DVD Jaquette de : Adès : The Tempest (Metropolitan Opera)

Distribution

Interprètes
  • Simon Keenlyside
    Prospero
  • Audrey Luna
    Ariel
  • Alan Oke
    Caliban
  • Isabel Leonard
    Miranda
  • Alek Shrader
    Ferdinand
  • William Burden
    King of Naples
  • Toby Spence
    Antonio
  • Kevin Burdette
    Stefano
  • Iestyn Davies
    Trinculo
  • Christopger Feigum
    Sebastian
  • John Del Carlo
    Gonzalo
  • The Metropolitan Opera Chorus
  • The Metropolitan Ballet
Mise en scène
Robert Lepage
Chorégraphie
Crystal Pite
Orchestre
The Metropolitan Opera Orchestra
Chef d'orchestre
Thomas Adès
Réalisation
Gary Halvorson
Origine
The Metropolitan Opera
Année
2012

Informations techniques

Durée
126'
Nombre de disques
1
Zone/Région
Zone ALL
Éditeur
Deutsche Grammophon
Distributeur
Universal Music Classics
Date de sortie
07/10/2013

Vidéo

Couleurs/N&B
Couleurs
Format images
1.78
Format vidéo
16/9 compatible 4/3
Codec/Standard vidéo
NTSC

Audio

Version(s) sonore(s)
5.1 DTS mi-débit
Stéréo PCM
Sous-titres
•  Allemand
•  Anglais
•  Coréens
•  Espagnol
•  Français

Adès : The Tempest (Metropolitan Opera) DVD

Tutti ovation

Note générale : 10/10

Thomas Adès

Opéra


Le 10 novembre 2012, le Metropolitan Opera offrait en live dans les cinémas une nouvelle version opératique de La Tempête de Shakespeare, une version du XXIe siècle composée par le très en vogue Thomas Adès. Un spectacle total mis en scène par Robert Lepage et placé sous la baguette du compositeur. Deutsche Grammophon édite le DVD de cette fabuleuse production.

Le personnage d'Ariel à l'Acte I de l'opéra de Thomas Adès <i>The Tempest</i>.  © Ken Howard/Metropolitan Opera

 

Simon Keenlyside.  © Anne Deniau/Metropolitan Opera


Il est des compositeurs contemporains - et ils sont nombreux - qui se complaisent dans l’attitude du renard face aux raisins : éviter les foudres du grand public qui ne nous mérite pas en le rejetant d’entrée de jeu.
Cela peut convenir à certains qui ont construit leur personnalité, pour ne pas dire leur fonds de commerce, sur ce postulat, accentuant leur anticonformisme jusqu’à la caricature, quitte à s’en rendre prisonnier, comme pour se garantir une qualité libre de toute complaisance.
Pourquoi pas, sachant que l’attitude n’exclut en rien la production (rare) d’œuvres intéressantes.


Ceci dit, être "public" signifie-t-il toujours être démagogique ? Le compositeur doit-il faire le sacrifice de lui-même, de son intégrité afin d’être joué ?
Même si force est de constater que cela est monnaie courante dans les musiques dites "commerciales", il en est malgré tout qui savent tirer leur épingle du jeu dans un contexte contraignant, sans pourtant rogner sur l’artistique.
Et cela est valable tout autant dans le domaine de la musique de film que celui de l'expression musicale dite "contemporaine".

 

 

 

Le compositeur Thomas Adès.  © Brian Voce

Pour preuve, le compositeur britannique Thomas Adès qui, très vite, dès l’âge de 22 ans, rencontre le "succès". Un succès culminant en 2004 avec la création de son opéra The Tempest à Covent Garden, si apprécié du public et des producteurs qu’il fait depuis, sans s’user le moins du monde, le tour des grandes maisons du monde, jusqu’au Met, en cette fin d'année 2012.


Il faut dire qu’on se sent en confiance avec Thomas Adès. Peu avant le présent enregistrement, le journaliste classique Tom Service écrivait dans The Guardian : "Adès vous fait entendre des choses qui vous semblent familières comme si elles étaient totalement nouvelles". C’est sans doute là que réside le secret du compositeur. D’une part, il sait se rendre lisible à nos oreilles. Il s’inscrit dans une culture exigeante et identifiable, dans la lignée d’un Wagner tout autant qu’un Schönberg sur le plan de la technique, précisément parce qu’ils proposent un discours fondé sur des éléments forts et reconnaissables. Cela revisité par une imagination débordante, et un goût exquis au service d’une histoire.
Adès a effet très bien intégré le pouvoir du "storytelling" qui revient en force dans nos sociétés et l’utilise à plein dans ses œuvres. Il sait nous prendre par la main, nous rassurer pour mieux nous emporter vers des contrées inexplorées, des îles inconnues où tout est possible, avec un sens consommé du drame et de la langue. Sa Tempest est à ce titre un exemple : il peut y passer des rires aux larmes dans la même phrase. Sa musique est comme une dentelle faite d’impressions, d’un lyrisme aisément abordable, mais dès qu’on se rapproche, c’est une toile d’émotions, d’allusions, d’innovations dont on peine à voir la fin et qui fait de chaque représentation de cette œuvre inépuisable une nouvelle découverte.

Simon Keenlyside (Prospero) et Isabel Leonard (Miranda).  © Ken Howard/Metropolitan OperaDe fait, de par le raffinement de sa musique, celle-ci est particulièrement difficile à interpréter, comme en témoigne notamment l’air d’Ariel de l’Acte I, "Fear, fear to the sinner", d’une technicité proprement ahurissante, et dont se sort à merveille la soprano Audrey Luna. Ses vocalises, entre les mélismes et les cris, utilisent le texte à la fois comme son et comme sens, offrant un effet particulièrement saisissant sur l’auditeur. À ses côtés, le Prospero incarné par Simon Keenlyside affiche une présence aussi captivante qu’impressionnante. Le reste du casting, à commencer par le couple de rêve formé par Isabel Leonard (Miranda) et Alek Shrader (Ferdinand), parfaits en amoureux tant sur le plan vocal que scénique, se révèle idéal dans la distribution de rôles parfaitement caractérisés. On remarquera au passage le contre-ténor Iestyn Davies dans le rôle de Trinculo. L’orchestre du Met, dirigé pour l’occasion par le compositeur, offre en outre une ductilité et une lisibilité étonnantes, une véritable complémentarité avec le chant, jouant sur les timbres avec une intelligence, une imagination et une précision remarquables.

 

Alek Shrader (Ferdinand) et Isabel Leonard (Miranda) dans <i>The Tempest</i> en novembre 2012.  © Ken Howard/Metropolitan Opera

 

Alan Oke (Caliban).  © Ken Howard/Metropolitan OperaL’autre attrait de cette production tient à la mise en scène, avec ce saisissant effet de miroir déformant quand le Metropolitan Opera regarde la Scala. Où se situe le spectacle, où se tient la réalité ? La salle représente-t-elle vraiment le réel ? Nous donnons nous en spectacle ? Les couches de questionnement se succèdent dans une mise en abîme aussi intelligente que vertigineuse. Mais là où Robert Lepage botte également en touche, c’est en revisitant les codes de l’opéra baroque, comme on aurait pu le monter du temps de Purcell, avec ses tempêtes et ses changements à vue, mais avec les moyens du XXe siècle. Si le propos est totalement actuel, mais jamais déconnecté d’une certaine tradition théâtrale. C’est en cela aussi que cette production définitivement contemporaine se distingue de ses pairs toujours à la recherche d’une rupture.

Il y a encore des choses à explorer dans la musique et dans l’opéra, et si le rejet est une possibilité de réponse dans tout questionnement créatif, il n’est pas le seul. Loin de là, comme tend à le prouver cette captation.
The Tempest, et avec lui l’œuvre de Thomas Adès dans son ensemble, nous montrent peut-être que le temps de l’adolescence est passé et qu’il est possible de concevoir des œuvres d’aujourd’hui, résolument prospectives, mais ancrées dans un héritage, dans une culture assumée et revivifiée.

À noter : The Tempest est disponible en DVD mais pas en Blu-ray. Espérons que Deutsche Grammophon décidera rapidement de combler ce manque tant la richesse visuelle créée par Robert Lepage appelle une diffusion Haute Définition apte à lui rendre justice.

Jean-Claude Lanot

Suppléments du DVD

Alek Shrader et Isabel Leonard interviewés par Deborah Voigt dans les coulisses de <i>The Tempest</i>.  © Ken Howard/Metropolitan OperaEn anglais non sous-titré, dans le même format sonore que celui sélectionné pour le programme principal :
Table ronde réunissant le compositeur, la librettiste Meredith Oakes et le metteur en scène autour du directeur du Met, Peter Gelb. (5'34)
- Interviews mondaines mais sympathiques et gentiment informatives des interprètes de The Tempest par la soprano Deborah Voigt, hôte quasi attitrée et souriante des diffusions HD Live du Met, laquelle accueille le spectateur avant le lever du rideau et le début de l’Acte III. Successivement, et entrecoupés de plans montrant de façon fugitive le travail des techniciens backstage : Isabel Leonard et Alek Shrader, Simon Keenlyside, Audrey Luna et Alan Oke, et Thomas Adès. (10'50 au total).

Bande-annonce du DVD

Critique Images et Son du DVD

Images

La captation Haute Définition délivre sur ce DVD de magnifiques plans rapprochés et moyens, chargés de détail et soutenus par de puissants contrastes fondés sur un noir abyssal. En revanche, les plans larges perdent cette précieuse définition en raison des limites du support. Avouons que le Blu-ray s'impose ici tant la richesse visuelle développée par Robert Lepage mérite le meilleur. La balle est dans le camp de Deutsche Grammophon… Mais ne boudons pas notre plaisir devant ces images à la colorimétrie particulièrement soignée.

Son

Le mixage stéréo, dynamique et contrasté, bénéficie d'une excellente séparation. Les voix sont étonnamment mobiles sur la scène avant et la projection est honnête. La balance entre plateau et fosse se montre équilibrée et la restitution évite l'agressivité malgré les suraigus émis par la soprano Audrey Luna.
La piste multicanale, outre un détail globalement plus saillant, étoffe magistralement la restitution. L'orchestre prend davantage d'importance et les divers pupitres s'inscrivent dans l'espace avant avec une certaine profondeur. Les voix sont mieux timbrées mais, surtout, mieux projetées. Le caisson de basses donne une assise à l'ensemble, tandis que les enceintes arrière ouvrent l'espace et participent à l'immersion du spectateur. La dynamique est en outre bien supérieure à ce que peut proposer la stéréo.

Note technique : 10/10

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Mots-clés

Alan Oke
Alek Shrader
Audrey Luna
Iestyn Davies
Isabel Leonard
Metropolitan Opera
Robert Lepage
Simon Keenlyside
The Tempest
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