DVD Jaquette de : L'Heure espagnole - L'Enfant et les sortilèges (Glyndebourne 2012)

Distribution

Interprètes
  • Elliot Madore
    Ramiro/Tom Cat…
  • François Piolino
    Torquemada/Teapot…
  • Stéphanie d'Oustrac
    Concepción/Cat…
  • Alek Shrader
    Gonzalve
  • Paul Gay
    Don Iñigo Gómez/Armchair…
  • Khatouna Gadelia
    Child
  • Élodie Méchain
    Mother/Chinese Cup…
  • Julie Pasturaud
    Chair/Bat
  • Kathleen Kim
    Fire/Princess…
  • Natalia Brzezińska
    Shepherd
  • Hila Fahima
    Shepherdess
  • Kirsty Strokes
    Owl
  • The Glyndebourne Chorus
Mise en scène
Laurent Pelly
Orchestre
London Philharmonic Orchestra
Chef d'orchestre
Kazushi Ono
Réalisation
François Roussillon
Origine
Glyndebourne
Année
2012

Informations techniques

Durée
103'
Nombre de disques
1
Zone/Région
Zone ALL
Éditeur
FRA Musica
Distributeur
Harmonia Mundi
Date de sortie
08/10/2013

Vidéo

Couleurs/N&B
Couleurs
Format images
1.78
Format vidéo
16/9 compatible 4/3
Codec/Standard vidéo
NTSC

Audio

Version(s) sonore(s)
5.1 DTS mi-débit
Stéréo DD
Sous-titres
•  Allemand
•  Anglais
•  Espagnol
•  Français
•  Italien

L'Heure espagnole - L'Enfant et les sortilèges (Glyndebourne 2012) DVD

Tutti ovation

Note générale : 10/10

Maurice Ravel

Opéra


Fra Musica nous propose une nouvelle captation signée François Roussillon en provenance du Festival de Glyndebourne : une soirée réunissant deux opéras courts de Maurice Ravel, L’Heure espagnole et L’Enfant et les sortilèges, dans une mise en scène remarquée de Laurent Pelly. Sur scène, Stéphanie d'Oustrac, Elliot Madore, Alek Shrader, Kathleen Kim et Paul Gay, pour ne citer qu'eux, s'en donnent à cœur joie sous la baguette de Kazushi Ono. Cet enregistrement de 2012 est disponible en Blu-ray et DVD.

 

<i>L'Enfant et les sortilèges</i> de Ravel mis en scène par Laurent Pelly à Glyndebourne.  Photo Simon Annand

 

En réunissant des œuvres aussi dissemblables que L’Heure espagnole et L’Enfant et les sortilèges, le Festival de Glyndebourne prenait le risque de l’éclatement. Mais au-delà des différences d’univers et d’intrigue, Laurent Pelly a su trouver une unité dans le rapport au temps et le respect scrupuleux de la musique.

 

Stéphanie d'Oustrac interprète Concepción dans <i>L'Heure espagnole</i>.

 

Les deux œuvres se rejoignent en effet dans leur rapport très spécifique au temps : inversé dans leur livret, parallèle dans leur traitement. Dans L'Heure espagnole, en bonne épouse d’horloger, Concepción se doit d’observer la plus extrême précision afin de pouvoir cocufier son mari en toute tranquillité le temps exact qu’il remonte les pendules de la ville. À l’inverse, l’Enfant fait éclater les repères temporels de la maison en faisant tomber le balancier de l'horloge comtoise familiale.
Du côté du traitement scénique, le metteur en scène Laurent Pelly a opté pour une approche qui n’est pas sans évoquer un "mickeymousing" de cartoon. Totalement à l’écoute de l’œuvre musicale, il appuie sa direction d’acteurs sur la moindre inflexion de la partition, notamment de l’orchestration, faisant de sa mise en scène un véritable ballet. De fait, sa complicité est totale avec le chef Kazushi Ono, dans une lumineuse dialectique de la rigueur et du jeu dont l’œuvre sort indéniablement gagnante.

 

<i>L'Heure espagnole</i> : Stéphanie d'Oustrac, Alek Shrader, François Piolino, Elliot Madore et Paul Gay.  Photo Simon Annand

 

Le chef d'orchestre Kazushi Ono.Rigueur car, dans L'Heure espagnole, la partition de Ravel est une mécanique d’horlogerie parfaitement calibrée qui ne souffre aucun relâchement de la tension, à l’instar de la mécanique comique du Vaudeville. Mécanique tout aussi primordiale dans L’Enfant et les sortilèges en raison de l’enchaînement millimétré entre les tableaux. Tout cela exprimé dans une dimension de jeu car tout le monde s’amuse visiblement, du comique de situation et comique physique de L’Heure espagnole à l’humour plus subtil du traitement de la pièce de Colette pour L'Enfant et les sortilèges, qui n’échappe à aucun moment au public de Glyndebourne, très réactif. Le temps se tend et se détend à l’envi pour mieux évoluer au gré de la déclamation et du drame, ajoutant une belle liberté et une véritable éloquence au traitement au cordeau des couleurs orchestrales par le compositeur.

Alek Shrader et Stéphanie d'Oustrac. Photo Simon AnnandC’est ainsi que les timbres concoctés par le London Philharmonic Orchestra sont absolument savoureux. qui manie avec un égal bonheur les influences tantôt hispaniques, tantôt jazzy des deux partitions, avec un équilibre et un bonheur distillés avec gourmandise par un chef visiblement passionné par cette musique.

Du côté des chanteurs, si le nom de Stéphanie d’Oustrac aide sans ambages à la renommée du spectacle, force est de constater que le reste de la distribution ne dépareille en aucune façon.
Avec sa Carmen d’anthologie, la mezzo-soprano française a montré qu’elle savait camper les femmes de caractère. Elle renouvelle ici l’expérience avec Concepción en faisant montre d’une présence impressionnante, d’une technique impeccable et d’une voix bellement charpentée, totalement au service d’un rôle qu’elle défend avec énergie et humour, prenant à bras-le-corps ce Vaudeville (presque) léger, dans un parlé-chanté magnifiquement maîtrisé et efficace.
Le reste du plateau témoigne d’une remarquable adaptation aux conditions particulières du spectacle, dans la mesure où de nombreux chanteurs servent plusieurs rôles, que ce soit dans le même opéra, ou d’un opéra à l’autre.

Juste retour des choses, Elliot Madore, l’horloger de L’Heure espagnole, devient horloge dans L’Enfant et les sortilèges, et c’est comme si deux artistes assuraient ces rôles tant ils sont cohérents dans chaque opéra. Le timbre est toujours là, mais la personnalité n’a rien à voir, dans une schizophrénie magnifiquement assumée.

 

Elliot Madore dans <i>L'Heure espagnole</i>.  Photo Simon AnnandElliot Madore et K. Gadelia dans <i>L'Enfant…</i>.  Photo Simon Annand

 

 

 

 













 

Entre les changements de costumes (et d’état) intempestifs, passant de banquier à fauteuil, Paul Gay nous offre une basse vibrante et subtile, drolatique à souhait, au timbre noble et chaleureux. Nos yeux et nos oreilles se régalent de la même façon de la triple incarnation de la soprano américano-coréenne Kathleen Kim, dont la prestation dans le rôle du Feu, de la Princesse et du Rouge-gorge éblouit tout simplement par sa grâce et son charme contagieux, donnant corps à chacun de ses rôles de façon personnalisée au gré des multiples intonations de sa voix cristalline.

 

Kathleen Kim (la Princesse) et Khatouna Gadelia (l'Enfant).Kathleen Kim interprète le Feu.

 

 

 

 











François Roussillon a su capter cette production de référence avec un grand sens de l’équilibre entre l’immersion propre à la réalisation vidéo et le respect de la lumière portée sur ces costumes incroyables, mais surtout sur la magie de ces tableaux oniriques concoctés par l’équipe de Laurent Pelly (sublime scène de la cheminée) regorgeant d’imagination et de féerie et de ces changements de décors à vue réglés à la perfection.
La Haute Définition se met ainsi au service d'une captation experte en nourrissant de sublime façon des images qui flirtent à de nombreuses reprises avec un art qui trouve ses racines tant dans la magie du théâtre que dans l'art pictural.

Voilà des adultes assumés qui n’ont en rien perdu leur âme d’enfants !

 




Lire la critique du Blu-ray L'Heure espagnole & L'Enfant et les sortilèges à Glyndebourne



Retrouvez la biographie de Maurice Ravel sur le site de notre partenaire Symphozik.info

Jean-Claude Lanot

Suppléments du DVD

Le metteur en scène Laurent Pelly.En stéréo DD. Les sous-titres du programme principal s'activent en fonction du choix dans le menu et de la langue exprimée à l'écran.


Deux documentaires, chacun sur un opéra, réalisés par Karen McCallion avec beaucoup d’intelligence sont proposés en support des deux œuvres de Ravel. Discovering L'Heure espagnole et L'Enfant et les sortilèges - Realising the dream…, sans plonger dans la lourde biographie ou le reportage chronologique de base, nous apprennent beaucoup de choses sur l’œuvre, des détails d’orchestration et de mise en scène mais aussi des clins d’œil qui permettent vraiment d’écouter l’œuvre autrement. Quelques plans permettent d'être spectateur des répétitions ludiques de Laurent Pelly et le chef d'orchestre Kazushi Ono participe à ce bon support pédagogique. (23' au total)

 

 

Bande-annonce du DVD

Critique Images et Son du DVD

Images

La Haute Définition d'origine témoigne de fort belles qualités sur ce DVD. À commencer par de très nombreux détails sur les plans moyens et rapprochés, lesquels permettent d'apprécier la finesse des décors et costumes de cette production. Les plans larges perdent toutefois cette précision que le Blu-ray de ce programme conserve avec éclat. Ces images, en revanche, affichent parfaitement la richesse des couleurs des deux opéras et la subtilité des carnations des artistes. L'équilibre de la reproduction s'appuie sur des contrastes naturels néanmoins assez marqués sur certains plans et l'ensemble dégage une énergie visuelle qui véhicule parfaitement celle du plateau.

Son

La piste stéréo propose un bon rapport entre la fosse et la scène. L'orchestre s'exprime avec une certaine brillance, tandis que les voix, au devant, font preuve de relief et de présence. La dynamique est confortable et les basses sont assez présentes. Toutefois l'encodage Dolby Digital, s'il permet une reproduction percutante, ne constitue pas le meilleur choix quant au respect des timbres et des harmoniques. D'où une reproduction un peu plus rentre-dedans que fine.
Le mixage multicanal bénéficie en revanche de la subtilité du DTS - bien que seulement mi-débit ici -, ce qui permet néanmoins une diffusion globalement plus musicale et surtout davantage respectueuse des timbres. L'orchestre occupe bien plus efficacement la scène avant et le caisson de graves permet aux basses une expression à la fois plus ronde et plus précise, laquelle dynamise l'ensemble. Les voix des chanteurs bénéficient d'une meilleure projection, ce qui accentue l'aspect vivant de la reproduction. Enfin, les enceintes arrière, mixées avec soin, aèrent l'écoute et projettent le spectateur dans une acoustique de théâtre qui apporte un plus indéniable au visionnage.

Note technique : 9/10

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