Blu-ray Jaquette de : Valentino

Distribution

Interprètes
  • Rudolf Noureev
    Rudolph Valentino
  • Leslie Caron
    Alla Nazimova
  • Michelle Phillips
    Natasha Rambova
  • Carol Kane
    Starlet
  • Felicity Kendal
    June Mathis
  • Seymour Cassel
    George Ullman
  • Anthony Dowell
    Vaslav Nijinsky
Chorégraphie
Gillian Gregory
Réalisation
Ken Russell
Origine
Grande-Bretagne
Année
1977

Informations techniques

Durée
128'
Nombre de disques
1
Zone/Région
Région B
Éditeur
Bel Air Classiques
Distributeur
Harmonia Mundi
Date de sortie
01/03/2013

Vidéo

Couleurs/N&B
Couleurs
Format images
1.85
Codec/Standard vidéo
AVC
Résolution vidéo
1080p

Audio

Version(s) sonore(s)
VF stéréo DTS HD Master Audio
VO mono 2.0 DTS HD Master Audio
Sous-titres
•  Français

Valentino Blu-ray

Note générale : 7/10

Ken Russell

Film


L’œuvre du cinéaste Ken Russell, très prisée par la critique autant que par le public dans les années 70, redevient peu à peu visible. Après le sensationnel The Music Lovers, enfin ressuscité à l’automne 2012, Bel Air Classiques sort en Blu-ray et DVD Valentino, troublant jeu de miroir entre deux icônes du XXe siècle, deux Rudolph : Valentino et Noureev…

Rudolph Noureev est <i>Valentino</i> pour Ken Russell.  © Metro-Goldwyn-Mayer Inc.

 

Michelle Phillips (Natasha Rambova) et Rudolph Noureev (Valentino).  © Metro-Goldwyn-Mayer Inc.Disons-le d’emblée : sorti en 1977, Valentino appartient à la période la plus contestable du réalisateur Ken Russell qui, après avoir aligné un brelan magnifique - Love, The Music Lovers et Les Diables -, ne cessera ensuite de courir après un équilibre stylistique qui lui échappera peu à peu. Salutairement transgressif, son cinéma ne conservera plus progressivement que cette composante ce qui fera que tant critiques que public se lasseront. Valentino appartient également au genre auquel le cinéaste aura toujours aimé revenir, celui, très en vogue aujourd’hui, du biopic. Particulièrement inspiré dans son The Music Lovers consacré à Tchaikovsky, et dans une moindre mesure, son Mahler, Ken Russell sera aussi capable du pire, comme son épuisant Lisztomania. Alors, 37 ans après, quid de ce Valentino, accueilli à sa sortie avec un certain intérêt mais sans véritable passion ?

 

Saluons d’abord le coup de génie du réalisateur, qui, après avoir imaginé confier le rôle très épisodique de Nijinsky à Rudolph Noureev, se ravise et lui fait endosser l’omniprésente responsabilité du rôle-titre et fait appel au danseur soliste anglais Anthony Dowell pour incarner l'interprète des Ballets Russes. À près de 40 ans, Noureev, fatigué d’écumer les théâtres du monde entier verra dans ce film "une manière intéressante de se reposer", trouvant le travail de comédien bien moins intensif que celui de danseur.

 

Rudolph Noureev (Valentino) et Anthony Dowell (Vaslav Nijinsky) dans <i>Valentino</i>.  © Metro-Goldwyn-Mayer Inc.

 

En sus de l’homonymie des prénoms, les correspondances les plus troublantes vont se révéler entre les deux stars et ne cesseront d’irriguer un film un peu ingrat dans sa facture et ses excès. À 70 ans de distance, Noureev se reconnaît dans cet autre Rudy, immigré italien réfugié aux Etats-Unis. Lui qui, à l’issue d’une tournée européenne en 1962, avait décidé de ne pas rentrer dans son URSS natale. Il se reconnaît aussi dans le danseur mondain des débuts qui acquerra une immense notoriété en devenant le premier sex-symbol masculin du cinéma muet. Des nus du ballet L’Après-midi d’un faune aux turbans du film Le Cheik, les similitudes s’accumulent. Même la sordide scène de prison - du pire Ken Russell ! - trouvera écho dans sa vie personnelle quelques années après la sortie du film. Sans parler de sa vie intime. Rudolph Noureev dit avoir eu pour l’idole déchue "autant d’admiration que de compassion". "Je me suis senti concerné", confiera-t-il.

 

On a beaucoup parlé de la nudité de Rudolph Noureev dans le film <i>Valentino</i> lors de sa sortie…

 

D’où un investissement total de sa part pour la vertigineuse mise en abyme que lui proposa Ken Russell, réalisateur au passé de danseur, dont il apprécie l’attirance pour la musique et le cinéma politiquement incorrect. Complice sans faille du réalisateur, Noureev ne ménagea pas sa peine pour tenter de devenir le comédien qu’il n’était pas. Malgré les réserves que son jeu, sa prononciation italo-américano-russe recueillirent à la sortie du film, on ne peut que saluer aujourd’hui sa prestation engagée, un brin exotique certes, mais à l’image du personnage qu’il incarne : ce latin lover, star du kitsch qui, entre 1921 et 1926, déclencha tant les passions que sa mort provoquera le rassemblement de cent mille fans. C’est d’ailleurs sur les efforts déployés par la police pour juguler le déferlement des pleureuses que s’ouvre le film de Ken Russell. Valentino, à partir de là, proposera foultitude de retours en arrière dans la vie de l’idole : ascension, conquêtes féminines, lunes de miel avortées, tournages de films, puis chute. Au sommet de sa gloire, Rudolph Valentino ira jusqu’à provoquer en duel un journaliste l’ayant accusé d’avoir une "influence sur la jeunesse efféminée".

 

Michelle Phillips et Rudolph Noureev dans <i>Valentino</i>.  © Metro-Goldwyn-Mayer Inc.

 

Leslie Caron (Alla Nazimova).Dès le début de son film, Ken Russell donne le ton. Son héros va avoir, à prouver, deux heures durant, son identité sexuelle. Jusqu’à la scène de boxe finale (rêvée par le réalisateur, puisqu’on sait que le journaliste incriminé ne releva pas le défi de Valentino). Dur combat qui le laissera K.-O. à 31 ans !
On ne peut s’empêcher de songer que le film semble vouloir servir d’accréditation visionnaire à la thèse d’Elisabeth Badinter, qui dans son ouvrage phare XY L’Identité masculine paru en 1992, soit 16 ans après la sortie en salles de Valentino, explique la mort précoce de beaucoup d’hommes par le fait que ceux-ci passent une grande partie de leur vie à prouver de façon dérisoire qu’ils ne sont pas des femmes. Elle argue, avec l’appui de données scientifiques très précises, qu’en raison d’un chromosome indifférencié au départ de la gestation, tout être humain naît femme et le reste quelques semaines, ce qui ne sera pas sans dommage pour les hommes sur leur identité à venir.


Dans son illustration de cette thèse intrigante, le film de Ken Russell n’emploie pas toujours les moyens les plus délicats. Le trait est forcé, le jeu souvent outrancier (une infinité de seconds rôles dont se détachent Leslie Caron, Michelle Phillips…) et les décors sont surchargés. De ce fait, même le 35 mm apparaît un peu étriqué pour un film qui peut générer un sentiment de claustrophobie. La qualité d'images de ce Blu-ray, nous permet toutefois de profiter d'un master Haute Définition de belle qualité qui ajoute à la facilité de visionnage de Valentino.

 

Scène de boxe pour Rudolph Noureev dans le film <i>Valentino</i> de Ken Russell.

 

Seul Noureev nous semble vraiment tirer son épingle du jeu et l’on comprend que sa Fondation ait eu à cœur d’épauler l'éditeur français pour la sortie Blu-ray et DVD d’un film qui pourrait, nonobstant ses aspects pédagogiques et la thèse très personnelle énoncée par Ken Russell, demeurer au stade de curiosité.

Lire le test du DVD Valentino de Ken Russell avec Rudolf Noureev

 

Jean-Luc Clairet

Suppléments du Blu-ray

Aucun.

Bande-annonce du Blu-ray

Critique Images et Son du Blu-ray

Images

Comparé au DVD de ce film, le Blu-ray marque une énorme différence dans la mesure où la vilaine dominante rouge qui polluait les visages disparaît ici pour offrir une colorimétrie en tout point équilibrée. La définition, le plus souvent performante, permet d'apprécier le soin apporté à la reconstitution d'une époque. Les contours sont finement dessinés et les contrastes donnent vie à l'ensemble.

Son

La version française, proposée en stéréo, donne une impression datée. Les dialogues ressortent parfaitement mais les ambiances sont trop écrasées par les voix. L'ensemble manque de relief et de punch. Seuls les passages musicaux bénéficient d'une ouverture meilleure.
La version anglaise mono est diffusée sur les deux enceintes (2.0) et non sur l'enceinte centrale (1.0), comme l'indique la jaquette de ce disque. Contre tout attente, la clarté est bien meilleure que sur la stéréo française et le mixage préserve tant les dialogues que les précieuses ambiances du film. D'où une sensation de relief accrue par rapport à la piste française. La dynamique générale est également très satisfaisante.

Note technique : 9/10

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Mots-clés

Ken Russell
Leslie Caron
Rudolf Noureev
Rudolph Valentino
The Music Lovers

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