DVD Jaquette de : La Fille du Pharaon

Distribution

Interprètes
  • Svetlana Zakharova
    Aspicia
  • Sergei Filin
    Lord Wilson/Taor
  • Maria Aleksandrova
    Ramzé
  • Dimitri Gudamov
    Le Pêcheur
  • Inna Petrova
    La Femme du pêcheur
  • Gennadiy Yanin
    John Bull/Passiphonte
  • Anna Tsygankova
    Pas d'action
  • Anastasia Goryatcheva
    Pas d'action
  • Denis Medvedev
    Pas d'action
  • Yan Godovsky
    Pas d'action
  • Vladimir Moiseev
    Le Roi du Nil
  • Anastasia Yatsenko
    Guadalquivir
  • Ekaterina Shipulina
    Congo
  • Elena Adrienko
    Neva
  • Solistes et corps de ballet du Théâtre Bolchoï
  • Élèves de l'Académie de Chorégraphie d'État, Moscou
Chorégraphie
Pierre Lacotte
Orchestre
Orchestre du Théâtre Académique d'État Bolchoï, Moscou
Chef d'orchestre
Alexander Sotnikov
Réalisation
Denis Caïozzi
Origine
Bolchoï, Moscou
Année
2003

Informations techniques

Durée
101'
Nombre de disques
1
Zone/Région
Zone ALL
Éditeur
Bel Air Classiques
Distributeur
Harmonia Mundi
Date de sortie
08/10/2004

Vidéo

Couleurs/N&B
Couleurs
Format images
1.78
Format vidéo
16/9 compatible 4/3
Codec/Standard vidéo
PAL

Audio

Version(s) sonore(s)
5.1 DTS mi-débit
Stéréo PCM
Sous-titres
•  Russe

La Fille du Pharaon DVD

Note générale : 7/10

Cesare Pugni

Ballet


Pierre Lacotte a remonté La Fille du Pharaon en 2000 pour le Théâtre du Bolchoï de Moscou.
Cette captation réalisée en octobre 2003 rend parfaitement le faste de ce grand ballet.

 

Sergei Filin.Créé le 18 janvier 1862, le ballet La Fille du Pharaon connut un succès immédiat.
Les superbes grands ensembles, pas de deux et variations de Marius Petipa alliés à une mise en scène à grand spectacle, à des effets scéniques réjouissants et un parfait équilibre entre mélodrame, exotisme et pompe, firent qu'il devînt très difficile d'obtenir des places pour cette production fleuve de plus de 4 heures, fierté toute nouvelle du Grand Théâtre Impérial de Saint-Pétersbourg.
Il faut dire que l'Égypte ancienne était à la mode et que le spectacle, malgré de grandes libertés prises avec l'Histoire, correspondait au goût et à la sensibilité du public cultivé d'alors.
Cette création permettait en outre au Ballet Impérial de Saint-Pétersbourg de briller dans de somptueux costumes également source d'émerveillement de l'époque.
Après deux reprises, en 1895 et 1898, La Fille du Pharaon fut monté au Théâtre Bolchoï de Moscou en 1864 avec le même succès.
Alexandre Gorski chorégraphia sa propre version en 1905 et Anna Pavlova l'interpréta après avoir dansé celle de Marius Petipa.
Sous le régime soviétique, l'œuvre disparut du répertoire.

Élèves de l'Académie de Chorégraphie d'État de Moscou.

En 2000, le Bolchoï invita Pierre Lacotte à remonter ce grand ballet.
Ce travail permettait en parallèle au chorégraphe de réaliser un rêve initié dans sa jeunesse par son professeur de danse Lioubov Egorova, qui lui avait tant parlé de cette Fille du Pharaon…
Pierre Lacotte, metteur en scène et chorégraphe de cette production, en signe également les décors et les costumes.

x

Svetlana Zakharova (Aspicia) et Sergei Filin (Taor).

 

L'argument s'inscrit dans la lignée de celui de La Bayadère, créé 15 ans plus tard.
Un jeune Lord anglais voyage en Égypte avec son serviteur.
Une tempête de sable éclate et ils trouvent refuge dans une pyramide : celle d'Aspicia, la fille d'un puissant Pharaon.
Ne pouvant résister à la tentation de l'opium, le jeune homme sombre bientôt dans un rêve profond qui le transporte dans l'Égypte ancienne, au côté d'Aspicia ressuscitée.
Il devient Égyptien.
Les jeunes gens tombent amoureux l'un de l'autre, mais la princesse est promise au Roi de Nubie.
Aidés par Ramzé, I'esclave d'Aspicia, ils fuient alors le palais pour se cacher au bord du Nil, parmi les pêcheurs.
Très vite rattrapés par le Roi de Nubie lancé à leur recherche, la princesse se jette dans le fleuve.
le Dieu du Nil l'accueille en son royaume avant de lui accorder de retourner sur terre.
Après quelques péripéties, le Pharaon finit par être convaincu de la force de l'amour qui anime sa fille et lui accorde l'union qu'elle désire.
Mais, durant les réjouissances, tout disparaît soudain… et le jeune Lord se réveille, revenant à une réalité adoucie par un merveilleux souvenir.

Maria Aleksandrova (Ramzé).Dans la version de Pierre Lacotte, le Ballet du Bolchoï nous invite à un fastueux divertissement.
L'immense scène du théâtre n'est pas trop grande pour accueillir de grands ensembles qui ponctuent le ballet.
À ce titre La chasse royale est représentative de l'aptitude de la chorégraphie et de la mise en scène à remplir l'espace avec non seulement habileté mais aussi un sens du rythme et de l'énergie tout à fait réjouissants.
Soulignons également une aptitude peu commune à faire progresser le drame avec une rapidité d'enchaînements qui dynamise la totalité du ballet.
C'est, du reste, ce même sens du rythme et de la théâtralité qui marque l'impressionnante succession des scènes et des danses.
L'équilibre est en outre parfait entre grandes scènes utilisant les forces du Ballet du Bolchoï (fin spectaculaire de l'Acte I), pas de deux dans la plus pure tradition classique, scènes dramatiques ou divertissantes voire humoristiques comme la présence d'un singe facétieux.

Les toiles peintes dans un esprit d'exotisme sont du plus bel effet et nous entraînent avec goût sur les traces de cet explorateur de pacotille dans l'Égypte éternelle, et surtout dans son rêve en Technicolor.
L'harmonie des couleurs de l'Acte II, pour ne citer qu'un exemple, de mariage très réussi entre les couleurs des costumes, celui du décor et le splendide bleu dur du tutu porté par Svetlana Zakharova.

 

Maria Aleksandrova et Svetlana Zakharova.


La réalisation de Denis Caïozzi, les cadrages choisis comme le montage, sont idéaux pour transmettre cette impression de grandeur de l'entreprise.
Ainsi, le superbe travail sur d'impressionnantes lignes de danseurs dû à Pierre Lacotte est parfois relayé par une vue plongeante sur le plateau, et en permanence par une très bonne profondeur de champ.
Il arrive que certaines zones ne soient que faiblement éclairées, dans le village des pêcheurs en particulier, ce qui peut nuire au confort de visionnage mais n'incombe pas à la réalisation.

Sergei Fillin.Sergei Filin, danseur fin et racé, est sans doute un excellent choix pour incarner tant un jeune aristocrate anglais en mal d'exploration qu'un Égyptien amoureux d'une Princesse.
Sa technique classique fait preuve d'une grande maîtrise, jamais tape à l'œil. Grands sauts, manèges ou petite batterie sont exécutés avec une aisance confondante, faite de précision et de tenue.
Il s'avère de plus un très bon partenaire pour Svetlana Zakharova.

Svetlana Zakharova.Dans le rôle d'Aspicia, la technique de la danseuse fait merveille et se joue des nombreuses difficultés que lui réservent des variations plutôt ardues et une présence en scène particulièrement longue.
Sa ligne superbe sera mise en valeur par la robe longue plissée qu'elle porte avec une grâce infinie peu avant la fuite du palais. À ce moment de tension dramatique ses bras et son visage deviennent émouvants à un point que la scène du Grand défilé ne permettait pas d'imaginer.
Le couple Zakharova/Filin est idéal pour ce grand ballet classique. Une semblable respiration musicale lie les deux danseurs de très belle façon.


Maria Aleksandrova, dans le rôle de Ramzé, apporte la finesse de sa ligne et son dynamisme à ce personnage qui constitue un contrepoint du couple.
Là aussi, la technique classique est parfaite.
Tout juste serons-nous assez peu convaincu par une peau maquillée aussi foncé avec si peu de naturel pour incarner une esclave.

Le dépaysement est grand lorsque, à l'Acte III, l'histoire nous conduit dans un village de pêcheur aux couleurs naturalistes.
La fraîcheur des costumes est une nouvelle fois renouvelée.
Dimitri Gudamov et Inna Petrova, le pêcheur et sa femme, sont de bons danseurs et leur contribution au ballet est un bel atout.
La variation de Passiphonte (Gennadiy Yanin) apporte un humour bon enfant à la scène avant son évolution mélodramatique.

Vladimir Moiseev (Le Roi du Nil).Mais ces excellents solistes ne doivent pas faire oublier combien cette Fille du Pharaon doit au corps de ballet.
Très présent au fil des scènes, il incarne le faste égyptien avec superbe et énergie.
Malgré le nombre important de danseurs, les entrées et sorties de plateau sont fluides et rapides.
On aurait pu craindre un ralentissement de la "machine" en raison du nombre d'artistes et de la taille de la scène du Bolchoï : il n'en est rien et le spectateur n'est aucunement lassé par ce qu'il découvre.

C'est peut-être du côté de la musique de Cesare Pugni que la lassitude pourrait poindre.
Musique de ballet composée pour répondre aux exigences des variations classiques, on ne peut pas dire que l'inspiration soit constante.
Un très joli thème romantique pour caractériser l'amour d'Aspicia et Taor ne suffit pas à supporter de très longues minutes de musique utilitaire.
La partition a certes été adaptée par le chef d'orchestre Alexander Sotnikov, mais on se situe assez loin de l'apport autrement réussi de John Lanchbery à La Bayadère de Ludwig Minkus pour la version de Natalia Makarova.
Le côté "musique de cirque" de certaines parties est en outre accentué par le public moscovite prompt à applaudir la moindre difficulté technique.

 

Svetlana Zakharova et Sergei Filin.


Mais, encore une fois, la progression de l'argument est rapide et riche.
Après de multiples péripéties fantastiques bien menées, le spectateur se retrouvera ainsi à admirer un pas de deux final dans lequel Pugni se révèle touchant.
Quant à Svetlana Zakharova et Sergei Filin - elle, vêtue de cette longue robe blanche qui décuple l'amplitude de ses mouvements ; lui, se jouant de portés athlétiques avec une apparente facilité -, ils apportent à ce sommet de la narration un lié conjugué à un lyrisme contagieux.

Le retour à la réalité sera porteur de poésie : le rêve s'achève pour l'aventurier et avec lui, celui du spectateur.


Scène finale.


À noter : Les saluts sont présentés bien trop rapidement après le baisser de rideau pour laisser au spectateur le temps nécessaire à quitter l'atmosphère chargée de la fin du ballet. Suit un télescopage de saluts qui ne permet même pas d'admirer les artistes à cause d'un montage qui oublie de respirer.
Le générique de fin fait entendre le joli thème de Pugni… pour la troisième fois après le pas de deux et le retour à la réalité.
Soit une fois de trop.

 

 


Lire le test du Blu-ray

Philippe Banel

Suppléments du DVD

En français, avec sous-titres disponibles en anglais, allemand, espagnol et russe :

- Making-of riche en images de répétitions et coulisses du spectacle au cours duquel Pierre Lacotte est interviewé.
Nous le retrouvons ensuite pour un entretien chapitré par thème abordant entre autres avec précision la genèse du ballet, le travail de recherche auquel le chorégraphe s'est livré avec respect pour ses maîtres et la présente distribution du Bolchoï. (Stéréo DD, 30' au total)
- Biographies écrites de Pierre Lacotte, Svetlana Zakharova, Sergei Filin et Maria Aleksandrova.
- Notes sur l'histoire du Bolchoï liée au ballet.

À noter : Ces passionnants suppléments sont exclusifs au DVD.
Ils n'ont pas été repris sur le Blu-ray également disponible.

 

Bande-annonce du DVD

Critique Images et Son du DVD

Images

Le très beau master Haute Définition apprécié sur le Blu-ray également disponible délivre sur DVD le meilleur de ses possibilités : superbes éclairages de plateau, couleurs saturées ou, au contraire, pastel, et contrastes puissants se conjuguent pour une fête des yeux.
Les différences flagrantes avec le Blu-ray proviennent d'une perte de précision dans les plans généraux et de ces infimes petits détails des costumes et parures que le Blu-ray nous présente sur un plateau d'orfèvre grâce à une HD rutilante.

Son

L'orchestre du Bolchoï et ses cuivres typiquement "russes" profite d'une stéréo qui joue la carte de la proximité des instruments. L'acoustique de théâtre se ressent
En 5.1, l'espace sonore s'élargit pour délivrer un message plus spectaculaire, donc plus en accord avec la "superproduction" visuelle que constitue cette Fille du Pharaon.
Le canal de graves ajoute ses qualités propres à un ensemble qui demeure naturel dans la reproduction des timbres instrumentaux captés de près.

Note technique : 8/10

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Pierre Lacotte

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