DVD Jaquette de : Hansel and Gretel

Distribution

Interprètes
  • Frederica Von Stade
    Hansel
  • Judith Blegen
    Gretel
  • Jean Kraft
    Gertrude, their mother
  • Michael Devlin
    Peter, their father, a broom maker
  • Diane Kesling
    The Sandman
  • Betsy Norrden
    The Dew Fairy
  • Rosalind Elias
    The Witch
  • Metropolitan Opera Chorus
  • Metropolitan Opera Ballet
Mise en scène
Bruce Donnell
Chorégraphie
Zachary Solov
Orchestre
Metropolitan Opera Orchestra
Chef d'orchestre
Thomas Fulton
Réalisation
Kirk Browning
Origine
The Metropolitan Opera
Année
1982

Informations techniques

Nombre de disques
1
Zone/Région
Zone ALL
Éditeur
Deutsche Grammophon
Distributeur
Universal Music Classics
Date de sortie
19/04/2010

Vidéo

Couleurs/N&B
Couleurs
Format images
1.33
Format vidéo
4/3
Codec/Standard vidéo
NTSC

Audio

Version(s) sonore(s)
5.1 DTS Plein débit
Stéréo PCM
Sous-titres
•  Allemand
•  Anglais
•  Chinois
•  Espagnol
•  Français

Hansel and Gretel DVD

Hansel et Gretel

Note générale : 8/10

Engelbert Humperdinck

Opéra


Le Hansel et Gretel du Met enregistré par la télévision le jour de Noël 1982.

Première particularité de cet Hansel, et non des moindres, l'opéra allemand est ici chanté en anglais.
Mais, replaçons-nous dans le contexte de tradition du Metropolitan Opera en ce jour de Noël 1982. L'anglais semble s'imposer pour toucher un très large public de tous âges.
De fait, dès le début du programme, alors que la caméra s'introduit dans la grande salle, on entend des murmures typiquement enfantins…

Dessins de décor et costume de Robert O'Hearn.Hansel et Gretel est entré au répertoire du Metropolitan en 1905 en la présence du compositeur. Cette version anglaise de 1946 est celle du ténor américain Norman Kelley, présentée dans la production de Nathaniel Merril de 1967 qui restera 40 ans au répertoire du théâtre.
La représentation de Noël 1982 maintenant disponible en DVD a été retransmise en direct par la télévision nationale américaine.

On sera surpris par le tempo de l'Ouverture de l'œuvre : assez lent sur le thème de "la prière", il accélère ensuite pour parvenir à une pulsation plus alerte mais aussi plus habituelle.
Très rapidement, des maquettes de costumes et de décors joliment présentées investissent l'écran de leurs couleurs douces.
La caméra se promène sur ces dessins, parfois animés de façon primaire, comme elle le ferait sur les pages d'un livre d'images.

Sitôt le rideau levé, après les applaudissements qui ponctuent la fin de l'Ouverture, on est fixé sur les partis pris de la mise en scène et notre regard sera celui d'un enfant plongé dans une féerie continuelle.

Frederica Von Stade (Hansel).Frederica Von Stade se glisse avec crédibilité dans la peau du jeune Hansel. Il faut dire que le costume à culotte courte et les pieds nus aident grandement. Le timbre est riche mais le vibrato frappe par son ampleur qui tire la note vers le bas dans "Suzy, little Suzy, now listen with care".
Mais, dès que la voix se marie à celle de Gretel, la complémentarité joue à plein.
La voix, investie dans le duo, perd instantanément ce qui gênait auparavant, à froid.

L'agilité et la justesse des aigus de Judith Blegen, comme son vibrato très contrôlé, offrent à Gretel un dynamisme enfantin et charmant des plus réjouissants.
L'habit de la fillette fait un peu penser à celui de Blanche-Neige, mais il n'est pas question de pomme ici mais de pain d'épices…
Le petit gabarit de la soprano lui permet d'en jouer et même de danser pour ponctuer "Hansel, come and dance with me", au côté de Hansel qui a bien du mal à suivre les pas.

 

Judith Blegen (Hansel).

 

Jean Kraft (Gertrude).La mezzo-soprano Jean Craft interprète le rôle de Gertrude. Sa grande voix dramatique apporte à la mère des enfants un côté douloureux qui contraste avec les chants enfantins. "Oh, why do they always make me angry?" verse plus dans l'opéra "sérieux", il est vrai.
Mais l'expressivité du médium touche et nous pousse à compatir naturellement aux soucis de cette pauvre maman.

Le papa marchand de balais est interprété par Michael Devlin.
Le baryton-basse investit le personnage rustre de Peter avec une crédibilité confondante.
La voix est impressionnante, théâtrale, en tout cas taillée pour le Met avec cette émission idéale et cette articulation d'une clarté absolue.
Le chanteur n'hésite pas à détimbrer légèrement les forte afin de donner à son personnage ce côté lourdaud que le costume implique.
Michael Devlin (Peter).Mais tout ceci est tellement maîtrisé…
Jean Craft assure, à son côté, un bon complément dramatique au naturel et à l'abattage de Devlin et le couple de parents devient constitué avec crédibilité.
Michael Devlin surprendra lorsque, partant du côté "lourd" du père, il fera évoluer son personnage vers l'inquiétude quasi contagieuse pour ses enfants absents. Avec "But wait! I don't see the Children", l'acteur le dispute au chanteur.

L'Orchestre du Met joue parfaitement les divers aspects de la partition, tour à tour ludique, sombre, inspirée ou espiègle. Thomas Fulton lui imprime une belle énergie. Nous nous étions montré un peu sceptique sur le tempo de l'Ouverture, mais nous nous inclinerons devant l'emphase wagnérienne de The Witch's Ride.
Les musiciens parviennent à exprimer une magnifique pâte sonore malheureusement dépréciée par l'âge de la prise de son méchamment acide sur les aigus.
Thomas Fulton avait 32 ans lors de cette représentation. Après des débuts au Met en 1981, il acquit une renommée mondiale avant de mourir en 1994.

 

Thomas Fulton.

 

La mise en scène, très proche du livre d'images, réserve de bien belles surprises tout au long de la progression de l'histoire.
Ainsi, Hansel et Gretel paraissent bien petits devant le décor de forêt, et l'angle de prises de vues accentue cet effet de façon assez réussie.

Diane Kesling (Le marchand de sable).Le marchand de sable est interprété par Diane Kesling.
Son apparition parmi les petits personnages de la forêt produit un peu l'effet d'un magicien ou d'un grand nain de jardin tout de bleu vêtu.
Large voix et large vibrato apportent un aspect surnaturel à la courte intervention du personnage.

X


Après le magnifique "Now I lay me down to sleep", où les deux chanteuses s'accordent avec infini bonheur et Judith Blegen délivre des aigus parfaits associés à une impressionnante longueur de souffle, le plateau est envahi de séraphins. La Pantomime se transforme en un épisode très chrétien et des anges bienveillants - certains volent même - veillent sur les enfants endormis. L'orientation biblique pourrait déranger, mais il faut reconnaître la beauté de cet imaginaire déployé avec un sens de la mise en scène inspiré.
C'est Noël, après tout !

Betsy Norden (la fée Rosée).La Fée Rosée, vêtue tel un ange d'inspiration également chrétienne dans de beaux dégradés de bleu-vert, est chantée par Betsy Norden.
Sa voix se montre un peu trop serrée mais les aigus sont précis.
Le timbre pourrait devenir fatiguant sur la durée, mais il sied bien à cette curieuse fée et son apparition est brève.

Au réveil des enfants, alors que Gretel raconte son rêve à son frère ("Where am I? Dreaming?"), on prend conscience de cet émerveillement enfantin que traduisent à merveille Von Stade et Blegen. L'innocence de leur personnage n'est pas feinte et elles parviennent à nous transporter dans leur imaginaire.

La maison de pain d'épices s'élève de dessous la scène et déchaîne les applaudissements des spectateurs, rappelons-le, composés d'un public très familial.

La sorcière qui surprend les enfants en train de grignoter sa maison ne dépareillerait pas dans l'écurie Disney. Elle emprunte du reste bien des traits à la sorcière de Blanche-Neige déguisée en mendiante, verrues sur le nez comprises, autant qu'à celle du Magicien d'Oz, dès lors qu'elle est coiffée de son grand chapeau.
Rosalind Elias devait bien s'amuser dans ce rôle haut en couleurs qui lui permettait de tirer sa langue verte aux spectateurs.
Son abattage est tel qu'il est difficile de la quitter des yeux.
Sa grande voix paraît très en forme. Elle parvient même à l'alléger afin d'apporter des contrastes à son personnage, et le timbre est relayé par une gestuelle vivante et théâtrale. La voix se plie totalement à l'exigence du rôle, allant jusqu'à parler, crier. Quelle sorcière !
À 53 ans Rosalind Elias, mezzo-soprano attachée au Met, incarnait une méchante facétieuse et gourmande comme on voudrait en rencontrer plus souvent dans Hansel et Gretel.

 

Rosalind Elias (la Sorcière).

 

Sa fin grotesque dans le four destiné à cuire Gretel réjouit la salle autant que nous…
Lorsque lapins, écureuils, grenouilles et autres animaux entrent en scène, on ne se montre pas plus surpris que par la surprenante explosion du four et l'apparition des enfants retenus par la sorcière.

Le chœur d'enfants soutient idéalement les deux voix solistes pour une expression libre mais très juste marquant leur libération ("We are safe! We are free!").

Scène finale.


Les parents rejoignent tout ce petit monde pour la conclusion de l'œuvre et nous réalisons combien cette production traditionnelle doit occuper une place de choix parmi des versions plus modernes, voire extrémistes.
Elle contient en essence ce dont la musique est en partie faite : la magie de l'enfance.
La vision est peut-être simpliste, mais elle suffit à notre bonheur.

 

Philippe Banel

Suppléments du DVD

Bonus du DVD.Photos d'archives retraçant l'historique des représentations de Hansel and Gretel au Metropolitan Opera, assorties de légendes en anglais non traduites.

 

Critique Images et Son du DVD

Images

Un aspect laiteux représentatif des anciennes captations de télévision marque ce master.
Les plans d'orchestre sont vraiment moyens, très plats et les contours imprécis.
Mais, sur scène, les couleurs s'avèrent assez naturelles et saturées, la luminosité donne vie à l'ensemble, et des noirs assez profonds permettent un niveau de contraste honnête.
Reste que ces images sont tout à fait acceptables au vu de l'origine du document.

Son

Par sa clarté, le son paraît moins marqué par le temps que les images.
Néanmoins, en 5.1 apparaît bien trop nettement un travail assez artificiel d'aération et de réverbération.
Les harmoniques sont diluées et les sonorités étirées de façon peu agréable. Malgré l'utilisation du caisson, les basses se montrent assez pauvres et, dans les forte, les aigus ont tendance à devenir acides (les cymbales passent très mal).
Les voix, en revanche, sont claires et très intelligibles, avec des aigus moins agressifs que sur l'orchestre.
La piste stéréo, de bon niveau, paraît plus naturelle que le nouveau mixage 5.1.
Tant les voix que l'orchestre s'expriment de façon satisfaisante.
Le souffle a vraisemblablement été gommé mais le résultat ne souffre pas de pertes flagrantes dans le haut du spectre.
L'aération concurrence sans problème le multicanal mais les forte ne sont pas assez puissants.
La stéréo sera le choix à faire, sauf pour les amateurs de son plus englobant.

Note technique : 5/10

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