Blu-ray Jaquette de : Thaïs (Frittoli - Turin)

Distribution

Interprètes
  • Barbara Frittoli
    Thaïs
  • Lado Ataneli
    Athanaël
  • Alessandro Liberatore
    Nicias
  • Maurizio Lo Piccolo
    Palémon
  • Eleonora Buratto
    Crobyle
  • Ketevan Kemoklidze
    Myrtale
  • Nadežda Serdyuk
    Albine
  • Daniela Schillaci
    La charmeuse
  • Diego Matamoros
    Un serviteur
  • Chorus of the Teatro Regio Torino
Mise en scène
Stefano Poda
Chorégraphie
Stefano Poda
Orchestre
Orchestra of the Teatro Regio Torino
Chef d'orchestre
Gianandrea Noseda
Réalisation
Tiziano Mancini
Origine
Teatro Regio Torino Turin
Année
2008

Informations techniques

Durée
139'
Nombre de disques
1
Zone/Région
Zone ALL
Éditeur
Arthaus Musik
Distributeur
Intégral Distribution
Date de sortie
15/09/2009

Vidéo

Couleurs/N&B
Couleurs
Format images
1.78
Codec/Standard vidéo
AVC
Résolution vidéo
1080i

Audio

Version(s) sonore(s)
7.1 DTS HD Master Audio
Stéréo PCM
Sous-titres
•  Allemand
•  Anglais
•  Espagnol
•  Français
•  Italien
•  Japonais

Thaïs (Frittoli - Turin) Blu-ray

Note générale : 8/10

Jules Massenet

Opéra


Thaïs de Massenet demeure toujours, même si cette œuvre a plus ou moins déserté l’affiche des théâtres, sujet à mystère et à curiosité. Le livret ne manque pas d’originalité et l’opéra recèle parmi les plus belles pages du répertoire lyrique…

La présente production de Thaïs à Turin, fait avant tout la part belle au spectacle visuel et au beau chant. De facture classique, le soin apporté tant au décor qu’aux costumes atteste une réelle volonté de produire un grand spectacle, à partir d’un ouvrage, qui, en dépit de ses célèbres pages, reste en marge des sentiers battus.
Constamment originale jusqu’à s’y perdre dans le détail, la mise en scène de Stefano Poda ne recule pas devant l’invraisemblance de certaines situations (l’appel au sacré fait à Thaïs, la courtisane), ni devant l’ambiguïté de certaines postures (les mouvements d’acteurs parfois synchrones avec la musique, les groupes d’acteurs lents et fantomatiques et nus, tout au long du spectacle).


La mise en scène de Stefano Poda est particulièrement bien filmée par le réalisateur Tiziano Mancini.Beau chant, c’est incontestable aussi. Les voix sont superbes, le style de chant impeccable et l’engagement dès le premier acte de Nicias et Athanaël, est total. Ils font tous deux preuve d’une présence dramatique et musicale que la qualité de leur chant vient confirmer.
Barbara Frittoli, Thaïs, apparaît enfin dans son entrée si pleine de nostalgie, alors qu’elle va quitter Alexandrie la luxueuse ; la voix s’est considérablement étoffée, voire alourdie, ces dernières années, mais a gagné en puissance et en acuité. La pose du son est sûre et son autorité musicale souveraine. Cette Thaïs est donc un personnage solide, massif, dont il sera périlleux ou pour le moins difficile de révéler la fragilité, plus tard, dans le déroulement du drame.
Le célèbre "Dis moi que je suis belle" est abordé avec véhémence et une autorité stupéfiante. C’est une belle réussite, et l’absence du contre ré final - qui n’est qu’anecdotique et optionnel - ne constitue pas un critère à retenir.

 

Stefano Poda est non seulement metteur en scène mais aussi chorégraphe. Sa mise en scène de <i>Thaïs</i> est un excellent exemple de cohérence entre les deux axes.L’Athanaël de Lado Ataneli est saisissant de solidité et son style de chant fait autorité. Il soutient le rôle écrasant, constamment exposé du début à la fin de l’ouvrage, avec une aisance confondante, et son timbre solide et altier lui assure une stature souveraine.

Le Nicias, d’Alessandro Liberatore, possède naturellement un caractère vocal juvénile et chaleureux tout à fait approprié pour ce rôle déjà secondaire. Le reste du plateau réuni est sans reproche, qu’il s’agisse du duo Crobyle ou Myrtale ou d’Albine en fin d’ouvrage, aux phrases si musicalement belles et profondes.


On regrettera cependant la diction désastreuse de toute cette distribution : presqu’aucune consonne de la langue n’est audible et de nombreuses erreurs importantes de prononciation sont entendues (bien au-delà des "en" et des "on", réputés si difficiles). Partant, on comprend souvent fort mal ce qui est dit. Un répétiteur tenace et avisé serait facilement venu à bout des quelques corrections majeures et indispensables qui font de la langue entendue ici, presque une caricature. On le regrette d’autant plus qu’il est devenu de nos jours incontournable pour tout chanteur de maîtriser au moins une ou plusieurs prononciations, sans parler nécessairement de langues. C’est l’inconvénient majeur de cette production sans lequel notre avis serait bien plus favorable.

Les costumes sont également créés par Stefano Poda.La direction du chef italien Gianandrea Noseda, actuel directeur du Teatro Regio de Turin, est idéale. Elle insuffle à chaque instant la vie et la couleur sur un orchestre en grande forme. Ses tempi sont vifs et son accompagnement dramatique d’une véritable efficacité. En outre, le chef a parfaitement compris qu’un des atouts de l’opéra de Massenet réside dans la qualité exceptionnelle de son orchestration, et dans la richesse des timbres de sa palette expressive. À ce titre, Massenet se hisse au rang des orchestrateurs majeurs de la musique française aux côtés de ces maîtres absolus que sont Berlioz, Ravel, Debussy et Roussel, ses contemporains pour les trois derniers.


Les ambiances lumineuses de cette <i>Thaïs</i> sont particulièrement sophistiquées.Le jeune metteur en scène Stefano Poda, parvient parfaitement à la représentation de deux mondes aux antipodes l’un de l’autre : le premier fait de rigueur et d’austérité religieuse, celui de l’ermite Athanaël ; l’autre, celui d’Alexandrie et de sa célèbre courtisane Thaïs, qui enflamme la cité dans sa quête perpétuelle de plaisirs sensuels. Athanaël entreprendra de ramener la pécheresse à Dieu et de la convertir à sa Loi. Y parvenant, il ne résistera pas à l’angoisse d’abandonner à l’austère, celle qu’il admet enfin aimer, alors qu’elle  a déjà quitté les plaisirs terrestres, et que leurs vocations respectives se sont, en quelque sorte, mystérieusement inversées.
La mise en scène oppose d’emblée le monde sacré teinté de blanc et son cortège de corps nus comme abstraits (mais qui possède en substance la sensualité de certaines représentations religieuses), au monde luxuriant mais noir du palais d’Alexandrie, chez Nicias, où sévissent la débauche et la luxure. Puis, à travers la célèbre Méditation, qui relève plus du mystère religieux que du songe, les deux mondes s’interpénètrent lors de la grande scène de ballets à l’Acte II, alors que Thaïs fait son choix définitif de suivre Athanaël. Pour Thaïs le sacré l’emportera finalement et elle effectuera vêtue de blanc son entrée au royaume des nus, alors qu’Athanaël reste, immuable dans sa tunique noire comme hanté pour toujours par le doute qui l’habite.

Cette production est finalement assez lisible et semble recevoir l’adhésion du public. L’accueil est chaleureux pour les artistes lyriques, pour la mise en scène, mais en encore bien davantage pour le chef d’orchestre. C’est également notre point de vue.
Décidément la relève de leurs aînés est bien assurée par la jeune génération de chefs italiens, généreuse en successeurs.

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Gilles Delatronchette

Suppléments du Blu-ray

Aucune.

Bande-annonce du Blu-ray

Critique Images et Son du Blu-ray

Images

Comparé au très bon DVD, le master Haute Définition donne ici la pleine mesure de sa qualité. La restitution des zones enfumées porteuses de lumière et les premiers plans d'une netteté absolue restituent à la perfection une rare qualité picturale du début à la fin de la représentation. Le niveau de détail dépasse tout naturellement celui du DVD pour une expérience HD significative.

Son

La piste multicanale DTS atteint un haut niveau de musicalité et de respect des timbres reproduits avec transparence entre fosse et plateau. La dynamique est très correcte sans pourtant atteindre l'éclat attendu sur les reliefs de l'orchestration. Les enceintes arrière participent avec discrétion au positionnement dans le lieu de captation. Le mixage stéréo constitue une alternative très correcte, claire et équilibrée entre orchestre et voix, mais plus sourde sur les instruments, en particulier dans les forte.

Note technique : 9/10

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