DVD Jaquette de : Les Lombards à la première croisade (Parme 2009)

Distribution

Interprètes
  • Roberto De Biasio
    Arvino
  • Michele Pertusi
    Pagano
  • Cristina Giannelli
    Viclinda
  • Dimitra Theodossiou
    Giselda
  • Roberto Tagliavini
    Pirro
  • Gregory Bonfatti
    A prior of Milan
  • Jansons Valdis
    Acciano
  • Francesco Meli
    Oronte
  • Daniela Pini
    Sofia
  • Coro del Teatro Regio di Parma
Mise en scène
Lamberto Puggelli
Orchestre
Orchestra del Teatro Regio di Parma
Chef d'orchestre
Daniele Callegari
Réalisation
Tiziano Mancini
Origine
Teatro Regio di Parma
Année
2009

Informations techniques

Durée
145'
Nombre de disques
1
Zone/Région
Zone ALL
Éditeur
C Major
Distributeur
Harmonia Mundi
Date de sortie
06/11/2012

Vidéo

Couleurs/N&B
Couleurs
Format images
1.78
Format vidéo
16/9 compatible 4/3
Codec/Standard vidéo
NTSC

Audio

Version(s) sonore(s)
5.1 DTS mi-débit
Stéréo PCM
Sous-titres
•  Allemand
•  Anglais
•  Chinois
•  Coréens
•  Espagnol
•  Français
•  Italien
•  Japonais

Les Lombards à la première croisade (Parme 2009) DVD

I Lombardi alla prima crociata

Tutti ovation

Note générale : 10/10

Giuseppe Verdi

Opéra


Les Lombards à la première croisade (I lombardi alla prima crociata), drame lyrique en quatre actes de Giuseppe Verdi, est exalté comme jamais par l'orchestre du Teatro Regio de Parme sous la direction de Daniele Callegari. Roberto De Biasio, Michele Pertusi et Dimitra Theodossiou, dans les rôles principaux, sont mis en scène par Lamberto Puggelli. Cette captation de janvier 2009 est disponible en Blu-ray et DVD édités par C Major et s'inscrit dans l'intégrale Tutto Verdi.

 

Scène des <i>Lombards à la première croisade</i> mis en scène par Lamberto Puggelli. © Roberto Ricci - Teatro Regia di Parma

 

La captation de Tiziano Mancini restitue à merveille l'ambiance du Teatro Regio de Parme. Cette ville ne comporte pas moins de douze théâtres - en témoigne la passion des Parmesans pour la musique ! - et celui-ci est le plus prestigieux. C'est même, véritable berceau du mélodrame italien, l'un des plus fameux théâtres lyriques d'Italie. Le public de ce Théâtre "royal" n'est pas seulement passionné de musique lyrique, il est également très exigeant. Or, au cours de ces représentations des Lombards les 15 et 21 janvier 2009 qui ont abouti au présent montage, la constante approbation du public est palpable au travers des acclamations et autres bravissimi qui s'élèvent spontanément de la salle.

 

Roberto De Biasio (Arvino) et Dimitra Theodossiou (Giselda). © Roberto Ricci

C'est dire si le chef d'orchestre Daniele Callegari a réussi son pari : faire en sorte que la lumière intense du quatrième opéra de Verdi ne soit plus éclipsée par celle du très célèbre Nabucco, composé une année auparavant. Or si Les Lombards paraît aujourd'hui devant nous dans sa lumière originelle, c'est du fait de la direction très précise et jamais emphatique de Callegari. Si elle ne se montre jamais ostentatoire, c'est parce que le chef fait toujours en sorte que le tissu orchestral ne soit jamais autosuffisant. L'orchestre, dans sa structure patiente, s'affirme comme la seule fondation des voix, permettant leur déploiement chatoyant, à l'émotion ardente, à la force extrême.

Ces voix ainsi mises en valeur sont d'abord, bien évidemment, celles des solistes : Roberto De Biasio, d'une belle intensité, modulant toujours avec une justesse tant musicale que dramaturgique une émotion que le spectateur perçoit comme réelle ; Michele Pertusi, baryton-basse adepte des grands rôles du répertoire Verdien (marquant dans son interprétation de Falstaff, pour laquelle il a obtenu un Grammy Award) ; Dimitra Theodossiou, formidable soprano à la virtuosité sans faille et à l'amplitude sonore incroyable, capable par ailleurs de grandes subtilités dans les nuances, et très à l'aise ici, comme plus largement dans Verdi dont elle a l'expérience. Dimitra Theodossiou a chanté les rôles d'Elisabetta dans Don Carlo, de Desdemona dans Otello, d'Abigaille dans Nabucco ou encore de Lady Macbeth.
À leurs côtés, Cristina Giannelli, Roberto Tagliavini, Gregory Bonfatti, Jansons Valdis, Francesco Meli et Daniela Pini font preuve d'un professionnalisme constant, lequel sert également à exalter une fêlure originelle, celle de l'humain telle qu'elle peut se lire dans les personnages qu'ils incarnent.

 

Michele Pertusi (Pagano) dans <i>Les Lombards à la première croisade</i> à Parme en 2009. © Roberto Ricci - Teatro Regia di Parma

 

Mais si une présence vocale surpasse toutes les autres, c'est celle du chœur, omniprésent dans cet opéra, et s'affirmant avec superbe dès le début de l'œuvre. Magnifique chœur que celui du Teatro Regio, dirigé d'une main de maître par Martino Faggiani. Cette omniprésence chorale a du reste valu à Verdi l'affectueux surnom de "Papa dei cori" (pape des chœurs) par les Milanais après la création des Lombards à Milan en 1843. Et l'importance du chœur ne tient pas seulement à l'intensité de sa présence. En effet, cette présence a également un sens profond par rapport à la dramaturgie de l'opéra et le chœur rehausse le plus souvent de sa vigueur les points culminants des différents actes. À l'Acte III, il annonce l'arrivée d'un des chefs militaires lombards en Terre sainte. Au début de l'Acte IV, la vision de Giselda est rendue par un chœur d'"esprits célestes" et, intervention plus marquante encore, dans le tableau final, la masse chorale emphatique salue l'apparition de Jérusalem.
Cette présence chorale parfaitement mise en valeur est ce qui arrache le plus concrètement notre émotion car les voix du chœur offrent l'image sonore la plus juste du tragique. On trouvera même une résurgence du concept du chœur antique des tragédies grecques dans la présence de ce chœur verdien. Or, c'est bien de cela qu'il s'agit, tout au long du livret de Temistocle Solera, dans la mesure où le librettiste de Verdi a pris pour modèle littéraire un très long poème en vers de Tommaso Grossi paru en 1826.

 

<i>Les Lombards à la première croisade</i> mis en scène par Lamberto Puggelli à Parme. © Roberto Ricci - Teatro Regia di Parma

 

En outre, il serait injuste de ne pas rappeler combien la magnificence des costumes est aussi ce qui permet une bonne mise en relief des voix, magnificence due à Santuzza Calì, à son inventivité néanmoins constamment soucieuse d'un respect de la vraisemblance du cadre spatio-temporel : Milan entre 1097 et 1099. Andrea Borelli a fait un travail formidable au niveau des éclairages, permettant l'expression du caractère sombre de ces Lombards par une fort belle utilisation du clair-obscur.
Aussi regretterons-nous que les nombreuses scènes sombres passent mal à l'image et mettent fort peu en valeur cette réussite. Cela est tout du moins le cas du DVD qui expose ici ses limites alors que le Blu-ray de ce programme se montre bien plus performant face à la difficulté de captation. Cependant, reconnaisons ici des mouvements de caméra précis et un montage sans heurt.

La mise en scène de Lamberto Puggelli privilégie constamment la première dimension du tragique dans le sens antique du terme, à savoir le majestueux. Sur le plan visuel, chacun des lieux restitués conserve en lui quelque chose de sa magie originelle. Une magie inscrite depuis la nuit des temps dans la Bible, mais aussi dans la mythologie ou les contes. En effet, au mépris de la règle de l'unité de lieu et de temps - ce qui constitue pratiquement une exception dans l'ensemble des opéras de Verdi - le compositeur évoque des lieux aussi différents que Milan, Antioche (aujourd'hui en Turquie), la vallée de Josaphat (également appelée vallée du Cédron) et le campement militaire placé devant les portes de Jérusalem, soit autant de lieux hauts en couleurs, ontologiquement propres à dérouler des tableaux spectaculaires.

 

Michele Pertusi (Pagano, allongé), Dimitra Theodossiou (Giselda) et Roberto De Biasio (Arvino). © Roberto Ricci - Teatro Regia di Parma

 

Mais si l'opéra de Verdi se montre frappant par ce caractère majestueux superbement rendu ici, il nous est possible de parler véritablement de hiératisme, autre constante du tragique antique. Ce hiératisme tient à la tonalité du livret, bien sûr, où le sacré a toute sa place, et se trouve exalté, par exemple, par l'utilisation des flambeaux dans le chœur. Tout a été pensé pour que le public soit marqué en son plus intime par le caractère sacré et tragique de l'intrigue et l'on sera saisi par la danse éminemment lente du chœur, ample et inquiétante, qui annonce le pire à venir pour les protagonistes.
Parmi les scènes marquantes de ces Lombards, le spectateur retiendra à n'en pas douter l'instant, à l'acte III, où Oronte est baptisé dans une grotte par l'ermite après avoir été frappé à mort, et avant d'expirer dans les bras de Giselda… Voire, plus poignante encore, la scène de l'Acte I au cours de laquelle Pagano tue dans la chambre d'Arvino un homme endormi qui n'est autre que son propre père, ce dont il s'aperçoit après coup. Outre la présence du chœur, le tragique grec s'exprime également par ce discret retour à la figure d'Œdipe.

Roberto De Biasio (Arvino) et Dimitra Theodossiou (Giselda).  © Roberto Ricci
Et le spectateur ne cesse de songer à cette toute-puissance du tragique, y compris dans les moments où l'orchestre se fait plus léger, avec des timbres de piccolo, de triangle et de tambourin pour apporter des couleurs orientales au chœur des esclaves dans la scène du harem, ou comme lors du prélude au finale de l'Acte III, avec une envolée virtuose d'un premier violon soudain soliste. Ces ruptures de ton font toutes les couleurs de cet opéra et contribuent à notre enchantement. Elles assoient encore davantage le tragique en retardant les moments où il doit paraître de tous ses feux, et nous bousculer pour faire plus intime notre émotion…

 

 

 

Lire le test du Blu-ray Les Lombards à la première croisade


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Matthieu Gosztola

Suppléments du DVD

En italien et en anglais stéréo DD :
- Intéressante présentation du sujet de l'opéra sur de nombreux extraits de la captation et brève histoire de l'œuvre illustrée de documents d'époque. (10'54)

Bande-annonce du DVD

Critique Images et Son du DVD

Images

La captation Haute Définition de cette production expose sur DVD de beaux détails sur les plans moyens et rapprochés. Cependant, la précision se perd sur les ensembles. Les couleurs sont superbement affichées et le piqué se marie à un fort bon niveau de contrastes. Malheureusement, les nombreuses scènes sombres passent relativement mal à l'écran. Le Blu-ray de ce programme est vivement conseillé pour profiter au mieux de ce superbe spectacle lyrique.

Son

La piste stéréo PCM propose un bon équilibre entre l'orchestre et le plateau. Les voix solistes sont bien timbrées et les chœurs ressortent plutôt bien. En revanche les ensembles sont parfois un peu confus et le milieu du spectre s'exprime un peu trop au détriment des graves, peu valorisés. En revanche, la dynamique est tout à fait honorable.
Le mixage multicanal donne vie à la scène avant en permettant une projection des voix bien plus effective. Cela avantage particulièrement les ensembles qui associent chœur et solistes, lesquels gagnent une lisibilité tout à fait bienvenue. Le caisson de graves apporte ce soutien qui manque au mixage stéréo, tandis que les enceintes surround ouvrent la scène arrière en nous plongeant dans l'acoustique du théâtre avec un réalisme prononcé.

Note technique : 9/10

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Mots-clés

Daniele Callegari
Dimitra Theodossiou
Giuseppe Verdi
Lamberto Puggelli
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