DVD Jaquette de : The Flames of Paris

Distribution

Interprètes
  • Natalia Osipova
    Jeanne
  • Denis Savin
    Jérôme
  • Ivan Vasiliev
    Philippe
  • Yuri Klevtsov
    Marquis Costa de Beauregard
  • Nina Kaptsova
    Adeline
  • Anna Antonicheva
    Mireille de Poitiers
Chorégraphie
Alexei Ratmansky/Vasily Vaynonen
Orchestre
Bolshoi Theatre Orchestra
Chef d'orchestre
Pavel Sorokin
Réalisation
Vincent Bataillon
Origine
Bolshoi Theatre, Moscou
Année
2010

Informations techniques

Durée
103'
Nombre de disques
1
Zone/Région
Zone ALL
Éditeur
Bel Air Classiques
Distributeur
Harmonia Mundi
Date de sortie
18/11/2010

Vidéo

Couleurs/N&B
Couleurs
Format images
1.78
Format vidéo
16/9 compatible 4/3
Codec/Standard vidéo
NTSC

Audio

Version(s) sonore(s)
5.1 DD
Stéréo PCM
Sous-titres
•  Aucun

The Flames of Paris DVD

Les Flammes de Paris

Note générale : 8/10

Boris Asafiev

Ballet


Le chorégraphe Alexei Ratmansky revisite un ballet qui a connu son heure de gloire en Russie dans les années 1930, Les Flammes de Paris, afin d'en restituer en 2008 une version aux personnages plus denses et à la chorégraphie en grande partie recréée.

 

Natalia Osipova et Ivan Vasiliev dans le final du ballet.

 

Les Flammes de Paris est à même d'éveiller des souvenirs dans l'esprit des danseurs qui ont fréquenté les classes de certains professeurs russes. En effet, la musique du Pas de deux de Jeanne et Philippe, à l'Acte II, est connue pour avoir accompagné nombre d'exercices à la barre. Mais ce moment de bravoure technique a surtout longtemps déclenché des applaudissements nourris partout où des compagnies soviétiques se produisaient en le programmant comme faire valoir pour leurs artistes. Le Ballet classique de Moscou, parmi d'autres…

Pourtant Les Flammes de Paris ne saurait être réduit à un pas de deux aussi brillant soit-il. Créé pour le Bolchoï en 1932 par le chorégraphe Vasily Vaynonen, il est peut-être le premier ballet politique. Le thème qui s'appuie sur la Révolution Française trouvait alors chez le spectateur soviétique un écho à la Révolution Russe encore dans tous les esprits.
La musique écrite par Boris Asafiev, théoricien très respecté à qui l'on doit aussi la belle musique du ballet La Fontaine de Bakhtchisaraï, est un mélange de mélodies révolutionnaires françaises orchestrées avec soin, de morceaux d'inspiration très classique et de musique le plus souvent fort riche en cuivres et percussions parfaites pour accompagner les démonstrations de vaillance chorégraphique. Chose rare dans un ballet, quelques airs révolutionnaires sont chantés sur scène…

Natalia Osipova (Jeanne) et Denis Savin (Jérôme).La nouvelle chorégraphie signée en 2008 par Alexei Ratmansky, ex-directeur du Ballet du Bolchoï, conserve un certain nombre de passages chorégraphiés à la création par Vasily Vaynonen, dont le célèbre pas de deux et une grande partie du divertissement Rinaldo et Armide, sorte de ballet de cour dans le ballet. D'autres pièces ont été adaptées de la chorégraphie originale, d'autres sont des créations récentes dans l'esprit de Vaynonen. Ratmansky confie du reste dans les bonus combien il a été difficile de créer "à la manière de". Le livret qui accompagne le disque précise avec intérêt le chorégraphe des différentes scènes du ballet.


Cette version, qui instille plus de technique de danse que la version initiale, développe également de façon plus profonde les rôles du drame qui se joue : deux couples se forment et leur destin devient tributaire des événements de la Révolution Française. Le final tragique, quasi Grand Guignol, surprendra d'ailleurs sans doute plus d'un spectateur. Cependant, la trame plus riche n'est pas un modèle de clarté et le nombre de danseurs sur scène demande un sérieux effort à qui s'efforce de suivre l'évolution des trop nombreux personnages.
Ces Flammes de Paris n'ont du reste pas convaincu totalement spectateurs et danseurs qui gardaient en mémoire la version de Vaynonen, dira plus tard avec franchise Alexei Ratmansky.

 

Ivan Vasiliev (Philippe), Natalia Osipova (Jeanne), Denis Savin (Jérôme) et Nina Kaptsova (Adeline).

 

Mais venons-en à cette captation de mars 2010 en commençant par louer le travail du réalisateur Vincent Bataillon. À l'exception des images de Moscou montrant aussi bien des places touristiques qu'une active rue commerçante en ouverture de programme - là où l'on attendait à être placé dans une atmosphère "révolutionnaire" -, les cadrages sont le plus souvent idéaux. Contrairement à certains de ses confrères qui ont tendance à cadrer trop serré, les mouvements des danseurs peuvent ici respirer et, de fait, le spectateur aussi.

Natalia Osipova.De tous les solistes présents sur le plateau, Natalia Osipova irradie le spectacle dans le rôle de Jeanne. Sa grâce et son énergie, son charme et la précision de sa danse, y compris dans des variations d'une difficulté extrême, constituent en partie l'intérêt de cette représentation. Parfaite comédienne, elle se montre aussi à l'aise dans un passage sentimental, que repoussant les avances du Marquis Costa de Beauregard. Sur pointes ou en chaussures de caractère lors de danses "populaires", son énergie explose à chaque mouvement. Natalia Osipova est une superbe artiste qui danse large, généreusement, toujours avec musicalité. On est en droit de penser aussi qu'elle développe une grande confiance en ses partenaires lorsqu'elle se prête à de périlleux portés rapidement enchaînés.

La théâtralité est omniprésente dans la mise en scène d'Alexei Ratmansky. Les scènes d'actions sont particulièrement bien réglées, comme toutes les situations tendues. Ainsi, lorsque Jérôme défend sa sœur Jeanne de l'emprise du Marquis, l'énergie est juste.
Denis Savin incarne ce jeune homme avec conviction. Son expression scénique, comme celle d'Osipova, fait très "Bolchoï". Tous les gestes sont puissants et intègrent un aspect dramatique. Le couple frère/sœur fonctionne très bien. Denis Savin est également vif, et ses sauts sont de grande amplitude. Comme chez sa partenaire, la réserve d'énergie est présente, ce qui s'avère indispensable pour occuper le grand plateau du théâtre.

Durant la Scène 1 de l'Acte I, autour des solistes, le corps de ballet est essentiellement impliqué dans des danses d'origine populaire et nous n'avons aucun mal à l'assimiler à ces Marseillais qu'il incarne avec conviction.

Anna Antonichev et Ruslan Skvortsov.  Photo © Andrei MelaninLa Scène 2 constitue une rupture assez inattendue. Nous nous retrouvons à Paris, au Palais Royal. Le Marquis et sa fille Adeline - dont Jérôme est amoureux depuis qu'elle l'a secouru d'une fâcheuse position - viennent d'arriver. Un divertissement de cour est donné : Rinaldo et Armide. Un très joli décor tombe des cintres pour préparer l'entrée d'Anna Antonicheva dans le rôle de l'actrice Mireille de Poitiers, bientôt suivie de celle de Ruslan Skvortsov, qui incarne l'acteur Antoine Mistral. Ces deux danseurs élégants et racés véhiculent sans problème une certaine idée du classicisme, aidés par de très jolis costumes. Sur une musique "à l'ancienne" qui contraste avec les chants populaires, élégance et prestance s'expriment à travers des poses étudiées. Un ange sautilllant (Yekaterina Krysanova) un peu trop grand va être à l'origine de leur amour joué.
On retrouve dans ce divertissement l'aspect le plus académique de la chorégraphie de Vaynonen. Les variations mettent en valeur le contrôle des danseurs, l'équilibre et la propreté des pas. Aussi, ne cherchons pas ici d'autre inspiration que la reproduction du "beau geste". L'incursion dynamique des Furies - chorégraphiée par Ratmansky - apporte pourtant une énergie salutaire peu avant la fin de cet intermède, un peu long malgré tout.

La fin de la scène met en scène Louis XVI et Marie Antoinette.
On restera assez dubitatif devant ce Roi exécutant à répétition de petits tours en l'air secs, aussitôt suivi par les courtisans. Bien peu royaux, ces sauts dont on sait qu'ils étaient, sous la Royauté, le mode d'expression dansée des paysans.
Au loin, la reprise de La Marseillaise chantée sème le trouble parmi la noblesse. Adeline s'enfuit…

 

Solistes à l'Acte II.

 

Dès le début de l'Acte II, nous retrouvons les Marseillais devant les Tuileries. Natalia Osipova a troqué ses pointes pour des chaussures de caractère. Il ne faut que quelques secondes pour constater que son aisance n'est en rien diminuée par le manque de pratique avoué dans les bonus pour les danses populaires. Là où la danse classique demande un allégement constant, le chorégraphe lui demande des temps forts ancrés dans le sol. Pourtant, Natalia Osipova conserve son dynamisme et sa rapidité nous laisse pantois. Quelle danseuse !

Adeline retrouve Jérôme dont elle est aussi amoureuse. La foule s'enivre alors que nous assistons à plusieurs danses de caractère brillamment dansées avec la fougue requise. Dans cet axe, la rythmique chorégraphiée par Ratmansky pour la Danse auvergnate, fait mouche. Puis la Danse marseillaise fait intervenir un trio de danseurs qui enchaînent tours en l'air et tours à la seconde position avec force et virilité.
La chorégraphie de Vaynonen refait surface pour une Danse basque très marquée. Denis Savin et Ivan Vassiliev, fougueux Marseillais amoureux de sa sœur Jeanne rencontrée à l'Acte I, sont formidables dans ce tour de force qui demande une puissance et un engagement total à chaque pas. Natalia Osipova les rejoint et le trio dégage une force qui n'a d'égale que les percussions de l'orchestre qui investissent la piste sonore 5.1. Cette Danse basque se termine à cinq danseurs dans une parfaite synchronisation des énergies. Le public du Bolchoï exprime son enthousiasme devant un tel panache. Rejoignons-le sans hésitation…

 

Ivan Vasiliev.

 

Dès lors le ballet va offrir à Ivan Vassiliev maintes occasions de montrer sa force, sa précision et sa formidable aptitude aux grands sauts. La Carmagnole chantée devient prétexte à une démonstration pour le danseur qui exécute une diagonale de grands jetés qui fait immédiatement penser à un enchaînement de pas chorégraphié par Yuri Grigorovich pour Spartacus. La hauteur de ses sauts laisse rêveur.

Nina Kaptsova (Adeline) et Denis Savin (Jérôme).Une nouvelle rupture est manifestée par le pas de deux romantique et inspiré d'Adeline et Jérôme. Il donne la mesure des qualités de Nina Kaptsova : intériorité légèrement douloureuse, très beaux ports de bras, musicalité. Notre sensibilité s'accorde à la sienne, le personnage existe enfin pleinement. La scène finale que nous réserve l'argument n'en sera que plus cruelle.
Les Marseillais prennent de force le Palais, les membres de la Convention et du nouveau gouvernement entrent en scène. Les danseurs du divertissement classique Renaud et Armide incarnent maintenant les valeurs de la Liberté. Le couple ravit par sa grâce, entouré d'autres couples de danseurs. La partition d'Asafiev réussit à merveille à restituer la grandeur à véhiculer et ces Flammes de Paris nous proposent un superbe pas de deux classique ample et généreux.

 

Natalia Osipova et Ivan Vasiliev.

 

Jeanne et Philippe sont unis par le Président de la Convention, prélude au pas de deux emblématique de l'œuvre, qui a survécu, durant des années, au pour ainsi dire oubli dans lequel était tombé le ballet intégral.
Comment ne pas mettre le public dans sa poche avec cette accumulation de vaillance ? Natalia Osipova, sans se départir de ce charme contagieux, ajoute aux qualités déjà observées une vitesse de rotation dans les déboulés absolument sidérante. Quant à la Variation de Philippe, elle conduit Ivan Vasiliev à fréquenter les airs plus que le sol dans des grands sauts d'une dangerosité évidente lors de la réception. On remarquera du reste une tache de sang sur le pantalon blanc d'Ivan Vasiliev lors des saluts en fin de spectacle. La Variation de Jeanne est dansée avec une précision d'horlogerie très féminine avant une Coda survitaminée nourrie des fouettés et autres démonstrations brillantes… presque fatigantes à regarder mais porteuses d'une maestria peu commune !

La fin du ballet versera dans le mélodrame le plus total dont la star glaçante n'est autre qu'une impressionnante guillotine qui habite le fond de scène. L'action s'accélère alors à un point assez inattendu : le Marquis est guillotiné. Jeanne et Philippe retiennent Adeline, mais elle s'élance vers son père alors que la fête bat son plein, avant d'être reconnue par Jarcasse (Yuliana Malkhasyants) - l'horrible sorcière délatrice qui hante l'argument du début à la fin de son déroulement - comme étant la fille du Marquis. Adeline est guillotinée à son tour sous les yeux de Jérôme fou de douleur.
Le peuple avance vers l'avant-scène en une marche scandée. Au centre se trouvent Jeanne et Philippe, le regard hypnotisé, alors que Jérôme, pleure à terre, la tête du Marquis dans ses mains. Rideau !

 

Scène finale.  Photo © Andrei Melanin

 

Une douche froide en vérité, mais aussi sans doute une faille de l'argument car ce déchaînement de violence est bien peu préparé par ce qui précède. D'où un certain inconfort, non devant le réalisme Grand Guignol qui peut très bien convenir à l'époque dans laquelle se situe l'histoire, mais devant le sacrifice prématuré de personnages qui ont à peine eu le temps d'exister dans l'esprit du spectateur.

Mais cette impression ne saurait ternir ce qui fait l'atout de ce spectacle : la fougue, l'énergie, la parfaite maîtrise technique des danseurs mais aussi l'attrait d'une belle production. Le public du Bolchoï ne s'y trompe pas et c'est un déchaînement d'applaudissement qui vient remercier les solistes encore sous le choc de leur prestation.



 

Lire le test du Blu-ray

Philippe Banel

Suppléments du DVD

En anglais et russe, avec sous-titres non accessibles en cours de lecture français, anglais (sur langue étrangère) et allemands.

Natalia Osipova.- Interviews rafraîchissantes par leur franchise. Le chorégraphe explique sa démarche visant à remonter le ballet afin de doter la compagnie d'un répertoire lié à son origine lui permettant aussi de se distinguer des autres formations, son souhait de densifier le livret et la difficulté de créer dans le style de Vaynonen.
- Nous suivons également des répétitions avec Natalia Osipova et Ivan Vasiliev qui sont interviewés à leur tour, la première confiant que sa passion pour la danse classique n'est venue qu'à l'âge de 15 ans, le second, comment son envie d'être danseur de ballet est née après avoir vu Don Quichotte. (Stéréo DD, 21')

 

Bande-annonce du DVD

Critique Images et Son du DVD

Images

Les éclairages soignés du spectacle sont particulièrement bien rendus par ce master d'origine HD. Les aplats comme les transparences des fumigènes qui ouvrent l'Acte I passent sans problème. La définition est correcte mais, c'est là la limite du support DVD, le détail se dilue dans les plans larges au contraire du support Blu-ray. Quant aux contrastes, ils sont suffisamment appuyés pour apporter un confort de vision agréable. Seul regret, mouvements et déplacements s'accompagnent souvent de micro-saccades, conséquence de la conversion du 50 au 60 Hz pour une commercialisation mondiale.

 

Son

L'ouverture et l'aération proposées par la piste multicanale 5.1 sont très agréables. Elles valorisent l'orchestre dans ses nuances, mais surtout ses éclats, fort nombreux dans la partition. Les graves sont ronds et pleins grâce au signal adressé au caisson de basses, et les enceintes arrière créent une atmosphère de salle de laquelle s'échappent parfois des applaudissements derrière nous. Le Bolchoï chez soi, en quelque sort !
En comparaison, la piste stéréo s'avère bien plus sage mais aussi moins naturelle par son côté restreint. Mais la couleur de l'orchestre est bien reproduite, accompagnée d'une dynamique appréciable. On percevra même un certain relief, par exemple dès que le tambourin s'invite dans le haut du spectre.

 

Note technique : 8/10

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