DVD Jaquette de : Bruckner - Symphonie No. 4 "Romantique" & No. 7

Distribution

Interprètes
Orchestre
Münchner Philharmoniker
Chef d'orchestre
Christian Thielemann
Réalisation
Agnes Méth
Origine
Festspielhaus Baden-Baden
Année
2006

Informations techniques

Durée
156'
Nombre de disques
1
Zone/Région
Zone ALL
Éditeur
C Major
Distributeur
Harmonia Mundi
Date de sortie
24/05/2010

Vidéo

Couleurs/N&B
Couleurs
Format images
1.78
Format vidéo
16/9 compatible 4/3
Codec/Standard vidéo
NTSC

Audio

Version(s) sonore(s)
5.1 DTS mi-débit
Stéréo PCM
Sous-titres
•  Aucun

Bruckner - Symphonie No. 4 "Romantique" & No. 7 DVD

Note générale : 9/10

Anton Bruckner

Concert


Ces Symphonies de Bruckner, enregistrées lors de concerts de grande qualité au Festspielhaus Baden-Baden en 2008 (No. 4) et en 2006 (No. 7), permettent d'apprécier le travail du chef allemand Christian Thielemann aux commandes d'une des grandes phalanges brucknériennes, le Münchner Philharmoniker.

 

Christian Thielemann.

 

Il semblait périlleux pour Christian Thielemann de prendre la succession du chef roumain Sergiu Celibidache si longtemps à la tête du Philharmonique de Munich, d'autant plus dans le répertoire si typique des Symphonies de Bruckner que ce dernier affectionnait tout particulièrement. Mais, l'auditeur attentif, comme celui pour qui la musique de Bruckner n'est pas familière, sortiront sans doute l'un et l'autre séduits par ces interprétations.

Christian Thielemann a en effet emprunté une voie que l'on pourrait qualifier de consensuelle. De fait, les Symphonies de Bruckner se transforment souvent en énormes machines, toutes de cuivres et de cordes, avançant par blocs sonores posés les uns à côté des autres. Le fond spirituel sous-jacent de cette musique, ainsi que son écriture très harmonique (verticale) peuvent entacher la vision d'un chef à la recherche du beau son. Brillance des cuivres, puissance des tutti, velouté des cordes dominent alors le rendu sonore.

 

Le Münchner Philharmoniker est ici disposé de façon peu courante.Christian Thielemann va, lui, chercher autre chose. Sans se fourvoyer dans un travail sur le son, le spirituel (comme son prédécesseur Celibidache) ou le dégraissage (comme Harnoncourt), il suit son instinct avec honnêteté. Il va ainsi rééquilibrer dans un premier temps les rapports entre les pupitres. Un lien basé sur des échanges harmoniques, rythmiques ou thématiques se crée dans le but non seulement de faire chanter de manière plus équilibrée les différentes parties, mais également d'assurer une continuité reliant entre eux les fameux blocs.



Le rééquilibrage se poursuit ensuite avec les nuances. Au lieu de produire de trop forts contrastes plus ou moins bien amenés, Christian Thielemann va mettre littéralement en scène, par exemple, ces longs crescendos, partant du plus doux pianissimo à la limite de l'audible pour atteindre le forte le plus éclatant. L'écoute de l'auditeur est magistralement prise en otage, pourrait-on dire, puisqu'il nous force à tendre l'oreille au départ et va par la suite nous mener là où bon lui semblera. L'expression, la couleur, s'en trouvent irrémédiablement enrichies.
Le chef nous fait voyager en des terres quasiment inconnues : par un curieux paradoxe, l'impression ressentie entre deux pics expressifs est celle de progresser sur les sentiers de la musique de chambre. Tous les instruments dialoguent à l'envi, créant un intérêt musical au moment où l'attention peut se relâcher, et chaque détail ressort miraculeusement en un jeu de timbres voués à une grande beauté. Les chants qui leur sont dévolus peuvent passer pour neutres ou banals, mais pas avec Thielemann qui assume toujours leur aspect parfois naïf. Les tempi choisis jouent la carte de l'espace-temps, mais pas de la dilatation. Ils donnent à leur tour une impression de justesse, en parfaite accord avec le choix de laisser chanter la moindre mesure. Les transitions sont justifiées et très bien conduites dans le sens où elles font progresser un discours sans donner l'impression de flotter et d'être purement utilitaires.

Christian Thielemann incarne bien une tradition dans le rendu d'un son purement germanique qui convient si bien à ce compositeur. Le résultat demeure tout à fait probant, et les deux œuvres s'écoutent d'une traite, sans ennui.

Christian Thielemann.Mais il faut malgré tout souligner un certain paradoxe entre ce que l'on entend et ce que l'on voit. Car cette alchimie sonore complexe est obtenue à l'aide d'une économie étonnante. À voir Christian Thielemann, on se trouve face à une gestuelle minimaliste : quelques mouvements retenus des bras, regard donnant les départs et à même de se fixer très longtemps sur un soliste, visage neutre hormis quelques sourires de satisfaction, raideur d'un corps parfois totalement figé. Cet écart entre l'image du chef et son pouvoir à créer le son surprend pour qui ne l'a jamais vu diriger. Mais le résultat est bien là et c'est tout ce qui compte.

Enfin, une dernière remarque concernant la disposition de l'orchestre : les violons II se trouvent à la droite du chef, les altos et les violoncelles en face et les contrebasses à gauche. La naissance et le parcours du son dans la salle s'en trouvent légèrement modifiés, à bon escient.

Christian Thielemann salue à la fin du concert
Ce Bruckner solidement installé dans la tradition germanique ne va pas vous soulever de votre siège ni vous transporter spirituellement. Mais Christian Thielemann aime cette musique et ose un travail de fond sur ces grands classiques tout en écartant le spectaculaire, la provocation et l'esbroufe. Cette honnêteté intellectuelle efface l'ego du chef au profit du respect du compositeur. Cela est plutôt réconfortant et peu courant dans un univers musical où le star-system est omniprésent.

 

 

 

 

Retrouvez la biographie de Bruckner sur le site de notre partenaire Symphozik.info.

 

Nicolas Mesnier-Nature

Suppléments du DVD

Deux bandes-annonces de l'éditeur. (Stéréo PCM ou DD)

Critique Images et Son du DVD

Images

L'aspect éteint pour ne pas dire sinistre de la Festspielhaus de Baden-Baden ne peut apporter autre chose qu'un cadre bien triste à la captation. De fait, la palette de couleurs est au diapason. Le jeu des éclairages parvient heureusement à créer des contrastes réussis (le chef sur fond noir), mais d'autres le sont moins (les musiciens de l'orchestre). Certaines zones hors-scène sont totalement enterrées et quelques pixellisations viennent parasiter certains mouvements : on attendait mieux.

Son

La stéréo fait preuve d'équilibre et même de vaillance. Mais elle se trouve très vite dépassée par la masse orchestrale et a tendance à rendre global ce qui demande du détail. Néanmoins, il n'est pas évident d'obtenir mieux avec deux enceintes et nous ne nous montrerons pas plus exigeant.
C'est avec le mixage 5.1 que la musique de Bruckner se révèle véritablement. La répartition multicanale offre un écrin parfait aux structures sonores, préserve le brillant des cuivres et met à disposition une réserve de dynamique fort bienvenue. Le canal de graves est très sollicité, peut-être même un peu trop, mais ce mixage s'impose sans hésitation.

Note technique : 6/10

Acheter ce titre

Tutti-magazine.fr est un site gratuit. Vous pouvez lui apporter votre soutien en commandant dans la Boutique Amazon les titres présentés aux mêmes prix et conditions de livraison que sur Amazon.fr

Les derniers tests

Envoyer cette page à un(e) ami(e)

Envoyer

Imprimer cette page

Imprimer

Peuvent également vous intéresser

Tutti Ovation
Wozzeck mis en scène par Andreas Homoki - Tutti Ovation
Saul mis en scène par Barrie Kosky à Glyndebourne, Tutti Ovation
Adam's Passion d'Arvo Pärt mis en scène par Robert Wilson - Tutti Ovation
L'Elixir d'amour - Baden-Baden 2012 - Tutti Ovation
Les Maîtres chanteurs de Nuremberg - Salzbourg 2013 - Tutti Ovation

Se connecter

S'identifier

 

Mot de passe oublié ?

 

Vous n'êtes pas encore inscrit ?

Inscrivez-vous

Fermer

logoCe texte est la propriété de Tutti Magazine. Toute reproduction en tout ou partie est interdite quel que soit le support sans autorisation écrite de Tutti Magazine. Article L.122-4 du Code de la propriété intellectuelle.