DVD Jaquette de : Claudio Abbado : Mahler - Symphonie No. 4 - Rückert-Lieder

Distribution

Interprètes
  • Magdalena Kožená
    Mezzo-soprano
Orchestre
Lucerne Festival Orchestra
Chef d'orchestre
Claudio Abbado
Réalisation
Michael Beyer
Origine
Concert Hall of the KKL Luzern
Année
2009

Informations techniques

Durée
86'
Nombre de disques
1
Zone/Région
Zone ALL
Éditeur
EuroArts
Distributeur
Harmonia Mundi
Date de sortie
18/11/2010

Vidéo

Couleurs/N&B
Couleurs
Format images
1.78
Format vidéo
16/9 compatible 4/3
Codec/Standard vidéo
NTSC

Audio

Version(s) sonore(s)
5.1 DD
5.1 DTS Plein débit
Stéréo PCM
Sous-titres
•  Allemand
•  Anglais
•  Français

Claudio Abbado : Mahler - Symphonie No. 4 - Rückert-Lieder DVD

Tutti ovation

Note générale : 9/10

Gustav Mahler

Concert


En fin connaisseur de l'univers de Mahler, Claudio Abbado nous immerge une nouvelle fois dans une version aboutie de la Symphonie No. 4, associée aux cinq Rückert-lieder chantés par la mezzo-soprano tchèque Magdalena Kožená.

 

Magdalena Kožená interprète les "Rückert-Lieder" de Mahler sous la direction de Claudio Abbado.

 

Judicieusement programmés en première partie de concert, les Rückert-lieder de Mahler nous donnent, pourrait-on dire, un aperçu de la manière dont va être interprété le lied final qui compose le dernier mouvement de la Symphonie No. 4.

Magdalena Kožená.L'orchestre de solistes du Festival de Lucerne est évidemment idéal de par la qualité renouvelée de ses intervenants issus des grandes formations internationales et solistes à part entière.
Magdalena Kožená suit Claudio Abbado sur le terrain de la légèreté sans jouer le rôle de la grande cantatrice, ce qui aurait nui à l'unité d'ensemble. On retrouvera avec joie cette qualité plus tard. Voix étonnamment légère pour une mezzo, elle donnera peut-être l'impression d'avoir du mal à trouver sa place dans l'univers musical mahlérien, mais Claudio Abbado se garde bien de placer son orchestre en avant. Il faudra pourtant attendre le dernier lied, le sublimement expressif "I ch bin der Welt abhanden gekommen", pour trouver enfin une émotion réelle. Mais ne la doit-on pas avant tout à la poésie sonore du peintre de l'orchestre qu'est Abbado ? Comment oublier le magnifique solo du cor anglais, installé d'emblée dans une dilatation temporelle qui lui permet de faire entendre toute l'expressivité possible ? Ces onze minutes de pur bonheur sont une véritable apnée contemplative d'où il est difficile d'émerger.

 

Le Lucerne Festival Orchestra.

 

La Symphonie No. 4 se démarque de toutes les autres par l'atmosphère de légèreté parfois ambiguë qui s'en dégage. Très évocatrice d'une certaine insouciance, éloignée des grandes tragédies et des évocations directes de la nature, le chef qui la dirige se trouve devant un dilemme : avancer dans le sens d'un "chambrisme symphonique" et d'un allégement de la structure mâtiné parfois d'ironie mordante ou d'inquiétude sous-jacente, ou bien progresser sur la lancée d'une grande symphonie avec tout l'appareil instrumental et le poids qui va de pair. L'option choisie par Claudio Abbado va davantage dans le premier axe, uniforme sur l'ensemble des quatre mouvements qui composent l'œuvre.

Claudio Abbado.Dès le premier mouvement, on retrouve toutes les insignes qualités qui font la renommée actuelle du chef et qui sont le fruit de nombreuses années passées à méditer cette musique : goût de la couleur instrumentale, soin apporté aux moindres parties, équilibre des pupitres, qualité des transitions. L'orchestre du Festival de Lucerne lui permet de construire des édifices sonores à la fois très didactiques qui nous font tendre l'oreille aux différentes voix et parfaitement vivants sans pour autant nous donner une impression de morcellement.


Le second mouvement confirme une impression ressentie depuis le début de la symphonie : le premier violon s'y distingue en jouant sur un instrument accordé un ton plus haut, ce qui le transforme en "crincrin" symbolisant la Mort devenue meneuse de bal. Or, le climat général dominé par le jeu du soliste qu'on espère a priori grinçant et sardonique reflète peu l'idée d'une sarabande démoniaque. Claudio Abbado force presque le texte dans le sens d'un certain polissage dénué d'ironie. Ce qui pourrait être glacial et grotesque perd alors de son ambiguïté. L'approche se défend mais surprend.

Avec plus de 21 minutes, le superbe Adagio s'épanouit. Tout y chante merveilleusement, et toujours avec une intention d'éclaircissement, Claudio Abbado évite toute dramatisation excessive lors des climax. Il prépare ainsi astucieusement le terrain pour le lied final, lui aussi inscrit dans la durée : plus de 11' alors que la dernière version CD de Bernstein* n'atteignait que 8'40 ! Pierre de touche de toutes les versions, il est malheureusement très souvent fatal aux plus grands, toujours en raison du chanteur, soit carrément défaillant ou alors mal choisi. Ici, Magdalena Kožená, judicieusement vêtue de blanc, chante la sérénité, le bien-être un peu naïf des joies paradisiaques. Sans jouer la grande cantatrice, elle semble en phase complète avec le chef. La voix est légère, sans effet et sans affect. En cela, il constitue une sorte d'aboutissement logique et sans équivoque.
* 1987, chez Deutsche Grammophon.

 

Magdalena Kožená et Claudio Abbado saluent à la fin du concert.

 

Dans cette symphonie pas comme les autres, la caméra multiplie les gros plans sur le chef, détendu et souriant, dirigeant sans baguette. Son attitude est révélatrice de sa conception qui nous convie à porter un regard différent sur le compositeur tourmenté, devenu tout d'un coup plus détendu que dans de nombreuses autres pièces.


Lire le test du Blu-ray

Nicolas Mesnier-Nature

Suppléments du DVD

Quatre bandes-annonces de DVD d'œuvres dirigées par Claudio Abbado. (Stéréo DD)

Critique Images et Son du DVD

Images

Le support DVD profite au mieux d'une captation HD réussie de bout en bout. La précision est là, comme la finesse des contours et un piqué exceptionnel. Il faut dire que l'éclairage de la salle de concert est idéal et que les couleurs très naturelles alliées à une franche luminosité engendrent un rendu parfait.

Son

Le mixage stéréo est à la fois équilibré et propose une large ouverture conjuguée à une clarté extrême. Les instruments, comme la voix, s'expriment avec musicalité et la dynamique surprend par sa vaillance.
Avec le mixage 5.1, toutes ces qualités demeurent, et une dimension de profondeur s'invite pour créer une acoustique légèrement plus immersive sans outrance. L'encodage DTS plein débit l'emporte sur le Dolby Digital par la qualité de reproduction des timbres et la précision supplémentaire qu'il dispense.
Dans les deux cas, la présence du caisson de basses est un vrai plus dans la Symphonie.

 

Note technique : 10/10

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