

Se connecter

S'identifier

 

Mot de passe oublié ?

 

Vous n'êtes pas encore inscrit ?

Inscrivez-vous

Fermer

logoCe texte est la propriété de Tutti Magazine. Toute reproduction en tout ou partie est interdite quel que soit le support sans autorisation écrite de Tutti Magazine. Article L.122-4 du Code de la propriété intellectuelle.