Blu-ray Jaquette de : Rigoletto (Metropolitan Opera 2013)

Distribution

Interprètes
  • Piotr Beczala
    The Duke
  • Željko Lučić
    Rigoletto
  • Diana Damrau
    Gilda
  • Štefan Kocán
    Sparafucile
  • Oksana Volkova
    Maddalena
  • Maria Zifchak
    Giovanna
  • Robert Pomakov
    Monterone
  • Jeff Mattsey
    Marullo
  • Alexander Lewis
    Borsa
  • David Crawford
    Count Ceprano
  • Emalie Savoy
    Countess Ceprano
  • Earle Patriarco
  • Catherine Choi
  • The Metropolitan Opera Chorus
  • The Metropolitan Opera Ballet
Mise en scène
Michael Mayer
Chorégraphie
Steven Hoggett
Orchestre
The Metropolitan Opera Orchestra
Chef d'orchestre
Michele Mariotti
Réalisation
Matthew Diamond
Origine
The Metropolitan Opera
Année
2013

Informations techniques

Durée
136'
Nombre de disques
1
Zone/Région
Région ALL
Éditeur
Deutsche Grammophon
Distributeur
Universal Music Classics
Date de sortie
03/06/2013

Vidéo

Couleurs/N&B
Couleurs
Format images
1.78
Codec/Standard vidéo
AVC
Résolution vidéo
1080i

Audio

Version(s) sonore(s)
5.1 DTS HD Master Audio
Stéréo PCM
Sous-titres
•  Allemand
•  Anglais
•  Chinois
•  Coréens
•  Espagnol
•  Français
•  Italien

Rigoletto (Metropolitan Opera 2013) Blu-ray

Note générale : 9/10

Giuseppe Verdi

Opéra


Le Metropolitan Opera nous offre une production novatrice du Rigoletto de Verdi sous la baguette de Michele Mariotti, et ce d'abord grâce aux inventions scéniques dues à la mise en scène chatoyante de Michael Mayer qui nous projette au temps du Rat Pack. Željko Lučić, Diana Damrau et Piotr Beczala tiennent les rôles principaux en cette représentation du 16 février 2013 retransmise en HD Live dans les salles de cinéma du monde entier. Cette captation est désormais disponible en Blu-Ray et DVD chez Deutsche Grammophon.

 

Acte I de <i>Rigoletto</i> mis en scène par Michael Mayer au Metropolitan Opera.  © Ken Howard/Metropolitan Opera

 

La grande originalité de cette représentation de Rigoletto tient au cadre spatio-temporel qui a été choisi pour asseoir la musique de Verdi : le Las Vegas des années 1960. C'est la raison pour laquelle nous consacrons une large place à ce nouvel axe emprunté par Le Met qui, décidément, fait de plus en plus œuvre de création.

Jimmy Blumenfeld, chef accessoiriste du Met, et le metteur en scène Michael Meyer.  © Ron Berard/Metropolitan OperaTout d'abord, pourquoi avoir choisi ce cadre des années 1960 ? Cette période est suffisamment proche de nous pour que le spectateur puisse se sentir concerné en son être, en sa chair, par ce qui se déroule sous ses yeux, comme le résume, en forme de confession, le metteur en scène Michael Mayer : "J'ai commencé à me demander ce que je pourrais apporter à ce chef-d'œuvre, qui a été vu dans le monde entier depuis tant d'années, et dans différentes incarnations". Ce chef-d'œuvre qui, rappelons-le, fut créé à Venise à La Fenice le 11 mars 1851. Quinzième opéra de Verdi, il constitue le premier opus de sa trilogie romantique et sera suivi par Le Trouvère en 1853, et La Traviata également en 1853. "L'une des idées que j'ai évoquées", ajoute Michael Mayer, "était de faire en sorte que le public se sente plus proche de l'histoire […]. De trouver le cadre qui convienne dans un contexte passé, mais qui ne soit pas lointain au point de donner l'impression d'une pièce de musée. L'opéra peut ainsi avoir une résonance réelle, immédiate, mais aussi une espèce de pureté et d'universalité". Voilà la raison pour laquelle la temporalité originelle du XVIe siècle a été abandonnée, et si Mayer a précisément choisi les années 1960 et non une époque encore plus proche de nous, c'est pour éviter de dater cette nouvelle production du Met.

 

Piotr Beczala (le Duc de Mantoue) et Emalie Savoy (la Comtesse Ceprano) dans <i>Rigoletto</i> en 2013.  © Ken Howard/Met Opera

 

Diana Damrau (Gilda) et Piotr Beczala (le Duc de Mantoue).  © Ken Howard/Met OperaMaintenant, pourquoi précisément le choix de Las Vegas, alors que l'action originelle se situe à Mantoue ? Michael Mayer nous apporte la réponse : "J'ai commencé à réfléchir à l'univers du palais ducal, à me demander qui est Rigoletto, et comment cela pouvait paraître nouveau. J'ai essayé d'imaginer ce que pourrait être une version contemporaine du monde décadent de ce palais – où les gens festoient, emplis d'une espèce de fascination pour le pouvoir, l'argent et la beauté – et je me suis dit que Las Vegas était l'incarnation d'une destinée américaine pour les événements qui surviennent dans Rigoletto".
En effet, quel lieu aurait pu mieux convenir pour donner immédiatement à voir – et à ressentir par la musique – la proximité de l'argent et du pouvoir, l'omniprésence de la violence et de sentiments, ainsi que la superficialité contaminant les relations humaines ? Le libertinage, la présence d'un bouffon et la malédiction ne sauraient trouver meilleur cadre pour s'exprimer. Comme l'avance le ténor polonais Piotr Beczala dans la récente interview qu'il a accordée à Tutti-magazine, "l'idée de transformer le Duc de Mantoue en propriétaire de casino qui propose son propre spectacle est vraiment brillante, car cela correspond très bien à ce personnage peu profond qui, en définitive, est un homme d'apparat et de spectacle". De plus, "Michael Meyer n'a absolument rien changé au livret qui fonctionne parfaitement dans ce nouveau contexte".
On se montrera, en revanche, moins facilement persuadé par la nouvelle adaptation de la traduction utilisée au Metropolitan pour le surtitrage en anglais des paroles chantées, et conservée pour le sous-titrage de cet opéra en Blu-ray et DVD.

Les éclairages de Kevin Adams ont su tirer de ce cadre toutes les possibilités qui lui étaient offertes pour magnifier l'opéra de Verdi et en exprimer la substantifique moelle visuelle. Le travail sur les lumières est fabuleux – en témoigne la nuée de néons intégrés aux décors de la grande scène du Met –, de nombreux effets visuels ayant été, par ce biais, utilisés. Le monde de Verdi tel qu'il est restitué sous nos yeux surgit comme un rêve, mais un rêve trouble, promis au cauchemar, un rêve qui n'en reste pas moins l'exhalaison d'un monde enchanté et chatoyant, et cela grâce au travail remarquable de la décoratrice Christine Jones.

 

Željko Lučić (Rigoletto) et Diana Damrau (Gilda) dans <i>Rigoletto</i> mis en scène par Michael Meyer.  © Ken Howard/Met Opera

 

Štefan Kocán (Sparafucile).  © Ken Howard/Met OperaSi nous avons choisi de revenir aussi longuement sur ce cadre, c'est parce que celui-ci porte véritablement la musique, permet aux voix des chanteurs de s'exprimer pleinement et de faire ressortir la personnalité qui donne à chaque inflexion rythmique sa juste place et sa nécessité.
Piotr Beczala, à la carrière internationale déjà si riche, bien qu'elle n'ait débuté qu'en 2004, est parfait dans le rôle du Duc, rôle qu'il parvient à composer singulièrement grâce aux possibilités vocales qui lui sont propres. Mais ce n'est pas le seul chanteur à emporter l'adhésion. Le baryton Željko Lučić incarne un Rigoletto très émouvant, en particulier dans sa dimension paternelle, et la soprano Diana Damrau* nous offre les traits d'une Gilda déchirante au moyen de modulations vocales constamment maîtrisées. Ce trio d'interprètes tient la narration avec une aisance confondante sans jamais sacrifier le chant. Štefan Kocán (Sparafucile), Oksana Volkova (Maddalena) et Maria Zifchak (Giovanna), dans les rôles secondaires, apportent leur indéniable présence vocale et scénique et participent de fait à une réussite globale devant laquelle nous nous inclinons.
* Voir la vidéo de "Caro nome" par Diana Damrau enregistrée le 25 janvier 2013 pendant une répétition.

Quant au Metropolitan Opera Orchestra, sous la direction inspirée de Michele Mariotti, il sait conférer aux cordes la nervosité et la douceur nécessaires au déploiement du texte contenu dans les paroles portées par les chanteurs, et aux piccolos, cors anglais, clarinettes, bassons, cors, trompettes, trombones et tuba, l'allant qui fait de ces nombreux instruments la métaphore de la voix humaine. La voix humaine qui nous touche, par ce biais, directement de la fosse même de l'orchestre. À l'écoute il devient ainsi apparent combien Rigoletto est influencé par le grand opéra à la française et par le drame wagnérien, même s'il s'inscrit d'abord dans la tradition italienne de l'opera seria héritée de Rossini.

 

Dernier Acte de <i>Rigoletto</i> avec Diana Damrau (Gilda) et Željko Lučić (Rigoletto).  © Ken Howard/Met Opera

 

Il faut se précipiter vers cette version de Rigoletto, version qui saura indéniablement offrir au spectateur un grand moment de plaisir. Et ce, dès l'Ouverture, où la répétition lancinante de la note do, en Andante sostenuto, insuffle en nous sans retard l'idée de l'omniprésence d'une malédiction, peu à peu cristallisée, tout au long de ce merveilleux opéra.

 

Lire le test du DVD Rigoletto au Metropolitan Opera

 

Retrouvez la biographie de Giuseppe Verdi sur le site de notre partenaire Symphozik.info

 

Matthieu Gosztola

Suppléments du Blu-ray

En anglais stéréo non sous-titré, dans le même format sonore que celui choisi pour le programme principal :
Les interviews menées en coulisses sur fond de changements de décors par Renée Fleming (qui introduit également l'opéra) et proposées aux spectateurs des cinémas durant les entractes sont ici rassemblées dans une section dédiée. Nous rencontrons ainsi successivement Željko Lučić, Michael Mayer, Jeff Mattsey, Alexander Lewis, David Crawford, Piotr Beczala, Diana Damrau, et Christine Jones & Susan Hilferty, décoratrice et costumière de ce Rigoletto. Chacun s'exprime avec une certaine spontanéité sur son expérience et son approche de la production. (14'43 au total)

 

 

Bande-annonce du Blu-ray

Critique Images et Son du Blu-ray

Images

Ce master Haute Définition remplit son contrat comme rarement en affichant avec brio des couleurs saturées, brillantes et lumineuses, des contrastes d'une très belle profondeur, des contours superbement dessinés et un niveau de détail constamment performant, tant sur les plans serrés qui nous dévoilent de nombreux détails, que sur les plans larges qui conservent un niveau élevé de définition. Le visionnage de ce spectacle haut en couleur représente un véritable must !

Son

Rarement piste stéréo offre une telle dimension de vie et de relief. La scène avant se pare d'une réelle profondeur et le mixage parvient à équilibrer voix solistes, chœurs, orchestre, et ambiances pour un résultat époustouflant.
Le mixage multicanal ajoute à ces qualités une ampleur supplémentaire. Les voix gagnent en projection et le relief s'accentue tandis que la scène avant tend à s'élargir, s'accordant ainsi à l'image panoramique. Les enceintes arrière apportent une sensible aération à cette écoute superlative tandis que le caisson de basses souligne avec subtilité cet édifice sonore à la dynamique performante et toujours parfaitement musicale. Un véritable Top Démo !

Note technique : 10/10

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Mots-clés

Diana Damrau
Giuseppe Verdi
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Metropolitan Opera
Michael Mayer
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