Blu-ray Jaquette de : Verdi : Requiem (Barenboim, Scala – 2012)

Distribution

Interprètes
  • Anja Harteros
    Soprano
  • Elina Garanca
    Mezzo-soprano
  • Jonas Kaufmann
    Tenor
  • René Pape
    Bass
  • Coro del Teatro Alla Scala
Orchestre
Orchestra del Teatro alla Scala
Chef d'orchestre
Daniel Barenboim
Réalisation
Andy Sommer
Origine
La Scala
Année
2012

Informations techniques

Durée
93'
Nombre de disques
1
Zone/Région
Région ALL
Éditeur
Decca
Distributeur
Universal Music Classics
Date de sortie
26/08/2013

Vidéo

Couleurs/N&B
Couleurs
Format images
1.78
Codec/Standard vidéo
AVC
Résolution vidéo
1080i

Audio

Version(s) sonore(s)
5.1 DTS HD Master Audio
Stéréo PCM
Sous-titres
•  Allemand
•  Anglais
•  Français

Verdi : Requiem (Barenboim, Scala – 2012) Blu-ray

Note générale : 9/10

Giuseppe Verdi

Concert


Le bicentenaire de la naissance de Giuseppe Verdi est pour les éditeurs l'occasion d'enregistrer un grand nombre de ses opéras. Le cas marginal du Requiem a trouvé cependant preneur chez Decca avant d'autres versions attendues en réunissant autour de Daniel Barenboim, nouveau Directeur musical de la Scala de Milan, un quatuor de solistes de grande qualité. Jugez plutôt : Anja Harteros, Elīna Garanča, Jonas Kaufmann et René Pape. Dans ce temple de l'Art lyrique, tout n'était pourtant pas gagné d'avance tant cette composition constitue un cas particulier au sein de l'ensemble de l’œuvre verdienne. Verdict grâce à la captation live du 27 août 2012 désormais disponible en Blu-ray et DVD.

Daniel Barenboim dirige le <i>Requiem</i> de Verdi à la Scala de Milan le 27 août 2012.  © Marco Brescia/Decca

 

La soprano Anja Harteros.Verdi n'a que très peu composé pour l'église. En dehors de quelques pièces isolées - un Ave Maria, un Pater Noster, et les Quatro pezzi sacri (Quatre pièces sacrées) - le Requiem apparaît bien comme son œuvre majeure dans ce domaine, tant au niveau de l'écriture que de la durée. Composé entre Aida et Otello, on pourrait penser que la Messe des morts aurait du mal à trouver sa raison d'être au milieu d'un univers quasi exclusivement consacré au théâtre lyrique. Mais, presque perdu parmi la trentaine d'opéras composés par Verdi, le Requiem est une pièce majeure dont toute la difficulté représente justement pour les interprètes de lui trouver sa juste place.

Le ténor Jonas Kaufmann.Certaines compositions dont les titres ne laissent apparemment aucune ambiguïté ne vont pas sans poser de vrais problèmes interprétatifs aux artistes. En effet, comment ne pas percevoir certains airs tirés des Passions de Jean-Sébastien Bach comme de vraies arias d'opéra baroque ? Quelles places doivent prendre les Messes brèves de Mozart dont l'expression est bien plus proche de la scène que de l'autel ? Ces difficultés ne peuvent en tout cas pas être résolues uniquement par des pirouettes linguistiques telles que les affectionnait Rossini en qualifiant ses ouvrages pour l'église de "sacrée musique" ! Certes, certains aspects du Requiem de Verdi flirtent avec l'opéra : des arias frôlent le grand air, des effets parfois très dramatiques sont exprimés par l'orchestre (Dies Irae), et quatre solistes aux tessitures différentes se livrent à une multitude d'échanges musicaux.

 

Anja Harteros, Elīna Garanča, Jonas Kaufmann et René Pape chantent le <i>Requiem</i> de Verdi à la Scala de Milan le 27 août 2012.

 

La mezzo-soprano Elīna Garanča.Dans cette version du Requiem de Verdi dirigée par Daniel Barenboim, le problème, si tant est qu'il y en ait eu un pour lui, a été brillamment résolu, et l'actuel Directeur musical de la Scala a su surmonter son amour du théâtre pour imposer un style certainement très proche de l'esprit qu'a insufflé Verdi dans son œuvre. L'ambiguïté personnelle du compositeur vis-à-vis de la religion a donc été exploitée par le chef d'orchestre de manière à ne jamais affirmer une profession de foi musicale sans toutefois la nier explicitement. Le tour de force est en tout cas évident et le souffle nécessaire à cette très longue partition réussit à homogénéiser le discours de manière tout à fait convaincante tout au long des deux parties qui la constituent, et entre lesquelles aucune pause n'est faite.

La basse René Pape.La soprano Anja Harteros possède une voix claire très sonore qui arrive aisément à dominer la masse chorale imposante alignée derrière elle sur cinq rangées. Le son est très ouvert, les aigus sortent sans difficulté, qu'ils soient émis avec puissance ou avec retenue. Son visage demeure très concentré sur sa prestation comme, du reste, celui de la mezzo-soprano lettone Elīna Garanča. Cette dernière développe un chant très homogène et une tenue de notes parfaite, tout en nuances introspectives. Le ténor-star Jonas Kaufmann n'a pas à tant s'impliquer dans une partition peu développée pour son registre. Cela peut être un bien pour le rendu global du quatuor vocal dans la mesure où son timbre apparaît presque trop brillant et métallique pour ce type de partition. Pour peu, il aurait été facilement bien trop en avant et aurait rompu l'unité de l'ensemble. La basse René Pape confère beaucoup d'humanité dans le rendu de certaines parties. On citera en exemple son "Mors stupebit", dont les syllabes émises répandent un effroi qui conviendrait parfaitement à une situation théâtrale.

Daniel Barenboim dirige le <i>Requiem</i> de Verdi.  © Marco Brescia/DeccaDaniel Barenboim, sans partition, insuffle par des mimiques très expressives une vie et un ressenti très probants à l'imposante masse chorale parfaitement préparée par le maître de chœur Bruno Casoni. Le rendu de la masse chorale est à ce titre un véritable exploit. Quant à l'orchestre de la Scala, il trouve dans le Requiem de Verdi une belle occasion de mettre en avant ses capacités solistiques au sein, là aussi, d'un fort bel équilibre sonore.

Le magnifique cadre théâtral de la Scala de Milan n'a pas influencé du mauvais côté les artistes interprètes de cette œuvre unique. La mystique céleste fait place au dramatique terrestre, bien plus proche de l'humain que du divin. Une vision qui nous convient parfaitement. Ajoutons que la réalisation de Andy Sommer fait de nous un spectateur parmi les mieux placés pour assister à ce somptueux concert.


À noter : l'éditeur ne propose pas de sous-titres en latin sur ce programme, mais les différentes parties du Requiem sont affichées à l'écran. La captation de ce concert existe également en CD, édité par Decca.



Lire le test du DVD Requiem de Verdi avec Jonas Kaufmann à La Scala

Retrouvez la biographie de Giuseppe Verdi sur le site de notre partenaire Symphozik.info

Nicolas Mesnier-Nature

Suppléments du Blu-ray

Aucun.

Bande-annonce du Blu-ray

Critique Images et Son du Blu-ray

Images

La salle de la Scala est assez sombre et le rendu de cette captation Haute Définition ne peut inventer la lumière qui n'existe pas. Dès lors, ces images paraissent assez ternes et tristes. Pourtant le détail est bien présent et permet une exposition optimale des textures, des habits et des bijoux portés par les chanteurs. Les noirs profonds se marient à des couleurs saturées mais relativement naturelles pour offrir des contrastes de belle qualité mais variables selon les plans. Ceci posé, l'ensemble de la captation demeure un peu mou par manque de lumière. On notera enfin quelques micro-saccades dans les mouvements rapides.

Son

La piste stéréo expose un bon équilibre global. Les voix solistes sont bien projetées, la masse chorale se trouve bien présente et l'orchestre trouve une expression naturelle mais un peu compacte. En effet, l'ensemble manque de relief et de profondeur. La clarté est pourtant de mise, mais la respiration manque pour nous apporter le confort d'écoute idéal et une reproduction plus proche de la réalité d'un concert live.
L'impression est nettement différente avec le mixage multicanal 5.1 encodé dans un fantastique DTS HD Master Audio. L'orchestre gagne un détail immédiat et la masse chorale s'exprime avec davantage de vie. Les timbres des chanteurs solistes jaillissent et imposent des couleurs ainsi que des harmoniques insoupçonnables en stéréo. La scène avant se creuse mais gagne aussi en largeur afin d'offrir un message panoramique très cohérent, soutenu par les graves ronds et parfaitement définis délivrés par le caisson de basses. L'activité surround, assez mesurée, participe néanmoins à la respiration de l'ensemble et à l'immersion du spectateur. Le multicanal offre en outre un positionnement particulièrement efficace de certaines interventions instrumentales (Tuba mirum). La dynamique, enfin, semble illimitée. Cette piste réellement superbe dépasse de beaucoup le pourtant qualitatif encodage DTS plein débit du DVD de ce programme.

 

Note technique : 7/10

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Mots-clés

Anja Harteros
Daniel Barenboim
Elina Garanca
Giuseppe Verdi
Jonas Kaufmann
René Pape
Requiem de Verdi
Scala de Milan

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