DVD Jaquette de : Thaïs (Fleming - Metropolitan)

Distribution

Interprètes
  • Renée Fleming
    Thaïs
  • Thomas Hampson
    Nicias
  • Alain Vernhes
    Palémon
  • Alyson Cambridge
    Crobyle
  • Ginger Costa-Jackson
    Myrtale
  • Leah Partridge
    La Charmeuse
  • Maria Zifchak
    Albine
  • Trevor Scheunemann
    Guard
  • Daniel Clark Smith
    Cenobite Monk
  • Roger Andrews
    Cenobite Monk
  • Kurt Phinney
    Cenobite Monk
  • Richard Pearson
    Cenobite Monk
  • Craig Montgomery
    Cenobite Monk
  • David Chan
    Violon solo
  • Zahra Hashemian
    Solo Dancer
  • The Metropolitan Opera Chorus
  • The Metropolitan Opera Ballet
Mise en scène
John Cox
Chorégraphie
SaraJo Slate
Orchestre
The Metropolitan Opera Orchestra
Chef d'orchestre
Jesús López-Cobos
Réalisation
Gary Halvorson
Origine
The Metropolitan Opera
Année
2008

Informations techniques

Durée
138'
Nombre de disques
1
Zone/Région
Zone ALL
Éditeur
Decca
Distributeur
Universal Music Classics
Date de sortie
22/02/2010

Vidéo

Couleurs/N&B
Couleurs
Format images
1.78
Format vidéo
16/9 compatible 4/3
Codec/Standard vidéo
NTSC

Audio

Version(s) sonore(s)
5.1 DTS Plein débit
Stéréo PCM
Sous-titres
•  Allemand
•  Anglais
•  Chinois
•  Espagnol
•  Français

Thaïs (Fleming - Metropolitan) DVD

Note générale : 9/10

Jules Massenet

Opéra


Très attendue, après le disque et le concert - on a pu l’entendre à Paris au Théâtre du Châtelet, en version non mise en scène - on retrouve la Thaïs de Renée Fleming avec Thomas Hampson sous la direction de Jesús López-Cobos, sur la scène au Met, cette fois.

On apprend, de la bouche même de Placido Domingo qui introduit brièvement la représentation, que Thaïs n’a pas été donné au Met depuis 1978.
Ajoutons que Beverley Sills triomphait alors dans le rôle-titre et que le magnifique Sherill Milnes incarnait Athanaël. Ils avaient réalisé, deux ans auparavant, leur enregistrement dirigé par Lorin Maazel.

On joue beaucoup Massenet aux États Unis, le caractère épique de ses drames (de ses héroïnes notamment) autant que le poids religieux qu’ils renferment souvent n’y sont probablement pas étrangers.

Thaïs repose sur trois piliers artistiques majeurs : le rôle-titre, Athanaël, mais aussi une direction d’orchestre qui doit animer une partition longue, dense, à la fois riche et complexe.

Renée Fleming.La présente représentation repose sur une artiste majeure du Metropolitan contemporain : Renée Fleming.
On salue en elle, désormais unanimement, l’artiste admirable, séduisante et belle, sereine et souriante.
Avec le rôle de Thaïs, elle renouvelle ici ses exploits : musicalité, maîtrise absolue de la redoutable tessiture, autorité musicale du rôle tant dans la puissance que dans la retenue.
Elle affectionne justement la langue et le répertoire français.
Sa Manon (Massenet) a, du reste, laissé de merveilleux souvenirs à l’Opéra de Paris.

Le Met a fait appel à Christian Lacroix pour dessiner ses costumes.
On retrouve dans celui de l'Acte I, les somptueuses gammes d’or dont il a le secret.
La production a choisi plus que la femme fatale, licencieuse et irrésistible, l’image iconique et glamour d’une femme-enfant aux boucles dorées.
Le goût européen et sa liberté de ton nous feraient sans doute lui préférer des atours plus hardis, plus sensuels et bien plus entreprenants.
À l'Acte II, on reste perplexe sur la robe rose bonbon de l’héroïne mais certainement pas sur son chant !

Renée Fleming entourée d'Alyson Cambridge (Crobyle) et de Ginger Costa-Jackson (Myrtale).Renée Fleming aborde le célébrissime air du miroir, "Dis moi que je suis belle", avec une autorité souveraine. De part en part, elle habite véritablement l’air, tant musicalement que dramatiquement.
Elle ne fait pas l’économie du contre ré optionnel qu’elle maîtrise parfaitement et tient sur un point d’orgue, long et conclusif, ce dont le Met plus que l’auteur, a la recette.
Elle renouvelle ses contre ré lumineux, avec une facilité déconcertante, dans la bouleversante scène finale "C’est toi mon père".
Puis, elle affirme encore mieux dans la Thaïs convertie, transfigurée par Athanaël (dès l’Acte II, second tableau), cette singulière mutation qui s’opère au cours de la célèbre Méditation (chœur bouche fermée, violon solo et orchestre).
Elle irradie alors véritablement la partition, sachant à tout instant en magnifier les splendeurs : "Ô messager de Dieu" à l’Acte III, puis "C’est toi mon Père ?" à la fin du même acte, sont à ce titre représentatifs de ses sommets.

Thomas Hampson.À ses côtés, Thomas Hampson réussit un tour de force avec le rôle écrasant d’Athanaël.
Il comporte en effet de nombreux écueils dans la tessiture qu’il sollicite de part en part tant dans l’aigu que dans le grave (air d’Alexandrie à l’Acte I, second tableau).
Le rôle est rarement apaisé pour traduire au mieux le tourment qui habite Athanaël jusqu’au terme de l’ouvrage : "Ah des gouttes de sang" et "Thaïs va mourir" (Acte III, premier puis second tableau).
Hampson est admirable, son timbre chantant et son unique projection de la phrase musicale le hissent, on le sait, au rang des plus grands barytons multirépertoire d’aujourd’hui.
Il sera de plus en plus convainquant, davantage à l’aise, compte tenu de la redoutable densité musicale de son personnage, alors qu’il succombe à son amour pour Thaïs en fin d’ouvrage.
Comme René Fleming, sa maîtrise de la langue française et sa diction complètent sa totale réussite.

Michael Schade et Renée Fleming.Nicias n’est pas un rôle majeur mais il vise pour l’essentiel, à illustrer le premier visage de Thaïs dont il est l’ultime amant.
Michael Schade est parfait, et s’acquitte de sa tâche en totale adéquation avec le rôle qui pourrait, avec trop d’appui ou sans la retenue requise, tourner à la véritable caricature.

Mention spéciale pour le Palémon d’Alain Vernhes, qui flirte lui aussi avec la perfection : sa diction, son phrasé, la sobriété et son efficacité dramatique sont évidents et l’honorent, en dépit du rôle court et ingrat qui est le sien.

Les ensembles vocaux et l’Albine de Maria Zifchak, complètent une distribution somme toute idéale, avant tout homogène et équilibrée.

Jesús López-Cobos.L’orchestre déborde de lyrisme et l’intensité dramatique.
Jesús López-Cobos anime constamment avec la plus grande efficacité un ouvrage qui n’est pas court, et dont la structure intérieure complexe n’est pas simple à gérer.
Sans jamais manquer d’ardeur, le chef maîtrise une balance entre le plateau et la fosse qu’aucune scène ne voit défaillir.
Difficile de commenter la belle Méditation de David Chan au violon, tant il est nécessaire, cette fois précisément, d’être placé dans la salle avec le recul nécessaire pour en apprécier l’évanescence, et non à l’écoute de la captation du micro de la fosse d’orchestre.

Thomas Hampson et Renée Fleming.La production n’échappe pas au rituel orientalisant stéréotypé où le festif autant que l’austérité (seconde moitié de l’opéra) le disputent à la rectitude du livret lorsqu’on le suit ainsi à la lettre.
Elle est globalement construite dans ce style ultra-classique et sage, pour ne pas dire convenu, où rien ne saute aux yeux de la débauche supposée que Thaïs fait vivre à Alexandrie !
Tout reste en ordre jusqu’à la fin, alors que Thaïs devient l’icône sacrée qui voit Dieu en mourant et aux pieds de laquelle le Père Athanaël crie son amour.

La présence filmée au plus près des artistes dans les scènes finales ne donne pas de véritable idée de ce qu’on verrait avec le recul pour lequel les décors et les éclairages sont conçus.
Mais s'il est impossible de profiter d'une vision globale, à vrai dire, nul ne saura se plaindre que "Thaïs soit trop belle".

Gilles Delatronchette

Suppléments du DVD

En VO stéréo PCM sans aucun sous-titre.

Plácido Domingo.La captation de l'opéra est parsemée de séquences backstage entre les scènes qui nous permettent d'assister à de nombreux redoutables changements de décors qui dévoilent un instant le mystère de la scène et "humanisent" l’engagement des artistes.
Un court bonus isolé présente Plácido Domingo en intervieweur des principaux artistes à leur sortie de scène, puis les différentes robes de Thaïs dessinées par Christian Lacroix. (8')
Il faudra maîtriser la langue anglaise car les propos ne sont aucunement sous-titrés.

 

 

Critique Images et Son du DVD

Images

Cette captation d'origine HD aurait nécessité le support Blu-ray pour rendre au mieux les détails dans les nombreuses ambiances sombres de cette production.
Dans les limites du DVD, la définition demeure satisfaisante sans plus.
Les couleurs sont très saturées et leur éclat nous parvient en fonction des contrastes particulièrement variables d'une scène à l'autre.
Le 1er tableau de l'Acte I, avec ses costumes bruns sur fond bleu foncé, au même titre que d'autres passages trop enterrés, rend bien difficile l'obtention d'un bon niveau de qualité en vidéo.
Rien de catastrophique néanmoins, mais rien de superbe non plus.

Son

La clarté de la piste stéréo sied particulièrement bien aux voix. L'orchestre, très présent, ne les envahit jamais et un équilibre quasi constant est maintenu.
Tout juste reprocherons-nous un léger manque de corps à cette restitution.
La piste 5.1 pallie à ce manque. L'orchestre gagne en importance et en définition des pupitres sans jamais recouvrir les voix, toujours remarquablement distinctes.
L'atmosphère de salle apporte, qui plus est, une dimension plus théâtrale aux images.
Les deux pistes bénéficient d'une large dynamique, mais les éclats sont plus brillants et spectaculaires en 5.1.

Note technique : 7/10

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