Blu-ray Jaquette de : Puccini : Le Triptyque (Teatro Comunale di Modena, 2007)

Distribution

Interprètes
  •      IL TABARRO
  • Alberto Mastromarino
    Michele
  • Amarilli Nizza
    Giorgetta
  • Rubens Pelizzari
    Luigi
  • Alessandro Cosentino
    Il Tinca
  • Alessandro Spina
    Il Talpa
  • Annamaria Chiuri
    La Frugola
  • Roberto Carli
    Un Venditore…
  • Chiara Moschini
    Un Amante
  • Alessandra Cantin
    Voce di sopranino
  •      SUOR ANGELICA
  • Amarilli Nizza
    Suor Angelica
  • Annamaria Chiuri
    La Zia Principessa
  • Elisa Fortunati
    La Badessa
  • Katarina Nikolic
    La Maestra delle novizie
  • Paola Leveroni
    La Suora zelatrice
  • Paola Santucci
    Suor Genovieffa
  • Alice Molinari
    Suor Osmina
  • Camilla Laschi
    Suor Dolcina
  • Alessandra Caruccio
    La Suora infermiera
  • Alessandra Cantin
    Una Novizia
  • Paola Leggeri
    Prima Cercatrice
  • Margherita Pistoni
    Seconda Cercatrice
  • Tiziana Tramonti
    Prima Conversa
  • Beatrice Sarti
    Seconda Conversa
  • Dan-I Kuo
    Prima Suorina
  • Alice Molinari
    Seconda Suorina
  • Chiara Moschini
    Terza Suorina
  •      GIANNI SCHICCHI
  • Alberto Mastromarino
    Gianni Schicchi
  • Amarilli Nizza
    Lauretta
  • Annamaria Chiuri
    Zita
  • Andrea Giovannini
    Rinuccio
  • Alessandro Cosentino
    Gherardo
  • Tiziana Tramonti
    Nella
  • Grigorij Filippo Calcagno
    Gherardino
  • Maurizio Lo Piccolo
    Betto di Signa
  • Alessandro Spina
    Simone
  • Mirko Quarello
    Marco
  • Katarina Nikolic
    La Ciesca
  • Gian Luca Ricci
    Maestro Spinelloccio
  • Alessandro Busi
  • Romano Franci
  • Antonio Manosperti
  • Coro Lirico Amadeus Teatro Comunale di Modena
  • Coro di Voci Bianche Teatro Comunale di Modena
Mise en scène
Cristina Pezzoli
Orchestre
Orchestra della Fondazione Arturo Toscanini
Chef d'orchestre
Julian Reynolds
Réalisation
Loreena Kaufmann
Origine
Teatro Comunale di Modena
Année
2007

Informations techniques

Durée
188'
Nombre de disques
1
Zone/Région
Région ALL
Éditeur
Arthaus Musik
Distributeur
Harmonia Mundi
Date de sortie
29/06/2012

Vidéo

Couleurs/N&B
Couleurs
Format images
1.78
Codec/Standard vidéo
AVC
Résolution vidéo
1080i

Audio

Version(s) sonore(s)
7.1 DTS HD Master Audio
Stéréo PCM
Sous-titres
•  Allemand
•  Anglais
•  Espagnol
•  Français
•  Italien

Puccini : Le Triptyque (Teatro Comunale di Modena, 2007) Blu-ray

Il Trittico

Tutti ovation

Note générale : 10/10

Giacomo Puccini

Opéra


Au même titre que La Rondine ou La Fanciulla del West, Il Trittico (Le Triptyque) ne fait pas partie des œuvres lyriques les plus connues de Giacomo Puccini. Nous sommes donc particulièrement heureux d'accueillir dans nos colonnes cette version antérieure à l'excellent Trittico de Covent Garden dirigé par Antonio Pappano, laquelle représente une saine alternative. Enregistrée au Teatro Comunale de Modène en 2007, elle mérite même toute notre attention tant le point de vue scénique retenu, que certains partis pris vocaux et même la direction d'orchestre, proposent une orientation parfois diamétralement opposée à la production du Royal Opera House.

À noter : Ce Triptyque de Puccini est une ancienne référence TDK rééditée en Blu-ray et DVD par Arthaus Musik.

Alberto Mastromarino (Michele) et Amarilli Nizza (Giorgetta) dans <i>Il Tabarro</i>.  © Rolando Paolo Guerzoni

 

Rubens Pelizzari interprète le rôle de Luigi dans <i>Il Tabarro</i>.Les trois opéras qui constituent ce Triptyque de Puccini - Il Tabarro (La Houppelande), Suor Angelica (Sœur Angélique) et Gianni Schicchi -, dernière œuvre complète avant Turandot inachevé par le compositeur, ne sont qu'en apparence trois pièces différentes. L'étroitesse chronologique dans laquelle furent écrits ces courts opéras (1916, 1917 et 1918) ainsi que l'unité stylistique musicale et thématique - la mort - permet de les apprécier dans la continuité avec aisance. L'écriture d'orchestre fourmille en effet de détails naturalistes savoureux, tels les clapotis de la Seine, les scintillements de l'eau de la fontaine, les tintements de cloches au loin, l'imagerie animalière ou l'imitation d'un orgue de Barbarie qui n'est pas sans rappeler celui de Petrouchka de Stravinsky. On l'aura compris, il s'agit là bien davantage que d'accompagner une distribution vocale : le Triptyque est une merveille musicale pure qui possède une vie presque indépendante des parties vocales qu'elle accompagne pourtant.
Annamaria Chiuri dans (Frugola) dans <i>Il Tabarro</i>.Par conséquent, au chef d'orchestre incombe une lourde responsabilité dans cette véritable peinture musicale. Certes, Julian Reynolds n'est pas Antonio Pappano pas plus que l'orchestre de la fondation Arturo Toscanini n'est l'Orchestre du Royal Opera House (Le Tripyque Opus Arte), mais on appréciera cette production de Modène pour son niveau musical exempt de faute de goût et un bel intérêt donné aux pupitres solistes de la fosse d'orchestre. Un orchestre traité dans la retenue.

Sur le plan visuel, on notera quelques discrets effets issus directement des techniques d'écriture classiques du cinéma, lesquels viennent varier les angles de prises de vues de cette captation : plans en caméra subjective, caméra sur l'épaule pour quelques gros plans, fondus enchaînés. Ceci nous amène à nous pencher sur l'aspect scénographique, qui constitue une différence avec le Trittico du Royal Opera House. Dans la version londonienne, Richard Jones avait innové en transposant Suor Angelica et Gianni Schicchi dans les années 1950-60… Avec la présente mise en scène signée Cristina Pezzoli, on reste beaucoup plus proche d'une époque contemporaine à l'action - début du XXe siècle pour La Houppelande, fin du XVIIe siècle pour Sœur Angélique - hormis pour Gianni Schicchi qui se rattache nettement au XIXe siècle en lieu et place de la renaissance italienne. Mais le travail d'éclairage élaboré par Cesare Accetta est tellement bien mené qu'on en oublie ce que les livrets originaux pourraient imposer…

 

Rubens Pelizzari (Luigi) et Amarilli Nizza (Giorgetta) dans <i>Il Tabarro</i> de Puccini à Modène en 2007.

 

Dans Il Tabarro, les lumières évoluent parallèlement au déroulement temporel et passent du crépuscule orangé à la nuit aux ombres portées inquiétantes écrites par le brasero contre la voûte du pont, le tout dans un tableau couleur sépia très pictural. Le choix de ce cadre renforce par ailleurs l'aspect oppressant de l'action. Dans Suor Angelica, l'idée d'enfermement est suggérée au travers d'une architecture monastique lourde, toute en grisaille, rythmée par des changements de mobiliers et d'éléments architecturaux mobiles. Là encore, des lumières chaudes viennent adoucir par moments la dureté des lignes verticales. Enfin, ces mêmes composantes architecturales religieuses constituent le fond du décor de Gianni Schicchi, modulé par d'autres éléments mobiliers significatifs du lieu.

 

Costumes de Gialuca Falaschi pour <i>Gianni Schicchi</i>.

 













 

Mais, plus encore que le décor, c'est bien l'art du costume de Gianluca Falaschi qu'il faut saluer ici. Quelle inventivité au service des acteurs et pour le plaisir de nos yeux que ces invraisemblables tenues ! Il Tabarro nous donne en prélude un avant-goût de ce qui, dans la bouffonnerie finale de Gianni Schicchi éclatera grâce à l'imagination fertile du costumier. Un régal en forme de conclusion extravagante qui rappelle par instants les folles projections ludiques et imaginaires de l'univers enchanté d'un conte pour enfants à la Lewis Carroll. Et c'est la mezzo-soprano Annamaria Chiuri qui sera ainsi la mieux "mise en valeur". Par sa présence, elle ravira pour ainsi dire la vedette à la soprano principale. De fait, au sein d'un tel univers, les chanteurs doivent trouver leur place au milieu de décors signifiants et savoir évoluer dans des tenues pour le moins extravagantes.

 

<i>Suor Angelica</i> mis en scène par Cristina Pezzoli au Teatro Comunale di Modena.

 

Il Tabarro se montre assez statique. La lenteur des déplacements suggère la chaleur étouffante et le fardeau d'un travail écrasant de fatigue. La jalousie, le remords, la tromperie et le poids du passé - des thématiques que l'on retrouve parsemées dans le Triptyque - condamnent en effet l'agitation. Cette idée de statisme est reprise en partie dans Suor Angelica pour décrire la stérilisante vie des religieuses, pour lesquelles tout désir doit être normalement aboli. Dans Gianni Schicchi, bien au contraire, l'agitation est de mise, et chacun s'active ou se fige de façon à former de véritables tableaux satiriques. Là encore, la mise en scène presque picturale de certaines compositions mérite qu'on s'y arrête !

 

<i>Gianni Schicchi</i> de Puccini mis en scène par Cristina Pezzoli à Modène.

 

Amarilli Nizza (Lauretta) et Alberto Mastromarino (Gianni Schicchi) dans <i>Gianni Schicchi</i>.  © Rolando Paolo GuerzoniLa distribution vocale réunie autour de Julian Reynolds se hisse à un très bon niveau global. Pourtant, trois figures marquantes émergent de ce plateau.
Tout d'abord la soprano Amarilli Nizza. Curieusement, le postulat de base semble être, pour elle comme pour les autres chanteurs, d'éviter tout excès expressionniste, tout vérisme abusif. La soprano lyrique italienne possède une voix, du volume et de la tenue de son, cela ne fait aucun doute. Mais son effondrement en découvrant la mort de son amant, son suicide au couvent ou son amour à défendre vis-à-vis de son père ne sont nullement utilisés comme autant de moyens d'en rajouter dans la surenchère lacrymale. On appréciera ou non, mais l'optique se défend dans une expression musicale modérée qui fait souvent défaut au rendu stylistique des opéras de Puccini. Il sera donc possible de trouver son chant assez froid dans le très attendu "Senza mamma, o bimbo, tu sei morto" de Suor Angelica, ou encore dans le "O mio babbino caro" de Gianni Schicchi, étrangement décalé vers le tragi-comique. Les grands élans dramatiques dont sont parés ces airs fameux ne sont aucunement de mise ici, et chacun pourra apprécier à sa manière cette optique pour le moins surprenante.
Annamaria Chiuri, nous l'avons dit, se démarque franchement de la distribution par ses costumes extravagants. Mais ceci n'empêche aucunement la mezzo-soprano de tirer son épingle du jeu dans les diverses tenues qu'elle arbore sur scène : clocharde invraisemblable issue d'un film de Jean-Pierre Jeunet, figure puissante d'ange de la mort glacial surmonté d'un chapeau-corbeau, et autre tante envieuse rongée par l'avarice…

Alberto Mastromarino dans <i>Gianni Schicchi</i>.Enfin, le baryton Alberto Mastromarino met en avant une stature physique imposante qui, paradoxalement, bien que parfaitement à l'aise dans le personnage rongé de jalousie et meurtrier de Michele, est en décalage avec sa prestation vocale qui manque quelque peu d'ampleur. Mais il se montre excellent dans la peau du bouffon profiteur Gianni Schicchi. Son timbre s'épanouit alors, gagne en couleurs et en puissance. Lorsqu'il joue sur le registre comique en contrefaisant le mort, Alberto Mastromarino parvient à s'affirmer sur le plateau malgré les nombreuses allées et venues. Le reste des distributions se montre parfaitement bien choisi. On remarquera en outre le ténor Rubens Pelizzari, à la voix claire et bien sonnante, qui forme un beau couple avec Amarilli Nizza dans Il Tabarro.



Loin de constituer une fausse concurrence aux versions déjà existantes dans le sens d'une redite ou d'une pâle copie, cette production du Triptyque enregistrée au Teatro Comunale de Modène met en valeur des éléments musicaux inattendus et plutôt bienvenus, ainsi qu'une recherche d'effets visuels tout à fait dignes d'intérêt. Un bon point pour remettre sur le devant de la scène ce Triptyque de Puccini qui n'aurait toutefois jamais dû passer derrière…



À noter : Pour ses qualités techniques servant au mieux la restitution visuelle et sonore de cette production, nous attribuons un Tutti Ovation à ce Blu-ray.

 

 

Lire le test du DVD Il Trittico de Puccini mis en scène par Cristina Pezzoli



Retrouvez la biographie de Giacomo Puccini sur le site de notre partenaire Symphozik.info

Nicolas Mesnier-Nature

Suppléments du Blu-ray

Aucun.

Bande-annonce du Blu-ray

Critique Images et Son du Blu-ray

Images

La finesse des éclairages créés par Cesare Accetta trouve dans ce master Haute Définition un écrin susceptible de rendre à l'image aussi bien les contre-jours que les faibles lumières inquiétantes ou intimistes sans perdre une once de précision. En plan rapproché, les matières sont splendidement affichées, et sur les plans généraux la définition pointue permet au regard de se promener. Une superbe colorimétrie s'allie à de probants contrastes pour un magnifique rendu au service de l'expression picturale.

Son

La piste stéréo - absente du DVD de ce programme - offre un bon équilibre entre le plateau et la fosse. Les voix s'exposent avec un certain relief et la lisibilité est bonne, tandis que les différents pupitres expriment des couleurs tout à fait intéressantes. Une certaine profondeur s'invite même lorsque le chœur intervient au lointain.
Le mixage multicanal est réalisé en 7.1 (compatible 5.1), choix très rare dans l'édition vidéo classique. Aux 3 enceintes de la scène avant, répondent ainsi 2 enceintes surround et 2 haut-parleurs arrière placés derrière le spectateur. Cette configuration place le spectateur dans une diffusion musicale qui l'englobe de façon très sensible en le transportant dans une acoustique de théâtre. La réverbération de l'ensemble participe à cette sensation d'immersion. Les voix ressortent parfaitement à l'avant d'un orchestre qui respire et s'étoffe latéralement pour servir au mieux la riche orchestration puccinienne. La scène avant se creuse et gagne un surprenant relief. Enfin, le caisson de basses apporte rondeur et puissance aux graves, faisant de cette restitution multicanale une totale réussite.

 

Note technique : 10/10

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Mots-clés

Alberto Mastromarino
Alessandro Cosentino
Amarilli Nizza
Andrea Giovannini
Cristina Pezzoli
Giacomo Puccini
Julian Reynolds
Le Triptyque
Rubens Pelizzari

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