Blu-ray Jaquette de : Roméo et Juliette (Villazon, Machaidze)

Distribution

Interprètes
  • Nino Machaidze
    Juliette
  • Rolando Villazón
    Roméo
  • Mikhail Petrenko
    Frère Laurent
  • Russell Braun
    Mercutio
  • Cora Burggraaf
    Stéphano
  • Falk Struckmann
    Le Comte Capulet
  • Juan Francisco Gatell
    Tybalt
  • Susanne Resmark
    Gertrude
  • Christian van Horn
    Le Duc de Vérone
  • Mathias Hausmann
    Le Comte Pâris
Mise en scène
Bartlett Sher
Chorégraphie
Chase Brock
Orchestre
Mozarteum Orchester Salzburg
Chef d'orchestre
Yannick Nézet-Séguin
Réalisation
Brian Large
Origine
Felsenreitschule, Salzburg
Année
2008

Informations techniques

Durée
162'
Nombre de disques
1
Zone/Région
Région ALL
Éditeur
Deutsche Grammophon
Distributeur
Universal Music Classics
Date de sortie
06/06/2011

Vidéo

Couleurs/N&B
Couleurs
Format images
1.78
Codec/Standard vidéo
AVC
Résolution vidéo
1080i

Audio

Version(s) sonore(s)
5.0 DTS HD Master Audio
Stéréo PCM
Sous-titres
•  Allemand
•  Anglais
•  Chinois
•  Espagnol
•  Français

Roméo et Juliette (Villazon, Machaidze) Blu-ray

Note générale : 9/10

Charles Gounod

Opéra


Monter un Roméo et Juliette de Gounod est une chose risquée de nos jours. Mais, pour peu qu'on choisisse deux vedettes sur qui tout reposera, l'œuvre a une chance de s'imposer. Le Festival de Salzbourg a ainsi produit en 2008 son Roméo avec Rolando Villazón et Nino Machaidze, enfin disponible en Blu-ray en France.

Cette parution de Roméo et Juliette sur support Haute Définition s'inscrit dans la première vague de Blu-ray distribués en France par Universal Music Classics. Nous avons rencontré Yann Olivier, le patron du secteur classique de la Major, qui nous explique les raisons de ce virage vers la Haute Définition. Lire l'interview réalisée par Tutti-magazine…

 

Nino Machaidze et Rolando Villazón mis en scène par Bartlett Sher.

 

L'opéra de Gounod est porté par ses deux rôles principaux.
Attardons-nous tout d'abord sur le Roméo de Rolando Villazón.
Combien de fois se rue-t-il sur Juliette pour l'étreindre et l'embrasser comme un vrai amant ? Quelle énergie ne déploie-t-il pas pour se battre dans la scène des duels de l'acte II ? Il tombe, saute, se roule par terre, crie sa joie et son amour, hurle sa douleur et son désespoir… Le ténor aura ses détracteurs, n'en doutons pas, qui lui reprocheront trop d'effets, beaucoup de déplacements, de gesticulation et, en définitive, de surjouer. Mais il s'agit ici de donner vie à un Roméo facilement ridicule ou emprunté dans des attitudes stéréotypées si l'on n'y prend garde. Que l'on aime ou pas, Rolando Villazón s'engage sur la voie du refus de l'académisme qui menace constamment la musique et l'attitude des personnages de Gounod, comme il l'a toujours fait pour tous ses rôles.


Rolando Villazón (Roméo).Et la voix suit le jeu : là aussi, la puissance est au rendez-vous, déployée non pas comme celle d'un stentor assourdissant, mais plutôt comme celle d'un corps svelte tendu de tous ses muscles dans un investissement complet de sa personne. Le spectateur s'identifie rapidement, et la sûreté de l'interprétation le rassure. Mais on ne cessera de penser à une certaine forme de danger physique et vocal de se donner ainsi à fond. Passionné et passionnel, Rolando Villazón n'a rien de routinier, et les gros plans sur son visage viennent confirmer quel formidable acteur il est, même dans les moments sereins. Également très important quand il s'agit d'opéra français, précisons que le ténor mexicain est très compréhensible et que sa diction ne nécessite aucun sous-titrage. Ce qui n'est malheureusement pas le cas de sa partenaire géorgienne, Nino Machaidze.

 

Nino Machaidze (Juliette).

 

Nous avions déjà eu l'occasion de souligner le talent de la soprano Nino Machaidze dans une production des Puritains de Bellini, qu'elle sauvait par son tempérament dans une distribution en demi-teinte. On retrouvera ici toutes les qualités déployées alors : naturel du jeu se moquant des difficultés, chant coloré, aigus fulgurants et capacité rarissime à en diminuer l'intensité sonore tout en tenant la note. Sa remarquable technique permet, si besoin, l'usage d'une puissance vocale à gorge déployée et ouverte sans retenue ni tension de l'émission, assurant ainsi toute la différence entre le chant et le cri.
Cependant, si son italien ne posait guère de problèmes, il en va autrement de sa prononciation du français. Pour la soprano, la langue de Molière ne sert qu'à chanter les notes, comme en quelque sorte un simple support phonétique. Heureusement, son talent d'actrice réussit à compenser la nécessité de l'affichage des sous-titres, même pour un spectateur français… À sa décharge, presque tous les autres membres de la distribution se heurtent à l'articulation et à l'accent de notre langue. Exception faite de Mikhail Petrenko, excellent Frère Laurent, et Cora Burggraaf, parfaitement compréhensible dans le rôle du page de Roméo.
Cependant, si le français reste sujet à caution, le niveau vocal des autres rôles ne présente aucun point noir, ce qui est déjà une bonne chose en soi.

Yannick Nézet-Séguin dirige le Mozarteum Orchester Salzburg.Le chef canadien Yannick Nézet-Séguin dirige toute sa distribution avec l'énergie et la fougue de la jeunesse, tandis que la crédibilité de la mise en scène n'altère aucunement notre enthousiasme. Celle-ci est renforcée par deux constantes : le réalisme des décors et des costumes ainsi que les dimensions du cadre scénique.

Le metteur en scène Barlett Share transporte l'action quatre cents ans plus tard que celle du livret original. Cette plongée dans le XVIIIe siècle ne pose en fait aucun problème de vérité, les rivalités entre clans et les amours contrariées demeurant universelles.

Quant aux magnifiques costumes très réalistes, ils apportent chatoiements colorés et richesse aux scènes de groupe. Curieusement, les rôles de Roméo et de Juliette endossent davantage de sobriété : lui porte du début à la fin un ensemble noir et une chemise blanche ; elle passera par la robe fuchsia et les blanc-mauve/blanc-bleu pastels. Ainsi nos héros seront-ils toujours visibles, même au milieu de la foule et leur relative simplicité vestimentaire tranchera avec l'épaisseur de leur rôle.

 

Susanne Resmark (Gertrude).Jean-Luc Ballestra (Grégorio).

 

 













La chorégraphie de Chase Brock ménage des moments où domine le foisonnement d'un bal et B.H. Barry règle l'énergie des duels, pour lesquels les prises de vue accélérées et le montage rapide rappellent ceux d'un film. Ils sont contrebalancés par le statisme volontairement dépouillé des Actes II et V, où l'amour et la mort s'invitent sur scène. Un bon rythme est trouvé.
Les éléments mobiliers, bien que clairsemés, suffisent pour ne pas occulter l'immense scène garnie en son centre d'une non moins gigantesque estrade. Il faut dire que le volume de la Felsenreitschule (le "manège des rochers") de Salzbourg offre une largeur impressionnante qu'il faut occuper : le fond de scène est composé des murs naturels de l'édifice, à l'origine destiné à l'entraînement de la cavalerie de l'archevêque de la ville. Mille cinq cents personnes font face à des dizaines d'arcades superposées sur trois étages et creusées dans la roche de la montagne qui se trouve derrière. Ce site offre de nombreuses possibilités à un metteur en scène avide d'effets plastiquement garantis, ce dont Bartlett Sher ne se prive pas. L'absence de rideau de scène donne en outre une ouverture angulaire à l'effet incomparable.
Gageons que, tant du côté des planches que de celui des fauteuils, les notions de barrière, de limite et de distance propres à un théâtre traditionnel s'estompent aisément. Le public assiste au spectacle en partageant le même volume que les chanteurs. Les premiers rangs accessibles de la scène permettent de faire entrer des chanteurs par les gradins, de les laisser déambuler dans l'espace situé entre les premiers rangs et l'orchestre, qui de ce fait ne se trouve pas dans une fosse mais reste bien visible. L'arrivée du page en équilibre sur une rambarde des premiers rangs ajoute une légèreté et un humour bienvenus.

 

Nino Machaidze et Rolando Villazón vivement applaudis.

 

Expressif dans les ensembles comme dans les détails, ce Roméo et Juliette est une belle réussite générale. Fraîcheur, gaîté, enthousiasme et énergie trouvent leur contrepoids dans les scènes intimistes où douceur et confidence apportent autant que violence et exubérance. Le décloisonnement scénique et l'investissement personnel des acteurs-chanteurs parvenant à faire sentir l'évolution de leur personnage, tempéreront avantageusement une faiblesse en langue française.



Également disponible en DVD




Retrouvez la biographie de Gounod sur le site de notre partenaire Symphozik.info.

 

 

Nicolas Mesnier-Nature

Suppléments du Blu-ray

En HD et en allemand avec sous-titres français, anglais, espagnols et chinois :


- Deux introductions de Rolando Villazón basées sur le livret de l'opéra depuis sa loge. (4' au total)
- Un court making-of commenté en voix off nous montre l'architecture de Salzbourg et quelques instantanés des répétitions. On retiendra une très brève intervention de Nino Machaidze, et la présence fugitive d'Anna Netrebko. On attendait bien mieux… (4')
- Module sur Vérone aux somptueuses images basé sur le mythe de Roméo et Juliette et sa présence dans le monde. (8')

Bande-annonce du Blu-ray

Critique Images et Son du Blu-ray

Images

C'est tout d'abord la belle colorimétrie de ce master vidéo qui capte notre intérêt. Il se montre en effet aussi apte à reproduire les teintes chair avec naturel que le puissant rose tyrien de la première robe portée par Juliette, voire les noirs et blancs avec une belle intensité. La définition est probante et parfois spectaculaire sur les détails et les reflets de matières. Les contrastes sont globalement satisfaisants, y compris dans les très nombreuses scènes sombres que le DVD reproduisait avec difficulté. Enfin, les éclairages de Jennifer Tipton sont parfaitement rendus.

Son

La piste stéréo diffuse une profondeur assez étonnante et une ouverture très large de style "panoramique". Mais le message se situe un peu trop dans le lointain. La même impression de distance, non désagréable du reste, se confirme dès l'entrée des chœurs, puis des solistes. Clarté et brillance sont au rendez-vous mais la lisibilité du message se trouve ainsi en retrait, ce qui est parfois accentué par un orchestre aussi présent que les voix.
Avec le mixage 5.0, dès l'Ouverture tendue, l'orchestre s'exprime avec une fougue et un brio à ravir. Les cuivres sonnent avec brillance et les cordes profitent d'une belle réverbération. Entre graves nourris et aigus non agressifs, le spectre est assez équilibré. L'articulation des choristes gagne en précision et les voix solistes bénéficient d'une projection parfaite tandis que la fosse, sans envahir le chant, s'exprime merveilleusement. Soutenu par un encodage DTS HD Master Audio idéal, cette piste est en tout point gagnante !

Note technique : 8/10

Acheter ce titre

Tutti-magazine.fr est un site gratuit. Vous pouvez lui apporter votre soutien en commandant dans la Boutique Amazon les titres présentés aux mêmes prix et conditions de livraison que sur Amazon.fr

Mots-clés

Charles Gounod
Festival de Salzbourg
Nino Machaidze
Rolando Villazon
Roméo et Juliette
Yannick Nézet-Séguin

Index des mots-clés

Les derniers tests

Envoyer cette page à un(e) ami(e)

Envoyer

Imprimer cette page

Imprimer

Peuvent également vous intéresser

Tutti Ovation
Wozzeck mis en scène par Andreas Homoki - Tutti Ovation
Saul mis en scène par Barrie Kosky à Glyndebourne, Tutti Ovation
Adam's Passion d'Arvo Pärt mis en scène par Robert Wilson - Tutti Ovation
L'Elixir d'amour - Baden-Baden 2012 - Tutti Ovation
Les Maîtres chanteurs de Nuremberg - Salzbourg 2013 - Tutti Ovation

Se connecter

S'identifier

 

Mot de passe oublié ?

 

Vous n'êtes pas encore inscrit ?

Inscrivez-vous

Fermer

logoCe texte est la propriété de Tutti Magazine. Toute reproduction en tout ou partie est interdite quel que soit le support sans autorisation écrite de Tutti Magazine. Article L.122-4 du Code de la propriété intellectuelle.