DVD Jaquette de : La Fanciulla del West (Torre del Lago 2005)

Distribution

Interprètes
  • Daniela Dessi
    Minnie
  • Fabio Armiliato
    Dick Johnson (Ramerrez)
  • Lucio Gallo
    Jack Rance
  • Massimo La Guardia
    Nick
  • Andrea Pattucelli
    Ashby
  • Marzio Giossi
    Sonora
  • Marco Voleri
    Trin
  • Massimiliano Valleggi
    Sid
  • Federico Longhi
    Bello
  • Orfeo Zanetti
    Harry
  • Nicola Pamio
    Joe
  • Claudio Ottino
    Happy
  • Veio Torcigilani
    Larkens
  • Franco Boscolo
    Billy Jackrabbit
  • Fulvia Bertoli
    Wowkle
  • Giovanni Guagliardo
    Jake Wallace
  • Giuseppe Riva
    José Castro
  • Steve Collalto
    Un postiglione
  • Chorus Città Lirica
Mise en scène
Ivan Stefanutti
Orchestre
Orchestra Città Lirica
Chef d'orchestre
Alberto Veronesi
Réalisation
Michelangelo Rossi
Origine
Torre del Lago
Année
2005

Informations techniques

Durée
138'
Nombre de disques
1
Zone/Région
Zone ALL
Éditeur
Arthaus Musik
Distributeur
Intégral Distribution
Date de sortie
15/03/2010

Vidéo

Couleurs/N&B
Couleurs
Format images
1.78
Format vidéo
4/3
Codec/Standard vidéo
NTSC

Audio

Version(s) sonore(s)
5.1 DD
5.1 DTS mi-débit
Stéréo PCM
Sous-titres
•  Allemand
•  Anglais
•  Espagnol
•  Français
•  Italien
•  Japonais

La Fanciulla del West (Torre del Lago 2005) DVD

La Fille du Far-West

Note générale : 7/10

Giacomo Puccini

Opéra


On attend du Festival Puccini de Torre del lago une représentation de haute tenue sinon de référence. Chanteurs, direction et mise en scène : le lieu prédispose à tout type d’expectatives. Celles-ci seront-elles comblées pour cette Fille du Far West enregistrée lors du Festival Puccini 2005 ?

 

Décor de Nall.L’ouvrage, que Puccini compose entre Madame Butterfly (1904), La Rondine (1917) et le Triptyque (1918), mêle subtilement le lyrisme de La Bohème à des accents originaux avec lesquels l’auteur fait référence au Far West tel qu’il l’imagine. L’opéra se révèle complexe dans son écriture autant que dans le contenu psychologique de ses personnages principaux. Minnie, seul personnage féminin de l’ouvrage, se trouve rapidement au beau milieu d’un enchevêtrement de sentiments totalement contradictoires, voire opposés, avec lesquels elle devra composer. Ses sentiments pour Johnson seront contrariés quand elle découvrira qu’il est en fait Ramerrez, le bandit que tous recherchent et dont la tête est mise à prix. Elle le chasse puis le protège ensuite quand, blessé par balles, il doit échapper à ses poursuivants. Son amour déclaré, elle mettra sa tête en jeu, puis, elle qui enseigne les vertus de la Bible, trichera aux cartes pour le sauver… Toutes ces contradictions construisent la richesse du personnage et en parachèvent sa complexité. Pour cela, Puccini tisse un canevas orchestral de grande subtilité, comme à l’accoutumée depuis ses premiers ouvrages, mais celui-ci constitue un sommet. L’harmonie, ses gammes par tons, la richesse des associations de timbres puisées ici dans un orchestre immense et novateur, ainsi que plusieurs mélopées issues de ce Far West mythique font de cette Fanciulla del West un opéra vraiment à part.

Donné en première mondiale à New York en décembre 1910, l’affiche comme le succès inouï qu’il remporte s'avèrent exceptionnels : Toscanini à la direction, Enrico Caruso et Emmy Destinn en tête de la distribution, excusez du peu ! Puccini s’établit vers la fin des années 1890, non loin de Viareggio à Torre del Lago. Il y passera la majeure partie de sa vie, c’est pourquoi un Festival Puccini y est fondé en 1930. Les plus grands noms de l’art lyrique du siècle s’y succèdent et consacrent l’histoire de ce Festival. La Fanciulla del West est repris en 2005, lors de la 51e édition des festivités, dans une nouvelle production due au peintre américain Fred Nall Hollis (alias Nall). C’est à cette occasion que cette production et la présente distribution sont filmées.

Daniela Dessì (Minnie). Quelques décalages et imprécisions des chœurs et de l’orchestre peuplent l’Acte I dont le rythme s’alourdit et devient parfois poussif. Heureusement le duo Daniella Dessì/Fabio Armiliato (son mari à la ville) lui rend son intérêt, sans lequel on risquerait l’ennui à plusieurs reprises. Pourtant, dans la fosse, le chef Alberto Veronesi tente, avec un enthousiasme souvent communicatif, de rendre les tableaux attractifs. Ni les micros HF parfois déficients ni les lourds costumes aux couleurs souvent laides et aux coupes improbables ne leur ajoutent rien de vraiment positif.
Daniella Dessì (Minnie) possède incontestablement une qualité de chant exceptionnelle, hors du commun, celle qui fait d’elle une grande artiste de classe internationale. Grâce à une technique élaborée et maîtrisée, elle parvient aisément à compenser une certaine raideur dans l’aigu et un vibrato qui sature les notes forte, dans le registre élevé notamment. Le rôle écrasant de Minnie est périlleux, lourd, long et exige autant phrasé élaboré qu’agilité et volume. À ce titre, Daniella Dessì remplit incontestablement sa tâche mais on reste quelque peu sur sa faim, perplexe de n’être pas totalement comblé par son incarnation du personnage. Nous nous satisferons de beau chant, c’est déjà beaucoup.

Fabio Armiliato (Dick Johnson).La distribution est en fait dominée par les hommes, les deux auxquels l’ouvrage offre les rôles de premier plan : Ramerrez alias Dick Johnson, chanté ici par Fabio Armiliato et Jack Rance, interprété par Lucio Gallo. Les deux protagonistes possèdent parfaitement les moyens de leurs rôles respectifs. Le premier, des aigus éclatants, stables, et un style de chant redoutablement efficace dans un rôle si périlleux. Son duo avec Minnie à l’Acte I est superbe de part en part comme l’est encore son "Ch’ella Mi creda libero" à l’Acte III. Il est un partenaire idéal face au format vocal de grande envergure que possède Daniella Dessì. Le second, sorte de Scarpia du Far West, est aussi convaincant que son ennemi et rival. En effet, Lucio Gallo possède bien la couleur noire de Jack Rance, son autorité naturelle étayée par l’impressionnante tessiture du rôle. Le chanteur se révèle aussi excellent comédien.

Lucio Gallo (Jack Rance).La distribution comporte en outre un nombre impressionnant de petits rôles aux interventions souvent courtes : Ashby, Sonora (remarquable Marzio Giozzi), Trin, Joe, Nick (Massimo La Guardia, un peu juste vocalement), la jeune squaw Wowkle… L’ensemble est plutôt satisfaisant. Comme mentionné plus haut, le chœur trouble un peu la fête, à l’image du décor fouillis et laid. C’est avant tout une question d’unité qui lui fait défaut, mais aussi de couleur vocale, chorale en l’occurrence, qui n’a pas trouvé d'harmonie.

Alberto Veronesi, Directeur artistique de ce Festival Puccini, possède incontestablement le style propre à ce Puccini de maturité, mais il dirige un orchestre auquel manquent à plusieurs reprises l’agilité et la souplesse requise. Il ne fait pas de doute qu’on était à deux doigts d’une belle et grande réussite. Mais l’ouvrage est représenté au catalogue DVD par plusieurs versions, sous la direction de De Fabritiis (Antonietta Stella en Minnie) notamment, mais aussi celles de Leonard Slatkin (MET) ou encore de Lorin Maazel (Scala), versions avec lesquelles il sera bien difficile de rivaliser.

 

 

La production mise en scène par Ivan Stefanutti se montre dramatiquement efficace dans son ensemble mais ne se distingue à aucun moment par la qualité des éléments visuels qu’elle aligne. Rien ne se démarque, ni d’un axe tout ce qui est de plus traditionnel ou convenu, ni d’un ensemble de décors sans dimension dramatique ou esthétique. Pour l’intérieur de l’habitation de Minnie à l’Acte II, le décorateur semble disposer les uns à côté des autres les éléments qui le constituent sans aucune conception globale là non plus. L’ensemble est plutôt laid, en tout cas totalement inefficace et vide sur le plan stylistique. On peine à croire Jack Rance, quand il dit à Minnie "Quelle belle pièce !". Quant aux tibias et autres fémurs géants à l’ouverture de l’Acte III, ils ne relèvent guère l’attrait visuel de l'ensemble. Certes, ils soulignent effectivement l’effroi, la lourdeur du climat de tension qui règne au lever du rideau, mais n’assurent aucun complément esthétique à cette production qui en manque décidément bien trop.


Comme indiqué plus haut, grâce à une distribution plutôt équilibrée et de haute volée, on était à deux doigts d’une fort belle production de cette Fanciulla del West. On regrettera d'autant l’absence de gestion artistique de l’espace scénique et un ensemble de décors qui nuit à la profondeur d’une partition parmi les plus inspirées de son auteur.

Gilles Delatronchette

Suppléments du DVD

Aucune.

Bande-annonce du DVD

Critique Images et Son du DVD

Images

Le master, malheureusement de format 4/3 présenté en Letterbox (avec des bandes noires en haut et en bas de l'image), étonne dès le début de l'opéra par sa vive luminosité, sa précision très correcte et ses contrastes de bon aloi. La définition se perd logiquement sur les plans généraux mais il faut avouer que, globalement, et y compris sur les scènes sombres, la qualité vidéo donne toute satisfaction.

 

Son

La piste stéréo diffuse son message avec transparence et clarté. L'aération est de plus excellente. Mais les voix ont tendance à trop couvrir l'orchestre et à devenir parfois un peu trop envahissantes.
Avec le mixage 5.1, une dynamique supérieure s'impose d'emblée et l'orchestre gagne une légitime et excellente présence sans renier celle des voix ou du chœur, parfois très sonore. La répartition multicanale est composée avec naturel et l'utilisation du canal de graves apporte sa contribution à la reproduction de la luxuriante orchestration puccinienne. Peu de différences entre les deux encodages proposés, si ce n'est une projection plus nerveuse en Dolby Digital, et un peu plus de finesse avec le DTS. Mais ces deux pistes sonnent de façon très voisine.

 

Note technique : 7/10

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Mots-clés

Giacomo Puccini
La Fanciulla del West

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