Blu-ray Jaquette de : Macbeth (Royal Opera House - 2011)

Distribution

Interprètes
  • Simon Keenlyside
    Macbeth
  • Raymond Aceto
    Banquo
  • Liudmyla Monastyrska
    Lady Macbeth
  • Élisabeth Meister
    Lady-in-Waiting
  • Nigel Cliffe
    Servant to Macbeth
  • Ian Lindsay
    Duncan
  • Steven Ebel
    Malcolm
  • Dimitri Pittas
    Macduff
  • Will Richardson
    Fleance
  • Olle Zetterström
    Assassin
  • Jonathan Fisher
    First Apparition
  • William Payne
    Second Apparition
  • Archie Buchanan
    Third apparition
  • Jonathan Coad
    Herald
  • Lukas Jakobski
    Doctor
  • Royal Opera Chorus
Mise en scène
Phyllidia Lloyd
Chorégraphie
Michael Keegan-Dolan
Orchestre
Orchestra of the Royal Opera House
Chef d'orchestre
Antonio Pappano
Réalisation
Sue Judd
Origine
Royal Opera House, London
Année
2011

Informations techniques

Durée
170'
Nombre de disques
1
Zone/Région
Région ALL
Éditeur
Opus Arte
Distributeur
DistrArt Musique
Date de sortie
08/02/2012

Vidéo

Couleurs/N&B
Couleurs
Format images
1.78
Codec/Standard vidéo
AVC
Résolution vidéo
1080i

Audio

Version(s) sonore(s)
5.1 DTS HD Master Audio
Stéréo PCM
Sous-titres
•  Allemand
•  Anglais
•  Espagnol
•  Français
•  Italien

Macbeth (Royal Opera House - 2011) Blu-ray

Note générale : 8/10

Giuseppe Verdi

Opéra


On retrouve avec plaisir l'excellent Antonio Pappano dans cette production du Royal Opera House du Macbeth de Verdi. Deux superbes chanteurs se placent en haut de l'affiche : le baryton Simon Keenlyside dans le rôle-titre et la soprano Liudmyla Monastyrska dans celui de Lady Macbeth. La mise en scène de Phyllida Lloyd, classique mais originale, rappelle un tout autre univers que l’Écosse du XIe siècle… Blu-ray et DVD de cette captation de 2011 sont disponibles chez Opus Arte.

 

Chœurs à l'Acte I de <i>Macbeth</i> mis en scène par Phyllida Lloyd au Royal Opera House de Londres.  © ROH 2011/Clive Barda

 

Avec Nabucco et Ernani, le Macbeth de Giuseppe Verdi créé en 1847 est sans doute l'un des opéras les plus intéressants de la première période stylistique du compositeur et, à ses dires, un de ses préférés. Il existe deux versions de l’œuvre, celle d'origine ayant été revue pour l'Opéra de Paris en 1865, mais la version "définitive" nous est proposée ici, pourtant sans le ballet de l'Acte III.

Le chœur des sorcières tient un rôle fondamental dans Macbeth et, avec le travail de Phyllida Lloyd, il prend une dimension encore plus importante par ses interventions constantes dans le déroulement de l'action, parfois même de manière muette. Les déplacements du chœur restent sobres et efficaces sans entrer dans une quelconque dimension outrancière que l'on pourrait facilement leur octroyer. Preuve, s'il en est, qu'il n'est pas nécessaire de faire de grands gestes ni de présenter des moues déformées pour être convaincant !

Simon Keenlyside dans <i>Macbeth</i>.  © ROH 2011/Clive BardaCette caractéristique de sobriété-efficacité se retrouve heureusement à tous les niveaux interprétatifs, que ce soit dans l'attitude des artistes sur scène ou dans leur façon d'appréhender musicalement la partition.
Ainsi, la basse Raymond Aceto joue un Banquo digne victime, avec une voix très sonnante comme on les aime dans ce registre, particulièrement soigné par Verdi. Steven Ebel (Malcolm) et Dimitri Pittas (Macduff) ont des timbres de ténor assez proches, assez légers. L'air de Macduff, au début de l'Acte IV, reprend avec justesse l'intensité émotionnelle des souffrances du peuple dans une continuité stylistique réussie, sans gros effets de sanglots.

Le baryton anglais Simon Keenlyside, que nous avions déjà eu l'occasion d'apprécier dans Don Carlo édité chez EMI Classics dans un second rôle au côté de Rolando Villazón, a pour lui une forte présence physique alliée à un jeu tout en intériorité parfaitement adapté à l'évolution du personnage de Macbeth. Reconnaissons que le passage de la "normalité" à la quête du pouvoir obtenu par meurtres successifs, en passant par certaines phases hallucinatoires, pour devenir ensuite témoin de la folie de son épouse et finir trucidé tout en restant sûr de soi n'est pas chose évidente. Mais, si la voix de Simon Keelyside n'a rien de spectaculaire ni de grondant, et se garde là encore de tout excès, elle est assez timbrée pour chanter ces transitions successives d'humeur avec crédibilité. Le visage du chanteur capté en plans rapprochés montre une talentueuse incarnation à la hauteur de ce héros qui se veut dominateur mais reste finalement dominé par son épouse…

Liudmyla Monastyrska interprète Lady Macbeth.  © ROH 2011/Clive BardaCette Lady Macbeth, de fait, vole la vedette au rôle-titre, car la soprano ukrainienne lyrico-dramatique Liudmyla Monastyrska s'impose d'emblée comme la star de cette production. Dès la première réplique, on comprend qu'elle accaparera la scène de la même façon qu'elle dominera son époux. La Lady Macbeth de Verdi nécessite un très large ambitus vocal, au point qu'il pourrait être chanté par une mezzo-soprano pour atteindre les notes graves que lui réserve la partition. Liudmyla Monastyrska colore l'extrême bas et l'extrême aigu sans aucune difficulté, arrivant même à sortir des notes suraiguës pianissimo, redoutables techniquement. La scène de folie et de somnambulisme est à marquer d'une pierre blanche : toute en sobriété, l'intériorité du chant se confond d'aisance et de naturel avec la fragilité psychologique du personnage. Le public ne s'y trompera, qui lui assurera une ovation amplement méritée.

Le Macbeth du Royal Opera House se montre en outre aussi sobre vocalement que visuellement. La ligne directrice suit ainsi une austérité bienvenue illustrée par un plateau habité par de larges panneaux couvrant les murs, le plafond et le sol, animés par des carrés en relief. La notion d'enfermement est à ce titre bien rendue, et même amplifiée par une cage dorée symbolique qui entoure les nouveaux régnants. Les couleurs se limitent aux noirs, aux blancs et surtout aux rouges intenses qui ressortent admirablement bien sur un fond sombre en permanence. Les costumes reflètent un vague médiévisme mais surtout rappellent curieusement ceux d'une tout autre tradition : celle du Japon. Certaines scènes frappent - les turbans des sorcières, le meurtre de Macbeth - par leur rattachement visuel indéniable à l'esthétique de certains films d'Akira Kurosawa, notamment ses derniers films de samouraïs comme Kagemusha ou Ran, voire Le Château de l’araignée lorsque Macbeth est transpercé par les bâtons-pics du chœur qui soutiennent son corps au-dessus du trône. En outre, la mise en scène de Phyllida Lloyd bat en brèche les transitions lourdes de tombées de rideau qui ponctuent habituellement un opéra pour réaliser de subtils fondus enchaînés qui incluent déjà les éléments de la scène suivante dans celle qui s'achève. On se laisse prendre à ce jeu théâtral, la transition se fait en douceur, et en prenant quelques libertés avec le livret, souvent par les sorcières. L'aspect onirique gagne presque en réalisme, ce qui n'est pas une moindre performance.

 

Simon Keenlyside (Macbeth) et Dimitri Pittas (Macduff) dans <i>Macbeth</i> de Verdi à Londres.  © ROH 2011/Clive Barda

 

On se retrouvera aisément dans cette production de Macbeth sous la direction toujours aussi précise et vivante d'Antonio Pappano. Une distribution de haute volée, une scénographie intelligente sans surcharge nous captivent jusqu'au bout par la justesse de tous les intervenants. Du beau travail à tous les niveaux.

Important : À partir de la fin de l'Acte III (piste 27) se présente un grave problème de désynchronisation des sous-titres français avec le chant. Plusieurs secondes de décalage sont ainsi observées entre les paroles chantées et la traduction affichée, ce qui a pour effet de lire un texte qui n'a rien à voir avec celui entendu. L'effet en devient même parfois ridicule. On observe le même défaut sur le DVD et le Blu-ray de ce programme. L’éditeur Opus Arte, averti de cette anomalie, a corrigé le master DVD et un nouveau pressage est déjà réalisé. À l'heure où nous écrivons ces lignes, un nouveau pressage Blu-ray est attendu.


Lire le test du DVD Macbeth au Royal Opera House


Retrouvez la biographie de Verdi sur le site de notre partenaire Symphozik.info.

 

Nicolas Mesnier-Nature

Suppléments du Blu-ray

En HD, et en anglais et russe stéréo PCM, avec sous-titres français, anglais, Italiens, allemands et espagnols en fonction de la langue d'expression :

- Brèves interviews de Simon Keenlyside 4'50), Raymond Aceto (6'11) et Liudmyla Monastyrska 3'27), assorties de quelques plans de répétitions. Ils s'expriment chacun sur leur rôle et leur approche musicale.
- Répétitions avec Antonio Pappano et l'orchestre du ROH au cours de laquelle le chef approfondit sa vision de Macbeth, son opéra préféré de Verdi. (7'10)
- Photos de la distribution

 

Bande-annonce du Blu-ray

Critique Images et Son du Blu-ray

Images

Le piqué dont fait preuve ce master est tout bonnement spectaculaire et la définition de pointe dont se pare la totalité des plans permet d'apprécier autant les textures des costumes que la scénographie dévoilée dans les plans larges. Dans les zones sombres, le détail permet d'afficher un relief qui s'allie à des contrastes excellents. Dans les scènes assez éclairées, cet aspect "relief" devient assez fascinant. Le Blu-ray permet de surpasser sur bien des points la qualité des images du DVD de cette captation

Son

La piste stéréo PCM, musicalement plus riche que l'encodage Dolby Digital proposé sur le DVD de ce programme, décline une séparation optimale. L'orchestre est reproduit avec une forte dynamique et une brillance assez ravageuse. Les voix des chanteurs ressortent relativement bien, mais l'articulation des chœurs n'est pas idéale. L'ensemble reste néanmoins très convaincant.
Le mixage 5.1, encodé en DTS HD Master Audio, apporte un confort d'écoute pourtant autrement plus pertinent. La scène avant trouve une profondeur qui permet aux chanteurs de mieux ressortir et aux choristes d'afficher une présence bien plus assurée. L'orchestre gagne, de son côté, une ampleur soutenue par le canal de graves et envahit l'espace d'écoute avec panache, tandis que les enceintes arrière aèrent l'ensemble en créant une légère sensation d'espace bienvenue.

Note technique : 9/10

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Mots-clés

Antonio Pappano
Dimitri Pittas
Giuseppe Verdi
Liudmyla Monastyrska
Macbeth
Phyllida Lloyd
Raymond Aceto
Simon Keenlyside

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