DVD Jaquette de : Tosca (Gheorghiu, Kaufmann, Terfel - Pappano)

Distribution

Interprètes
  • Angela Gheorghiu
    Floria Tosca
  • Jonas Kaufmann
    Mario Cavaradossi
  • Bryn Terfel
    Baron Scarpia
  • Lukas Jakobski
    Cesare Angelotti
  • Jeremy White
    Sacristian
  • Hubert Francis
    Spoletta
  • ZhengZhong Zhou
    Sciarrone
  • William Payne
    Shepherd Boy
  • John Morrissey
    Gaoler
  • Royal Opera Chorus
Mise en scène
Jonathan Kent
Orchestre
Orchestra of the Royal Opera House
Chef d'orchestre
Antonio Pappano
Réalisation
Jonathan Haswell
Origine
Royal Opera House, London
Année
2011

Informations techniques

Nombre de disques
1
Zone/Région
Zone ALL
Éditeur
EMI Classics
Distributeur
EMI Classics
Date de sortie
15/10/2012

Vidéo

Couleurs/N&B
Couleurs
Format images
1.78
Format vidéo
16/9 compatible 4/3
Codec/Standard vidéo
NTSC

Audio

Version(s) sonore(s)
5.1 DTS mi-débit
Stéréo PCM
Sous-titres
•  Allemand
•  Anglais
•  Espagnol
•  Français
•  Italien
•  Japonais

Tosca (Gheorghiu, Kaufmann, Terfel - Pappano) DVD

Tutti ovation

Note générale : 10/10

Giacomo Puccini

Opéra


Angela Gheorghiu, Jonas Kaufmann et Bryn Terfel réunis pour Tosca : peut-on attendre meilleure et plus médiatique affiche ? Nous sommes en juillet 2011 dans la salle du Royal Opera House de Londres. La mise en scène est celle de Jonathan Kent et Antonio Pappano dirige l'orchestre. Une captation disponible en Blu-ray et DVD chez EMI Classics.

Angela Gheorghiu (Floria Tosca) à l'Acte II de <i>Tosca</i>.

 

Cette Tosca marque l'entrée - tardive, certes - du label EMI Classics dans la sphère de la Haute Définition. Ce titre est en effet le premier Blu-ray classique de la Major. Si Tosca et, bien sûr, l'affiche réunie ici, représentent un pari somme toute, bien peu risqué, il faut néanmoins reconnaître que, sur le plan technique, cette sortie place la barre très haut. De plus l'éditeur s'inscrit dans un axe innovant dans la vidéo classique en proposant - exclusivement sur le Blu-ray - des fichiers de l'opéra aux formats iPhone et iPad sur le même disque.

Lukas Jakobski (Cesare Angelotti).La mise en scène de Jonathan Kent a été créée en 2006, et cinq années plus tard cette reprise joue toujours la carte de l'efficacité dramatique et de l'esthétique fédératrice. Les décors de Paul Brown sont classiques mais parfois imaginatifs, comme l'entrée de Sant'Andrea qui surplombe le plateau auquel on accède en descendant une élégante volée d'escaliers en courbe décorés de fresques. Elle permettra d'apporter une dynamique aux entrées successives des personnages. Ainsi, dès le lever de rideau, l'apparition nerveuse de l'ancien consul en fuite Cesare Angelotti instille une forme d'urgence rarement aussi forte. Il faut dire que le baryton-basse polonais Lukas Jakobski est excellent dans ce court rôle. Le sacristain (Jeremy White) sur la plate-forme haute, aux prises avec un cierge récalcitrant, permet de nous approcher de cette partie du décor. La qualité du master HD autorise d'emblée un affichage extraordinaire des flammes des veilleuses et de leurs reflets jouant sur les grilles de métal. Le réalisme est total, prélude à une représentation qui, globalement, empruntera cet axe.

Jonas Kaufmann (Mario Cavaradossi).   © ROH/Catherine-Ashmore - 2011Jonas Kaufmann épouse les traits d'un Cavaradossi aussi solide que la richesse de son timbre. La gestuelle réfléchie et peu expansive s'accorde parfaitement à l'expression vocale puissante et concentrée, d'une musicalité exemplaire parfaitement soutenue. Le registre grave est impressionnant et ancre le personnage dans la responsabilité politique que lui destine le livret. À l'opposé, les aigus bénéficient d'une projection parfaite et d'une mise en place toujours extrêmement juste tant dans la vaillance que dans la retenue, toujours d'une maîtrise exemplaire. Avec Jonas Kauffman, la nature même de Cavaradossi s'exprime plus dans l'expression vocale que dans l'aspect théâtral du personnage. Ce timbre d'une richesse peu commune se marie en outre parfaitement avec celui d'Angela Gheorghiu.

Floria Tosca, comme le rôle-titre d'Adrianna Lecouvreur qu'elle a chanté sur cette même scène l'année précédente, fait partie de ces héroïnes de scène qui conviennent parfaitement à Angela Gheorghiu. Chez elle, le maintien, le port de tête altier, sont naturels, comme, on est en droit de le penser, ce côté "diva" inhérent à ces deux rôles. Dans Tosca, la soprano a montré depuis longtemps, et avec de nombreux partenaire, la justesse de son incarnation, et la maturité de l'artiste n'entache en rien la crédibilité du jeu. La voix, toujours impériale, se joue de toutes les difficultés de ce rôle épuisant. Si, à l'Acte I, Tosca manque peut-être un peu de légèreté, dès que le drame prend place, Angela Gheorghiu excelle dans la combativité mesurée et la douleur digne. Loin de certaines vociférations parfois présentes chez d'autres Tosca, la musicalité est toujours là, y compris dans les excès de l'écriture. Le face à face avec Scarpia, à l'Acte II, sera une parfaite réussite, couronnée par un "Vissi d'arte" souverain.

 

Bryn Terfel (Le Baron Scarpia) à l'Acte I de <i>Tosca</i> sur la scène du Royal Opera House en 2011.

 

Hubert Francis (Spoletta).Bryn Terfel fréquente avec assiduité les "méchants" de l'opéra avec, toujours, cette présence vocale quasi surhumaine accentuée par une présence physique qui ne l'est pas moins. Dès son entrée à l'Acte I, son Scarpia impressionne par un côté dérangeant accentué par un regard halluciné. La puissance expressive du baryton-basse atteindra des sommets au final de l'Acte I dans "Tre sbirri, una carrozza" puis, dans tout le début de l'Acte II. Les scènes qui l'opposent à Cavaradossi, superbement mises en lumière et ombres par Mark Henderson, puis à Tosca, maintiennent une tension théâtrale remarquable. On notera au passage la relation étrangement sadique tissée par le metteur en scène entre Scarpia et son âme damnée Spoletta (Hubert Francis). Ce dernier, assez falot, subit la violence du chef de la police d'une façon rarement illustrée de la sorte.

 

Jonas Kaufmann (Cavaradossi) et Bryn Terfel (Scarpia) à l'Acte II de <i>Tosca</i>.

 

La direction d'Antonio Pappano à la tête de l'Orchestre du Royal Opera House en grande forme, se révèle constamment attentive au chant et, surtout, excelle à exprimer la richesse et l'opulence de l'orchestration puccinienne. Les couleurs projetées par la fosse sont renouvelées sans discontinuer. La piste multicanale du Blu-ray ou du DVD apportera la preuve tangible de l'excellence du chef dans ce répertoire dont l'image témoigne en parallèle de la passion qu'il lui porte. Les cordes sont denses et moelleuses à souhait, et les cuivres jaillissent à maintes reprises, offrant au spectateur ce rare sentiment de jubilation musicale.

Angela Gheorghiu (Tosca) et Jonas Kaufmann (Cavaradossi) à l'Acte III.L'Acte III est ici, comme souvent, le plus faible. Peu de metteurs en scènes parviennent à donner vie au "Io de' sospiri", prélude à l'entrée en scène de Cavaradossi sur la terrasse du château Saint-Ange. Jonas Kaufmann est assez expressif dans l'accablement du personnage. Un "E lucevan le stelle" parfait et, peu après, "O dolci mani…" rivalisent de beauté vocale. Malgré un jeu un peu trop convenu, le duo formé avec Angela Gheorghiu parvient à convaincre, mais l'harmonie et l'implication vocales apportent davantage la vigueur attendue. Ceci étant, il sera plus difficile de comprendre le raté de la mise en scène à la toute fin de l'acte. Lorsque Tosca se jette de la terrasse du château après avoir poussé un dernier "O Scarpia, avanti a Dio !" (Gheorghiu, exceptionnelle !), la tension retombe immédiatement en raison d'un plateau qui, tout à coup, n'exprime plus grand-chose. Spoletta avance lentement vers l'avant-scène et l'on perd visuellement avec cette dernière image le climax exprimé par l'orchestre…

 

Angela Gheorghiu dans la cène finale de <i>Tosca</i> mis en scène par Jonathan Kent.

 

Reste que cette petite déconvenue ne saurait en aucun cas disqualifier une indéniable réussite globale. Cette récente captation de Tosca est sans aucun doute la plus réussie de ces dernières années. Le trio de stars et la direction pleine de fougue d'Antonio Pappano donnent vie à un grand moment d'opéra à même de fédérer autant les amateurs éclairés que les curieux.

 

À noter : Le Blu-ray contient en exclusivité l'option mShuttle qui permet de profiter de Tosca sur un iPod ou un iPad.


Lire le test du Blu-ray Tosca au Royal Opera House avec Angela Gherorghiu

 

 

Retrouvez la biographie de Puccini sur le site de notre partenaire Symphozik.info.

Jean-Claude Lanot

Suppléments du DVD

Antonio Pappano dirige <i>Tosca</i>.En anglais stéréo PCM, sous-titré en français, allemand, italien, espagnol et japonais :


- Introduction à Tosca, conseillée en préambule à l'opéra. Antonio Pappano accueille le spectateur avec dynamisme et passion pour une introduction simple et pédagogique de l'œuvre, sa musique et son livret. Quelques plans de Rome alternent avec des extraits du spectacle, quelques images des répétitions et de courtes interventions des chanteurs principaux. (8')

Bande-annonce du DVD

Critique Images et Son du DVD

Images

Le somptueux master d'origine HD diffuse sur ce DVD de nombreuses qualités, à commencer par un spectre de couleurs d'une intense beauté. De profonds contrastes animent le visionnage, bien que la définition se perde dans les zones sombres du plateau ainsi que sur les plans généraux, ce que le Blu-ray de ce programme excelle à restituer. La définition, en dehors de cette limite, se montre remarquable et l'ensemble se regarde avec un contentement évident.

Son

Le mixage stéréo, extrêmement spectaculaire et dynamique, propose une séparation gauche/droite très marquée et une balance réussie entre la fosse et la scène. L'ensemble se montre convaincant mais toutefois un peu retenu.
Avec le mixage multicanal, la diffusion de la scène avant devient plus analytique. Les voix ressortent bien mieux et l'étendue des nuances nous parvient avec naturel, tandis que les pupitres de l'orchestre s'épanouissent de façon latérale, apportant un luxe de détails à l'audition. Le caisson de graves permet une écoute très fouillée dans le bas du spectre, tandis que le signal surround aère parfaitement l'ensemble tout en installant une acoustique des plus réussies.

Note technique : 10/10

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Mots-clés

Angela Gheorghiu
Antonio Pappano
Bryn Terfel
Giacomo Puccini
Jonas Kaufmann
Jonathan Kent
Royal Opera House, London
Tosca

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