Blu-ray Jaquette de : Don Giovanni (Carlos Álvarez - Madrid)

Distribution

Interprètes
  • Carlos Álvarez
    Don Giovanni
  • Alfred Reiter
    Commendatore
  • Maria Bayo
    Donna Anna
  • José Bros
    Don Ottavio
  • Sonia Ganassi
    Donna Elvira
  • Lorenzo Regazzo
    Leporello
  • José Antonio López
    Masetto
  • Maria José Moreno
    Zerlina
  • Chorus of the Teatro Real
Mise en scène
Lluis Pasqual
Chorégraphie
Nuria Castejón
Orchestre
Orchestra of the Teatro Real
Chef d'orchestre
Victor Pablo Pérez
Réalisation
Robin Lough
Origine
Teatro Real, Madrid
Année
2005

Informations techniques

Durée
172'
Nombre de disques
1
Zone/Région
Zone ALL
Éditeur
Opus Arte
Distributeur
DistrArt Musique
Date de sortie
28/01/2010

Vidéo

Couleurs/N&B
Couleurs et N&B
Format images
1.78
Codec/Standard vidéo
AVC
Résolution vidéo
1080i

Audio

Version(s) sonore(s)
5.0 DTS HD Master Audio
Stéréo PCM
Sous-titres
•  Allemand
•  Anglais
•  Espagnol
•  Français
•  Italien

Don Giovanni (Carlos Álvarez - Madrid) Blu-ray

Note générale : 6/10

Wolfgang Amadeus Mozart

Opéra


Don Giovanni renoue avec ses origines espagnoles dans cette version transposée à l’époque de Franco qui a suscité bien des remous de l’autre côté des Pyrénées.

 

Carlos Álvarez (Don Giovanni).

 

Il y a déjà la personnalité du metteur en scène, Lluis Pasquale, polémique et pas toujours de très bon goût, qui a bénéficié d’un accueil glacial dès son arrivée au Teatro Real de Madrid. Mais surtout, il y a cette témérité de situer cet opéra dans l’Espagne franquiste des années 1940, alors que nous sommes à peine quelques décennies plus tard.
Cette production en a donc fait les frais, et dès la première du 3 octobre 2005, le public a manifesté sa désapprobation tantôt par le silence, tantôt par les huées.
Est-ce pour éviter de montrer ce genre de manifestations que le présent programme est en fait un montage de trois représentations, celles des 8, 10 et 12 octobre ?

María José Moreno (Zerlina).Cela dit, aujourd’hui, non seulement la polémique a fait long feu, mais surtout notre situation dans le temps et l’espace nous permet d’avoir une certaine distance par rapport à la période évoquée pour mieux considérer ce spectacle à tête reposée.

Le fait est que la mise en scène de Lluis Pasquale ne manque pas d’idées intéressantes.
Devant ce Don Giovanni qui redevient le "Don Juan" ibérique de Tirso de Molina et se joue des conventions, de la bienséance, de la religion et des femmes, le contraste avec le retour aux valeurs traditionnelles et puritaines de l’Espagne de Franco fonctionne à merveille.


Des bas-fonds à la fête foraine en passant par la vieille demeure familiale, passages de l’un à l’autre et transformations font merveille, même si ce n’est parfois qu’un pur plaisir esthétique comme ce manège des autos tamponneuses du banquet de mariage de Zerlina et Masetto qui devient un "tunnel de l’amour" pour le duo "La ci darem la mano".

Non, finalement, de notre point de vue, il n’y a pas grand-chose à redire de cette mise en scène.
Même le finale, très décrié, tandis que Don Giovanni revient des Enfers pour clouer le bec à la propagande franquiste d’un coup de clap ironique alors qu'un film d’époque est projeté sur scène, nous apparaît plus pertinent que l’impénitent de la version mise en scène par Francesca Zambello qui se met désormais à la conquête des âmes souterraines. Lire le test de cette version.

María José Moreno et Carlos Álvarez.

 

Il y aurait plus à critiquer sur le plan musical.
Exception faite de la direction de Victor Pablo Perez, du Leporello de Lorenzo Regazzo et de Donna Anna (Maria Bayo), il n’y a pas vraiment de quoi s’enthousiasmer.
Si Carlos Alvarez parvient sans mal à convaincre en tant que comédien, dans le rôle-titre, apportant une maturité au personnage qui le rend encore plus cinglant, sa performance vocale laisse à désirer : timbre peu attrayant, projection limitée, articulation parfois imprécise.
Mais cela n’est rien par rapport à certains de ses confrères et consœurs.
Don Ottavio n’a presque aucune densité, Zerlina est pour le moins insignifiante (timbre étriqué, interprétation de midinette) et que dire d’une Donna Elvira à bout de souffle dans des graves inaudibles, à peine esquissés et des aigus bâclés, ou d’un Commandeur carrément risible par ses défauts de justesse et son timbre superficiel ?

On s’interroge vraiment sur cette distribution composée par un chef pourtant aguerri au répertoire mozartien qu’il exécute en connaisseur (certaines articulations sont presque "baroquisantes") et avec un bel allant à défaut d’un véritable sens du drame.
La confrontation finale avec le Commandeur manque ainsi singulièrement de souffle et demeure scolaire de bout en bout.

Maria Bayo (Donna Anna).Heureusement, Maria Bayo, superbe d’élégance, de dignité et de présence et Lorenzo Regazzo – qui connaît son Leporello par cœur et qui, avec une belle technique très naturelle, apporte une vraie note d’humour à cette version plutôt sombre -, sauvent cette version du naufrage.

Dégagée de son contexte polémique, cette version semble se situer bien à l’opposé des sentiments qu’elle avait pu inspirer lors de ses représentations. Réellement intéressante mais, à la lumière de nos reproches, pas vraiment indispensable.




Également disponible en DVD

Jérémie Noyer

Suppléments du Blu-ray

En HD et en anglais ou espagnol. Sous-titres français, anglais, espagnols, allemands et italiens disponibles en fonction de la langue des intervenants.

Lluis Pasqual.- Synopsis illustré.
- Photos en noir & blanc, façon "vieux clichés", de la distribution.
- Interviews chapitrées de Lluis Pasqual, Carlos Álvarez et Victor Pablo Pérez. Chacun présente sa manière d'aborder l'œuvre de Mozart.
À défaut d'être essentielles pour comprendre la mise en scène, ces interventions - en particulier celle du metteur en scène, plus nourrie - éclairent avec intérêt certains aspects de la production. (28' au total)

 

Bande-annonce du Blu-ray

Critique Images et Son du Blu-ray

Images

Pour le metteur en scène, l’Espagne est un pays de noir et de blanc.
De fait, une grande partie de la scénographie est basée sur ombres et lumière.
Si la définition est optimale en plan serré, elle laisse parfois quelque peu à désirer dans les plans larges en raison d'un éclairage insuffisant ou de blancs si lumineux qu'ils en sont brûlés.
Belles ambiances colorées dans les scènes de carrousel et contrastes globalement probants.

Son

Avec la piste 5.0 DTS, l’orchestre est nettement privilégié et cela se ressent dans les interventions de Sonia Ganassi (Donna Elvira), dont les graves difficiles ne passent pas le mur instrumental.
Même Lorenzo Regazzo (Leporello), à la technique plus sûre, est parfois submergé.
La dimension multicanale est assez peu exploitée, hormis pour la scène de l'apparition du Commandeur et le cri final de Don Giovanni, durant laquelle les voies arrière sont très artificiellement utilisées, en particulier pour les chœurs.
La piste stéréo offre en revanche un bien meilleur équilibre à défaut d’une acoustique très intéressante.
Si la dynamique se montre quelque peu timide, les voix ressortent plutôt bien et l'orchestre bénéficie d'une bonne séparation.
Sur les deux pistes, les aigus sont peu agréables, voire parfois légèrement agressifs.

Note technique : 6/10

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