Blu-ray Jaquette de : La Walkyrie (Metropolitan Opera 2011)

Distribution

Interprètes
  • Jonas Kaufmann
    Siegmund
  • Hans-Peter König
    Hunding
  • Bryn Terfel
    Wotan
  • Eva-Maria Westbroek
    Sieglinde
  • Deborah Voigt
    Brünnhilde
  • Stephanie Blythe
    Fricka
  • Kellye Cae Hogan
    Gerhilde
  • Wendy Bryn Harmer
    Ortlinde
  • Marjorie Elinor Dix
    Waltraute
  • Mary Philips
    Schwertleite
  • Molly Fillmore
    Helmwige
  • Eve Giglotti
    Siegrune
  • Mary Ann McCormick
    Grimgerde
  • Lindsay Ammann
    Rossweiße
Mise en scène
Robert Lepage
Orchestre
The Metropolitan Orchestra
Chef d'orchestre
James Levine
Réalisation
Gary Halvorson
Origine
Metropolitan Opera
Année
2011

Informations techniques

Durée
240'
Nombre de disques
1
Zone/Région
Région ALL
Éditeur
Deutsche Grammophon
Distributeur
Universal Music Classics
Date de sortie
01/10/2012

Vidéo

Couleurs/N&B
Couleurs
Format images
1.78
Codec/Standard vidéo
AVC
Résolution vidéo
1080i

Audio

Version(s) sonore(s)
5.1 DTS HD Master Audio
Stéréo PCM
Sous-titres
•  Allemand
•  Anglais
•  Chinois
•  Espagnol
•  Français

La Walkyrie (Metropolitan Opera 2011) Blu-ray

Die Walküre

Note générale : 8/10

Richard Wagner

Opéra


Première véritable journée du cycle, La Walkyrie donne l'occasion de développer et d'approfondir les caractères dramatiques de certains personnages déjà rencontrés lors du prologue que constitue L'Or du Rhin. Nous verrons ainsi comment évoluent les rôles de Fricka et de Wotan. Mais la grande attente se focalise sur Brünnhilde, un des personnages les plus essentiels. L'entrée en scène du très médiatique ténor allemand Jonas Kaufmann est également un atout de premier ordre pour la réussite de cet ouvrage. Suite à des problèmes de santé et pour la dernière fois avant un retour espéré en 2013, James Levine dirige son orchestre du Met, avant de céder sa place à Fabio Luisi. Cette Walkyrie est disponible en Blu-ray et DVD Deutsche Grammophon.

 

Jonas Kaufmann (Siegmund) et Eva-Maria Westbroek (Sieglinde) dans <i>La Walkyrie</i>.  Photo : Ken Howard/Metropolitan Opera

 

La Walkyrie (Die Walküre) comprend, tout comme L'Or du Rhin (Das Rheingold), quatorze rôles. Mais si l'on isole les huit Walkyries, les six autres personnages accaparent durant des scènes entières quasiment la durée de l'opéra. Pour obtenir un bon résultat global, il est par conséquent absolument nécessaire de réunir des têtes d'affiche capables de soutenir le poids écrasant qui leur incombe.

Eva-Maria Westbroek et Jonas Kaufmann.  © Ken Howard/Metropolitan OperaAprès un prélude tempétueux figuré de troncs d'arbres vidéo projetés sur les fameuses vingt-quatre pales mobiles de l'unique décor, Siegmund et Sieglinde apparaissent enfin dans une atmosphère sombre. Jonas Kaufmann possède l'organe du heldentenor wagnérien idoine : puissance, sûreté des attaques, excellence des tenues de notes et timbre d'airain. D'aucuns pourraient être gênés, toutefois, par les effets de glotte sur certaines chutes ou au commencement de certains phrasés. Mais il y a un aspect vivant et engagé dans l'instant qui permet de neutraliser l'émission d'un trop beau chant qui rendrait une présence sur scène bien artificielle. Sa partenaire Eva-Maria Westbroek, manque sans doute parfois d'une bonne assise, mais son chant demeure très ouvert et fluide. Physiquement, Siegmund et Sieglinde possèdent une même chevelure, choix naturaliste assumé, tandis que, sur le plan scénique, des effets de neige un peu faciles, et les redondances projetées en ombre chinoise sur le décor en écho au récit de Siegmund sur ses origines et son histoire sont bien peu utiles.

Hans-Peter König (Hunding).  Photo : Ken Howard/Metropolitan OperaHunding (Hans-Peter König) apparaît étrangement comme un colosse bienveillant, tout à fait à l'encontre de l'approche habituelle de ce rôle. Fafner dans L'Or du Rhin, il incarne ici le mari jaloux de la Walkyrie. Pourtant, Hunding n'inquiète pas. Sans doute aurait-il fallu davantage de graves à l'interprète pour vraiment terroriser son monde, d'autant que son allure un peu débonnaire de géant blond ne va pas vraiment en ce sens. Mais la prestation reste honnête à défaut d'être inoubliable. La tension énorme qui devrait emporter tout ce début, avec ses non-dits et ses jeux de regards - assez bien mis en valeur par les caméras - retombe de ce fait un peu à plat. La Scène 3 de cet Acte I finira cependant par une envolée lyrique de l'orchestre qui nous laissera sur une bonne impression conclusive.

Stephanie Blythe (Fricka), Bryn Terfel (Wotan) et Deborah Voigt (Brünnhilde).  Photo : Ken Howard/Metropolitan Opera

 

Bryn Terfel (Wotan).  Photo : Ken Howard/Metropolitan OperaL'acte II, central, permet de retrouver tous les personnages principaux. Après le visionnage de L'Or du Rhin, nous ne nourrissions aucun doute sur la prestation idéale du Wotan de Bryn Terfel, et c'est pour ainsi dire un pléonasme de préciser ici la qualité de la continuité interprétative du chanteur. La partition écrasante ne l'empêche nullement de développer tout son talent expressif au service d'un rôle qui le place à la fois aux prises avec son épouse jalouse et ses filles rebelles pourtant soumises, mais aussi face à des sentiments les plus contradictoires. Troquant son armure romaine du précédent opus pour celle d'un chevalier du Moyen Âge, bandeau métallique sur l’œil gauche, le baryton basse donne la formidable puissance et la douceur tourmentée requises par le rôle.
Face à lui, la Fricka de Stephanie Blythe nous avait posé quelques problèmes lors du prologue : physiquement mal assortie à Wotan, elle n'imposait pas l'épouse jalouse et dominatrice voulue par Wagner. La voix s'exprimait dans son registre mais possédait un petit vibrato légèrement désagréable. Dans La Walkyrie, nul doute que la mezzo-soprano a su faire évoluer son personnage. Bien qu'installée sur un trône digne de figurer dans les accessoires d'un film d'Heroic Fantasy comme Conan le Barbare, l'épouse jadis dominée s'est muée en digne femme bafouée qui sait également se montrer touchante. Elle reprend la main vocalement par un son, cette fois, parfaitement assis, puissant et frondeur, propre à tenir la dragée haute à Bryn Terfel. Cela chante fort, les répliques fusent, le ton monte et Wotan se soumet. L'ovation de la cantatrice après le tomber de rideau sera grandement méritée.

Deborah Voigt (Brünnhilde).  Photo : Ken Howard/Metropolitan OperaVenons-en maintenant à la partie tant attendue de Brünnhilde.
Deborah Voigt interprète ici pour la première fois un des rôles les plus lourds de l'histoire de l'opéra. Habituée à des rôles chargés, la soprano américaine ne convaincra pourtant pas totalement. Fidèle du Met, le public l'ovationnera, mais qu'en aurait-il été à Bayreuth ? Le timbre de Deborah Voigt laisse en effet perplexe car la Brünnhilde jeune guerrière se transforme avec elle en Brünnhilde mature. Un manque net d'homogénéité vocale, une tendance fâcheuse à compenser cette faiblesse par un vibrato permanent et la tendance à forcer le son desservent considérablement sa crédibilité. Ceci posé, l'aisance vocale relative pourra être interprétée comme expression de la fragilité du personnage. Il est vrai que le chant est expressif et que la soprano est une bonne actrice. Elle sait porter avec assurance et bienveillance armure, lance et bouclier - le metteur en scène ayant eu la très bonne idée de lui faire grâce des encombrantes et improbables ailes en plumes traditionnelles -, mais elle parvient aussi à nous toucher dans le rapport fille/père savamment construit avec le Wotan de Bryn Terfel.

La mise en scène de Robert Lepage reste fidèle à son parti pris pour L'Or du Rhin, soit un décor unique qui nous donne au bout de plusieurs heures les prémices de ses limites. Il accroche, certes, le regard par les images de synthèse - visuellement réussies - qu'il reçoit, mais l'effet de surprise et de découverte est éventé. Nous laisserons découvrir au spectateur l'usage qui est fait du décor pour la Chevauchée des Walkyries à l'Acte III, mais nous nous inclinons devant la réussite visuelle de la dernière composition graphique qui clôt l'opéra.

Grandiose finale de l'Acte III de <i>La Walkyrie</i> mise en scène par Robert Lepage.  Photo : Ken Howard/Metropolitan Opera

 

En l'état, cette Walkyrie s'inscrit en parfaite cohérence avec L'Or du Rhin et propose la vision équilibrée recherchée par Le Met et Robert Lepage : une tradition exprimée par des moyens techniques actuels. Nous attendrons maintenant l'opus suivant, Siegfried, pour savoir comment la forte théâtralité (tout comme celle du Prologue) de cette deuxième journée du Ring, - avec sa forge, son dragon, l'oiseau, le combat - sera pensée.

 

Lire le test du DVD La Walkyrie au Metropolitan Opera



En France, les différents opus du Ring du Met ne sont pas disponibles séparément, mais seulement en coffret DVD ou Blu-ray rassemblant les quatre éléments de la Tétralogie, accompagnés de l'excellent documentaire Wagner's Dream.

 

 

 

Retrouvez la biographie de Richard Wagner sur le site de notre partenaire Symphozik.info.

Nicolas Mesnier-Nature

Suppléments du Blu-ray

En HD, et en anglais non sous-titré dans le même format audio que celui choisi pour l'opéra :

- Intéressant sujet réalisé par Susan Froemke sur les leitmotiv avec les cuivres de l'orchestre du Metropolitan. (5'31)
- Interviews en coulisses animées par Joyce DiDonato et Plácido Domingo, séparées par quelques plans de mise en place des décors, au cours desquelles chanteurs et intervenants livrent leurs impressions le plus souvent avec humour et un léger cabotinage : Deborah Voigt (sur la difficulté de sa prise de rôle au Met), Stephanie Blythe, Eva-Maria Westbroek et Jonas Kaufmann, Bryn Terfel, les "Walkyries", et John Sellars (sur l'imposant décor piloté par informatique). (15'13 au total)

 

 

Bande-annonce du Blu-ray

Critique Images et Son du Blu-ray

Images

La superbe définition constamment affichée par ce master vidéo de très haute tenue permet d'apprécier au mieux l'aspect graphique de la mise en scène de Robert Lepage. Les couleurs sont parfaitement rendues, comme les textures des matières et les nombreuses projections numériques qui constituent parfois d'éblouissants décors. La précision est si pointue que l'on remarque parfois un léger débordement des projections sur le visage des artistes (Hans-Peter König, par exemple). Les contrastes sont somptueux et les contours d'une précision absolue. La somptuosité des éclairages est en outre parfaitement véhiculée pour un visionnage des plus plaisants.

Son

Le mixage stéréo exprime tout aussi bien les voix que les timbres orchestraux. L'équilibre entre plateau et fosse est constant et permet une écoute toujours plaisante. La dynamique se montre assez importante, et des basses assez présentes s'installent dans une répartition gauche/droite bien séparée.
Avec la piste multicanale, les timbres vocaux et instrumentaux sont mieux définis, mais surtout, le projection devient idéale et conduit à une restitution musicale bien plus vivante et contrastée. L'appui du caisson de graves s'illustre dans des basses rondes et denses qui enrichissent la reproduction et apportent un indéniable relief au mixage. Les enceintes surround, relativement discrètes, permettent une immersion bien plus prégnante du spectateur dans l'univers sonore wagnérien et, parallèlement, dans les méandres du livret.

 

Note technique : 10/10

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Mots-clés

Bryn Terfel
Deborah Voigt
Eva-Maria Westbroek
James Levine
Jonas Kaufmann
La Walkyrie
Metropolitan Opera
Richard Wagner
Robert Lepage
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