Malgré un vocabulaire de pas peu imaginatif, le chorégraphe nous entraîne dans une lecture personnelle et assez simple d'Ibsen, parfois ponctuée d'un humour bon enfant. Un récitant allemand (rôle de Peer Gynt parlé) ponctue cette chorégraphie en intervenant entre danses populaires, pas de deux intimistes ou délires imagés.
Les danseurs, assez jeunes, sont bons sans être extraordinaires. Marijn Rademakern, visage enfantin et solide technique, hérite du rôle-titre en fait peu charismatique.
D'où cette difficulté à adhérer, accentuée par une alternance de styles musicaux (la musique de Grieg dans sa version chantée ; des partitions contemporaines) qui réussit parfois la rupture de ton visée mais plus souvent casse les atmosphères de façon mal venue.
À l'Acte II, les danseurs évoluent dans le sable, ce qui crée un effet intéressant.
Mais lorsque le sable devient indésirable sur le plateau, ce sont alors les artistes qui balaient, plus par nécessité que pour servir le drame…
Côté chant, la soprano Christiane Kohl (Solveig) fait preuve d'un vibrato un peu envahissant et d'aigus peu engageants.
Enfin, à trop vouloir jouer la carte de l'originalité, les angles de prises de vue desservent les danseurs en allongeant ou tassant leur silhouette là où l'on attend une plus grande fidélité au naturel.
L'impression se situe au final entre intérêt pour quelques scènes et peu d'enthousiasme global.
Philippe Banel
































