Blu-ray Jaquette de : Elektra (Zürich, 2005)

Distribution

Interprètes
  • Marjana Lipovsek
    Klytamnestra
  • Eva Johannsson
    Elektra
  • Melanie Diener
    Chrysothemis
  • Rudolf Schasching
    Aegisth
  • Alfred Muff
    Orest
  • Reinhard Mayr
    Der Pfleger des Orest
  • Cassandra McConnell
    Die Vertraute
  • Christine Zoller
    Die Schlepptragerin
  • Andreas Winkler
    Ein junger Diener
  • Morgan Moody
    Ein alter Diener
  • Margaret Chalker
    Die Aufseherin
  • Kismara Pessatti
    Magd
  • Khatarina Peetz
    Magd
  • Irène Friedli
    Magd
  • Liuba Chuchrova
    Magd
  • Sen Guo
    Magd
  • Marina Weingartner
    Bewegungschor
  • Thomas Bauml
    Bewegungschor
  • Gerhard Hanfling
    Bewegungschor
  • Baila Brasil Show
  • Chorus of the Zürich Opera House
  • Supernumeraries Association of the Zurich Opera House
Mise en scène
Martin Kusej
Orchestre
Orchestre de l'Opéra de Zurich
Chef d'orchestre
Christoph von Dohnanyi
Réalisation
Felix Breisach
Origine
Opéra de Zurich
Année
2005

Informations techniques

Durée
101'
Nombre de disques
1
Zone/Région
Région ALL
Éditeur
Arthaus Musik
Distributeur
Harmonia Mundi
Date de sortie
28/07/2012

Vidéo

Couleurs/N&B
Couleurs
Format images
1.78
Codec/Standard vidéo
AVC
Résolution vidéo
1080i

Audio

Version(s) sonore(s)
7.1 DTS HD Master Audio
Stéréo PCM
Sous-titres
•  Allemand
•  Anglais
•  Espagnol
•  Français
•  Italien

Elektra (Zürich, 2005) Blu-ray

Note générale : 9/10

Richard Strauss

Opéra


Cette réédition Arthaus Musik d'une précédente parution TDK nous permet de retrouver l'Elektra dirigé de main de maître par Christoph von Dohnanyi à la tête de l'orchestre de l'Opéra de Zürich en 2005. Une pléiade d'interprètes féminines était alors réunie par la mise en scène de Martin Kusej, dont Eva Johansson, Marjana Lipovsek et Melanie Diener. Cette captation est disponible en Blu-ray et DVD…

Décor de Rolf Glittenberg pour <i>Elektra</i> à l'Opéra de Zürich.

 

Christoph von Dohnanyi dirige <i>Elektra</i> en  2005 à l'Opéra de Zürich.Quatrième opéra de Richard Strauss, Elektra voit le jour 4 ans après Salomé. Les deux œuvres s'inscrivent dans la même mouvance esthétique définie par un orchestre très chargé qui arrive aux limites expressives acceptables par les spectateurs de la création. D'emblée, un énorme défi est posé au chef : l'absolue nécessité de ne pas couvrir les voix malgré la bonne centaine de musiciens réunis dans la fosse. D'autres exploits resteront à réaliser : veiller à demeurer constamment clair, suivre les fils conducteurs des motifs qui parsèment la partition de Richard Strauss à la manière des opéras de Wagner, mais aussi soutenir et nourrir sans cesse le flux sonore ininterrompu. Une épreuve qu'assume ici parfaitement Christoph von Dohnanyi, grand chef straussien, à l'aide de l'orchestre-maison de l'Opéra de Zürich, phalange magnifique en la circonstance.

 

Eva Johansson interprète le rôle-titre d'<i>Elektra</i> en 2005 à l'Opéra de Zürich.

 

Elektra possède une autre particularité : il s'agit d'un opéra de femmes. Une soprano dramatique tient le rôle-titre, une autre soprano celui de sa sœur Chrysothemis, et une mezzo-soprano incarne leur mère Clytemnestre. Strauss a écrit pour chacune d'éprouvantes parties, fort longues et souvent solistes, véritables moments clés participant à la progression dramatique très simple inspirée par la pièce éponyme de Sophocle à Hofmannsthal. Ces parties solistes nécessitent en outre de très bonnes actrices. Le traitement de la voix par le compositeur étant quasiment par moments une négation même de la voix, l'équilibre entre chant et théâtre demande de solides incarnations. Les trois solistes de cette distribution prestigieuse tiendront avantageusement leurs rôles sur la scène de l'Opéra de Zürich.

 

Melanie Diener (Chrysothemis) et Eva Johansson (Elektra) dans <i>Elektra</i> mis en scène par Martin Kusej.

 

En premier lieu, Eva Johansson, en permanence sur scène, est une Elektra omniprésente dans le dramatisme. Intensité du regard, gestuelle maîtrisée, cette Elektra est une jeune femme moderne. Sa haine obsessionnelle et son esprit de vengeance tendent vers un absolu de destruction inexorable et impitoyable. Exempte de sentiments humains, matricide par la main de son frère et infanticide, l'hystérie la domine. Les yeux de la chanteuse, particulièrement mis en valeur par les gros plans, expriment la complexité des pulsions qui l'habitent avec une étonnante justesse. Et quelle voix ! Puissante, nuancée, aussi intense dans l'extériorisation des sentiments que dans leur intériorité. Aucune faiblesse de régime durant cette heure et demie… Une performance que l'on retrouve chez ses deux partenaires.
Avec une voix plus "raisonnable", la sœur d'Elektra, Chrysothémis, est elle aussi brillamment jouée par la soprano Melanie Diener qui maîtrise son registre avec force et nuances. Les parties en duo sont également une heureuse réussite. Si ce personnage est habillé de blanc, on aurait tort de prêter trop d'humanité à ce personnage, et l'expression donnée à ce rôle par la soprano tend à illustrer cet axe. Melanie Diener, en 2005, faisait partie de ces voix jeunes qui ont tout à donner et qui nous le font sentir.

 

Eva Johansson (Elektra) et Marjana Lipovsek (Klytamnestra) dans <i>Elektra</i> mis en scène par Martin Kusej.

 

Marjana Lipovsek interprète le rôle de Klytamnestra.Dans le rôle maternel, celui de Clytemnestre, nous retrouvons la mezzo-soprano slovène Marjana Lipovsek, très imposante en raison de la maturité qui convient parfaitement au rôle. Une seule grande scène lui est dévolue, mais inoubliable : sorte d'Elektra bis, elle manifeste une névrose encore plus développée que celle de sa fille. Consumée par ses cauchemars, envahie par la colère et la peur, l'angoisse la détruit. L'imposante silhouette vêtue de rouge de Marjana Lipovsek en impose à elle seule. Quant à son interprétation, elle est dominée par des cris, de larges déclamations et de fascinantes métamorphoses vocales, reflets d'un esprit détraqué.

 

Reinhard Mayr interprète le précepteur d'Orest.

 

 

 

Des courtes interventions masculines, nous retiendrons l'Oreste du baryton-basse Alfred Muff, bras armé d'Elektra aux allures de Wotan voyageur, et l'Egisthe de Rudolf Schasching, ténor massif déguisé en parvenu obsédé, meurtrier et vulgaire.


La mise en scène réalisée par Martin Kusej pour illustrer cet opéra à la violence physique et psychologique permanente, ne convainc cependant que partiellement. En effet, si l'on peut adhérer à sa proposition de huis clos qui abrite les maladies mentales des protagonistes et le principe d'un décor unique, ce qui s'y déroule nous fait émettre quelques réserves. Par exemple, Elektra déterre une hache qu'on ne lui verra jamais tenir, ce geste étant laissé à d'autres. Certaines scènes ménagent des surprises mais nous laissent davantage dubitatifs car elles peinent à rejoindre le livret et une réelle cohérence de traitement.

Le décor de Rolf Glittenberg est composé de huit portes capitonnées de blanc qui rappellent celles des cellules des asiles d'antan. Sur le sol, rien n'est plat, à la manière de dunes de sable. Une lumière aveuglante transperce d'un bout à l'autre l'espace scénique. La modernité très actuelle des costumes de Hendi Hackl projette les travers moraux d'Elektra et des autres acteurs du drame dans notre époque. "Elektra est un mélange de lumière et de nuit, de noir et de clarté", disait Richard Strauss à propos de son opéra. En cela, le travail des lumières de Jürgen Hoffmann suit fidèlement les indications du compositeur, en particulier dans la scène qui place face à face Elektra et son frère Oreste : l'intensité du bleu nuit et les vapeurs tombant du plafond, contrairement à d'autres moments, figurent un grand moment de justesse psychologique visuelle.

 

Scène finale d'<i>Elektra</i> vue par Martin Kusej à l'Opéra Zürich.

 

Comme Salomé, aucune Elektra de notre connaissance n'est jamais dirigée comme le souhaitait son compositeur, à savoir comme du Mendelssohn, de la "musique de fée". Mais peu importe, finalement, quand le résultat musical convainc autant que sous la baguette de Christoph von Dohnanyi. Si la mise en scène appelle certaines réserves, musicalement, cette version d'Elektra compte de fait parmi les très bonnes versions disponibles.



Lire le test du DVD Elektra à l'Opéra de Zürich en 2005



Retrouvez la biographie de Richard Strauss sur le site de notre partenaire Symphozik.info

Nicolas Mesnier-Nature

Suppléments du Blu-ray

Aucun.

Bande-annonce du Blu-ray

Critique Images et Son du Blu-ray

Images

La profondeur des images emporte l’adhésion immédiatement. Les noirs très denses permettent de parfaitement dessiner les contours des interprètes et ceux-ci ressortent parfaitement malgré le côté sombre de la production. La définition est absolument excellente, depuis les gros plans sur lesquels s’expriment de nombreux détails, jusqu’aux plans larges où l’œil peut se promener sans avoir l’impression d’un rendu moins performant. Les couleurs sont on ne peut plus naturelles et l’ensemble convainc de bout en bout. Les micro-saccades observées sur le DVD de ce programme n’apparaissent pas ici. Le visionnage est donc pour ainsi dire parfait.

Son

La piste stéréo fait preuve d’une belle dynamique malgré son impossibilité à afficher pleinement les paroxysmes sonores composés par Strauss. Les voix sont un peu plus valorisées que l’orchestre mais semblent assez enfermées dans une acoustique de type "boîte" laquelle s’avère moyennement plaisante sur la durée.
Le mixage multicanal propose de façon surprenante un encodage sur 7.1 canaux. La jaquette, pourtant, n’indique que du 5.1 et le DVD de ce programme proposait du 5.0 ! De fait la restitution en devient majuscule. La scène avant développe un véritable relief permettant à l’orchestre de s’afficher dans toute sa dimension. Les voix, bien mieux projetées, perdent en grande partie ce côté "boîte" désagréable. Mais, surtout, secondée par un caisson de graves qui dispense de belles basses, la scène arrière fait preuve d'une fabuleuse présence grâce, non seulement aux enceintes surround classiques, mais aussi à la présence de 2 enceintes centrales arrière qui relaient parfaitement la riche orchestration straussienne. Un must de restitution orchestrale.

Note technique : 9/10

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Alfred Muff
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