DVD Jaquette de : Beethoven - Symphonies 1, 2 & 3, Ouvertures de Coriolan et Egmont (Christian Thielemann)

Distribution

Interprètes
Orchestre
Wiener Philharmoniker
Chef d'orchestre
Christian Thielemann
Réalisation
Brian Large, Agnès Méth, Michael Beyer
Origine
Goldener Saal der Gesellschaft der Musikfreunde, Vienna
Année
2009

Informations techniques

Durée
326'
Nombre de disques
3
Zone/Région
Zone ALL
Éditeur
C Major
Distributeur
Harmonia Mundi
Date de sortie
24/02/2011

Vidéo

Couleurs/N&B
Couleurs
Format images
1.78
Format vidéo
16/9 compatible 4/3
Codec/Standard vidéo
NTSC

Audio

Version(s) sonore(s)
5.0 DTS mi-débit
Stéréo PCM
Sous-titres
•  Allemand
•  Anglais
•  Chinois
•  Coréens
•  Espagnol
•  Français
•  Italien
•  Japonais

Beethoven - Symphonies 1, 2 & 3, Ouvertures de Coriolan et Egmont (Christian Thielemann) DVD

Entretiens de Christian Thielemann et Joachim Kaiser

Note générale : 9/10

Ludwig van Beethoven

Concert  - Documentaire


On parle de lui comme d’un possible successeur de Karajan ou de Kleiber. Christian Thielemann possède, il est vrai, certains traits de fermeté, voire de dureté, du premier, et la finesse et l’élégance musicale du second. Mais, partant d’un niveau certes déjà exceptionnel, cela est-il suffisant ? Que ces Symphonies Nos. 1, 2 et 3 enregistrées avec l'Orchestre Philharmonique de Vienne en 2008 et 2009, disponibles en DVD et en Blu-ray, nous disent-elles ?

 

 

Christian Thielemann dirige le cycle des <i>Symphonies</i> de Beethoven à Vienne entre 2008 et 2009.  © ORF - Ali Schafler

 

Difficile de trouver quoi que ce soit à redire à l’interprétation de Christian Thielemann et du superlatif Philharmonique de Vienne dans ce répertoire. On remarque le retour à un gros effectif - plus de 12 premiers violons -, ce qui ne manque pas d’alourdir le geste musical si le chef n’y prend garde.
On note aussi, et c’est un vrai régal, le placement au centre des violoncelles et des contrebasses derrière eux, ce qui ne manque pas d’envelopper, de mélanger, le tissu harmonique de la façon la plus sensible et la plus efficace. C'est là un petit secret des phalanges austro-hongroises.
On sera enfin attentif, à plusieurs reprises, à un soupçon de brutalité (scherzo de la Symphonie No. 1, empressement plutôt qu’enthousiasme de l’Ouverture d’Egmont) là où on attendrait, des Viennois en particulier, une lecture plus aimable et un moelleux qui a caractérisé plusieurs des nombreuses exécutions de l'œuvre. On ne participe pas ici à une lecture particulièrement légère ni gracieuse, traits qui sont pourtant bien présents et à plusieurs reprises dans l’exquis contrepoint de la Symphonie No. 1, ce qui relie peut-être d'ailleurs le plus pour cet opus, Beethoven à Haydn et à l’unique et singulière saveur qui l’a tant inspiré à ses débuts. La gravité, le romantisme, l’austérité et le monumental s’imposeront plus tard, mais ce ne sont pas là les traits marquants des symphonies jusqu’à la troisième.

Tout ceci se confirme au cours de la Symphonie No. 2 avec laquelle se poursuit le présent programme. Certains traits sont sévères, inutilement rudes dans certains gestes musicaux où certes Beethoven entend surprendre, mais où l’emploi de baguettes dures aux timbales par exemple, ne lie pas vraiment la pâte sonore, fût-ce même en ménageant un relief.

Christian Thielemann dirige le Wiener Philharmoniker.  © ORF - Ali SchaflerAvec l’immense Symphonie No. 3, on aborde un autre visage du génie de Bonn, un des monuments de son œuvre, voire de l’Histoire de la symphonie elle-même. Thielemann parvient assez vite à installer un climat dense, fait de tensions, géré par une belle science des contrastes. On est parfois légèrement dans l’excès, quand des accents marqués jaillissent un peu brutalement et soudainement, comme on le moque parfois en caricature pour en souligner l’outrance. Il est vrai que ce Beethoven-là en joue à merveille et illustre à ce titre une évolution considérable de la gestion du discours musical. Thielemann surprend toujours par sa battue singulière - parfois de bas en haut, en totale opposition avec ce qui se fait en matière de direction d’orchestre ! - mais la richesse de sa personnalité se révèle évidente comme cette connivence entretenue avec l’orchestre qui semble beaucoup l'apprécier.
Le chef ne se prive pas de quelques ralentis "subjectifs", dans certains instants du premier mouvement, qui accentuent encore davantage la nouveauté du texte musical. Il s’en explique d’ailleurs, et son point de vue est recevable bien que probablement discutable, au cours de l’entretien relatif à la symphonie dans le documentaire qui accompagne le programme musical.

Christian Thielemann.  © ORF - Ali SchaflerLorsqu’il dirige, on remarque combien le visage du chef allemand demeure impassible, presque atone, sans la moindre expression émotionnelle. Car c’est par son regard, d’une densité assez extraordinaire, voire surprenante, que le contact semble se faire. Christian Thieleman partage ce trait commun avec Harnoncourt, lequel dirige lui aussi régulièrement l’orchestre viennois, mais ce dernier cultive une poésie, tant sonore que narrative, d’une tout autre nature.

Quant à cet orchestre essentiellement masculin - on remarque combien les femmes y sont toujours rares : trois au plus dans la Seconde Symphonie - il se montre d’une incomparable élégance, à la fois sobre et singulier tout au long du programme. Il possède encore quelques caractéristiques sonores qui lui sont propres : la couleur de ses hautbois à bocal, les cors et les trompettes d’une facture spécifique qui "sonnent" différemment, le moelleux de ses cordes et leur homogénéité du grave à l’aigu… Tout cela est parachevé par une discipline artistique collective unique et à tout moment remarquable.

C’est finalement à une grande et belle exécution à laquelle nous assistons, mais sans en ressortir émerveillé et persuadé d’avoir entendu les chefs-d’œuvre beethovéniens pour la première fois. C'est le cas avec d’illustres prédécesseurs de Thielemann : Karajan, Bernstein et surtout Kleiber, filmés eux aussi…


À noter : Le DVD 1 propose la Symphonie no. 1 et les ouvertures de Coriolan et Egmont. Le DVD 2 propose les Symphonies nos. 2 et 3. Le DVD 3 est consacré aux entretiens de Christian Thielemann et Joachim Kaiser.



Lire le test du Blu-ray



Les autres DVD du cycle des Symphonies de Beethoven dirigées par Thielemann ont également été testés par Tutti-magazine :
- Lire la critique des Symphonies 4, 5 & 6 en DVD
- Lire la critique des Symphonies 7, 8 & 9 en DVD

 

Retrouvez la biographie de Beethoven sur le site de notre partenaire Symphozik.info.

 

Gilles Delatronchette

Suppléments du DVD

En allemand stéréo PCM, sous-titré en français, anglais, espagnol, italien, coréen, chinois et japonais :


- Ce troisième disque est constitué de longs entretiens sur les Symphonies 1 à 3 de Beethoven entre Joachim Kaiser, éminent critique et musicographe de renom, et le chef d’orchestre Christian Thielemann. On en retiendra des considérations dignes d'intérêt au milieu de propos parfois subjectifs, où le musicologue prend souvent trop de place sur l’interprète. Ces documentaires pourront permettre aux non–initiés une approche de l’écriture des œuvres, mais il n'aborde parfois pas l’essentiel : comment Beethoven est parvenu à transfigurer par son génie une structure de départ pourtant très académique. (171')

Bande-annonce du DVD

Critique Images et Son du DVD

Images

Bien qu'enregistrées à des moments différents - décembre 2008 pour les 2 premières Symphonies et Coriolan, mars 2009 pour la Symphonie no. 3 et novembre 2009 pour Egmont, l'homogénéité est de mise.
L'ensemble bénéficie ainsi d'un très bon piqué, d'une bonne définition et de contrastes assez profonds. Les costumes sombres des musiciens ressortent parfaitement, tout comme les ornements de la salle viennoise. On reprochera toutefois une trop grande saturation des teintes chair, ce qui a pour effet de trop colorer les visages, et quelques saccades dans les mouvements rapides.

 

 

 

 

Son

Là encore, les différentes dates de captations n'induisent pas de variations flagrantes.
La piste stéréo est parfaitement séparée et propose une image de l'orchestre très homogène. Les attaques des cordes sont franches et, globalement, l'ouverture comme la dynamique se montrent satisfaisantes.
Le mixage multicanal se passe du canal de graves mais ouvre le cadre de façon très spectaculaire et amplifie la dynamique, offrant une expressivité bien supérieure aux masses orchestrales. Le détail devient palpable et l'immersion convaincante grâce à l'utilisation raisonnable des enceintes surround.

Note technique : 8/10

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Mots-clés

Christian Thielemann
Ludwig van Beethoven
Symphonie n° 1 de Beethoven
Symphonie n° 2 de Beethoven
Symphonie n° 3 de Beethoven
Wiener Philharmoniker

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