DVD Jaquette de : Oberto, Conte di San Bonifacio (Teatro Verdi di Busseto, 2007)

Distribution

Interprètes
  • Mariana Pentcheva
    Cuniza
  • Fabio Sartori
    Riccardo
  • Giovanni Battista Parodi
    Oberto
  • Francesca Sassu
    Leonora
  • Giorgia Bertagni
    Imelda
  • Coro del Tetro Regio di Parma
Mise en scène
Pier'Alli
Orchestre
Orchestra del Teatro Regio di Parma
Chef d'orchestre
Antonello Allemandi
Réalisation
Tiziano Mancini
Origine
Teatro Verdi, Busseto
Année
2007

Informations techniques

Durée
125'
Nombre de disques
1
Zone/Région
Zone ALL
Éditeur
C Major
Distributeur
Harmonia Mundi
Date de sortie
23/10/2012

Vidéo

Couleurs/N&B
Couleurs
Format images
1.78
Format vidéo
16/9 compatible 4/3
Codec/Standard vidéo
NTSC

Audio

Version(s) sonore(s)
5.1 DTS mi-débit
Stéréo PCM
Sous-titres
•  Allemand
•  Anglais
•  Chinois
•  Coréens
•  Espagnol
•  Français
•  Italien
•  Japonais

Oberto, Conte di San Bonifacio (Teatro Verdi di Busseto, 2007) DVD

Note générale : 5/10

Giuseppe Verdi

Opéra


C'est logiquement avec l'opéra Oberto que l'éditeur C Major débute sa collection Tutto Verdi lancée pour le bicentenaire de la naissance de Giuseppe Verdi. Premier opéra de son auteur, il porte déjà les prémices d'une écriture qui marquera à jamais l'expression lyrique. Mariana Pentcheva, Fabio Sartori, Giovanni Battista Parodi et Francesca Sassu se partagent les rôles principaux dans la mise en scène de Pier'Alli pour le petit Théâtre Verdi de Busseto, tandis qu'Antonello Allemandi dirige l'orchestre du Teatro Regio de Parme. Cette captation de Tiziano Mancini réalisée en 2007 est disponible en Blu-ray et en DVD.

 

Fabio Sartori chante le rôle de Riccardo dans <i>Oberto</i> de Verdi mis en scène par Pier'Alli.  © Roberto Ricci/Teatro Regio di Parma

 

Giovanni Battista Parodi (Oberto). © Roberto Ricci/Teatro Regio di ParmaVerdi a 26 ans lors de la création de son premier opéra Oberto, Conte di San Bonifacio. Deux précédents projets - Rocester et Lord Hamilton - sont restés dans les cartons mais on retrouve certainement dans cet Oberto écrit sur les traces de Rossini une partie du matériel composé pour ses "essais" de jeunesse. Toutefois, c'est davantage à Donizetti que l'écriture vocale particulièrement tonique fait souvent penser.
Le livret d'Oberto s'appuie sur un argument "prétexte" à quatre protagonistes d'Antonio Piazza et Temisctocle Solera qui ont fait le choix peu confortable du point de vue narratif d'ouvrir le rideau sans présenter sur scène les "antécédents" indispensables à la compréhension des personnages. Ceci étant, il n'est pas très difficile de se retrouver dans ce schéma habituel de la basse qui contrarie une liaison soprano-ténor.

La direction nerveuse et précise d'Antonello Allemandi convainc dès la Sinfonia construite autour des divers thèmes de l'œuvre. Le chef est raffiné dans son approche et les forts contrastes dynamiques qu'il suscite interpellent, même si les cordes se montrent un peu justes. Pour la suite, l'équilibre entre l'orchestre et les voix montrera une direction attentive aux chanteurs, comme ce n'est pas toujours le cas.

Si la musicalité de la fosse sert de belle façon cette partition toute à l'honneur du jeune Verdi, la distribution rassemblée sur scène est loin de convaincre entièrement. Ce sont les voix masculines qui tirent le mieux leur épingle du jeu, à commencer par le ténor Fabio Sartori dont la vaillance de projection et les aigus parfaits et tenus caractérisent un Riccardo sans grande aura mais bien chantant malgré quelques flottements au début de l'opéra (belles Cavatine à l'Acte I et Romance "Ciel, che deci! Di quel sangue" à l'Acte II). La jeune basse Giovanni Battista Parodi montre plus de présence dans le rôle-titre d'Oberto. Il faut dire que la stature est différente et l'aisance en scène bien supérieure. La voix n'a peut-être pas toute la puissance requise pour cette incarnation mais le timbre est riche, la diction expressive et la musicalité jamais prise en défaut.

 

Mariana Pentcheva interprète le rôle de Cuniza dans <i>Oberto</i> de Verdi.  © Roberto Ricci/Teatro Regio di Parma

 

Il est bien plus difficile d'adhérer aux voix féminines. On passera très vite sur le timbre ingrat de Giorgia Bertagni dans le rôle peu exposé d'Imelda, confidente de Cuniza. La mezzo-soprano Mariana Pentcheva possède une technique vocale à même d'offrir une belle assurance au personnage de Cuniza mais cette assise ne parvient jamais à être équilibrée par une sensibilité malgré le savoir-faire vocal et quelques nuances plutôt bien gérées. Le jeu est primaire et la physionomie de la chanteuse peu avantagée par sa coiffure. La soprano Francesca Sassu, physiquement plus avantagée et douée d'une expression plus intéressante ne possède en revanche pas un timbre inoubliable et, si la justesse est bonne et la ligne de chant bien conduite, le manque de couleur et, finalement, d'intérêt pour cette expression vocale fade, plombe notre empathie envers Leonora, fille d'Oberto. De plus, empêtré dans une gestuelle factice qui réclame continuellement des positions de mains peu naturelles à la chanteuse, le personnage reste continuellement à distance de la sensibilité du spectateur. Seul son "Tutto ho perduto !" de la scène finale se montrera-t-il plus touchant.
Les chœurs du Teatro Regio de Parme sont en revanche excellents et honorent chaque intervention ménagée par Verdi, tant en soutien des solistes que lors de belles expressions chorales.

 

Francesca Sassu (Leonora).  © Roberto Ricci/Teatro Regio di Parma

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




La scène du Théâtre Verdi de Busseto n'est pas très grande, et certaines loges ont été utilisées pour y placer des choristes. Une idée intéressante qui permet visuellement d'élargir le plateau. Mais, malheureusement, le metteur en scène Pier'Alli ne semble pas plus inspiré par cet Oberto qu'il l'était pour Les Puritains à Bologne, et on aura rarement vu mise en scène plus statique que celle-ci. Bien entendu, la structure des airs installe souvent les personnages de façon assez lourde, mais on dirait que tout a été fait pour accentuer le statisme. Les chanteurs solistes entrent le plus souvent par le fond de scène par une légère pente, se placent au centre du plateau et chantent, quasiment sans bouger… Le déficit chronique d'éclairage de la scène alourdit encore cette sensation de lourdeur qui ne s'estompe pas au cours de la représentation. Quant à la dominante orange, si elle permet quelques compositions visuelles assez jolies, le manque de variété de couleurs aboutit à une démonstration terne et, finalement, bien monotone.
Pour revenir à la gestuelle imposée à Francesca Sassu, on a bien du mal à en comprendre la raison. La soprano s'en tire plutôt bien et ses bras donnent l'impression de se placer assez facilement en réponse aux phrases musicales. Mais on croirait un automate et l'artifice ne fonctionne plus, passé quelques minutes. Plus largement, les rapports entre les personnages souffrent d'une distance qui les sépare et aucune interaction de jeu ne fonctionne vraiment sauf, peut-être, le face à face nerveux entre Oberto et Riccardo à l'Acte II.

 

Giovanni Battista Parodi (Oberto) et Francesca Sassu (Leonora) dans <i>Oberto</i> mis en scène par Pier'Alli.  © R. Ricci/Teatro Regio di Parma

Restent alors quelques passages parfaitement construits sur le plan musical, tels le finale de l'Acte I et son "concertato" de stupeur bien rendu, qui tend à prouver la maturité d'écriture du jeune Verdi et un superbe quatuor à l'Acte II, qui réunit Riccardo, Leonora, Cuniza et Oberto autour d'une écriture très maîtrisée. Mais il faut reconnaître que cette production statique et visuellement peu intéressante défendue par une distribution approximative ne saurait convaincre outre mesure le spectateur, même indulgent.


 

À noter : Le Blu-ray d'Oberto est également disponible au sein de la luxueuse intégrale Tutto Verdi éditée par C Major. Il constitue le disque no. 1 de la collection.



Lire le test du Blu-ray Oberto

 

 

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Philippe Banel

Suppléments du DVD

- Introduction à Oberto. Quelques données historiques bien illustrées replacent la création d'Oberto dans son contexte, mais c'est l'argument de l'opéra qui occupe la majeure partie de ce sujet. Les personnages du drame sont introduits, puis le livret est présenté en détail, accompagné de nombreux et trop longs extraits de l'opéra. (Italien ou anglais stéréo DD à la prise de son indigente (enregistrement dans une boîte ?). Pas de sous-titres. 10'41)
- Cinq bandes-annonces d'opéras de Verdi. (Stéréo DD)

 

Bande-annonce du DVD

Critique Images et Son du DVD

Images

Sur toute la durée du spectacle, le manque manifeste d'éclairage du plateau handicape la captation. Le Blu-ray de ce programme, en raison de sa définition, permettait un affichage optimal de ces images "difficiles", mais le DVD, plus limité en termes de précision, peine sur ces noirs profonds. Le parti pris de dominante orangée lasse rapidement et les contrastes peu profonds finissent par rendre le visionnage assez difficile.

 

Son

Le mixage stéréo aux graves bien présents propose une ouverture assez large. Le haut du spectre est très valorisé au point d'émettre souvent des aigus criards et le médium manque de corps. Les voix prennent trop souvent le pas sur l'orchestre et la dynamique est à l'étroit.
Avec la piste 5.1, la présence de l'ensemble devient bien plus évidente. L'orchestre gagne en détails et bénéficie de beaux graves grâce à l'intégration du caisson de basses. La meilleure projection vocale permet une diffusion supérieure des timbres, mais manifeste aussi les limites des interprètes. Enfin, si les enceintes surround aèrent convenablement l'écoute, les forte sont souvent trop agressifs.
De nombreux bruits de plateau s'invitent constamment sur les deux pistes.

Note technique : 6/10

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Fabio Sartori
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