DVD Jaquette de : Rinaldo (Glyndebourne 2011)

Distribution

Interprètes
  • Sonia Prina
    Rinaldo
  • Anett Fritsch
    Almirena
  • Luca Pisaroni
    Argante
  • Brenda Rae
    Armida
  • Varduhi Abrahamyan
    Goffredo
  • Tim Mead
    Eustazio
  • William Towers
    Christian Magus
  • Oliver Mercer
    Herald
  • Rhian Lewis
    Woman
  • Charlotte Beament
    Siren
  • Rebecca van den Berg
    Siren
  • Varduhi Abrahamyan
    Goffredo
  • Tim Mead
    Eustazio
  • William Towers
    Christian Magus
  • Oliver Mercer
    Herald
  • Rhian Lewis
    Woman
  • Charlotte Beament
    Siren
  • Rebecca van den Berg
    Siren
Mise en scène
Robert Carsen
Orchestre
Orchestra of the Age of Enlightenment
Chef d'orchestre
Ottavio Dantone
Réalisation
François Roussillon
Origine
Glyndebourne
Année
2011

Informations techniques

Durée
162'
Nombre de disques
1
Zone/Région
Zone ALL
Éditeur
Opus Arte
Distributeur
DistrArt Musique
Date de sortie
22/08/2012

Vidéo

Couleurs/N&B
Couleurs
Format images
1.78
Format vidéo
16/9 compatible 4/3
Codec/Standard vidéo
NTSC

Audio

Version(s) sonore(s)
5.1 DTS mi-débit
Stéréo DD
Sous-titres
•  Allemand
•  Anglais
•  Français

Rinaldo (Glyndebourne 2011) DVD

Tutti ovation

Note générale : 9/10

Georg Frideric Handel

Opéra


En juillet 2011 était créée à Glyndebourne une production pour le moins originale du Rinaldo de Handel. Une production comme Robert Carsen en a le secret, basée sur une transtextualité inattendue associant Le Tasse à… J.K. Rowling. Un superbe plateau - Sonia Prina, Brenda Rae, Luca Pisaroni et Tim Mead… - était réuni le mois suivant devant les caméras expertes de François Roussillon. Opus Arte édite ce superbe programme sur supports Blu-ray et DVD.

 

Sonia Prina (Rinaldo) et Anett Fritsch (Almirena) dans <i>Rinaldo</i> à Glyndebourne en 2011.

 

À première vue, il y a quelque chose de franchement racoleur dans ce mariage forcé entre Handel et le petit sorcier le plus célèbre du monde, à l’heure-même où le dernier opus de la saga Harry Potter sortait sur les écrans. La critique s’est d’ailleurs largement fait l’écho de ce malaise, perçu comme un simple artifice promotionnel ou une compensation opportuniste à un déficit de vision, voire même d’imagination tout court.

C’est pourtant mal connaître Robert Carsen. Certes, le metteur en scène sait bien qu’une pointe de provocation peut toujours servir à pimenter une promotion, toujours difficile dans le milieu de la musique classique. Mais c’est bien le même Carsen qui avait bouleversé et renouvelé de façon durable notre perception des relations inter-personnages de La Flûte Enchantée, à Aix-en-Provence, en 1994, en intégrant la Reine de la Nuit à la scène finale, main dans la main avec Sarastro, tel un couple déchiré par le divorce, finalement réconcilié après d’âpres tensions autour de la garde de leur fille. Même décriée, cette version constitue malgré tout un tournant dont les théâtres ne se sont toujours pas remis. Pour preuve La Flûte d’Harnoncourt/Herzog cet été 2012 au Festival de Salzbourg.

 

Scène de <i>Rinaldo</i> mis en scène par Robert Carsen.

 

Tim Mead (Eustazio).  Photo © Bill CooperLe problème - ou la richesse - posé par la transtextualité, qui se définit selon le critique littéraire Gérard Genette par "tout ce qui met un texte en relation, manifeste ou secrète, avec un autre texte", est qu’il faut maîtriser aussi bien le texte d’origine que ses relations. Cela se montre encore plus complexe quand le texte d’origine est un opéra mis en relation avec une saga littéraire. La rencontre entre les deux mondes ne pouvait tenir que du choc tant les aficionados de l’un ne sont pas ceux de l’autre… Et pourtant, l’opéra a bien montré ses affinités grandissantes (pour le meilleur et pour le pire) avec les cultures dites populaires. De la même façon, la saga Harry Potter a fait l’objet de nombreuses analyses et ouvrages traitant de sa dimension mythologique voire même philosophique, la faisant accéder au rang d’œuvre de culture à part entière. Nous n’ergoterons pas ici sur une hypothétique comparaison des niveaux artistiques de l’un et de l’autre, d’autant que Robert Carsen a tranché le débat.

 

<i>Rinaldo</i> mis en scène par Robert Carsen à Glyndebourne en 2011.  Photo © Bill Cooper

 

Brenda Rae (Armida) et Luca Pisaroni (Argante) dans <i>Rinaldo</i> à Glyndebourne. C’est du reste dans le type même de transtextualité qu’il nous propose que réside tout le génie de cette approche. On aurait pu en effet se limiter à la simple référence culturelle à Harry Potter dans Rinaldo, à une sorte d’hommage stylistique un peu vain, et notre enthousiasme vis-à-vis de cette production en aurait été limité d’autant. Certes, ce cycliste volant dans la nuit n’est pas sans référence à E.T. l'Extra-terrestre de Spielberg et le combat final fait du Quidditch un match de foot de récréation au symbolisme un peu rapide.
Rhian Lewis, Charlotte Beament et Rebecca van den Berg.Mais pour le reste, c’est une véritable "métatextualité" qu’instaure Robert Carsen, c’est-à-dire une relation de commentaire réciproque, jetant une lumière inédite sur chacun des "textes" en présence. D’un côté, la figure d’Harry Potter, le sorcier rejeté par la majorité de ses pairs, jusqu’à en faire un paria dans le dernier chapitre, apporte un éclairage tout à fait contemporain au personnage de Renaud. On passe ainsi d’un héros monolithique, archétypal à un étudiant maltraité par ses pairs qui, cette fois, rêve d’héroïsme. Ce croisement entre le rêve et la réalité apporte ainsi un relief très actuel à Rinaldo, comme une troisième dimension au personnage et à son univers très codifiés. Il en résulte également un vrai potentiel d’empathie, voire d’identification avec le héros, non pas pour ce qu’il vit, mais pour l’humanité qui se dégage de lui, plus directe, plus accessible que celui du Tasse per se, parce que plus imparfaite. La musique n’en gagne au passage que plus de force. L’univers des personnages se faisant plus proche de nous, leurs émotions n’en sont que plus fortes. L’histoire est donc nourrie tout autant que la partition. L’ensemble en ressort revivifié.

 

Luca Pisaroni (Argante) dans <i>Rinaldo</i> mis en scène par Robert Carsen à Glyndebourne en 2011.

 

Et cette métatextualité fonctionne bien dans les deux sens dans la mesure où la saga Harry Potter bénéficie en même temps d’une relecture passionnante – preuve que le travail de Robert Carsen n’a rien d’anecdotique. Figure d’anti-héros, Harry Potter ne serait-il pas finalement héros malgré lui ? Plus encore, n’y aurait-il pas erreur sur la personne ? Ce Renaud rêveur n’est pas Rinaldo tout comme, possiblement, Harry Potter n’est pas l’élu. La prophétie n’édictant qu’une date de naissance, le choix de Voldemort s’est porté sur Harry, faisant de lui un potentiel élu alors que, de l’autre côté, Neville Londubat, né le même jour qu’Harry, mais moins exposé, plus maladroit, est celui qui, au final, détruit le dernier Horcruxe et permet d’éliminer de facto le Seigneur des Ténèbres (par le retournement de la baguette de sureau contre lui, sans qu’Harry y soit pour quelque chose). Toujours en retrait, dans l’ombre du prétendu héros, Neville passe le clair de la saga à participer de loin à l’aventure (même s’il est celui qui aide Harry dans l’épreuve du lac de La Coupe de Feu ou encore s’il fait partie de l’ "Armée de Dumbledore"). Quelque part, il vit la saga de l’Élu par procuration, à travers les yeux d’un autre, il la rêve sans la réaliser tout comme le Renaud-étudiant de cette production rêve d’un Rinaldo qui lui ressemble sans être lui.

 

Anett Fritsch (Almirena) et Luca Pisaroni (Argante).

William Towers (Christian Magus).














Ceci étant, cet incroyable réseau de références et de commentaires ne serait pas, nos oreilles en seraient tout de même ravies. La découverte musicale de cette production, c’est bien le chef, Ottavio Dantone, dont c’était la première collaboration avec l'Orchestra of the Age of Enlightenment. Le directeur musical et continuiste (remarquable) a su animer l’orchestre d’une fougue et d’un sens du texte confondants, tout en conservant le galbe et l’élégance de la phalange britannique. Quel sens du son (les cordes, le hautbois à tomber d’Anthony Robson) et du drame (magnifiques récitatifs, tempi enflammés dans les airs, sensibilité exacerbée). Une rencontre musicale comme on les aime, et qui se double d’un plateau vocal idéal.

 

Brenda Rae (Armida) et Luca Pisaroni (Argante).

 

Sonia Prina, très applaudie à la fin de la représentation de <i>Rinaldo</i>.Que dire, en tout premier lieu, de la prestation superlative de Sonia Prina, ancienne élève du Conservatoire Giuseppe Verdi de Milan, comme Dantone ? Comédienne hors pair, elle se fond sans peine dans ce rôle protéiforme et parfois sportif tout en offrant une puissance et une musicalité qui se jouent avec panache de la difficulté technique. Reste l’émotion, la puissance et la passion d’une interprète qui est appelée à compter de plus en plus dans le paysage musical. De son côté, Luca Pisaroni nous montre qu’il a bien plus de cordes à son arc que son étiquette mozartienne le laisse entendre. Il nous livre un Argante en tout point passionnant, à la ligne suave et tragique à la fois. A l’instar de Brenda Rae, véritable petite fille sage de son Midwest natal, qui révèle cette fois des trésors de noirceurs malgré les quelques imprécisions de sa prestation qui sont bien vite oubliées.

 

De la musique, de la direction d’acteurs, une vision, le tout réalisé de main de maître par François Roussillon qui a su capter avec une grande lisibilité la multiplicité des niveaux de lecture de cette production : il n’en faut pas plus pour nous envoler vers des sommets de plaisir ! Wingardium Leviosa… et Tutti-ovation !

 

Lire le test du Blu-ray Rinaldo à Glyndebourne mis en scène par Robert Carsen

 

Retrouvez la biographie de Georg Friederich Haendel sur le site de notre partenaire Symphozik.info.

 

 

 

Jean-Claude Lanot

Suppléments du DVD

Interview de Robert Carsen dans les bonus de <i>Rinaldo</i>.En anglais stéréo DD non sous-titré, à l'exception de sous-titres anglais sur les propos d'Ottavio Dantone en italien :

 

- Le metteur en scène Robert Carsen explique avec précision son approche du livret et ses intentions de mise en scène. Les principaux interprètes confient leur sentiment par rapport à leur rôle, et ces points de vues sont complétés par ceux du designer Gideon Davey et de Phlippe Giraudeau, responsable de la gestuelle. (10')

 

- Le second document, également réalisé par Karen McCallion, s'attache à l'approche musicale de la production. Le chef Ottavio Dantone s'exprime sur sa vision de l'œuvre, mais aussi des chanteurs. Artistes et musiciens apportent également leur témoignage tandis que quelques instantanés de répétitions nous portent à croire à la cohésion humaine de l'entreprise. (14')

 

- Photos de la distribution.

 

 

 

Bande-annonce du DVD

Critique Images et Son du DVD

Images

Dès les premiers plans, la qualité du piqué interpelle. Les couleurs se montrent parfaitement calibrées, en particulier sur les carnations rarement aussi naturelles que sur le présent master vidéo. Les contrastes sont le plus souvent appuyés, à l'exception de certaines zones sombres du plateau, et c'est là une des faiblesses du support DVD comparé au superbe Blu-ray de ce programme. De même, si les plan moyens et serrés présentent une superbe définition, les plans larges sont bien moins convaincants tout en restant très honorables.

 

Son

La piste stéréo, ample et finement détaillée, diffuse une dynamique constante liée à un parfait équilibre orchestre/voix. Les graves bénéficient d'une belle présence et le haut du spectre ne fait preuve d'aucune agressivité. C'est en fait plus du côté de la compressions due à l'encodage Dolby Digital que le bât blesse dans la mesure où les harmoniques semblent trop contenues et certains timbres parfois criards dans le médium. La piste stéréo PCM du Blu-ray s'avère d'un bien meilleur niveau.
Le relief apporté par le mixage multicanal se conjugue à une aération bienvenue rendue possible grâce à l'adressage surround. La projection vocale trouve une expression plus précise, au diapason de l'orchestre dont on se trouve à même de goûter plus de nuances. le caisson de basses, enfin, permet une restitution palpable mais non exagérée du bas du spectre. Une piste hautement recommandable, même si elle ne peut rivaliser avec le rendu HD Audio du Blu-ray.

 

Note technique : 9/10

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Mots-clés

Brenda Rae
François Roussillon
Luca Pisaroni
Orchestra of the Age of Enlightenment
Ottavio Dantone
Rinaldo
Robert Carsen
Sonia Prina

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