DVD Jaquette de : Il Mondo della Luna

Distribution

Interprètes
  • Bernard Richter
    Ecclitico
  • Vivica Genaux
    Ernesto
  • Dietrich Henschel
    Buonafede
  • Christina Landshamer
    Clarice
  • Anja Nina Bahrmann
    Flaminia
  • Maite Beaumont
    Lisetta
  • Markus Schäfer
    Cecco
Mise en scène
Tobias Moretti
Orchestre
Concentus Musicus Wien
Chef d'orchestre
Nikolaus Harnoncourt
Réalisation
Felix Breisach
Origine
Theater an der Wien, Vienne
Année
2009

Informations techniques

Durée
167'
Nombre de disques
2
Zone/Région
Zone ALL
Éditeur
C Major
Distributeur
Harmonia Mundi
Date de sortie
07/10/2010

Vidéo

Couleurs/N&B
Couleurs
Format images
1.78
Format vidéo
16/9 compatible 4/3
Codec/Standard vidéo
NTSC

Audio

Version(s) sonore(s)
5.0 DTS mi-débit
Stéréo PCM
Sous-titres
•  Allemand
•  Anglais
•  Espagnol
•  Français
•  Italien

Il Mondo della Luna DVD

Note générale : 6/10

Joseph Haydn

Opéra


Cet opéra de Haydn sur le thème des apparences souvent trompeuses met en scène un barbon dupé à qui l’on fait croire qu’il a marché sur la lune pour peu qu’il s’adoucisse et consente au mariage de ses filles. Cette captation de 2009 enregistrée à Vienne propose une version historique dans la fosse associée à une vision totalement satirique sur scène… quitte à sombrer dans le mauvais goût le plus accompli.

 

Bernard Richter (Ecclitico).

 

La contribution de Nikolaus Harnoncourt à la compréhension et l’appréciation de la musique baroque est considérable. S’inspirant de la force de l’art baroque, il a su redonner un sens discursif à un répertoire longtemps considéré comme une musique de table. Avec lui, tout parle, tout prend sens, d’un détail d’articulation à un détail d’orchestration, en passant par la matière sonore elle-même, de sorte que même la laideur se fait art. Harnoncourt a d’ailleurs largement écrit sur la question dans son excellent livre Le Discours musical, publié en 1984 chez Gallimard.

Le problème est que ce chef d’exception n’a pas toujours trouvé chaussure à son pied tant en termes d’interprètes qu’en termes de metteur en scène. S’il peut obtenir tout ce qu’il veut de son ensemble attitré, le Concentus Musicus de Vienne, force est de constater que ses solistes ne peuvent pas toujours satisfaire l’exigence que son interprétation demande, notamment dans ses enregistrements mozartiens. De la même façon, si sa collaboration avec le metteur en scène Jean-Pierre Ponnelle à Zurich reste légendaire dans Monteverdi, les productions scéniques qui ont suivi sont loin de rester dans les mémoires, si ce n’est pour leur décalage entre la pensée musicale et la scénographie.

 

Christina Landshamer (Clarice) et Anja Nina Bahrmann (Flaminia).

 

Et tel est le cas ici. Nikolaus Harnoncourt est un fervent défenseur de la musique de Joseph Haydn, moins immédiatement géniale que son contemporain salzbourgeois, mais pourtant ô combien intelligente et raffinée. Les nombreux enregistrements du chef en la matière n’ont eu de cesse de montrer le serviteur de la maison Esterhazy sous un jour plus libéré et avant-gardiste. Pour preuve ce Mondo della Luna qui rayonne de mille timbres, des cors naturels rutilants aux violons rendus mystérieux par les sourdines. Le tout au service d’un argument qui ne pouvait que plaire à l’homme des Lumières qu’il était.

Dietrich Henschel (Buonafede).Alors, certes, la mise en scène de Tobias Moretti ne manque pas de stigmatiser la superficialité et la duperie notoires de nos sociétés à travers des décors de carton-pâte, des costumes "bling bling" de récupération et une dépravation latente. Mais ce kitsch assumé, et même défendu avec conviction par les chanteurs, n’échappe pas à la lourdeur tant le ridicule est poussé à l’extrême et sombre bien vite - et avec insistance - dans la vulgarité. Les petites tenues grotesques de Dietrich Henschel (Buonafede) en viennent même à parasiter notre perception de son chant pourtant impeccable, alors que, sur le plan vocal, il se situe nettement au-dessus de ses confrères. En effet, la distribution va du bon, avec Markus Schäfer, discret mais très honnête en Cecco ou Bernard Richter, Ecclitico aux possibilités et à la souplesse vocales indéniables mais sans assise solide… au décevant, avec Maité Beaumont, très approximative et éteinte en Lisetta.

Vivica Genaux, Anja Nina Bahrmann, Markus Schäfer, Christina Landshamer, Bernard Richter et Maite Beaumont dans la scène finale.

 

À la fin du visionnage de cette production, notre impression restera en demi-teinte, associée au sentiment d’une expérience inaboutie allant parfois jusqu’au désagréable. Cela est vraiment dommage compte tenu, une fois encore, de l’éclatante réussite orchestrale que ce programme avait à offrir.



 

 

Lire le test du Blu-ray

Jérémie Noyer

Suppléments du DVD

Nikolaus Harnoncourt.Sur le DVD 1, en allemand stéréo DD, uniquement sous-titré en anglais :

- Mené par une voix off féminine le making-of proposé donne l'impression d'être bâclé. Il débute par des répétitions entrecoupées de morceaux d’interviews avec, notamment, le metteur en scène, puis enchaîne avec un entretien bien mené avec Nikolaus Harnoncourt (au visage cramoisi) sur le fait que Joseph Haydn est aujourd’hui toujours sous-estimé. Puis on retrouve des propos du metteur en scène déjà présentés en première partie. Visiblement, la copie n'a pas été relue et tient plus du collage maladroit que du montage, malgré un rythme vivant plutôt plaisant. Une production comme celle-ci méritait d'autres explications et une présentation solide pour la défendre, sans compter que les interventions de Nikolaus Harnoncourt sont rares et justifiaient un écrin plus travaillé. À réserver, de plus, aux germanophones et aux anglophones. (24')
- Quatre bandes-annonces de DVD de l'éditeur. (Stéréo DD)

Bande-annonce du DVD

Critique Images et Son du DVD

Images

L'origine HD de la captation s'impose d'emblée. Mais les possibilités du support DVD ne permettent pas de rendre aussi bien que le Blu-ray de ce programme les cadrages larges, pas plus que de nourrir de détails les nombreuses zones peu éclairées du plateau. De fait, on ressent un manque d'informations visuelles à plusieurs reprises. En revanche, les plans rapprochés délivrent une splendide définition. Les couleurs sont justes, aussi bien dans le naturel que dans l'excès colorimétrique voulu par le metteur en scène, portées par de forts contrastes dûs aux noirs profonds. On notera enfin de superbes reflets sur les matières.

Son

La stéréo, claire et détaillée mais assez retenue, comme la piste 5.0, avantagent l'orchestre avec une belle transparence, à laquelle le multicanal ajoute une dynamique fort réjouissante. Mais, dès que les voix interviennent, l'impression de distance joue en défaveur des timbres et de l'articulation des interprètes. La fosse se réserve alors une part de brillance et d’éclat qui relèguent les chanteurs au lointain, y compris les chœurs, bien trop faibles.
Le mixage multicanal rapproche certes un peu les artistes, mais pas de façon suffisamment convaincante. Il demeure toutefois le choix sonore le moins mauvais.

Note technique : 6/10

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