DVD Jaquette de : Hippolyte et Aricie (Opéra de Paris, 2012)

Distribution

Interprètes
  • Topi Lehtipuu
    Hippolyte
  • Anne-Catherine Gillet
    Aricie
  • Stéphane Degout
    Thésée
  • Sarah Connolly
    Phèdre
  • Jaël Azzaretti
    L'Amour
  • Salomé Haller
    Oenone
  • Marc Mauillon
    Tisiphone
  • Aurélia Legay
    Grande Prêtresse de Diane/Une Chasseresse
  • François Lis
    Pluton/Jupiter
  • Aimery Lefèvre
    Arcas/Deuxième Parque
  • Andrea Hill
    Diane
  • Nicholas Mulroy
    Première Parque
  • Manuel Nunez Camelino
    Mercure
  • Jérôme Varnier
    Neptune/Troisième Parque
  • Sydney Fierro
    Un Chasseur
  • Chœur du Concert d'Astrée
Mise en scène
Ivan Alexandre
Chorégraphie
Natalie Van Parys
Orchestre
Le Concert d'Astrée
Chef d'orchestre
Emmanuelle Haïm
Réalisation
Olivier Simonnet
Origine
Opéra Garnier
Année
2012

Informations techniques

Durée
175'
Nombre de disques
1
Zone/Région
Zone ALL
Éditeur
Erato
Distributeur
Warner Classics
Date de sortie
20/10/2014

Vidéo

Couleurs/N&B
Couleurs
Format images
1.78
Codec/Standard vidéo
NTSC

Audio

Version(s) sonore(s)
5.1 DD
Stéréo PCM
Sous-titres
•  Anglais
•  Français

Hippolyte et Aricie (Opéra de Paris, 2012) DVD

Note générale : 8/10

Jean-Philippe Rameau

Opéra


Reprise d’une production présentée en 2009 au Capitole de Toulouse, déjà à l’initiative de Nicolas Joel, cet Hippolyte et Aricie entrait en 2012 au répertoire de l’Opéra national de Paris. La mise en scène faussement historiciste signée Ivan Alexandre prenait possession du Palais Garnier et, dans la fosse, Emannuelle Haïm dirigeait Le Concert d’Astrée tandis que, sur scène, Anne-Catherine Gillet, Topi Lehtipu, Stéphane Degout et Sarah Connolly donnaient voix à l'opéra de Jean-Philippe Rameau. Olivier Simonnet a réalisé la captation de ce spectacle paru en DVD chez Erato. Pas de Blu-ray prévu chez l'éditeur pour le moment, malgré le luxe des costumes de Jean-Daniel Vuillermoz qui mériteraient amplement le support Haute Définition.

 

Scène d'<i>Hippolyte et Aricie</i> mis en scène par Ivan Alexandre au Palais Garnier.

 

Jaël Azzaretti chante le rôle de l'Amour dans <i>Hippolyte et Aricie</i>L’arrivée de Jean-Philippe Rameau dans le monde de l’opéra, et plus précisément de la tragédie lyrique, n’est pas anodine. En effet, le compositeur a pris son temps afin d’être prêt à marquer l’Histoire de la Musique, et c’est à l’âge de 50 ans qu’il entreprend l’écriture de son premier ouvrage lyrique. Quelque 123 représentations d’Hippolyte et Aricie jalonneront la vie de Rameau et témoigneront du succès de cette œuvre dont on ne sait que louer en priorité. De fait, l'œuvre fait état de manière éloquente de la science que le compositeur a construite et accumulée pendant des années, science confirmée par une production considérable d’ouvrages théoriques dont le fameux Traité de l’Harmonie, notamment à travers des numéros inoubliables comme le fabuleux deuxième "Trio des Parques", à l’écriture enharmonique particulièrement audacieuse. Mais l'ouvrage n’en comporte pas moins de purs moments d’émotion, faisant alterner les Actes sensibles (impairs) et ceux plus spectaculaires (pairs).

 

François Lis interprète le double-rôle de Pluton/Jupiter dans <i>Hippolyte et Aricie</i> à l'Opéra de Paris.

 

Le metteur en scène Ivan Alexandre connaît bien la musique baroque pour avoir beaucoup écrit à son propos. Il connaît sa grammaire, mais également, de par son passé de critique, les écueils que peuvent rencontrer ses interprètes. Il sait aussi toute l’importance de la cohérence entre la musique et la mise en scène, mais également les limites des approches par trop historicistes. Et la lecture qui en résulte montre à quel point il a intégré la grammaire scénographique baroque, que ce soit en termes de décors (esthétique, changements à vue), de costumes, de gestique et de chorégraphie. Il se pose ainsi en grand connaisseur, mais en rien en imitateur, et l'on ne peut qu’admirer comment chaque détail, chaque expression, se manifeste au service du drame, mais également avec quelle subtile imagination il a glissé mille petites touches très actuelles qui apportent esprit et actualité à sa vision. Le meilleur exemple en est sa représentation très troublante des Parques, ou encore celle, délicieusement terre à terre et pleine d’humour, de L’Amour.
La connaissance exhaustive de la partition permet au metteur en scène de proposer une scénographie qui respecte l'écriture et en exalte toute la théâtralité. Et réciproquement, on ressent côté musiciens, cette même adéquation avec la mise en scène.

 

Topi Lehtipuu (Hippolyte) et Sarah Connolly (Phèdre) dans <i>Hippolyte et Aricie</i> mis en scène par Ivan Alexandre.

 

Stéphane Degout (Thésée) et Marc Mauillon (Tisiphone).Il est vrai que cette production ne manque pas d’allure et la direction altière d’Emmanuel Haïm n’y est pas pour rien. Néanmoins, c’est précisément du côté de la musique que le ressenti est plus contrasté. Emmanuelle Haïm est familière du Grand Siècle, a fortiori pour en avoir assuré le continuo sous la direction de William Christie. Mais sa direction possède les défauts de ses qualités. Son extrême rigueur et son respect farouche du texte lui permettent de négocier sans problème certains numéros ardus au contrepoint dangereux, comme les grands ensembles de l’Acte II. Plus généralement, la mise en place de l’ensemble de l’ouvrage impressionne par sa qualité. Mais cette même rigueur prive radicalement l’œuvre du souffle théâtral qui aurait fait de cette version une référence.

 

Anne-Catherine Gillet très applaudie à l'issue d'une représentation d' <i>Hippolyte et Aricie</i> au Palais Garnier en juin 2012.

 

Même ambivalence du côté des chanteurs. Anne-Catherine Gillet campe une Aricie d’une grâce infinie, illuminant une technique ad hoc d’une tendre élégance. Le Thésée de Stéphane Degout ne manque pas non plus d’impressionner par son charisme, son incarnation puissance et précise à la fois. De même, Marc Mauillon ravit par son interprétation de Tisiphone, faisant de ce personnage infernal secondaire l’un des grands moments de cette production. En jouant à l’envi sur le timbre, l’articulation et le mouvement, le baryton montre une maîtrise que n’égale que le plaisir visible de l’artiste à jouer ce rôle.
À l’inverse, l’interprétation de Topi Lehtipuu déçoit. Non qu’elle souffre de gros défauts, si ce n’est une prononciation parfois hasardeuse. Mais le ténor ne parvient pas à donner de relief à Hippolyte, tant à cause d’un continuo par trop littéral qu’en raison d'un souci évident de respecter la grammaire au détriment de la musique. Plus décevantes encore sont la Diane approximative d’Andrea Hill ou la Phèdre excessive voire caricaturale de Sarah Connolly, qui fait presque pièce rapportée dans cette production.

 

Applaudissements pour <i>Hippolyte et Aricie</i> au Palais Garnier en 2012.

 

En tant que document, cette version trouvera sa place dans toute discothèque ramélienne qui se respecte. Mais, si le baroque français est canalisé par sa passion de l’ordre, la sévérité de la présente direction musicale désincarne des héros que la mise en scène avait pourtant merveilleusement soignés, et cet Hippolyte et Aricie étouffe le cœur pour n’être malheureusement que raison…

À noter : Le DVD 1 contient le Prologue et les Actes I et II (85’20) ; Le disque 2 propose les Actes III, IV et V (89’18).

Jean-Claude Lanot

Suppléments du DVD

Aucun, et c'est bien dommage !

Bande-annonce du DVD

Critique Images et Son du DVD

Images

Les gros plans affichent de magnifiques détails qui permettent d’apprécier le soin apporté aux costumes de la production, mais la précision s’amenuise au fur et à mesure que les plans deviennent larges pour aboutir à des images manquant singulièrement de précision et de piqué. C’est là la limite du support DVD, et il faudra s’en contenter dans la mesure où Erato n’a pas édité de Blu-ray de ce programme qui le mérite pourtant haut la main sur le plan pictural. La profondeur des contrastes varie selon les scènes et navigue entre un relief magnifique et une plus grande platitude. La lumière est le plus souvent magnifique et la colorimétrie rend au mieux la délicatesse des teintes de la production.

Son

La piste stéréo, bien mixée et assez large, trouve un bon compromis entre la fosse et la scène. Le continuo reste constamment lisible et les timbres des voix sont toujours bien rendus. La dynamique est honnête et l’ensemble s’écoute avec plaisir en dépit de l’encodage Dolby Digital peu subtil.
Le mixage multicanal accentue de façon spectaculaire la présence vocale jusqu'à générer une illusion de scène à l’avant. Un véritable relief s’installe et l’image stéréo se creuse et ajoute de la profondeur à la restitution. Le caisson de basses donne de l’ampleur au bas du spectre et, à l’arrière, les canaux surround accentuent l’aération de l’ensemble. Enfin, les contrastes dynamiques sont bien mieux rendus. Mais, là encore, on regrettera l'absence d'un encodage DTS qui aurait garanti plus de subtilité là où le démonstratif est quelque peu trop accentué pour rester entièrement musical.

Note technique : 8/10

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Mots-clés

Anne-Catherine Gillet
Hippolyte & Aricie
Ivan Alexandre
Jean-Philippe Rameau
Manuel Nunez Camelino
Marc Mauillon
Opéra Garnier
Opéra national de Paris
Sarah Connolly
Stéphane Degout
Topi Lehtipuu

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