Blu-ray Jaquette de : Falstaff

Distribution

Interprètes
  • Christopher Purves
    Falstaff
  • Tassis Christoyannis
    Ford
  • Dina Kuznetsova
    Alice Ford
  • Marie-Nicole Lemieux
    Mistress Quickly
  • Adriana Kučerová
    Nannetta
  • Bülent Bezdüz
    Fenton
  • Jennifer Holloway
    Meg Page
  • Peter Hoare
    Dr Caius
  • Poalo Battaglia
    Pistol
  • Alastair Elliott
    Bardolph
  • The Glyndebourne Chorus
Mise en scène
Richard Jones
Orchestre
London Philharmonic Orchestra
Chef d'orchestre
Vladimir Jurowski
Réalisation
François Roussillon
Origine
Glyndebourne Opera House
Année
2009

Informations techniques

Durée
128'
Nombre de disques
1
Zone/Région
Région ALL
Éditeur
Opus Arte
Distributeur
DistrArt Musique
Date de sortie
25/03/2010

Vidéo

Couleurs/N&B
Couleurs
Format images
1.78
Codec/Standard vidéo
AVC
Résolution vidéo
1080i

Audio

Version(s) sonore(s)
5.1 DTS HD Master Audio
Stéréo PCM
Sous-titres
•  Allemand
•  Anglais
•  Espagnol
•  Français
•  Italien

Falstaff Blu-ray

Tutti ovation

Note générale : 10/10

Giuseppe Verdi

Opéra


Falstaff, dernier ouvrage lyrique de Verdi, est un des sommets de son œuvre qui en compte plusieurs. Cet opéra allie lui aussi une vivacité dramatique incomparable et digne du meilleur Shakespeare dont il s’inspire, à une écriture musicale, vocale et orchestrale incomparables.

Falstaff filmé par François Roussillon à la Glyndebourne Opera House en 2009.  Photo © Alastair Muir

 

Falstaff est un ouvrage bien plus complexe à distribuer qu’il n’y paraît. L’écriture incroyablement synthétique de Verdi requiert en effet d’exceptionnels musiciens, de magnifiques chanteurs qui puissent certes chanter, mais aussi suivre dramatiquement le rythme effréné de l’ouvrage, sans lequel le "soufflé" retombe vite et cesse de nous émerveiller. Qui plus est, il requiert aussi un savoir-faire humoristique, sinon comique, hors pair, si peu fréquent à l’opéra où l’on ne cesse en général de s’aimer, de trahir, de mourir puis de pardonner. Plus que jamais ici, le metteur en scène a pour charge de restituer ce que, tant Shakespeare que Verdi, ont conçu et de rendre intelligible : une intrigue impayable en dépit de la complexité de ses imbrications. En outre, la drôlerie et la singularité évoluant comme la société, il ne pourra se borner au comique "bonhomme" au-dessus duquel le chef-d’œuvre de Verdi se situe, bien évidemment. Il doit enfin souligner la profonde poésie qui n’est pas la moindre vertu de la partition.
Comme le metteur en scène, c’est enfin le chef lui-même qui mettra en valeur et fera "fonctionner" tout cela sans qu’on n’en voie jamais les coutures. Le raffinement de l’orchestre de Verdi est ici à son comble, alors que jamais on a tant chanté, seul ou ensemble, avec un tel panache. Quant à la douceur méditerranéenne - nous sommes pourtant à Windsor ! - de la Seconde scène de l’Acte III, celle du plus ravissant duo d’amour de l’histoire chanté par Fenton et Nannetta, et tout ce qui suit, ils parachèvent la liste des redoutables difficultés que présente l'œuvre.

 

Falstaff mis en scène par Richard Jones.  Photo © Alastair Muir

 

Peu après le lever du rideau de cette production de Glyndebourne, on voit très vite que le travail scénique de Richard Jones va fonctionner sur tous ces plans. Le rythme haletant de l’Acte I tarde légèrement à s’installer mais, bientôt, le contexte bouffe néo-victorien à la mode des années 50 s’impose et provoque, avec un chat ou les saucisses d’une choucroute, un rire franc irrépressible.
Puis, avec la Scène des femmes, on sera vite séduit et convaincu par l’incroyable maestria avec laquelle le metteur en scène, gère les ensembles vocaux - aussi contrapuntiques que sociologiques ! - au milieu du jardin de laitues et de choux d’un coquet pavillon.
Tous à l’avenant, mouvements, gestion de l’espace, postures et costumes créent un souffle puissant d’énergie et de légèreté qui ne tarde pas à habiter une production à laquelle on s’attache indéfectiblement. À ce titre, le duo Fenton (Bulent Bezdüz) Nannetta (Adriana Kučerová) n’a jamais été aussi charmant, savoureux et séduisant.

Christopher Purves (Falstaff).  Photo © Alastair MuirAussi essentielle, bien entendu, la distribution vocale exige, nous l’avons souligné, d’excellents musiciens qui, occupés dans le tournis de l’action, ne peuvent jamais perdre de vue la vitalité que le chef d’orchestre doit insuffler aux tableaux et qui se traduit souvent par des rythmes débridés et étourdissants.
La caractérisation vocale doit être à la hauteur de l’incarnation théâtrale. Ainsi, Christopher Purves rassemble-t-il toutes les qualités et fait entendre une magnifique homogénéité sur la large tessiture du rôle de Falstaff sans jamais défaillir ni trahir la difficulté propre à l'écriture. Merveilleux comédien, son timbre nous ravit et dessine un personnage de tout premier plan sans jamais trop en faire,
Marie-Nicole Lemieux le rejoint parfaitement sur ce terrain et campe une Mistress Quickly en uniforme militaire américain idéale et d’une pertinence musicale que la robustesse de son timbre avantage. Elle sera encore plus délicieuse et irrésistible en nymphette… Le Ford de Tassis Christoyannis est d’une solidité vocale, autant que dramatique, qui force l’admiration. "É sogno ?", la splendide aria qui clôt la Scène 1 de l’Acte II est à elle seule un moment d’anthologie.
La "belle Alice" est ici superbement servie par Dina Kuznetsova, généreuse dans son incarnation, dont l’immense tessiture homogène et puissante nous comble.
La solide Megg de Jennifer Holloway complète sans faillir cette remarquable distribution dans laquelle chaque rôle existe en tous points et se fond avec homogénéité au sein des nombreux et spectaculaires ensembles.

Le jeune Vladimir Jurowski, qu’on entend bien trop rarement en France, dirige le London Philharmonic et nous régale de virtuosité orchestrale sans jamais manquer le dessein poétique ou suave que Verdi, au sommet de son incroyable maturité, dispense tout au long de la farce. Ses tempi sont vifs, alertes et non dénués du lyrisme qui irradie l’Acte III et toute sa scène nocturne. Une fois le climat "juste" installé pour l’ensemble de la représentation, c’est une lecture sonore luxueuse, vivante et alerte que nous entendons.

Voilà un superbe et indispensable Falstaff, exceptionnel tant pour sa musicalité accomplie que pour l’insatiable invention truculente et savoureuse de son metteur en scène.
À découvrir d’urgence !




Lire le test du DVD

Gilles Delatronchette

Suppléments du Blu-ray

En HD et anglais stéréo PCM, sous-titré en français, allemand, espagnol et italien :
- Synopsis complet lu sur fond de photos de la production.
- Photos de la distribution.

Bande-annonce du Blu-ray

Critique Images et Son du Blu-ray

Images

La Haute Définition permet d'apprécier de multiples détails, tant au niveau du soin apporté à la réalisation des décors et costumes, que celui des reflets de matières parfaitement véhiculés. Les couleurs sont chaudes mais les tons ocre sont trop accentués et envahissent un peu trop la palette colorimétrique. Ainsi, les visages sont bien trop saturés pour paraître naturels. Avantage sur le DVD du même programme : les fonds de scène peu mis en valeur gagnent un détail qui permet de mieux apprécier la belle captation de François Roussillon, sans toutefois compenser l'éclairage de plateau trop souvent insuffisant.

Son

La piste stéréo se montre ample et brillante. Orchestre et voix se partagent une belle dynamique en parfait équilibre. Le spectacle est autant vivant que musical.
Avec le mixage 5.1, le réalisme s'invite dans notre salon. L'adressage multicanal parfaitement maîtrisé parvient à une excellente reproduction d'ambiance au sein de laquelle le spectateur est installé à la meilleure des places, celle qui permet d'entendre plateau et fosse à la perfection. La piste DTS HD Master Audio présente en outre une réserve de dynamique plus importante.

Note technique : 8/10

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Mots-clés

François Roussillon
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