DVD Jaquette de : Otello (Salzbourg 2008) - Réédition

Distribution

Interprètes
  • Aleksandrs Antonenko
    Otello
  • Marina Poplavskaya
    Desdemona
  • Carlos Alvarez
    Jago
  • Barbara Di Castri
    Emilia
  • Stephen Costello
    Cassio
  • Antonello Ceron
    Roderigo
  • Mikhail Petrenko
    Lodovico
  • Simone Del Savio
    Montano
  • Andrea Porta
    Un araldo
Mise en scène
Stephen Langridge
Chorégraphie
Philippe Giraudeau
Orchestre
Wiener Philharmoniker
Chef d'orchestre
Riccardo Muti
Réalisation
Peter Schönhofer
Origine
Festival de Salzbourg
Année
2008

Informations techniques

Durée
143'
Nombre de disques
1
Zone/Région
Zone ALL
Éditeur
C Major
Distributeur
Harmonia Mundi
Date de sortie
25/06/2013

Vidéo

Couleurs/N&B
Couleurs
Format images
1.78
Format vidéo
16/9 compatible 4/3
Codec/Standard vidéo
NTSC

Audio

Version(s) sonore(s)
5.1 DTS mi-débit
Stéréo PCM
Sous-titres
•  Allemand
•  Anglais
•  Chinois
•  Coréens
•  Espagnol
•  Français
•  Italien
•  Japonais

Otello (Salzbourg 2008) - Réédition DVD

Note générale : 10/10

Giuseppe Verdi

Opéra


Cet Otello enregistré lors du Festival de Salzbourg 2008 avait déjà fait l'objet d'une parution sous label C Major en 2010. Rhabillé pour trouver place parmi l'intégrale Tutto Verdi de l'éditeur, il nous permet de renouer avec cette excellente version du grand opéra de la maturité de Verdi. Aleksandrs Antonenko, Marina Poplavskaya et Carlos Alvarez sont soutenus par le Wiener Philharmoniker dirigé par un Riccardo Muti en grande forme…

<i>Otello</i> mis en scène par Stephen Langridge à Salzbourg en 2008.  © Silvia Lelli

 

À noter : Cet Otello avait été critiqué par Tutti-magazine lors de sa première sortie, également chez C Major, en avril 2010. Vous trouverez ICI le regard différent d'un autre collaborateur de la rédaction sur la même captation.
Toutefois, la nouvelle édition propose une piste multicanale encodée en DTS mi-débit alors que la première ne bénéficiait que du Dolby Digital, moins subtil. Enfin, la première édition était accompagnée par un riche making-of de 20' axé sur la production et 2 bandes-annonces, remplacés dans la nouvelle par un unique court sujet formaté pour la collection Tutto Verdi et bien moins informatif.


Aleksandrs Antonenko (Otello) et Marina Poplavskaya (Desdémone) dans <i>Otello</i> lors du Festival de Salzbourg 2008.  © Silvia LelliAchevé 15 ans après Aida, Otello est l'avant-dernier opéra de Giuseppe Verdi. À plus de 70 ans le compositeur signe avec cet ouvrage un véritable chef-d'œuvre dans lequel il parvient à se renouveler en fusionnant les traditions italiennes et allemandes, mais aussi en modernisant son écriture tout en sachant garder un pied dans la tradition. Le traitement particulièrement dense et raffiné de l'orchestre en fait un élément à part entière bien loin du simple accompagnement qui a prévalu dans ses opéras durant une bonne moitié de sa carrière. L'écriture vocale, quant à elle, nécessite les plus grands interprètes non seulement pour les trois rôles principaux - Otello, Desdémone et Iago - mais également pour servir les personnages plus secondaires comme Emilia, Cassio ou Roderigo.


Pour être exceptionnelle, la distribution doit donc réunir de nombreux éléments de haut niveau, et non seulement pour les rôles de premier plan. C'est peut-être une des raisons pour lesquelles cet ouvrage est moins souvent proposé dans les salles d'opéras et à l'enregistrement que d'autres ouvrages qui ont assuré mondialement la popularité de Verdi. C'est sans doute aussi la cause d'une espèce d'accaparement générationnel du rôle d'Otello par des stars internationales de la scène lyrique. On peut citer à cet effet Jon Vickers qui chanta ce rôle des centaines de fois, et Placido Domingo qui incarna Otello pendant 25 ans.

 

Carlos Alvarez (Iago) et Aleksandrs Antonenko.  © Silvia Lelli







Capté en 2008 lors du Festival de Salzbourg, cet Otello dirigé par Riccardo Muti parvient à satisfaire pleinement nos oreilles et nos yeux malgré l'économie intentionnelle de la mise en scène de Stephen Langridge.

Le ténor letton Aleksandrs Antonenko assure avec brio le renouvellement du rôle principal et met en avant les multiples possibilités expressives de sa tessiture dans le but de servir un caractère violent, mentalement instable et miné par la jalousie. La progression du venin distillé par Iago qui le conduira à la folie meurtrière puis à la rédemption inutile est parfaitement portée par le visage expressif du chanteur. Regard noir, bouche voluptueuse, stature puissante, Antonenko développera successivement en nous exaltation (son arrivée), indignation (ses jugements à l'emporte-pièce), passion (déclaration amoureuse), répugnance (sa faiblesse) et incompréhension (sa jalousie maladive, son meurtre). La voix aisément puissante et nuancée lui permet de jouer avec les sentiments les plus confus, centrés autour de la dialectique amour-haine. Sans aucune faiblesse ni aucune baisse de tension, sa performance reste intacte et naturelle d'un bout à l'autre de l'œuvre et nous permet d'affirmer que nous tenons là une brillante relève face aux peu nombreux prédécesseurs qui se sont illustrés dans le rôle d'Otello.

 

Carlos Alvarez (Iago), Aleksandrs Antonenko (Otello) et Marina Poplavskaya (Desdémone) dans <i>Otello</i> à Salzbourg.  © Silvia Lelli

 

Face à cette présence écrasante, il fallait une Desdémone apte à constituer l'équivalent féminin d'Otello. Or c'est encore du côté slave que nous trouvons une héroïne à la hauteur de nos espérances en la soprano Marina Poplavskaya. L'aspect plutôt froid qu'elle dégageait dans le rôle d'Élisabeth de Valois de Don Carlo enregistré à Covent Garden la même année que cet Otello est heureusement dépassé ici pour laisser place à l'expression de différentes émotions : amoureuse, passionnée, compatissante, fragile, bafouée, terrorisée et finalement abandonnée, suppliante et victime innocente. Plusieurs gros plans saisissants soulignent les différentes expressions que la soprano russe prête à son personnage. L'interprète imprime une grande vérité à ses regards et à des comportements parfaitement en situation. Quant à la voix, elle parvient à exprimer ces états tout aussi naturellement que son impressionnant partenaire et ne faiblit jamais. La grande prière finale du début de l'Acte IV durant laquelle Desdémone occupe quasiment seule quinze minutes de chant émeut au plus haut point. Les tenues de Marina Poplavskaya sont magnifiques et des pianissimi opalescents anticipent véritablement la destinée funeste de Desdémone.

 

Marina Poplavskaya interprète le rôle de Desdémone.  © Silvia Lelli

 

Le Iago de Carlos Alvarez transpire la noirceur sans limite et pathologique qui structure ce personnage à l'origine de la sombre tragédie humaine. Expert ès manipulations, jaloux qui répand la jalousie, son Iago vocal dessine le personnage avec là encore une grande maîtrise. On avait déjà trouvé chez Carlos Alvarez une grande aisance dans le rôle somme toute assez proche de Don Carlo di Vargas dans La Force du Destin à Vienne en 2008, disponible également en Blu-ray et DVD chez C Major [Faire lien]. L'interprète agit et chante ici en parfaite symbiose avec ses deux partenaires. Voix sombre et timbre ourlé de toutes les intentions malfaisantes incarnent sans caricature et avec une très bonne tenue de son celui par qui le malheur arrive.

Aux côtés des trois rôles écrasants, soulignons la réussite de la distribution des personnages secondaires. Ces rôles, négligés dans bien des productions, sont ici attribués à des chanteurs qui, tous, participent à la réussite vocale totale de cet Otello. Retenons en particulier le rôle de Cassio dévolu à Stephen Costello dont la voix de ténor léger exprime à merveille l'insouciance et la fragilité convenant au personnage.

 

Scène finale d'<i>Otello</i> avec Aleksandrs Antonenko et Marina Poplavskaya à Salzbourg en 2008.  © Silvia Lelli

 

La mise en scène nous empêche toutefois de donner à cette belle captation le label Tutti Ovation que nous aurions bien volontiers accordé au plan vocal. En effet, il est bien difficile d'accepter tel quel le trop grand contraste exprimé entre la richesse des costumes d'époque de la renaissance shakespearienne et la nudité des éléments scénographiques qui les entourent. Hormis la permanence d'une énorme épée plantée au sol sur le devant de la scène, laquelle synthétise à elle seule tous les sentiments antinomiques traversant les personnages, ainsi que la brisure marquée au sol semblable à une fêlure mentale, le reste ne présente guère d'intérêt. L'ensemble, qui plus est, baigne dans une ambiance volontairement sombre, ce qui ne permet pas de porter une attention particulière. En outre, étendre sur le sol un grand tissu et placer une bougie en guise de couche nuptiale et fatale s'avère tout de même un peu facile.

Ces quelques réserves ne nous empêchent toutefois pas de trouver en cet Otello un des meilleurs spectacles de l'édition Tutto Verdi de C Major parue à l'occasion du bicentenaire de la naissance du compositeur. Ceci d'autant que Riccardo Muti dirige avec maestria l'orchestre de luxe nécessaire à la bonne tenue de l'incroyable richesse orchestrale de l'avant-dernier chef-d'œuvre de Verdi avant Falstaff. Riccardo Muti libère autant la puissance de la partition que sa douceur, à l'image de Desdémone et Otello…


Lire le test du Blu-ray Otello enregistré à Salzbourg en 2008

Retrouvez la biographie de Giuseppe Verdi sur le site de notre partenaire Symphozik.info

Nicolas Mesnier-Nature

Suppléments du DVD

En italien ou anglais stéréo DD :
- Courte introduction historique à Otello et survol du livret sur fond d’intéressants documents historiques et d’extraits de la production. (10’49)

 

Critique Images et Son du DVD

Images

Les couleurs semblent rendre justice aux partis pris de la production. L’usage de fumigène sur scène permet de porter la lumière des projecteurs mais donne à l’affichage une impression quelque peu laiteuse qui dilue la précision. Les gros plans s’en tirent bien mieux au niveau des détails que les plans moyens et larges qui manquent de piqué et de définition. La qualité des contrastes varie hautement en fonction des scènes mais reste dans la bonne moyenne. En revanche, certains plans sont de toute beauté. Le Blu-ray de cette captation propose, lui, un rendu objectivement constant et qualitatif.

Son

Le mixage stéréo, à peu près bien équilibré entre voix et orchestre paraît un peu sourd. Les ensembles sont assez confus et cette impression est accentuée dans les forte. La dynamique est globalement honorable mais l’ensemble manque vraiment de clarté.
La piste multicanale apporte un grand relief à la scène avant. L’orchestre devient ample et profond, tandis que les voix gagnent une précieuse présence qui apporte vie à la reproduction. Le caisson de graves, parfaitement mixé, dope la reproduction de ses basses rondes et riches, tandis qu’à l’arrière, les enceintes surround apportent une sensation d’aération qui vivifie la restitution.

Note technique : 7/10

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Mots-clés

Aleksandrs Antonenko
Carlos Alvarez
Festival de Salzbourg
Giuseppe Verdi
Marina Poplavskaya
Otello
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