DVD Jaquette de : Siegfried

Distribution

Interprètes
  • Lance Ryan
    Siegfried
  • Gerhard Siegel
    Mime
  • Juha Uusitalo
    Der Wanderer
  • Franz-Josef Kapellmann
    Alberich
  • Stephen Milling
    Fafner
  • Catherine Wyn-Rogers
    Erda
  • Jennifer Wilson
    Brünnhilde
  • Marina Zyatkova
    Stimme des Waldvogels
Mise en scène
Carlus Padrissa - La Fura dels Baus
Orchestre
Orquestra de la Communitat Valenciana
Chef d'orchestre
Zubin Mehta
Réalisation
Tiziano Mancini
Origine
Palau de les Arts Reina Sofia , Valencia
Année
2009

Informations techniques

Durée
256'
Nombre de disques
2
Zone/Région
Zone ALL
Éditeur
C Major
Distributeur
Harmonia Mundi
Date de sortie
25/03/2010

Vidéo

Couleurs/N&B
Couleurs
Format images
1.78
Format vidéo
16/9 compatible 4/3
Codec/Standard vidéo
NTSC

Audio

Version(s) sonore(s)
5.1 DD
Stéréo PCM
Sous-titres
•  Allemand
•  Anglais
•  Espagnol
•  Français

Siegfried DVD

Note générale : 9/10

Richard Wagner

Opéra


Conquis tant par le Prologue (Rheingold) que par la Première journée (Die Walküre), de cette Tétralogie de Valence, nous abordons Siegfried sous la même direction de Zubin Mehta.
Il ne fait d’ores et déjà plus de doute que cette production, exceptionnelle musicalement et inouïe d’inventions scéniques, fera date dans la production lyrique en général, et dans le domaine des captations live en particulier.

Avec Siegfried, nous quittons le monde des dieux, des demi-dieux, pour ne plus évoluer que sur terre.
Wotan lui-même erre sous l’aspect banal du commun des mortels.
Peu à peu l’étau se referme sur son destin et, bien que rien n’y paraisse, une fin cataclysmique s’annonce…

Le Palau de les Arts Reina Sofia de Valencia.Siegfried est un peu la page "poésie" du Ring de Wagner et l’acte central en est son chapitre essentiel.
Mais rien ne démérite par rapport aux pages précédentes de cette production de Valence, et encore moins sur le plan musical.
Peut-être cette poésie, propre au naïf et au mystérieux, ne ressort-elle pas autant que le surnaturel du monde des Dieux de L’Or du Rhin ou que la magnificence du rocher qui conclut Walkyrie.
Peut-être aussi, dans ce qui semble dessiner un Ring tout à fait exceptionnel et à nul autre pareil, ce Siegfried de la fantastique troupe de La Fura dels Baus fait-il ressentir une sorte d’essoufflement ?

Étant donné la merveille que l’acte central constitue sur le plan musical, nous sommes-nous attendus à des formes superlatives du merveilleux, dont nous savons l’équipe scénique capable ?
Si tout est réglé à la perfection, si tout fonctionne parfaitement, on reste, il est vrai, quelque peu sur sa faim à l’issue de la représentation.

© C Major

 

Cela commence pourtant plutôt bien avec, dès le début de l’Acte I, l’abattage du Mime de Gerhard Siegel. Ce sont, tant sa maîtrise du rôle - il l'a chanté à maintes reprises, et encore en 2007 à Bayreuth sous la direction de Christian Thielemann - que celle de sa propre langue qui fluidifient naturellement son débit frénétique.
Il sait aussi se faire chantant et sa prestation est admirable de part en part. Alors qu’elle occupe une majeure partie de l’acte initial, avec ses trois énigmes à résoudre et l'affrontement de Wotan, cette grande scène est d’une densité musicale splendide. Grand moment de chant wagnérien que cette confrontation de deux artistes lyriques d’une telle qualité (le toujours idéal Wotan de Juha Uusitalo).
À ce stade la production, - les costumes, à nouveau, mis à part - nous réserve de fantastiques surprises visuelles qu’on laissera le lecteur imaginer et découvrir.

La scène de la forge qui suit nous fait découvrir Siegfried.
Peut-être ce rôle est-il le plus écrasant de tout ce Ring tant il se trouve exposé ici, comme jusqu’à la fin de ses jours dans le futur Crépuscule des Dieux.
Chanté ici par le canadien Lance Ryan, ce dernier en possède parfaitement la stature et s’illustre depuis un certain temps dans ce répertoire.
Son chant n’est pas des plus subtils (le rôle non plus !) mais c’est surtout son allemand qui laisse parfois quelque peu à désirer.
Il ne manie pas parfaitement le rythme et les accents de la langue, ce qui accentue une absence de grâce certes, mais surtout le coté un peu falot du personnage.
Rien de tragique toutefois, et même facile à améliorer avec un bon répétiteur. On savoure en revanche son timbre lumineux, ses aigus rayonnants et vaillamment projetés, et sa précision musicale et dramatique.
Toute la scène baigne dans la joyeuse lumière du feu de la forge, d’une couleur chaleureusement dorée, représentée là encore de façon fort originale.

© C MajorL'Acte II s’ouvre cette fois sur le duo entre Wotan et Alberich. C’est Franz-Joseph Kapellmann qui chante ce dernier, parfaitement désespéré.
Bientôt paraît Siegfried, vainqueur de la forge et donc armé de son infaillible épée.
Il bravera sans peur le dragon Fafner et le vaincra.
Le dragon, tiré de son sommeil ne viendra pas seul et nous le fera savoir.
Non sans humour - suivez son regard sur la fosse… -, le dragon est à proprement parler, "métalliquement" et "mécaniquement" diabolique !
Stephen Milling apporte sa basse profonde à Fafner ; c'est un véritable accomplissement dès qu’il ouvre la bouche, au point qu’on souhaiterait qu’il meure plusieurs fois !
Son articulation et la projection de son chant nous comblent.

Au sommet de la partition, comme au sommet des arbres, les magnifiques Murmures de la forêt concluent l’Acte 2.
Dans les airs, l’oiseau que Siegfried comprend désormais, est joliment chanté par Marian Zyatkova.

Le dernier acte pose d’emblée le problème intrinsèque de la partition : sa longueur.

Le Wotan toujours aussi superbe et hiératique de Juha Uusitalo va se confronter à Erda.
On a connu, pour ce rôle, court mais d’une exceptionnelle densité, plus profond et plus mystérieux que Catherine Wyn-Rogers.
L’artiste n’est pas vraiment en cause, mise à part une lecture plutôt superficielle de la partition, mais pas plus sa magnifique voix que son timbre ne reflètent la profondeur d’outre-tombe requise qui fait du personnage un rôle à part.
À l’instar du "Ô Mensch" de la Symphonie no. 3 de Gustav Mahler (quatrième mouvement) qui ne peut être confié à une voix trop légère ni de couleur trop vive, Erda doit posséder naturellement mystère et profondeur, sans lesquels Wotan ne peut la craindre…

 

©  C Major

 

Bientôt Siegfried parvient au pied du rocher où repose Brunhilde.
Non qu’elle s'épuise en termes d’imagination ou de puissance créative, la production se heurte elle aussi à la longueur interminable du duo Siegfried/Brunhilde.
On craint l’échec un instant, quand les deux héros se retrouvent dos à un décor presque nu, tant les images composées jusque-là nous impressionnaient par leur richesse.
Alors que leur amour se libère de sa pondération, les héros vont se libérer eux-mêmes du carcan de leurs costumes et s’offrir l’un à l’autre enfin quelque peu allégés de leurs armures tant psychiques que physiques. 

©  C MajorLa réponse à ces moments de flottements qui, on le répète, ne peuvent être imputés à la seule production mais aussi à Wagner, se fera musicalement : si les deux héros n’ont ni le crédit, ni le physique, ni les superbes costumes de Manfred Jung et de Gwyneth Jones dans la production historique Boulez/Chéreau à Bayreuth, ils sauront toutefois nous convaincre par leur incroyable domination du texte musical et lyrique.
Ils réussiront, mieux même que les icones citées dans cette scène calamiteuse sur le plan vocal lors du direct de Bayreuth, à tenir leur engagement vocal jusqu’au bout, jusqu’au paroxysme musical de la fin de l’opéra.
Rien que pour cela, ce véritable tour de force comblera les moments de doutes que, tel Siegfried face au rocher, nous rencontrons, nous aussi, au cours de cette page finale de l’ouvrage.

Une nouvelle fois les costumes ne se prêtent pas le moins du monde à l’œil rapproché de la caméra ; ni l’aspect Davy Crocket de Siegfried, doublé d’un faux air d’Anthony Cavanagh blanc, voire de Jacquouille la fripouille, ni l’accoutrement d’Alberich ou de Mime ne résisteront à la proximité de notre regard.
Il nous faut ajouter que le metteur en scène Carlus Padrissa voit en Siegfried un être androgyne, mi homme mi femme, avant qu’il ne se révèle face au rocher.
Partant, on imagine bien mal comment rendre en scène cette absence supposée d’identité, ne serait-ce que visuellement.
Mais l’interrogation méritait sans doute d’être posée et c’est donc essentiellement musicalement que l’exploit se renouvelle.

Zubin Mehta.
Mehta nous offre une direction toute faite de transparence, de puissantes tensions, de beautés paroxystiques et sa lecture est d’une véritable plénitude.
Le chef est à son bonheur - comme au nôtre - à la tête du merveilleux orchestre de la Comunitat Valenciana.
Cette formation ne manque pas une seconde ni de poésie, ni d’efficacité dramatique dans la tension, ni de  cette superbe limpidité qui constituent pour la forêt, l’oiseau et le dragon, parmi les plus belles pages orchestrales du Ring





Lire le test de la version Blu-ray de Siegfried





 








Pour lire le test de Götterdämmerung,
quatrième volet du Ring,
cliquer sur le visuel ci-contre…

 

 

 

 

 

Retrouvez la biographie de Richard Wagner sur le site de notre partenaire Symphozik.info.

Gilles Delatronchette

Suppléments du DVD

En anglais et espagnol, avec sous-titres anglais sur les propos en espagnol :

Chu Uroz, créateur des costumes.- Comme pour les volets précédents de ce Ring, un making-of intéressant est consacré spécifiquement à Siegfried. On y entend plusieurs auteurs de cette présente production et leurs propos nous éclairent sur leurs intentions scéniques véritables autant que sur leur conception dramatique des rôles. Zubin Mehta intervient lui-même, et l’analyse faite par les jeunes auteurs espagnols est singulièrement équilibrée par la vision mûrie et sage du chef d’orchestre.
- Galerie de photos
- Bande-annonce de la Tétralogie.

Bande-annonce du DVD

Critique Images et Son du DVD

Images

La qualité vidéo de ce Ring est homogène au long des quatre opéras qui le compose. La nature même de ces images est constante et on observe une grande cohérence de traitement malgré des dates de captations éloignées.

La belle précision du master Haute Définition rend de façon très satisfaisante la richesse de ses détails dans la limite du support DVD.
Cette limite est par exemple atteinte lorsque les chanteurs évoluent derrière un écran sur lequel sont projetées des images "en filigranes". Les créations numériques de Franc Aleu projetées en fond de scène passent en revanche très bien. De même, les gros plans et plans moyens s'avèrent excellents tandis que les vues générales manquent de précision.
Les contrastes sont profonds et les couleurs particulièrement saturées, réhaussées par un noir très dense.
Les scènes très sombres sont du reste assez nombreuses au fil des opéras. Seule la Haute Définition est à même de préserver la meilleure des lisibilités dans ces conditions extrêmes.
Cette Tétralogie en DVD offre de très belles images. Mais le support Blu-ray dépasse en qualité tout ce que l'on peut observer ici.

Son

Nous avons pu observer un travail de mixage sonore identique sur les quatre journées de cette Tétralogie. Malgré des captations étalées dans le temps, la signature sonore se révèle constante.

La piste stéréo apporte un son extrêmement clair et un parfait équilibre voix/orchestre dans lequel la lisibilité est constamment préservée malgré la richesse du message.
Mais la dynamique est un peu retenue.
Avec le mixage 5.1, la limpidité est identique mais l'orchestre s'exprime bien mieux. Il gagne en aération et en amplitude. Les voix sont assez réverbérées mais toujours très lisibles.
La dynamique gagne en importance et sert bien mieux la musique de Wagner.

Note technique : 8/10

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Mots-clés

Carlus Padrissa
La Fura dels Baus
Palau de les Arts Reina Sofia, Valencia
Parsifal
Richard Wagner
Zubin Mehta

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