DVD Jaquette de : Mayerling

Distribution

Interprètes
  • Edward Watson
    Prince Rudolf
  • Mara Galeazzi
    Mary Vetsera
  • Iohna Loots
    Princess Stephanie
  • William Tuckett
    Emperor Franz Josef
  • Cindy Jourdain
    Empress Elisabeth
  • Sarah Lamb
    Countess Marie Larisch
  • Elizabeth McGorian
    Mary Vetsera's Mother
  • Steven McRae
    Bratfisch
  • Ursula Hageli
    Archiduchess Sophie
  • Laura Morera
    Rudolf's regular mistress
  • Gary Avis
    Colonel "Bay" Middleton
  • Sergei Polunin
    Hungarian Officer
  • Bennet Gartside
    Hungarian Officer
  • Yohei Sasaki
    Hungarian Officer
  • Thomas Whitehead
    Hungarian Officer
  • The Royal Ballet
Chorégraphie
Keneth MacMillan
Orchestre
Orchestra of the Royal Opera House
Chef d'orchestre
Barry Wordsworth
Réalisation
Ross MacGibbon
Origine
Royal Opera House, London
Année
2009

Informations techniques

Nombre de disques
1
Zone/Région
Zone ALL
Éditeur
Opus Arte
Distributeur
DistrArt Musique
Date de sortie
06/05/2010

Vidéo

Couleurs/N&B
Couleurs
Format images
1.78
Format vidéo
16/9 compatible 4/3
Codec/Standard vidéo
NTSC

Audio

Version(s) sonore(s)
5.1 DTS mi-débit
Stéréo PCM
Sous-titres
•  Aucun

Mayerling DVD

Note générale : 9/10

Franz Liszt  - John Lanchbery (arrangements et orchestration)

Ballet


Le ballet-fleuve de Kenneth MacMillan revient sur la double mort du Prince héritier d'Autriche-Hongrie Rudolf et de sa maîtresse Mary Vetsera.
Edward Watson subjugue dans ce spectacle d'une noirceur chorégraphiée et mise en scène avec génie.

 

En adaptant ces sombres pages historiques, Kenneth MacMillan, comme dans ses autres ballets à thèmes, trouve un cadre propice à l'exploration de l'âme humaine.

Edward Watson interprète le Prince Rudolf.Mais contrairement à son Roméo & Juliette ou son Manon, la trame est ici assez compliquée et fait intervenir un grand nombre de personnages qu'il n'est pas évident de situer à la fois dans le contexte historique et dans l'évolution de l'argument.
L'éditeur Opus Arte a, du reste, négligé de proposer ici l'habituel synopsis vidéo accompagnant la quasi-totalité de ses captations.

Nous ne saurions alors trop conseiller de lire en amont le très intéressant livret joint au disque.
Il contient l'article écrit par Gillian Freeman, auteur de l'argument du ballet, à l'occasion de la création de l'œuvre.
Il deviendra alors bien plus simple de distinguer les personnages et leurs motivations, et d'apprécier à leur juste valeur ces scènes d'une richesse surprenante.

Ainsi, dès l'Acte I, le Prince Rudolf apparaît comme un être complexe et tourmenté. Edward Watson l'incarne avec une justesse extraordinaire. Ses qualités de danseur se plient à l'exigence de pas très difficiles et ses arabesques sont aussi superbes que ses jambes fines et longues.
Ce danseur est aux antipodes d'Irek Mukhamedov, bien plus massif mais tout aussi expert et impliqué, dont la belle interprétation de ce rôle existe déjà en DVD chez le même éditeur.

Iohna Loots dans le rôle de la Princesse Stephanie.C'est l'implication émotionnelle d'Edward Watson qui nous marque dès la scène de bal au Palais impérial.
Alors qu'il arrive au bras de la Princesse Stéphanie de Belgique à laquelle il est marié, il se comporte de façon ouvertement vulgaire avec la Princesse Louise, sœur de son épouse.
Les deux danseuses, Iohna Loots et Romany Pajdak, jouent à la perfection cette situation embarrassante pour leur personnage.

Avec MacMillan, comme nous l'avons déjà écrit à propos de Roméo & Juliette (lire le test), la théâtralité de la danse est à son comble. Pas un mouvement, pas un regard, n'est laissé au hasard. Et c'est une tension permanente entre les personnages et les situations dans lesquelles ils sont projetés qui éveille notre intérêt, assez morbide dans le cas de Mayerling.

Mais, la noirceur du sujet, bien que toujours sous-jacente dans la progression du ballet, trouve maintes fois l'occasion de s'alléger, comme avec la rencontre de Rudollf et Mary Vetsera, interprétée par l'étonnante Mara Galeazzi.

Puis, d'autres scènes nous plongent dans l'Histoire. Ainsi, les officiers hongrois, amis du Prince, qui expriment la cause séparatiste de leur pays.

Cette alternance de scènes est écrite avec fluidité, et l'on passe des situations théâtrales à de la danse proprement dite avec la même qualité de mise en scène.
Le Royal Ballet démontre une fois de plus les qualités d'interprètes de ses danseurs, de tous ses danseurs.

Edward Watson et Yohei Sasaki.Mais l'art de MacMillan ajoute aux scènes une "patte" caractéristique assez unique dans son orientation, comme le comportement équivoque des officiers hongrois envers Rudolf ou, ou plus tard, celui des dames de compagnie qui tournent autour de l'Impératrice Elisabeth.

Le pas de deux qui place le Prince Rudolf face à son ancienne maîtresse, la Comtesse Larisch, qui tente de le récupérer, est un grand moment d'écriture chorégraphique empreint d'hésitation, du souvenir d'un amour, d'exaltation, de refus puis de rejet.
Les interprètes, excellents, expriment ces sentiments complexes.

 

Edward Watson et Sarah Lamb (la Comtesse Marie Larisch).

 

Dans les appartements de l'Impératrice Elisabeth (Acte I - Scène 2), le chorégraphe parvient à exprimer, dans une valse, aussi bien la dynamique du rythme ternaire que des pauses aristocratiques qui nous relient en permanence à l'argument et nous évitent tout éloignement du contexte historique et social.


Cindy Jourdain interprète l'Impératrice Elisabeth.Cindy Jourdain possède cette tenue altière. Son jeu est de plus admirable, comme cette expression si riche qui se transforme de façon spectaculaire à l'arrivée de son fil Rudolf dans ses appartements.
Le rapport mère/fils, dans toute sa complexité et sa douleur, est alors décrit avec un vocabulaire aussi sophistiqué qu'immédiatement compréhensible, en partie grâce à la direction d'orchestre attentive aux danseurs et à la profondeur du livret de Barry Wordworth.
C’est l'occasion d'apprécier la musicalité du premier violon et des divers pupitres, tout en retenue sensible.

Lorsqu'on retrouve Stephanie dans ses appartements, il apparaît évident que les très beaux costumes de Nicolas Georgiadis sont mis en valeur par les ambiances lumineuses créées par John B. Read. Tout est harmonie.
Cette scène permet au personnage de jeune épouse bafouée de s'exprimer par la danse.
Mouvements à la fois amples et avortés, regards perdus, nervosité et anxiété transparaissent dans cette variation éprouvante pour l'interprète.

Il faut également signaler combien la captation de ce spectacle réalisée par Ross MacGibbon est remarquable dans ses cadrages et son montage.
L'équilibre est toujours préservé entre la ligne chorégraphique et les visages expressifs des danseurs-acteurs.

Scène  tendue entre Edward Watson et Iohna Loots.C'est à la fin de la variation torturée de la Princesse Stephanie, qu'entre le Prince Rudolf, menaçant, revolver dans une main, crâne humain dans l'autre, et cette étape signe le début de la description du malaise qui le ronge.
Le spectateur est comme pris en otage par la violence manifestée, peu commune dans un ballet, un peu comme l'est la frêle Stephanie de l'histoire.
Le pas de deux qui suit montre avec quelle maestria le couple de danseurs parvient à gérer ces portés acrobatiques, enchaînés à la limite de l'hystérie, pour exprimer l'abîme de la relation tissée entre les personnages.
La définition des images y est tout bonnement somptueuse.

Steven  McRae danse le rôle de Bratfisch, chauffeur privé du Prince Rudolf et  amuseur.L'Acte II s'ouvre sur une scène de taverne dans laquelle les filles légères sont caractérisées avec à propos par la chorégraphie de pas. Les couleurs chaudes du master vidéo sont en parfait accord avec l'intention.
C'est dans ce lieu que Rudolf, accompagné de Stephanie, va retrouver la prostituée hongroise Mitzi Caspar. Mais c'est aussi, pour le spectateur, une rencontre avec le personnage de Bratfish, chauffeur personnel du Prince.
Le danseur Steven McRae qui tient ce rôle stupéfie par son jeu de jambes précis et dynamique investi dans une variation virtuose utilisée par le chorégraphe afin de détourner l'attention du personnage de Stephanie.

Laura Maurera (Mitzi Caspar) et Alastair Marriott (Le Comte Eduard Taafe).La débauche est décrite avec art, et la suggestion érotique voire sexuelle gérée avec finesse.
Laura Morera entre dans la peau de la prostituée de haut vol avec féminité et dynamisme.

Une remarquable pseudo-danse hongroise nous place à nouveau en présence des officiers hongrois en même temps qu'elle permet au corps de ballet masculin de briller.
Le pas de cinq qui suit (Mitzi et les officiers) montre combien MacMillan sait utiliser les danseurs avec musicalité, nervosité et inventivité pour créer un moment de danse jubilatoire.



Mais, très vite, le chorégraphe, nous replonge dans le malaise de Rudolf.
La police a dispersé tout le bruyant petit monde et les idées suicidaires refont surface avant la sortie de Mitzi au bras du Comte Taafe, Premier ministre d'Autriche-Hongrie.

 

Mara  Galeazzi (Mary Vetsera) et Sarah Lamb.

 

Dès lors, le ballet va s'intéresser à Mary Vetsera dont la rencontre avec Rudolf est orchestrée à la sortie de la taverne par la Comtesse Larisch.
La Scène 3 présente avec habileté l'impact de la Comtesse sur la jeune fille et sa mère. La gestuelle théâtrale et l'économie de moyens chorégraphiques expriment avec lisibilité les rapports entre les trois personnages pour aboutir à une lettre que Mary confie à la Comtesse pour Rudolf.
Les regards entendus des protagonistes sont un exemple des qualités expressives du Royal Ballet.

Cindy Jourdain et Gary Avis (Colonel "Bay" Middleton).De retour à la Hofburg (Scène 4), nous attend une scène politique plutôt bien gérée sur le plan théâtral mais un peu complexe à décrypter pour le spectateur tant les personnages sont nombreux.
Il est heureusement très vite repris par le fil de la narration au moment où Elisabeth redevient le centre d'intérêt par sa liaison amoureuse avec le Colonel "Bay" Middleton (Gary Avis, élégant et charmant). Un beau pas de deux se déroule alors sous le regard réprobateur de son fils, le Prince Rudolf, qui observe le couple. D'excellents cadrages nous rendent complice de son comportement.




Fait rare dans un ballet, un lieder est chanté sur scène, apportant crédibilité à cette scène de salon.

La dernière scène de l'Acte II marque la rencontre de Mary et Rudolf dans les appartements du Prince.
MacMillan instaure une diabolique passion morbide entre les deux personnages. La fascination de la jeune Mary pour l'arme de Rudolf scelle la relation dont la violence et l'excès sont aussi bien chorégraphiés que dansés par Edward Watson et Mara Galeazzi. Le chorégraphe atteint sans doute avec ce duo, le sommet de ce que peut exprimer un vocabulaire classique en termes de relation tourmentée et confuse entre deux personnages.

L'Acte III débute sur une scène de chasse qui permet d'apprécier le soin apporté aux costumes et les jeux de regards d'un chassé-croisé de personnages. On regrettera toutefois un éclairage un peu sombre.
Rudolf tue par inadvertance un membre de la cour de l'Empereur…

 

Cindy Jourdain et Edward Watson.La Comtesse Larisch le rejoint dans ses appartements alors qu'il vient de s'injecter de la morphine. Surprise par l'Impératrice elle est congédiée avec une violence parfaitement exprimée avec dignité par Cindy Jourdain.


Mary retrouve alors le Prince pour un moment de tendresse et de désespoir merveilleusement traduit par des pas qui nous conduisent progressivement au revolver et à la décision de mourir.

La scène III se déroule dans la loge de chasse de Mayerling. Mary rejoint Rudolf. Ils se désintéressent de Bratfish qui tente de les divertir.

 

Cela ne sera pas le cas du spectateur ébloui par la technique de Steven McRae.
Les deux amants restent seuls.

Le solo de Rudolf, avant l'épuisant pas de deux final, ne ménage pas le danseur qui, pourtant, parvient à traduire la douleur de son personnage en maîtrisant une variation qui demande une précision de chaque geste.

 

Mara Galeazzi et Edward Watson dans le pas de deux final.

 

Le pas de deux qui suit, fiévreux et sensuel doit une nouvelle fois à la fougue d'Edward Watson et Mara Galeazzi qui s'abandonnent entièrement à des portés acrobatiques superbes sans jamais perdre une once d'expression qui les éloignerait de leur incarnation.
Après une dernière piqûre de morphine, Rudolf tue Mary et se suicide peu après.
La tension est parfaitement gérée sur le plan dramatique, ménageant même une forme de suspense. Le paroxysme s'exprime avec naturel grâce aux interprètes et la vision de Rudolf s'écroulant aux pieds de sa maîtresse apparaît avec une théâtralité économe mais diablement efficace.

Retour au cimetière de Heiligenkreuz pour l'épilogue.
Le corps de Mary Vetsera est apporté et l'on comprend alors le sens de la mise en terre présentée dans le prologue du ballet.

La boucle est bouclée sur un spectacle sombre, puissant, dramatique, fiévreux et sensuel, sans doute un des sommets de l'expression du chorégraphe Kenneth MacMillan, décédé en octobre 1992, durant une représentation de son Mayerling.



Lire le test du Blu-ray

Philippe Banel

Suppléments du DVD

En HD et VO stéréo PCM, avec des sous-titres français, allemands et espagnols.

- Photos des principaux personnages.


Lorna Robinson.- Intéressant sujet sur les costumes. Deborah MacMillan, veuve du chorégraphe, interroge Lorna Robinson qui a assisté leur créateur, Nicholas Georgiadis, et supervise la reprise du ballet. Divers aspects sont exposés, du rapatriement à Londres depuis le stock, au nettoyage et à la restauration pointilleuse qui implique un retour aux croquis de la création et une recherche d'étoffes concordant avec celles d'origine. La spécificité et l'exigence de la fabrication pour la danse est très bien expliquée à travers des exemples vécus par les danseurs, de même que l'apparence historique en contradiction avec la légèreté imposée. (11')

 


- Répétition du pas de deux final de l'Acte III avec Edward Watson et Mara Galeazzi, coachés par l'ancien Principal du Royal Ballet Jonathan Cope. Ses conseils précieux et l'attention qu'il porte aux danseurs permettent aux interprètes de lier les pas complexes à exécuter à l'énergie sensuelle voulue par le chorégraphe. (12')

 

Critique Images et Son du DVD

Images

Sans donner la pleine mesure de ce beau master Haute Définition comme le permet le support Blu-ray, les possibilités du DVD sont ici poussées dans leurs derniers retranchements pour proposer le meilleur possible.
La palette de couleurs est superbe, les contrastes puissants et les contours précis.
Quant à la définition, elle s'exprime au mieux malgré un retrait dans les nombreuses scènes sombres et les plans généraux, qui passent excellemment en Blu-ray.
Dans le domaine du DVD, nous tenons ici un must !

Son

La piste 5.1 DTS est une merveille d'équilibre entre les divers pupitres. Elle brille dans le rendu des cuivres et séduit par le velouté des cordes de l'Orchestra of the Royal Opera House en grande forme.
Plus en retrait, la piste stéréo PCM est toutefois très musicale.
Mais il faut reconnaître que les divers plans sonnent de façon plus tassée et que la dynamique est légèrement insuffisante.
Aucun doute : le multicanal nous fait entrer dans l'Histoire de façon insurpassable.

Note technique : 9/10

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