DVD Jaquette de : Les Noces de Figaro - Glyndebourne 2012

Distribution

Interprètes
  • Sally Matthews
    Countess Almaviva
  • Vito Priante
    Figaro
  • Audun Iversen
    Count Almaviva
  • Lydia Teuscher
    Susanna
  • Isabel Leonard
    Cherubino
  • Ann Murray
    Marcellina
  • Andrew Shore
    Bartolo
  • Sarah Shafer
    Barbarina
  • Colin Judson
    Don Curzio
  • Alan Oke
    Basilio
  • Nicholas Folwell
    Antonio
  • Ellie Laugharne
    Bridesmaid
  • Katie Bray
    Bridesmaid
  • The Glyndebourne Chorus
Mise en scène
Michael Grandage
Chorégraphie
Ben Wright
Orchestre
Orchestra of the Age of Enlightenment
Chef d'orchestre
Robin Ticciati
Réalisation
François Roussillon
Origine
Glyndebourne
Année
2012

Informations techniques

Durée
171'
Nombre de disques
2
Zone/Région
Zone ALL
Éditeur
Opus Arte
Distributeur
DistrArt Musique
Date de sortie
07/05/2013

Vidéo

Couleurs/N&B
Couleurs
Format images
1.78
Format vidéo
16/9 compatible 4/3
Codec/Standard vidéo
NTSC

Audio

Version(s) sonore(s)
5.1 DTS mi-débit
Stéréo PCM
Sous-titres
•  Allemand
•  Anglais
•  Coréens
•  Français
•  Japonais

Les Noces de Figaro - Glyndebourne 2012 DVD

Le Nozze di Figaro

Tutti ovation

Note générale : 10/10

Wolfgang Amadeus Mozart

Opéra


Les Noces de Figaro sont au Festival de Glyndebourne ce que La Traviata est à la Fenice ou Aida à l'Opéra du Caire. Cette luxueuse nouvelle production montée par Michael Grandage, après pratiquement 10 ans d'absence de l’œuvre sur la prestigieuse scène anglaise, méritait donc que l'on s'y intéresse de près. Sally Matthews, Vito Priante, Audun Iversen, Lydia Teuscher et Isabel Leonard, dans les rôles principaux, sont placés sous la baguette de Robin Ticciati. François Roussillon filme magnifiquement ce spectacle disponible en Blu-ray et DVD chez Opus Arte.

 

Lydia Teuscher (Susanna), Vito Priante (Figaro), Ann Murray (Marcellina) et Andrew Shore (Bartolo).  © Alastair Muir

 

Lydia Teuscher (Susanna) et Isabel Leonard (Cherubino) dans <i>Les Noces de Figaro</i> mis en scène par Michael Grandage.  © Alastair MuirLes Noces de Figaro est un opéra si théâtral qu'il exige de véritables chanteurs-acteurs et que la géniale musique soit chargée d'un élan et d'un enthousiasme qui ne fléchissent pas durant près de trois heures. Autant dire qu'un enjeu de taille attend chanteurs, musiciens et metteur en scène. Nous avons déjà eu maintes fois l'occasion de nous attarder sur les différents points de vue qu'il était possible d'adopter lors d'une adaptation musicale et scénique des Noces. Mais, des élans les plus débridés du Sydney Opera House, au classicisme confortable le plus morne de la Scala de Milan en passant par le dramatisme salzbourgeois le plus sombre, de nombreuses possibilités demeurent toujours offertes aux artisans d'une nouvelle production.
Nous ne cacherons pas l'immense plaisir que nous avons eu à visionner cette captation du réalisateur François Roussillon réalisée à Glyndebourne en août 2012. D'une part en raison de la magnifique mise en place visuelle imaginée par le metteur en scène Michael Grandage, d'autre part pour l'éminente qualité du plateau vocal rassemblé en cette occasion.

Dans Les Noces de Figaro, la mise en scène influence les comportements à venir des interprètes. Situées dans au début des années 1970, ces Noces s'inscrivent d'emblée dans un monde qui n'est plus le nôtre, celui coloré et gai d'une société libérée du conservatisme de la génération qui l'a précédée. Un monde de libérations, d'innovations et de décloisonnements sociaux. Si, a priori, les statuts de comte et comtesse, de servantes ou de valets peuvent nous apparaître quelque peu décalés par rapport à la décennie choisie, l'ambiguïté et les échanges sexuels, comme les aventures croisées et les jalousies sont bien le lot de toute époque et s'identifient parfaitement à celle choisie par Michael Grandage. Nous saurons apprécier en outre la retenue, à la limite du hors-sujet, dont fait preuve Ben Wright qui chorégraphie et modifie cette "Folle journée", ou plutôt cette "journée de contrariétés". On ne court pas dans tous les sens dans ce palais de riches bourgeois, curieuse demeure de style mauresque qui aurait très bien convenu à un Enlèvement au sérail. Pour autant, les déplacements sont fluides, tout comme les transitions se montrent souples d'un tableau à l'autre. Le décorateur Christopher Oram, soutenu par les lumières de Paule Constable, réussit à faire de ses décors très travaillés et criants de réalisme un écrin d'une grande beauté. Leur réalisation est des plus soignées, et notre plaisir visuel en devient comblé.
Les chanteurs revêtent des habits aussi chamarrés que les murs qui les entourent. Mais, outre leur raffinement, ils reflètent intelligemment la psychologie de ceux qui les portent, et le plateau vocal trouve aisément ses marques dans cet univers que l'on qualifierait aujourd'hui de "bobo". De plus, contrairement à ce que l'on pourrait craindre, la presque surcharge de détails architecturaux n'engendre aucune outrance dans le jeu des artistes. La maîtrise des gestes, les déplacements mesurés et l'absence de comportement caricatural sont un vrai bonheur dans la mesure où ces partis pris ne diminuent en rien leur efficacité. Voilà en vérité du très bon théâtre musical qui sonne aussi juste que, globalement, la qualité vocale des interprètes réunis ici.

 

Sally Matthews interprète le rôle de la Comtesse dans <i>Les Noces de Figaro</i> à Glyndebourne.  © Alastair Muir

 

Sally Matthews et Audun Iversen (la Comtesse et le Comte Almaviva) dans <i>Les Noces de Figaro</i> mis en scène par Michael Grandage à Glyndebourne.  © Alastair MuirVito Priante est un Figaro parfaitement égal tout au long de l'œuvre : une voix d'une maîtrise totale, naturellement souple et veloutée, jamais dans la dureté ou les gros sons. Ce Figaro-là n'est pas un valet, mais plutôt un invité ou un ami du Comte qui fait part égale avec lui, et ses expressions soulignent la finesse et la noblesse des attitudes.
La Susanna de Lydia Teuscher excelle dans la facilité et l'aisance, et les notes graves sont aussi assurées que les aigus sont aériens. Elle campe un double féminin de Figaro avec du caractère et de la fragilité en même temps.
Le Comte d'Audun Iversen, avec ses grandes moustaches de conquistador, réussit là aussi à combler nos attentes. Son personnage gère le quotidien dont il est victime sans pour autant sombrer dans l'outrance des grosses colères grotesques ou de la bouffonnerie.
Almaviva est ici un bourgeois qui ne comprend pas tout mais qui garde du recul vis-à-vis des manigances de ses proches sans tomber dans la psychose. Sa voix rejoint stylistiquement celle de Figaro, très flexible, sans effets, et montre une tenue admirable.
La Comtesse de Sally Matthews est tout en mobilité, non trop tourmentée par les frasques et l'abandon marital. On émettra une toute petite réserve quant à la pureté de sa voix dans laquelle flotte en permanence un vibrato ainsi qu'une certaine neutralité, lesquels conduisent à nous laisser assez indifférent face aux deux airs pourtant inoubliables que lui a confiés Mozart.
La très photogénique Isabel Leonard joue un Cherubino ni niais ni trop perturbé par la gent féminine. Ses brèves interventions vocales sont idéales.
Andrew Shore constitue l'autre petite déception de la distribution. La voix est fluctuante mais montre heureusement encore suffisamment de tenue pour proposer un Bartolo pas aussi antipathique que la plupart du temps.
La Marcellina d'Ann Murray est en revanche très réussie, et le retournement de situation auquel elle est confrontée à l'Acte III est du meilleur effet comique. Sarah Shafer campe une Barberine légère et à peine angoissée par la disparition de l'épingle compromettante fermant la lettre. Son jardinier de père ne fait pas songer à un ivrogne, et Basilio, rouquin sournois, n'a malheureusement pas les moyens de développer son art étant donné que l'air de l'Acte IV est supprimé.

 

Sally Matthews et Audun Iversen dans <i>Les Noces de Figaro</i> mis en scène par Michael Grandage.  © Alastair Muir

 

Tous les personnages de cette production ont l'âge de leur rôle, et une grande homogénéité caractérise le plateau vocal, dont la maîtrise des effets directement issus du monde du théâtre évite la lourdeur d'un comique grossi et populaire. Michael Grandage adoucit, voire neutralise complètement, la sévère critique sociale de la pièce de Beaumarchais en plaçant dans une époque proche de nous ses propres personnages du quotidien réinventés. La perception d'ensemble risquerait presque de paraître trop uniforme, mais la dynamique associée à un choix de tempi rapides conduits par Robin Ticciati réussissent à insuffler juste ce qu'il faut d'entrain pour emporter le plateau au-delà d'une simple réussite. Alors, on n'hésitera pas à placer ces Noces de Figaro au côté du Cosi fan tutte de Berlin dirigé par Daniel Barenboim, dont les similitudes visuelles sont, au final, assez proches. Quoi qu'il en soit, ces Noces de Figaro représentent un remarquable choix.

À noter : Les Actes I et II sont proposés sur le DVD 1 (93’19) ; les Actes III et IV sur le disque 2 (77’39). Curieusement, ce programme ne propose pas de sous-titres italiens.

Lire le test du Blu-ray Les Noces de Figaro à Glyndebourne en 2012

 

Retrouvez la biographie de Wolfgang Amadeus Mozart sur le site de notre partenaire Symphozik.info

Nicolas Mesnier-Nature

Suppléments du DVD

Vito Priante et Lydia Teuscher.  © Alastair Muir
Sur le DVD 1, en anglais stéréo PCM, sans sous-titres :

- From Page to Stage revient sur l’approche conjointe du metteur en scène et du décorateur. Des maquettes aux changements à vue sur le plateau, des accessoires utilisés aux fabrications spéciales nécessaires, ce court reportage montre de façon vivante certains aspects visuels et techniques de la production. (13’34)

- The Greatest Opera ever written? donne la parole au chef et à plusieurs interprètes, lesquels confient leur attachement à l’œuvre entre des extraits du spectacle. (8’)

- Photos de la distribution.

 

Bande-annonce du DVD

Critique Images et Son du DVD

Images

Le master d’origine Haute Définition offre sa belle précision sur tous les plans serrés. Sur les plans larges, le détail se dilue et les contours perdent leur qualité, mais ce sont là les limites du DVD qui ne peut offrir la qualité dont fait montre le Blu-ray de ce programme. Reste que la colorimétrie affichée ici est magnifique. Les teintes chair sont d’un naturel certain, et les couleurs variées des costumes et décors sont véhiculés de fort belle façon. La lumière et les contrastes sont en outre parfaitement gérés.

Son

La piste stéréo propose un bon équilibre entre la fosse et le plateau. Les voix sont richement timbrées, et l’orchestre exprime une belle dynamique. Les aigus ne sont jamais agressifs, et les graves s’invitent de façon naturelle dans cette restitution plaisante qui convainc par son naturel.
Le mixage 5.1 apporte une indéniable dimension de spectacle à la restitution. Les timbres vocaux et orchestraux paraissent bien mieux définis (clavecin dans les récitatifs), les chanteurs gagnent une projection des plus convaincantes et, derrière eux, l’orchestre se déploie en offrant de nombreuses couleurs et nuances. Le caisson de basses donne plus de présence aux graves qui dynamisent ainsi le message musical, tandis que la scène arrière, parfaitement intégrée, participe à l’immersion du spectateur.

Note technique : 9/10

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Ann Murray
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François Roussillon
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