
Tamara Rojo est une belle Juliette, même si la comparaison avec l'aura et la silhouette uniques d'Alessandra Ferri dans le même rôle ne joue pas à son avantage. Mais elle développe pour son personnage un côté juvénile très intéressant, qui apparaît surtout dans les scènes jouées. C'est en fait avec la Scène du balcon que Tamara Rojo réussit à affirmer son interprétation qui devient dès lors révélatrice d'un intelligent sens du drame. Ce pas de deux bénéficie en outre des belles cordes de l'orchestre, très en forme. L'alchimie avec Carlos Acosta s'impose au même moment et le couple devient riche par la justesse de son évolution. 
Roméo est ici passionné, fougueux et Acosta s'avère un excellent partenaire qui brille dans des variations particulièrement difficiles. Le corps de ballet est très à l'aise dans son répertoire - superbe Danse aux mandolines de l'acte II - et excelle dans les scènes de théâtre, de duels violents (rare dans un ballet) ou de comédie.
On remarquera la sympathique nourrice de Sandra Conley qui tenait le rôle de Rosaline dans la version DVD parue jadis chez Warner Vision.
Le vocabulaire chorégraphique vivant, lyrique et dramatique, ainsi que la constante lisibilité théâtrale, font de ce ballet une des plus belles versions de Roméo & Juliette qui soit. Cette jeune interprétation constitue du reste une preuve indéniable de sa pérennité.

Philippe Banel


































