Blu-ray Jaquette de : Theodora (Bejun Mehta - Salzbourg)

Distribution

Interprètes
  • Christine Schäfer
    Theodora
  • Bijun Mehta
    Didymus
  • Joseph Kaiser
    Septimus
  • Johannes Martin
    Valens
  • Bernarda Fink
    Irene
  • Ryland Davies
    Messenger
  • Salzburger Bachchor
Mise en scène
Christof Loy
Chorégraphie
Thomas Wilhelm
Orchestre
Freiburger Barockorchester
Chef d'orchestre
Ivor Bolton
Réalisation
Hannes Rossacher
Origine
Grosses Festspielhaus Salzburg
Année
2009

Informations techniques

Durée
188'
Nombre de disques
1
Zone/Région
Région ALL
Éditeur
C Major
Distributeur
Harmonia Mundi
Date de sortie
12/05/2011

Vidéo

Couleurs/N&B
Couleurs
Format images
1.78
Codec/Standard vidéo
AVC
Résolution vidéo
1080i

Audio

Version(s) sonore(s)
5.1 DTS HD Master Audio
Stéréo PCM
Sous-titres
•  Allemand
•  Anglais
•  Espagnol
•  Français

Theodora (Bejun Mehta - Salzbourg) Blu-ray

Note générale : 8/10

George Frideric Handel

Opéra


Avec sa mise en scène épurée signée par Christof Loy l'oratorio Theodora concluait de façon fort spirituelle la cuvée 2009 du prestigieux Festival de Salzbourg avec en vedette Bejun Mehta, infatigable dans son rôle de Romain épris de Theodora, dont l’amour ira jusqu’au sacrifice. Sa superbe prestation est maintenant disponible en Blu-ray et en DVD chez C Major.

 

L'imposant décor de fond de scène d'Annette Kurz pour <i>Theodora</i> mis en scène par Chrisof Loy au Festival de Salzbourg en 2009.

 

Un orgue gigantesque trône en fond de scène. Ce sera le seul décor imaginé par Annette Kurz pour ce Theodora. Pertinent et subliminal, il nous rappelle que l’instrument roi est tout aussi bien, depuis Pépin le Bref, le vecteur privilégié de la foi à travers la musique, que l’accompagnateur attitré du massacre des chrétiens dans le Circus Maximus sous les yeux d’un Néron qu’on dit le premier grand organiste - en fait, joueur d’hydraule - de l’histoire.
L’instrument fait donc le pont entre l’antiquité romaine et l’ère chrétienne à l’instar de cette histoire écrite en 1749 par Thomas Morell pour Handel sur le martyre d’une chrétienne de haute naissance et celui de son amoureux, Romain d’extraction, converti par sa promise à la foi nouvelle.

Christine Schäfer interprète le rôle-titre de <i>Theodora</i>.Troisième oratorio "chrétien" de Handel après Le Messie et La Résurrection, c’est aussi sans doute le plus intérieur et le plus tourmenté. Une certaine réticence de la part des producteurs de concerts à monter cette œuvre en format oratorio peut s'expliquer par sa durée. Quant aux directeurs d’opéras, ils la jugent souvent peu "visuelle". On se souvient malgré tout que Peter Sellars, jamais avare de défis, avait relevé le gant à Glyndebourne en 1996. Alors, quitte à faire, autant se lancer dans une mise en scène, même discutable, que de se rabattre sur le silence. Heureusement, car sinon cela nous aurait privés de cette magnifique production.

Discutable, le travail scénique de Christog Loy l’est.
D’un côté, il est vrai, on ne pourra qu’apprécier la subtilité de la démarche. Du point de vue gestuel, tout est lié aux vêtements : smokings et autres robes de soirée, sobres au demeurant : chaque détail compte. Un nœud papillon qui se dénoue suffit à rompre le fragile équilibre de cette société qui sent bien qu’elle s’effondre et qui repose uniquement sur une apparente tradition.
Mais de l’autre, il faut parfois dépasser le visuel pour réellement apprécier la musique. Bejun Metha a beau chanter comme un dieu, quand il le fait en marcel et caleçon, cela apporte une autre dimension à son air, peut être un peu trop terrestre, même si cela se justifie idéologiquement…

 

Bejun Mehta (Didymus) dans <i>Theodora</i> mis en scène par Chrisof Loy.

 

Toujours sur le plan visuel, grâce soit rendue au réalisateur Hannes Rossacher qui a su animer cette scénographie somme tout assez statique par la multiplication des caméras, et en attrapant au vol les expressions des visages de tous les protagonistes, chœur compris, toujours éloquents, à fleur de peau, ce qui rend d’autant plus palpable la détresse, le désarroi ou même l’angoisse de cet empire romain finissant qui nous rappelle étrangement notre propre époque.

 

Joseph Kaiser (Septimus).Johannes Martin Kränzle (Valens).

 














Sur le plan musical, en revanche, c’est un ravissement de chaque instant. Bernarda Fink campe une Irène forte et lyrique à l’opposé du Valens au timbre gouleyant, mais parfaitement malsain, de Johannes Martin Kräzle qui, à ce titre, sert fort bien le rôle.
Le timbre de Joseph Kaiser dans le rôle de Septimius est lui aussi magnifique, avec de très beaux aigus et une émotion toute d'élégance et de retenue, en particulier dans les Parties II et III. Malheureusement, son articulation laisse cruellement à désirer dans la première partie.

Bejun Mehta très applaudi à la fin de <i>Theodora</i>. Venons-en maintenant au duo de tête. Sublime de bout en bout, il exprime une merveilleuse complémentarité entre les vocalises bouleversantes d’émotion et de justesse de Bejun Mehta, toujours aussi miraculeux, et la force poignante vocale et dramatique de Christine Schäfer.
Quant à l’orchestre, les timbres du Freiburger Barockorchester sont toujours aussi fruités, suaves et expressifs, sans compter un continuo présent et imaginatif, mené avec un véritable enthousiasme par le chef Ivor Bolton, sans que jamais cette vigueur ne porte atteinte à la dimension spirituelle de l’œuvre.



Cette Theodora signe une magnifique réussite musicale à laquelle cette mise en scène apporte un véritable éclairage, une vraie pertinence, à défaut d’une réelle séduction.

À noter : Le DVD 1 contient la Partie I ; le DVD 2, les Parties II et III.


Lire le test de Theodora en DVD



 

Retrouvez la biographie de Handel sur le site de notre partenaire Symphozik.info.

 

Jean-Claude Lanot

Suppléments du Blu-ray

Aucun.

Bande-annonce du Blu-ray

Critique Images et Son du Blu-ray

Images

La précision de de ce master au format 1080i (et non 1080p, comme le prétend la jaquette !) est extrême, les couleurs se montrent naturelles et les contrastes parfaits. Malgré des costumes majoritairement sombres et les éclairages difficiles de Stefan Bolliger, la lisibilité est permanente. On regrettera d'autant les nombreuses saccades qui polluent trop souvent les arrière-plans et les mouvements cadrés très serrés.

Son

L'orchestre est fort bien traité par une piste stéréo suffisamment large et profonde pour occuper avec efficacité l'espace avant. Les chanteurs ressortent sans mal avec une bonne clarté, mais une légère retenue de dynamique limite le plaisir de l'écoute.
Le mixage 5.1 apporte une dynamique importante et la précision des attaques des instrumentistes devient évidente, tandis que les enceintes surround aident à un prolongement sonore très appréciable. Les voix sont projetées avec plus de naturel et l'ensemble prend vie dans le respect des timbres. Le caisson de basses apporte une solidité à la structure sans devenir envahissant.

Note technique : 7/10

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Mots-clés

Bijun Mehta
Christine Schäfer
Christof Loy
Festival de Salzbourg
Ivor Bolton
Theodora

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