DVD Jaquette de : L'Orfeo (Scala - 2009)

Distribution

Interprètes
  • Georg Nigl
    Orfeo
  • Roberta Invernizzi
    La Musica, Euridice, Eco
  • Sara Mingardo
    Messaggera, Speranza
  • Luigi de Donato
    Caronte
  • Raffaella Milanesi
    Proserpina
  • Giovanni Battista Parodi
    Plutone
  • Furio Zanasi
    Apollo
  • Nicola Strada
    Solo Dancer
Mise en scène
Robert Wilson
Orchestre
Concerto Italiano - Orchestro of Teatro alla Scala
Chef d'orchestre
Rinaldo Alessandrini
Réalisation
Emanuele Garofalo
Origine
Teatro alla Scala, Milan
Année
2009

Informations techniques

Durée
112'
Nombre de disques
1
Zone/Région
Zone ALL
Éditeur
Opus Arte
Distributeur
DistrArt Musique
Date de sortie
09/02/2011

Vidéo

Couleurs/N&B
Couleurs
Format images
1.78
Format vidéo
16/9 compatible 4/3
Codec/Standard vidéo
NTSC

Audio

Version(s) sonore(s)
5.1 DTS Plein débit
Stéréo PCM
Sous-titres
•  Allemand
•  Anglais
•  Espagnol
•  Français
•  Italien

L'Orfeo (Scala - 2009) DVD

Note générale : 9/10

Claudio Monteverdi

Opéra


En février 1607, L'Orfeo de Claudio Monteverdi est le premier grand opéra, donné à la Cour de Mantoue. En 2009, la Scala en programme la production du metteur en scène Robert Wilson, tandis que le chef baroqueux Rinaldo Alessandrini dirige son Concerto Italiano et l'Orchestre du Théâtre de la Scala. Ce spectacle, enregistré les 21 et 23 septembre, est proposé en DVD et en Blu-ray par le label Opus Arte.

 

Scène de <i>L'Orfeo</i> de Monteverdi à La Scala de Milan en septembre 2009.  Lelli e Masotti © Teatro alla Scala 2009

 

On saluera de prime abord la prestation de l'Orchestre de la Scala et du Concerto Italiano, conduits par Rinaldo Alessandrini, spécialiste du répertoire baroque et pré-baroque - en ce qui concerne L'Orfeo. Dès l'Ouverture et la célèbre Toccata, instruments anciens et basse continue sonnent de remarquable manière. L'énergie du chef est suffisamment forte pour véhiculer l'impression extraordinaire que durent produire les premières mesures de cette Toccata riche d'une orchestration jamais entendue en 1607. De la même façon, de nombreux compositeurs se souviendront de ces "ritornelli", petits intermèdes ou préludes purement orchestraux disséminés au long de l'ouvrage pour aérer la structure narrative, et qui dotent l'ensemble d'une variété alors inédite.
À la fin de l'Acte I, l'ensemble orchestral apporte une nouvelle preuve de la parfaite cohésion tissée entre basse continue, bois, percussions et autres pupitres. Rinaldo Alessandrini maîtrise parfaitement les sonorités émises par la formation, et preuves en seront continuellement apportées, que ce soit au début de l'Acte III, vers la fin de l'Acte IV, ou lorsqu'Orphée se retourne, perdant ainsi Euridice qu'il tente de sortir des Enfers.
Le début de l'Acte V - Orphée revient en Thrace, de retour parmi les vivants - donnera une idée précise de l'aspect novateur de l'extraordinaire orchestration monteverdienne si bien défendue dans la fosse de la Scala. On constatera même, avec surprise, l'utilisation pour le moins étonnante du leitmotiv, schéma d'écriture dont Carl Maria von Weber et surtout Richard Wagner nourriront leurs compositions beaucoup plus tard…

 

Scène de <i>L'Orfeo</i> de Monteverdi mis en scène par Robert Wilson à La Scala de Milan.  Lelli e Masotti © Teatro alla Scala 2009

 

Mais la parfaite restitution instrumentale ne saurait éclipser l'intérêt vocal de cette production de L'Orfeo, que ce soit au niveau des chanteurs solistes ou des chœurs.

Georg Nigl (Orphée) et le danseur Nicola Strada (l'oiseau).  Lelli e Masotti © Teatro alla Scala 2009L'Orphée du baryton autrichien Georg Nigl se montre remarquable, tant vocalement que dramatiquement, tout au long de l'opéra. Au début de l'Acte I, on appréciera son superbe "Rosa del ciel", caractéristique là encore de la révolution musicale opérée par Monteverdi avec un recitar cantando ("parler musical") particulièrement expressif. Dès cette première intervention, Georg Nigl habite le personnage mythique d'Orphée. Au début de l'Acte II, son "Vi ricorda o boschi ombrozzi" démontre à quel point l'interprète est un fin mélodiste qui sait accompagner son chant d'une gestuelle très particulière, à la manière d'un mime. Au moment de l'annonce de la mort d'Euridice, il soulèvera notre émotion et nous captivera avec "Addio, terra, addio cielo". On sera également sensible à l'habileté de Georg Nigl à s'exprimer entre registre de poitrine et registre de tête. La tessiture du rôle d'Orphée correspond, il est vrai, à celle d'un ténor.

Autre bénédiction vocale de cette distribution : Sara Mingardo, qui incarne les rôles de la Messagère et de l'Espoir. La contralto se montre idéale dans une tessiture qui correspond à l'origine à celle d'une soprano. Tout est vraiment parfait ici, aussi bien dans l'expression vocale que dans l'épanchement dramatique - sans excès de pathos.
La présence de Roberta Invernizzi, soprano remarquée dans les répertoires baroque et classique, qui interprète à la fois la Musique - partie initialement écrite pour un castrat - et Euridice, nous donne toutes raisons de tenir le casting vocal pour idéal. Son recitar cantando se montre en outre très maîtrisé.

 

Sara Mingardo (au centre) dans <i>L'Orfeo</i> de Monteverdi à La Scala de Milan.  Lelli e Masotti © Teatro alla Scala 2009

 

Le personnage de Charon, passeur des Enfers et gardien du Styx, est exprimé par la voix de basse profonde et quasi glaciale de Luigi De Donato. Attendez-vous à un choc alors qu'Orphée, à l'Acte III, est sur le point de pénétrer le monde infernal ! Sur le plan dramatique, l'interprète adopte une posture totalement figée qui accentue le caractère à la fois exceptionnel et terrible de la situation imposée à Orphée. Avouons que le son de la lyre qui finit par provoquer le sommeil de Charon, et permet au héros d'accéder aux Enfers, nous délivre parallèlement de cette présence d'une incroyable densité.
Le couple formé par Perséphone et Hadès, déesse et dieu du monde souterrain, est aussi défendu par d'excellents artistes doués de timbres vocaux qui égalent leur pouvoir expressif : la soprano Raffaella Milanesi et la basse Giovanni Battista Parodi. L'intervention de ce dernier, annonçant à son épouse qu'il va accéder à la demande d'Orphée, est extrêmement belle. La voix est claire, profonde, accompagnée d'une tenue quelque peu hiératique particulièrement adaptée au rôle.
Enfin, le court rôle d'Apollon est tenu par Furio Zanasi, dont le beau timbre de baryton exprime fort bien l'essence divine et protectrice. L'ultime duo formé avec Orphée accompagne la montée au ciel de ses très riches vocalises ornées.

Les chœurs, tant celui des Nymphes et des Bergers que celui des Esprits, se hissent au très bon niveau du casting de voix solistes. Qu'ils accompagnent le mariage d'Orphée avec Euridice à l'Acte I, qu'ils pleurent le sort du héros à la mort d'Euridice, ou qu'ils projettent des chants joyeux lors de la scène finale, la qualité de chant est constante, parfaitement reliée à l'ensemble orchestral.

 

À l'extrème gauche : Georg Nigl (Orphée) Roberta Invernizzi (Eurydice) dans <i>L'Orfeo</i> de Monteverdi mis en scène par Robert Wilson.  Lelli e Masotti © Teatro alla Scala 2009

 

Robert Wilson signe ici à la fois la mise en scène, les décors et les lumières. Assez novateur, son travail ne provoque pourtant jamais gratuitement. La direction dramatique est à la fois sobre et sophistiquée. Des tableaux de personnages presque figés au Prologue au statisme quasi sépulcral des Enfers ou aux mouvements retenus d'Orphée et d'Euridice au royaume des ombres, l'esthétique et la gestuelle empruntent à la fois aux traditions du Théâtre Nô japonais et au théâtre d'ombres français du XVIIIe siècle. Quant à l'oiseau muet qui intervient à plusieurs reprises, son masque à long bec n'est pas sans évoquer la Commedia dell'arte.


Scène de <i>L'Orfeo</i>.  Lelli e Masotti © Teatro alla Scala 2009Avec des arbres et des paysages à peine évoqués et le symbole orphique de la lyre, les décors sont on ne peut plus sobres, tandis que les lumières varient essentiellement entre les bleus et verts pastel grisâtres ou blanchâtres. Quelques exceptions, toutefois, comme l'apparition d'Apollon contrastée par un soleil rouge ou la robe assortie au maquillage de l'Espérance. Quant aux costumes conçus par Jacques Reynaud, ils se fondent pour la plupart dans les couleurs de base de la production.
Cet ensemble apporte aux représentations une coloration légendaire, voire mythique, hors du temps et, de fait, d'un cadre historique précis.


Cet Orfeo fait preuve d'une véritable constance dans sa proposition. Avec une performance vocale de qualité au sommet de laquelle s'expriment les excellents Georg Nigl et Sara Mingardo, et une remarquable direction de Rinaldo Alessandrini, on ne peut que recommander cette version de la Scala.


Lire le test de L'Orfeo en Blu-ray

 

Retrouvez la biographie de Monteverdi sur le site de notre partenaire Symphozik.info.

Jean-Luc Lamouché

Suppléments du DVD

En anglais stéréo DD, avec sous-titres français, allemands, espagnols et italiens :
- Synopsis raconté, accompagné de photos de la production. (4')
- Photos de la distribution.

Bande-annonce du DVD

Critique Images et Son du DVD

Images

Les partis pris monochromatiques de Robert Wilson ne peuvent parfois donner lieu à un fort contraste, mais les couleurs retenues sont fort bien rendues par un master vidéo de belle qualité. La définition se montre globalement bonne sans atteindre toutefois la suprématie du Blu-ray sur les plans larges. Mais ce DVD demeure quoi qu'il en soit hautement recommandable.

Son

La grande qualité de la piste stéréo s'affirme par une évidente limpidité, de la transparence et du relief associés à une dynamique étonnante. L'équilibre entre voix solistes, chœur et instruments est en outre bien structuré.
La piste multicanale apporte une séduction supplémentaire grâce à ses basses bien plus riches diffusées à l'aide du caisson de grave, dont l'orchestre bénéficie en premier lieu. Les enceintes arrière sont peu exploitées mais contribuent à aérer l'ensemble, et la scène avant gagne une énergie et une profondeur totalement en phase avec une acoustique réaliste de salle.

Note technique : 8/10

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