Blu-ray Jaquette de : Ariane à Naxos (Glyndebourne - 2013)

Distribution

Interprètes
  • PROLOGUE
  • Thomas Allen
    Music Master
  • William Relton
    The Major-Domo
  • Frederick Long
    Lackey
  • Stuart Jackson
    Officer
  • Kate Lindsey
    Composer
  • Sergey Skorokhodov
    Tenor
  • Michael Wallace
    A Wigmaker
  • Laura Claycomb
    Zerbinetta
  • Soile Isokoski
    Prima Donna
  • Wolfgang Ablinger-Sperrhacke
    Dancing Master
  • THE OPERA
  • Ana Maria Labin
    Naiad
  • Adriana Di Paola
    Dryad
  • Gabriela Istoc
    Echo
  • Soile Isokoski
    Ariadne
  • Laura Claycomb
    Zerbinetta
  • Dmitri Vargin
    Harlequin
  • James Kryshak
    Scaramuccio
  • Torben Jürgens
    Truffaldino
  • Andrew Stenson
    Brighella
  • Sergey Skorokhodov
    Bacchus
Mise en scène
Katharina Toma
Chorégraphie
Lucy Burge
Orchestre
London Philharmonic Orchestra
Chef d'orchestre
Vladimir Jurowski
Réalisation
François Roussillon
Origine
Glyndebourne
Année
2013

Informations techniques

Durée
122'
Nombre de disques
1
Zone/Région
Région ALL
Éditeur
Opus Arte
Distributeur
DistrArt Musique
Date de sortie
07/07/2014

Vidéo

Couleurs/N&B
Couleurs
Format images
1.78
Codec/Standard vidéo
AVC
Résolution vidéo
1080i

Audio

Version(s) sonore(s)
5.1 DTS HD Master Audio
Stéréo PCM
Sous-titres
•  Allemand
•  Anglais
•  Coréens
•  Français

Ariane à Naxos (Glyndebourne - 2013) Blu-ray

Ariadne auf Naxos

Note générale : 7/10

Richard Strauss

Opéra


Cette production d'Ariane à Naxos de Richard Strauss mise en scène par Katharina Thoma a été filmée à Glyndebourne en juin 2013 par les caméras de François Roussillon. Dans les rôles principaux, sont réunis Soile Isokoski, Kate Lindsey, Laura Claycomb, Sergey Skorokhodov et Thomas Allen, tandis que le London Philharmonic Orchestra est dirigé par Vladimir Jurowski. Cette captation est disponible en Blu-ray et DVD chez Opus Arte.

 

<i>Ariane à Naxos</i>. Laura Claycomb (Zerbinette) et Wolfgang Ablinger-Sperrhacke (le Maître de ballet), devant les quatre comédiens : James Kryshak, Dmitri Vargin, Andrew Stenson et Torben Jürgens.  © Alastair Muir

 

Richard Strauss a composé Ariane à Naxos sur un livret de Hugo von Hofmannsthal de la façon suivante : un Prologue, suivi d'un spectacle obtenu par l'intrication ironique de l'histoire d'Ariane abandonnée par Thésée à Naxos et d'un divertissement de comédiens dell'arte.
Acte unique : la représentation commence. Trois Nymphes observent Ariane évanouie, que son amant Thésée a abandonnée sur l'île de Naxos. Ariane s'éveille, toujours sous le regard des Nymphes auxquelles se sont joints les Comédiens italiens. La suite sera à découvrir…

Soile Isokoski (la Prima Donna) et Thomas Allen (le Maître de musique) dans <i>Ariane à Naxos</i> à Glyndebourne en juin 2013.  © Alastair MuirLa distribution vocale de cette production, servie par la conduite énergique mais toujours nuancée de Vladimir Jurowski, se montre flamboyante. Soile Isokoski est parfaite dans le rôle de l'artiste "arrivée" au statut bien établi et habituée aux égards qu'est la Prima Donna. Avec une précision stupéfiante dans les placements de voix, tout au long du déploiement ardu, corseté même, de ce rôle de soprano dramatique, Soile Isokoski parvient, dans la texture de sa voix autant que dans son souffle, à interpréter cette Prima Donna telle qu'elle a été pensée originellement par Strauss, c'est-à-dire comme un rôle de grand soprano wagnérien.

Son pendant straussien masculin, Bacchus, est confié au ténor Sergey Skorokhodov, lequel équilibre bellement les modulations de son timbre, et se glisse parfaitement dans ce rôle qui exige à la fois force et amplitude. Et même si Strauss, n'aimant guère les ténors, a brossé au moyen de sa partition l'attitude épanouie d'un Heldentenor (posture avantageuse, voix éclatante et quelque peu forcée en hauteur et en intensité, fadeur extrême du texte, staticité des attitudes de scène), Sergey Skorokhodov parvient à insuffler une humanité inédite à ce rôle difficile. Humanité qui, doucement, fait naître l'émotion, à l'écoute de ce qui constitue par certains aspects une prouesse vocale. Si Strauss fait indéniablement de son Bacchus une caricature de ces personnages un peu vains et impotents du théâtre baroque et classique, Sergey Skorokhodov parvient à le rendre attachant par la sûreté de son chant, mais aussi par la virtuosité sans apprêt au moyen de laquelle il renouvelle le rôle.


Kate Lindsey interprète le Compositeur dans <i>Ariane à Naxos</i> à Glyndebourne en 2013.  © Alastair MuirAussi à l'aise dans Mozart (Idamante dans Idomeneo, Re di Creta, Zerlina dans Don Giovanni, Cherubino dans Les Noces de Figaro) que dans Wagner où son interprétation de Wellgunde a marqué les esprits dans L'Or du Rhin et Le Crépuscule des Dieux, la mezzo-soprano Kate Lindsey* irradie de toute la chaleur de sa voix dans le rôle du compositeur. Du reste il n’y a rien de surprenant ici, tant Strauss entretient des liens féconds à la fois avec Mozart, dans le souci d'efficacité dramatique de la musique et dans le choix d'un allant inaltérable, et avec Wagner, dans la systématisation du leitmotiv comme c'est le cas avec Salomé, et dans la grandiloquence et l'expressivité pleinement assumées de l'orchestre. Aussi, nul étonnement à ce que sa présence vocale dans le rôle du Compositeur soit ici un enchantement. Faisant montre d'une virtuosité sans fard, toujours au plus près de la justesse du texte et de la musique, elle surprend par sa maturité. Il ne faut pas oublier non plus que ses talents dramatiques sont réels, comme le prouve le film (actuellement à l'affiche) de Michael Sturminger : Casanova Variations. La chanteuse, face à John Malkovich, y interprète superbement le rôle de Belline.
* Lire notre interview de Kate Lindsey

Laura Claycomb est une Zerbinette convaincante, mais parfois entachée de certaines approximations, pour ne pas dire certains défauts, plus encore pour ce qui est de son expression scénique que pour ce qui est du déploiement vocal voulu par le rôle. Strauss fait en effet de Zerbinette une colorature, dont la virtuosité vocale n'a d'égale que la virtuosité amoureuse, or à aucun instant cette joie de vivre n'est rendue visible, audible ou palpable. À aucun moment son humanité, attendue dans la scène avec le compositeur, n'est criante, ceci du fait d'attitudes par trop outrées.
Or cela n'est pas vrai que de Laura Claycomb, mais de l'ensemble des chanteurs. Ainsi, la chorégraphie de Lucy Burge amenuise grandement la partition. Les expressions corporelles des chanteurs, du frémissement outré des mains à la manière caricaturale suivant laquelle les visages cherchent à exprimer des émotions à leur acmé, allient sans discontinuer préciosité et outrance appartenant en propre au cinéma expressionniste allemand des années 1920.

Sergey Skorokhodov (Bacchus) dans <i>Ariane à Naxos</i> à Glyndebourne. À sa gauche, Ana Maria Labin (Naïade) ; à sa doite, Adriana Di Paola (Dryade).  © Alastair MuirLe choix du décor est également pour le moins malvenu. De nombreux détails montrent tout le soin apporté à la reconstitution d'un manoir anglais où la représentation privée d'un opéra est en préparation. "Le style à la fois du décor et des costumes permettra de situer clairement l'action en Angleterre aux alentours de 1940", remarque le metteur en scène. Puis vient la guerre, figurée au moyen d'un bombardement très réaliste, duquel naîtront des gerbes de flammes et l'effondrement partiel du décor, avec avions se profilant, faisant trembler le caisson de basse des possesseurs de Home Cinéma !
Choix d'une unité de lieu oblige, la seconde partie de l'opéra se produit en la même demeure. Quelques mois seulement ont passé. Le manoir accueille maintenant les blessés, et l'ensemble de l'habitation porte les stigmates de la guerre…


Or, en enracinant l'opéra de Strauss dans un temps et un lieu immédiatement reconnaissables, cette production fait perdre à Ariane à Naxos sa dimension intemporelle, qui tient à ses liens avec la mythologie, avec l'éblouissement qui naît en nous à l'instant précis où nous choisissons de nous en remettre, tout entiers, à la part d'ombre qui est le cœur battant du mythe. Et c'est cette part d'ombre qui permet à notre émotion de se déployer, à notre trouble de nous faire vaciller, car nous sommes libres de voir ce que nous voulons voir, libres de vivre, par le regard, ce qu'il nous tient à cœur de vivre. Alors qu'une époque et un lieu reconnaissables guident notre vision dans une direction donnée, l’assujettissent à la réalité rattachée et au lieu et à cette époque, le mythe, de par son imprécision, nous laisse construire le monde pouvant répondre le mieux à nos désirs, en ne faisant que dresser un cadre au sein duquel notre émotion pourra grandir.

 

Laura Claycomb (Zerbinette) et Dmitri Vargin (Harlequin) dans <i>Ariane à Naxos</i> à Glyndebourne en 2013.  © Alastair Muir


En conclusion, par l'ensemble des choix de mise en scène et de chorégraphie, cette production de l'opéra de Strauss n'arrive jamais à rendre justice ni à la musique ni aux talents vocaux des chanteurs. Jamais l'émotion n'est véritablement et durablement au rendez-vous dans cet ensemble caricatural aux mouvements saccadés et outrés des chanteurs, vidé de sa teneur mythique. Une Ariane à Naxos somme toute bien décevante que la brillante captation du réalisateur François Roussillon ne parvient pas à rendre convaincante.


Lire le test du DVD Ariane à Naxos enregistré à Glyndebourne en 2013

 



Retrouvez la biographie de Richard Strauss sur le site de notre partenaire Symphozik.info

Matthieu Gosztola

Suppléments du Blu-ray

En HD : trois sujets sont développés en anglais stéréo PCM, sans sous-titres :


- When Two Worlds collide, permet de mieux comprendre les différents choix qui ont structuré la mise en scène, avec notamment une évocation intéressante des costumes. (12'42)
- Thomas Allen at Glyndebourne, permet de saisir la vision portée par Thomas Allen sur son rôle du Maître de musique, et de revenir sur son passé de chanteur. (2'50)
- Vladimir Jurowski on his final production as Music Director, enfin, donne la parole au talentueux chef d'orchestre. Si son propos n'apparaît pas essentiel pour appréhender l’œuvre, quelques images des répétitions se révèlent émouvantes. (5'45)
- Photos de la distribution.

Bande-annonce du Blu-ray

Critique Images et Son du Blu-ray

Images

Ce superbe master délivre sur tous les plans de magnifiques détails portés par de profonds contrastes assis sur des noirs très denses. La colorimétrie est excellente, la luminosité parfaitement équilibrée et le piqué donnent vie à l’ensemble des plans. On regrettait, sur le DVD de ce programme, un manque de précision sur les plans larges. Avec le Blu-ray, la définition reste performante, y compris dans les zones d’ombre du plateau, et les magnifiques lumières d’Olaf Winter trouvent un incomparable support.

Son

En stéréo, la scène avant exprime une très agréable dynamique chargée de contrastes. L’équilibre entre plateau et fosse est satisfaisant, et les voix sont plutôt bien projetées. Il manque cependant une certaine profondeur à même de valoriser l’orchestre, et des graves plus marqués, mais l’ensemble est musical et s’écoute avec plaisir.
En multicanal, la restitution prend vie. Non seulement l’orchestre est en capacité d’exprimer pleinement ses timbres et sa dynamique, mais les voix gagnent une formidable projection, laquelle permet une écoute plus détaillée et nuancée. Le caisson de basses apporte du corps aux fréquences graves et dynamise l’ensemble sans trop en faire, tandis que la scène arrière joue parfaitement son rôle d’immersion par l’intégration efficace des enceintes surround qui bénéficient amplement aux sonorités de l'orchestre. Contrairement à l’encodage Dolby Digital proposé sur DVD, le DTS HD Master Audio fait ici merveille grâce à sa subtilité et à une ampleur incroyable qu'il déploie lorsque nécessaire.

Note technique : 10/10

Acheter ce titre

Tutti-magazine.fr est un site gratuit. Vous pouvez lui apporter votre soutien en commandant dans la Boutique Amazon les titres présentés aux mêmes prix et conditions de livraison que sur Amazon.fr

Mots-clés

Ana Maria Labin
Ariane à Naxos
François Roussillon
Glyndebourne
Kate Lindsey
Katharina Toma
Laura Claycomb
London Philharmonic Orchestra
Richard Strauss
Sergey Skorokhodov
Soile Isokoski
Thomas Allen
Vladimir Jurowski

Index des mots-clés

Les derniers tests

Envoyer cette page à un(e) ami(e)

Envoyer

Imprimer cette page

Imprimer

Peuvent également vous intéresser

Tutti Ovation
Andrea Chénier avec Jonas Kaufmann et Eva-Maria Westbroek - Tutti Ovation
Don Pasquale à Glyndebourne, Tutti Ovation
Les Blu-ray et DVD des Maîtres chanteurs de Nuremberg à Glyndebourne obtiennent le label Tutti Ovation
L'Elixir d'amour - Baden-Baden 2012 - Tutti Ovation
Les Maîtres chanteurs de Nuremberg - Salzbourg 2013 - Tutti Ovation

Se connecter

S'identifier

 

Mot de passe oublié ?

 

Vous n'êtes pas encore inscrit ?

Inscrivez-vous

Fermer

logoCe texte est la propriété de Tutti Magazine. Toute reproduction en tout ou partie est interdite quel que soit le support sans autorisation écrite de Tutti Magazine. Article L.122-4 du Code de la propriété intellectuelle.