DVD Jaquette de : Don Giovanni (Álvarez, Pieczonka)

Distribution

Interprètes
  • Carlos Álvarez
    Don Giovanni
  • Franz-Josef Selig
    Il Commandatore
  • Adrianne Pieczonka
    Donna Anna
  • Michael Schade
    Don Ottavio
  • Anna Caterina Antonacci
    Donna Elvira
  • Ildebrando d’Arcangelo
    Leporello
  • Angelika Kirchschlager
    Zerlina
  • Lorenzo Regazzo
    Masetto
  • Stage Orchestra of the Vienna State Opera
  • Chorus of the Vienna State Orchestra
Mise en scène
Roberto De Simone
Chorégraphie
Renato Zanella
Orchestre
Orchestra of the Vienna State Opera
Chef d'orchestre
Riccardo Muti
Réalisation
Brian Large
Origine
Theater an der Wien, Vienna
Année
1999

Informations techniques

Durée
173'
Nombre de disques
1
Zone/Région
Zone ALL
Éditeur
Arthaus Musik
Distributeur
Intégral Distribution
Date de sortie
15/03/2010

Vidéo

Couleurs/N&B
Couleurs
Format images
1.78
Format vidéo
16/9 compatible 4/3
Codec/Standard vidéo
NTSC

Audio

Version(s) sonore(s)
Stéréo PCM
Sous-titres
•  Allemand
•  Anglais
•  Espagnol
•  Français
•  Italien

Don Giovanni (Álvarez, Pieczonka) DVD

Réédition du DVD paru chez TDK en 2005

Note générale : 8/10

Wolfgang Amadeus Mozart

Opéra


En 1999, le grand chef d'orchestre italien Riccardo Muti dirigeait une représentation d'un des plus grands opéras du répertoire lyrique, le Don Giovanni de Mozart.
Le spectacle était présenté au célèbre Theater an der Wien en Autriche, avec une équipe assez prestigieuse.

Dès l'Ouverture, tellement magnifique et quasi annonciatrice du romantisme, l'orchestre du Vienna State Opera, la maîtrise, l'autorité, l’énergie, et le charisme du chef sont immédiatement mis en valeur.
Nous sommes même, avouons-le, vraiment impressionnés !

Ildebrando D’Arcangelo (Leporello).Puis, à l'Acte I, lorsque Leporello, valet de Don Giovanni (le baryton-basse italien Ildebrando d'Arcangelo), intervient sur scène, bientôt relayé par un trio formé du même Leporello, du Commandeur et de Don Giovanni, nous sommes plongés dans un univers nocturne, avec des tons bleu nuit, jusqu'au meurtre du Commandeur par l'épée de Don Giovanni.

La mise en scène est classique, les costumes d'époque. Il n'y a donc pas de transposition chronologique et même un respect des indications du librettiste Lorenzo Da Ponte.
Peu après, nous quittons cet univers pour passer à des couleurs entre marron et orangé plus en rapport avec le jour.

Passons sur les premières interventions de Donna Anna et de Donna Elvira pour dire quelques mots sur ce premier grand moment qu'est "L'air du Catalogue", chanté par Leporello.
Ildebrando d'Arcangelo réussit pleinement son morceau de bravoure, tant au niveau vocal que théâtral. Il faut dire que cet artiste est un des grands spécialistes de ce personnage, auquel il donne toute sa mesure.

Carlos Álvarez (Don Giovanni) et Angelika Kirchschlager (Zerlina).Autre moment important : le duo entre Don Giovanni (Carlos Álvarez, baryton-basse espagnol), gentilhomme, et Zerlina (Angelika Kirchschlager, mezzo-soprano autrichienne), jeune paysanne avec le fameux air "La ci darem la mano…".
Encore une réussite, même si le décalage de l'âge entre les deux personnages semble un peu trop appuyé.
On aurait pu souhaiter un Don Giovanni un peu plus jeune. Mais du moins, est-il expérimenté…
Quant à Zerlina, elle apparaît effectivement comme très juvénile, voire peut-être trop.
Angelika Kirchschlager nous habituera à beaucoup mieux ultérieurement, notamment dans ses enregistrements de Mozart - bien sûr -, mais aussi de Bach ou de Haendel, parmi d'autres.

 

Adrianne Pieczonka (Donna Anna).Vient alors le superbe aria "Or sai qui l'onore…", chanté par Donna Anna (la soprano canadienne Adrianne Pieczonka), fille du Commandeur.
Ici, l'interprétation est dramatiquement juste, mais, sur le plan vocal, on pourrait souhaiter plus de rondeur dans les aigus forte, plus de maîtrise pour tout dire.
On est ici, parfois, presque à la limite du cri.
Le rôle n’est pas facile, il est vrai.

Michael Schade (Don Ottavio).Avec l'air de Don Ottavio, fiancé de Donna Anna, chanté par le ténor germano-canadien Michael Schade, le divin "Dalla sua pace…", nous entrons dans un monde d'un lyrisme exemplaire.
Michael Schade nous enchante, avec sa voix douce et lumineuse, en complet contraste avec les lumières sombres de la mise en scène, entre bleu foncé et fond quasi nocturne.
Les pianissimi du ténor sont distillés à souhait.

Après l'air très court et mené sur les chapeaux de roue de Don Giovanni, "Fin ch'han dal vino…", totalement maîtrisé par Carlos Álvarez, nous avons droit au duo douceureux entre le paysan Masetto (Lorenzo Regazzo, baryton-basse italien) et sa fiancée Zerlina, "Batti, batti, o bel Masetto…".
Ce n'est pas la plus grande réussite de cette représentation : Angelika Kirchschlager n'avait pas encore bien stabilisé le vibrato de sa voix il y a plus de 10 ans.
Quant à Lorenzo Regazzo, si sa performance vocale n'est pas vraiment critiquable, que dire de sa façon de surjouer ?
Masetto est-il vraiment un benêt ?

 

Lorenzo Regazzo (Masetto).


Un grand moment de mise en scène intervient alors.
Celui-ci est entièrement structuré autour de la "Scène des Masques" et de ses suites, lorsqu'après avoir lancé son "Viva la Liberta…", Álvarez-Don Giovanni est contraint pour la première fois de reculer face aux autres personnages imposant un ensemble vocal et dramatique lui faisant obstacle.
Si Álvarez incarne un Don Giovanni un peu sur le retour, sans doute, quelle présence et quelle voix !

 

Anna Caterina Antonacci (Donna Elvira).Lorsque débute l'Acte II, Don Giovanni essaie de faire passer son valet pour sa propre personne afin de tromper Donna Elvira, jeune femme délaissée (chantée par la soprano italienne Anna Caterina Antonacci).
Nous sommes alors plongés dans les tons sombres.
La nuit évoque aussi sans aucun doute les aspects "noirs" du personnage libertin.


Et voilà le second aria, très court lui aussi, de Don Giovanni : "Deh, vieni alla finestra…".
Accompagné à la mandoline, le charmeur-séducteur pose une voix lyrique à souhait.

Un mot sur le "Vedrai, carino…" de Zerlina : consolant son Masetto, elle nous donne une assez bonne interprétation, quoiqu'un peu pointue, avec un timbre de voix légèrement acide.
Leporello ayant pris la place de Don Giovanni à la demande de son maître, l'ensemble vocal qui suit la découverte de la supercherie est superbe, mené par un grand Riccardo Muti, à la tête d'une excellente équipe de comédiens-chanteurs.

Encore un moment magique, dû d'abord à Mozart bien évidemment : l'air "Il mio tesoro intanto…", chanté par Don Ottavio.
D'une exquise facture lyrique - on pense à Lépold Simoneau ou à Fritz Wunderlich -, fondé à certains moments sur un registre vocal mixte entre poitrine et tête, Michael Schade, bien qu'inégal ici, nous offre un chant orné particulièrement émouvant et délicieux.


Arrive alors un grand moment pour le rôle de Donna Elvira : Anna Caterina Antonacci, en excellente tragédienne, lance alors le "Mi tradi…", plein de qualités, mais présentant tout de même quelques approximations vocales, notamment au niveau de la stabilité de la ligne de chant et de la rondeur des aigus.
Antonacci, une des grandes voix actuelles, n'en était à cette époque qu'aux débuts de sa carrière internationale.
Aujourd'hui, on connaît l'éclectisme de son répertoire, du baroque à Carmen

Bien que sobrement mis en scène, l'épisode nocturne du cimetière qui rassemble Don Giovanni, Leporello et la statue du Commandeur (la basse allemande Franz-Josef Selig), impressionne : la voix d'outre-tombe du Commandeur, la peur de Leporello et l'incrédulité de Don Giovanni…
Ne sommes-nous pas alors en plein pré-romantisme ?

 

Adrianne Pieczonka (Donna Anna).On retrouve ensuite Donna Anna pour le célèbre "Non mi dir…".
Les lumières apportent des tons plus en rapport avec le jour. Adrianne Pieczonka présente ici un timbre vocal assez ingrat, notamment dans les aigus forte (dramatiques).
A-t-elle vraiment entièrement les moyens du rôle ?

Arrive la scène du repas, puisque Don Giovanni a invité le Commandeur (tué au début de l'œuvre, rappelons-le).
Mozart s'est fait un peu plaisir ici, avec d'une part un orchestre jouant sur scène, et, d'autre part, une citation musicale extraite de ses Noces de Figaro ("Non piu andrai…").

 

Franz-Josef Selig (Il Commandatore).

Donna Elvira ayant essayé de sauver Don Giovanni, arrive alors la statue du Commandeur, qui lance son terrible et dernier avertissement "Don Giovanni, a cenar…".
Dirigée de main de maître par Riccardo Muti, la montée orchestrale, presque terrifiante et nimbée de dramatisme pré-romantique, pourrait faire dresser les cheveux sur leur tête aux âmes sensibles.


Mais, ce n'est pas le cas de Don Giovanni, qui refuse jusqu'au bout de s'amender, prend la main glacée de la statue du Commandeur, et finit par être englouti dans les flammes de l'enfer.
Tout aurait pu en rester là…
Mais, cela ne correspondait pas au goût de l'époque.
Il ne fallait pas déconcerter le public.
D'où cet épilogue final, sous la forme d'un ensemble assez lumineux, faisant contraste avec la noirceur du tableau précédent, et réunissant les personnages de l'opéra (sauf Don Giovanni et la statue du Commandeur, bien sûr).
Le final est ainsi conventionnel : Don Giovanni a été châtié ; on tire la morale de cette histoire…
Malgré cette fin convenue, l’épilogue est une réussite assortie d'un panneau mural écrit apparaissant derrière les protagonistes.

Riccardo Muti.


Puis, caméra sur Riccardo Muti, l'orchestre et "rideau" sur un spectacle classique mais non routinier conduit par un chef d'exception à la tête d'un orchestre de grande qualité, des chœurs adaptés à l'œuvre et une belle distribution vocale malgré quelques inégalités.

Suppléments du DVD

Aucune.

 

Bande-annonce du DVD

Critique Images et Son du DVD

Images

La définition apparaît d’une grande qualité dans les plans moyens et rapprochés, mais le détail se dilue bien naturellement sur les plans généraux. Le rendu des couleurs ne pose aucun problème malgré la fréquence des ambiances quasi-nocturnes faisant jouer les différentes nuances de teintes bleu nuit. Les contrastes sont parfaitement appuyés par des lumières particulièrement soignées et sophistiquées de Kurt Schöny et des noirs suffisamment profonds.
Une certaine granulation s'invite enfin sur de nombreuses scènes dans une limite toutefois acceptable, et certain costumes blancs champêtres se parent d'une solarisation passagère.

Son

L'unique piste stéréo s'avère réellement impeccable. Tout s'y trouve réuni : dynamique, relief, profondeur, mais aussi lisibilité et transparence exemplaires des différents pupitres de l’orchestre.
De même, on touche l'idéal quant à la projection des voix.
Tout juste regrettera-t-on un léger manque de basses. Celles-ci auraient constitué une assise plus solide.

Note technique : 8/10

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Mots-clés

Adrianne Pieczonka
Anna Caterina Antonacci
Brian Large
Don Giovanni
Franz-Josef Selig
Ildebrando D'Arcangelo
Michael Schade
Riccardo Muti
Roberto De Simone
Theater an der Wien, Vienna
Wolfgang Amadeus Mozart

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