DVD Jaquette de : Aurélie Dupont - L'Espace d'un instant

Distribution

Interprètes
  • Aurélie Dupont
  • Manuel Legris
  • Marie-Agnès Gillot
  • Laurent Hilaire
  • Angelin Preljocaj
  • Brigitte Lefèvre
  • Ballet de l'Opéra de Paris
Réalisation
Cédric Klapisch
Origine
France
Année
2009

Informations techniques

Durée
58'
Nombre de disques
1
Zone/Région
Zone 2
Éditeur
MK2
Distributeur
Harmonia Mundi
Date de sortie
11/03/2010

Vidéo

Couleurs/N&B
Couleurs
Format images
1.78
Format vidéo
16/9 compatible 4/3
Codec/Standard vidéo
PAL

Audio

Version(s) sonore(s)
VF 5.0 DD
VF stéréo Dolby surround
Sous-titres
•  Aucun

Aurélie Dupont - L'Espace d'un instant DVD

Note générale : 7/10

Documentaire  - Ballet


Dans son film Les Poupées russes, le réalisateur Cédric Klapisch avait confié le rôle de Natacha à la danseuse soliste du Théâtre Mariinsky, Evguenya Obraztsova. Sa facination pour la danse et l'artiste étaient alors flagrantes. Après avoir suivi durant plusieurs mois la danseuse Aurélie Dupont, il livre maintenant un documentaire assez personnel sur une étoile à la personnalité bien ancrée dans son temps.

 

Un patchwork de situations montées avec énergie ouvre notre regard sur l'univers de la danseuse : répétitions, visage à nu ou maquillé pour la scène, cils allongés à l'infini pour incarner une princesse, diverses incarnations de rôles… Aurélie Dupont, nous fait comprendre le réalisateur, est tour à tour toutes ces femmes.

Aurélie Dupont dans <i>La Dame aux camélias</i>.  © 2010 MK2 S.A.Nous remontons le temps et retrouvons une petite fille de 12 ans prometteuse, puis adolescente dans la classe de danse de Jacqueline Moreau.
La rupture est nette lorsque l'image nous impose la jeune femme en train de fumer une cigarette (la pause cigarette reviendra plusieurs fois…) au balcon de l'Opéra de Paris en compagnie d'une autre danseuse étoile maison : Marie-Agnès Gilot.
Leur complicité ne fait aucun doute.
Les deux jeunes femmes sont bien dans leur époque, leur parler est franc, direct.


Le moment est idéal pour décrire la rigueur de l'école française en matière de danse et le cours obligatoire du matin qui jouent le rôle de garde-fous et font office de structure sur laquelle on s'appuie après les possibles débordements de la veille.

Sans cette structure qu'elles ressentent si bien, qu'adviendrait-il de ces terribles fouettés du Lac des cygnes qu'Aurélie Dupont termine à terre, épuisée par la répétition ?

Le réalisateur introduit à ce point la présence de Manuel Legris, partenaire de prédilection de la danseuse, qui la retrouve pour travailler ce Lac, puis La Dame aux camélias.

© 2010 MK2 S.A.La confiance en son partenaire est primordiale comme le démontre un porté particulièrement ardu chorégraphié par John Neumeier. "Je suis sur un fil", s'angoisse la danseuse. La peur de tomber. Le doute est exprimé par quelques mots, quelques plans remarquables.
Sur scène, la difficulté sera transcendée.


La Dame aux camélias c'est, pour le rôle principal, quelque quatorze changements de costumes, bijoux ou coiffure en coulisses. Ou comment ajouter au stress de la représentation et des difficultés de la danse lorsque le but est de viser la perfection…

 


La caméra ne nous montrera jamais la danseuse dans sa vie personnelle.
Nous la voyons entrer et sortir du métro, mais jamais nous ne l'accompagnerons chez elle, après une représentation, dans son quotidien de femme.
De là, sans doute, cette frustration dans notre approche de l'artiste. Lorsqu'elle n'est plus la danseuse reconnue, qui est-elle ? À quoi s'intéresse-t-elle ? Quel regard porte-t-elle sur les autres ?

Diverses questions resteront sans réponse, qui peuvent laisser le spectateur sur sa faim. Par exemple, pourquoi cet amas de chaussons de pointes devant la fenêtre de la loge de la danseuse ?

 

 

Aurélie Dupont dans <i>La Dame aux camélias</i>, ballet chorégraphié par John Neumeier.  © 2010 MK2 S.A.Aurélie Dupont attend un enfant et approche du terme de sa grossesse. Nous la retrouvons alors qu'elle rend visite à ses collègues qui répètent.
Sa conversation avec Brigitte Lefèvre, Directrice de la danse, rapprochera le spectateur de l'artiste par le doute qui est exprimé. Retrouvera-t-elle son corps, ses capacités techniques, après l'accouchement ? Pourra-t-elle encore danser ?
Brigitte Lefèvre se veut rassurante. D'autres danseuses ont bien négocié l'après-grossesse bien avant elle. Aurélie Dupont ne semble certaine de rien.



La reprise sera de fait difficile, avec l'exigeant ballet-marathon Raymonda qui doit marquer son retour sur scène. Les reins sont douloureux (ou bien est-ce le poids de l'enfant ?). Les pieds ont du mal à supporter ces paires de pointes pourtant si familières quelques mois auparavant. Le doute réapparaît. La faisabilité se joue-t-elle entièrement au niveau du mental ?
Il faut dire qu'un changement de partenaire n'est pas fait pour arranger les choses. José Martinez remplace Mathieu Heymann, souffrant. Il va falloir s'habituer à d'autres mains, une autre taille, une autre forme de connivence… au moment de retrouver la scène.

 

 

©  2010 MK2 S.A.
Mais, plus que tout, il faudrait retrouver du plaisir à danser alors que, un an après s'être arrêtée, tout est plus lourd, pesant, et que les éclairages de scène sont si éblouissants.

Raymonda est un succès et nous nous glissons avec discrétion parmi les danseurs qui applaudissent leur étoile, leur amie peut-être, une fois baissé le dernier rideau de la soirée. Aurélie Dupont remercie de façon émouvante sa répétitrice Clotilde Vayer. L'étoile brille à nouveau.

 



Changement d'esthétique, changement d'univers. Nous accompagnons maintenant la danseuse un mois avant la reprise sur scène du ballet d'Angelin Preljocaj Le Parc.
Aurélie Dupont travaille avec Manuel Legris sous le regard attentif du chorégraphe.
Le cinéaste saisit avec humanité ce qui peut habiter une séance de travail entre danseurs qui se connaissent bien. Moments d'émotion, complicité dramatique, ratages voire posture ridicule du corps qui ne trouve pas sa place : merci à la caméra pour ce partage si proche de la réalité des danseurs qui, après avoir maintes fois dansé une œuvre, doivent toujours la travailler et la travailler à nouveau afin de satisfaire l'exigence du chorégraphe et leur propre exigence.

Le documentaire s'achèvera sur une note mélancolique.
Un mois s'est écoulé et nous devenons spectateur des adieux du danseur étoile Manuel Legris.

"J'avais l'impression de partir avec lui"
, confiera Aurélie Dupont…

Philippe Banel

Suppléments du DVD

Deux pas de deux intégraux complètent magnifiquement le programme et permettent d'apprécier à nouveau Aurélie Dupont et Manuel Legris. Les cadrages originaux et le montage sont superbes, comme les éclairages très soignés. Ils parviennent à donner une approche assez cinématographique aux chorégraphies et en renouvellent l'intérêt.

 

- Le premier, celui de l'Acte III de La Dame aux camélias, se distingue vraiment par sa captation de la version intégrale disponible en DVD et Blu-ray chez Opus Arte. (5.0 DD, 10')
- Le second, "Abandon" tiré du ballet Le Parc, est très habilement enregistré dans un studio de répétition. (5.0 DD, 8')

 

À noter : Présentation de visuels de DVD de danse de l'éditeur MK2 en ouverture de programme.

 

 

Critique Images et Son du DVD

Images

Les diverses sources, origines et dates d'enregistrements apportent chacune qualités et défauts tout à fait compréhensibles : grain, imprécision et contours assez flous pour les documents déjà anciens, meilleure définition et contrastes plus probants sur les plus récents.
Toutefois l'aspect "reportage" quasi constant ne plaide pas pour un haut niveau de qualité globale, à commencer par une caméra parfois instable.
Quelques légères saccades non pénalisantes.

Son

Les pianos de répétitions de danse sonnent bien souvent de façon bien peu musicale. Dans ce cas, quelles que soient les qualités intrinsèques de la prise de son, on ne peut guère attendre de miracles. Ici, les aigus peuvent devenir stridents et les basses manquer au point de priver la structure d'une assise souhaitable.
Mais la voix parlée profite toujours d'une bonne intelligibilité et d'une clarté appréciable.
Peu de différences entre les pistes stéréo Dolby surround et 5.0, si ce ne sont des ambiances plus diffuses et agréables en multicanal, et une ouverture avant plus large profitant davantage à la musique.
Un léger souffle peut s'inviter en fonction des séquences.

Note technique : 6/10

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