DVD Jaquette de : L’Italienne à Alger (Pesaro - 2013)

Distribution

Interprètes
  • Alex Esposito
    Mustafa
  • Mariangela Sicilia
    Elvira
  • Raffaella Lupinacci
    Zulma
  • Davide Luciano
    Haly
  • Yijie Shi
    Lindoro
  • Anna Goryachova
    Isabella
  • Mario Cassi
    Taddeo
  • Chorus of the Teatro Comunale di Bologna
Mise en scène
David Livermore
Orchestre
Orchestra of the Teatro Comunale di Bologna
Chef d'orchestre
José Ramon Encinar
Réalisation
Tiziano Mancini
Origine
Rossini Opera Festival - Pesaro
Année
2013

Informations techniques

Durée
153'
Nombre de disques
1
Zone/Région
Zone ALL
Éditeur
Opus Arte
Distributeur
DistrArt Musique
Date de sortie
13/10/2014

Vidéo

Couleurs/N&B
Couleurs
Format images
1.78
Format vidéo
16/9 compatible 4/3
Codec/Standard vidéo
NTSC

Audio

Version(s) sonore(s)
5.1 DTS mi-débit
Stéréo DD
Sous-titres
•  Allemand
•  Anglais
•  Coréens
•  Français

L’Italienne à Alger (Pesaro - 2013) DVD

L'Italiana in Algeri

Tutti ovation

Note générale : 10/10

Gioachino Rossini

Opéra


Créé à Venise le 22 mai 1813, L’Italienne à Alger se donnait une nouvelle jeunesse 200 ans plus tard lors de l’emblématique Festival Rossini de Pesaro sous la houlette du metteur en scène turinois Davide Livermore. Sous des airs de Swinging Sixities, la troupe emmenée par l'excellent baryton Alex Esposito enflammait la scène comme en témoigne cette captation réalisée par Tiziano Mancini. Opus Arte est l'heureux éditeur de ce programme festif en Blu-ray et DVD.

Davide Luciano, Alex Esposito, Mariangela Sicilia et  Raffaella Lupinacci dans <i>L'Italienne à Alger</i> à Pesaro.  © Studio Amati Bacciardi

 

Alex Esposito (Mustafa) et Anna Goryachova (Isabella) dans <i>L'Italienne à Alger</i> mis en scène par Davide Livermore.  © Studio Amati BacciardiOn imagine mal un compositeur n’écrivant que pour la postérité. Si les chefs-d’œuvre du passé ont quelque chose d’intemporel qui leur permet de défier les siècles pour arriver jusqu’à nous, on a souvent tendance à oublier qu’ils sont tout autant des œuvres de leur temps, destinés avant toute chose à leurs contemporains. Dès lors se pose la question des conditions de réactivation d’une œuvre du passé. Les débats encore présents et toujours aussi stériles entre les historicistes et les modernes en témoignent encore aujourd’hui.
Toute production nouvelle plonge l’œuvre dans une situation nouvelle, car on ne s’adresse pas aujourd'hui au public comme on le faisait il y a deux cents ans. Mais il faut précisément connaître son public. Par ailleurs, est-ce au spectateur de faire la démarche vers l’œuvre ou à l’œuvre d’aller vers lui ?

Pour sa production de L’Italienne à Alger, Davide Livermore a choisi la deuxième option. Partant du principe que l’humour propre à l’œuvre originale ne pouvait être perçu de manière juste que par les mélomanes contemporains de sa création et échappait donc à la plupart d’entre nous, il a opté pour une relecture revêtue d’un humour "tendance" d’aujourd’hui associant les Monty Pythons à Blake Edward, dans une Afrique du Nord à mi-chemin entre OSS 117 et Austin Powers. C’était osé, et à dire vrai, cela n’a pas plu à tout le monde. Mais pour le coup, ça marche !

Un tel détournement ne peut fonctionner qu’avec une œuvre de base forte, dont l’humour n’est pas que le seul ressort. De fait, il y a dans Rossini cette capacité unique à être modelable, et à laisser à l’interprète une grande partie du sens. Plus que toute autre, la musique de Rossini est une musique qui ne se lit pas, comme on le ferait avec celle de Johann Sebastian Bach, qui prend à la lecture un sens différent et complémentaire à son effectuation. Au contraire, celle de Rossini semble sur le papier dépourvue de sens et d’émotion. C’est que, dès l’écriture, le compositeur a pris en compte l’interprète et lui confie un matériau suffisamment fort pour l’inspirer, et suffisamment ouvert pour recevoir sa personnalité.
Davide Livermore a fort bien saisi l’équilibre nécessaire entre actualisation et fidélité, sans jamais plonger dans la transgression. Il a compris cet échange nécessaire entre le pérenne et l’éphémère qui est à la base du langage rossinien. De fait, il n’y a jamais aucune trahison dans son approche, mais bien une actualisation, certes parfois caricaturale, mais toujours signifiante.

 

Alex Esposito (Mustafa) dans <i>L'Italienne à Alger</i> à Pesaro. Décors de Nicolas Bovey.  © Studio Amati Bacciardi

 

Ce dialogue entre le présent et le passé se ressent aussi nettement dans la distribution. À commencer par la direction de Jose Ramon Encinar, qui s’inscrit dans la plus belle tradition rossinienne. Rien de révolutionnaire de ce côté, mais un enthousiasme réel, une battue solide et surtout une affinité réelle avec le langage du compositeur.
Tandis que sur scène, c’est une approche beaucoup plus actuelle qui nous est offerte, avec une direction d’acteurs très efficace qui sait galvaniser et impliquer l’ensemble du plateau comme un seul homme. Les chanteurs s’amusent, cela se voit, et nous avec ! Ce résultat ne peut être atteint que par un vrai travail de troupe et une vraie homogénéité sur le plan musical. Certes, les qualités tant vocales que dramatique d’Alex Esposito [Lire notre interview de 2012] ne manquent pas de nous sauter aux yeux et aux oreilles, avec ce chant vif, faisant fi des difficultés techniques, pour aller à l’essentiel : le plaisir et l’émotion. Mais c’est sans jamais tirer la couverture à lui. Il faut dire que chaque rôle a été clairement développé par le metteur en scène et laisse suffisamment d’espace à chaque artiste pour qu’il puisse prendre possession de son personnage et le faire vivre comme il se doit, dans l’émotion comme dans l’excès. Ainsi en est-il de notre Italienne, Anna Goryachova, qui impose sa personnalité grâce à une projection solide et une belle amplitude, ou encore Yijie Shi, qui apporte un vrai relief au personnage de Lindoro.

 

Mario Cassi, Mariangela Sicilia, Alex Esposito, Anna Goryachova et Yijie Shi dans <i>L'Italienne à Alger</i> à Pesaro.  © Studio Amati Bacciardi

 

Cette distribution excelle de plus à distiller cet humour très actuel et rétro à la fois, et revisite un passé idéal comme un conte de fée moderne, lorgnant avec gouaille, envie et un rien de nostalgie, vers un hier pas si éloigné où tout était pourtant bien différent, drôle et léger malgré tout. Ne boudons pas notre plaisir avec cette Italienne à Alger qui ne ressemble à aucune autre et séduit au-delà des mots.


Lire le test du Blu-ray L'Italienne à Alger mis en scène par Davide Livermore

Retrouvez la biographie de Gioachino Rossini sur le site de notre partenaire Symphozik.info

Jean-Claude Lanot

Suppléments du DVD

Davide Livermore interviewé dans les bonus de <i>L'Italienne à Alger</i>.

En anglais stéréo DD, uniquement sous-titré en anglais :

- Intéressant module portant essentiellement sur la mise en scène et les artisans de la production.. De nombreux intervenants – concepteurs et artistes – témoignent entre différents extraits du spectacle et instantanés de coulisses pris sur le vif. (11')

- Photos de la distribution.

Bande-annonce du DVD

Critique Images et Son du DVD

Images

Si les gros plans bénéficient d’une fort bonne définition, il faut reconnaître que les plans larges souffrent à la fois d’une perte de détail importante et d’éclairage insuffisant sur les chanteurs, ce qui ne permet pas à l’ensemble de bénéficier d’un excellent niveau de contrastes. Ce n’est pas le support DVD qui montre ici ses limites, mais les lumières de scène par trop insuffisantes pour une captation vidéo. Toutefois le support Blu-ray fait mieux face à ce problème. Ceci étant, les couleurs des costumes et décors s’affichent avec panache à l’écran.

Son

La piste stéréo propose un bon équilibre scène/orchestre et une lisibilité constante des ensembles. Le massage sonore est très aéré mais ne manque pas de précision. En revanche, on notera une absence de graves qui aboutit à une restitution manquant de corps. L'encodage Dolby Digital, par ailleurs, appauvrit les timbres et se montre un peu criard par moments. S'il a été choisi ici, c'est sans doute pour l'économie de poids qu'il présente par rapport au PCM. Le programme peut ainsi tenir sur un seul disque.
Le mixage 5.1 apporte une dynamique bien supérieure à l’écoute. Celle-ci gagne également plus d’assise grâce à la parfaite intégration du caisson de graves, et la restitution en devient plus équilibrée. Les voix sont mieux projetées, ce qui anime davantage la scène avant. L’orchestre expose des pupitres mieux définis et plus facilement localisables. À l’arrière, les enceintes surround aèrent légèrement l’écoute.

Note technique : 8/10

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Mots-clés

Alex Esposito
Anna Goryachova
Davide Livermore
Davide Luciano
Gioachino Rossini
José Ramon Encinar
L'Italienne à Alger
Mariangela Sicilia
Mario Cassi
Raffaella Lupinacci
Rossini Opera Festival, Pesaro
Yikie Shi

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