Blu-ray Jaquette de : Robert le Diable (ROH, 2012)

Distribution

Interprètes
  • Bryan Hymel
    Robert
  • John Relyea
    Bertram
  • Marina Poplavskaya
    Alice
  • Patrizia Ciofi
    Isabelle
  • Jean-François Borras
    Raimbaut
  • Nicolas Courjal
    Alberti
  • David Butt Philip
    First Chevalier/…
  • Pablo Bemsch
    Second Chevalier/…
  • Ashley Riches
    Third Chevalier/…
  • Jihoon Kim
    Fourth Chevalier/…
  • Dusica Bijelic
    Lady-in-waiting
  • Royal Opera House Chorus
Mise en scène
Laurent Pelly
Chorégraphie
Lionel Hoche
Orchestre
Orchestra of the Royal Opera House
Chef d'orchestre
Daniel Oren
Réalisation
Sue Judd
Origine
Royal Opera House, London
Année
2012

Informations techniques

Durée
205'
Nombre de disques
1
Zone/Région
Région ALL
Éditeur
Opus Arte
Distributeur
DistrArt Musique
Date de sortie
18/09/2013

Vidéo

Couleurs/N&B
Couleurs
Format images
1.78
Codec/Standard vidéo
AVC
Résolution vidéo
1080i

Audio

Version(s) sonore(s)
5.1 DTS HD Master Audio
Stéréo PCM
Sous-titres
•  Allemand
•  Anglais
•  Coréens
•  Français
•  Japonais

Robert le Diable (ROH, 2012) Blu-ray

Note générale : 7/10

Giacomo Meyerbeer

Opéra


Longtemps négligé, il semblerait que Robert le Diable regagne les faveurs des grandes maisons d'opéras européennes au vu du nombre pour le moins conséquent de productions qui lui furent consacrées ces deux dernières années. Témoin cette version captée le 15 décembre 2012 à Covent Garden, dirigée par un connaisseur de la partition, le chef Daniel Oren, dans une mise en scène de Laurent Pelly. Cet enregistrement techniquement abouti est disponible en Blu-ray et DVD chez Opus Arte.

 

<i>Robert le Diable</i> au ROH de Londres. Mise en scène de Laurent Pelly et décors de Chantal Thomas.

 

Le chef d'orchestre Daniel Oren.Erfurt, Monte Carlo, Sofia, Salerne, Londres, Geneva : on ne compte plus les productions de Robert de Diable, et au sein de cette pléthore, le chef Daniel Oren se taille la part du lion avec une très belle version à Salerne, festival dont il a la direction, et ici à Londres. Jean-François Borras (ici dans le rôle de Raimbaut) nous confiait en interview avoir voulu se familiariser tout d'abord à Salerne avec la complexité de la partition.
Quoi qu'il en soit, visiblement, Daniel Oren est à l’aise dans ce répertoire qu’il connaît bien, même si les instruments modernes ne permettent pas de rendre justice à toutes les subtilités d’orchestration que Berlioz admirait tant dans cette œuvre. Ceci dit, il est un paradoxe dans cette production, renforcé par les bonus de ce programme, qui ne manque pas d’interpeller : sans Robert le Diable, nous n’aurions peut-être jamais eu Méphistophélès, ou même Boris. Pour autant, sans oser prétendre refaire l’histoire, le fait est que l’opéra a eu une influence considérable et encore sous-estimée sur la production lyrique qui suivra, et ce à travers toute l’Europe, et pour des décennies.

 

Bryan Hymel interprète le rôle de Robert.  © ROH/Bill Cooper










Or, l’option choisie par Daniel Oren est de prendre l’œuvre plutôt à rebours, par le prisme d’un Verdi ou encore d’un Wagner. Il en résulte une interprétation certes vibrante, mais manquant de ce je ne sais quoi de légèreté et de finesse qui est l’apanage du "Grand opéra français". Pour preuve cette interprétation irréprochable sur le plan de la technique et de l’élégance, alerte même, mais comme privée d’envol et d’imagination, comme une attraction trop lourde pour permettre l’essor. Pour preuve également l’interprétation vocale, à commencer par Bryan Hymel dans le rôle-titre. Tout n’est ici que lourdeur et passage en force, avec une diction très ingrate. Idem pour le Bertram de John Relyea, à l’endurance admirable, mais à la projection épuisante. Les seuls rôles à tirer leur épingle du jeu semblent être ceux tenus par les Français Jean-François Borras (Raimbaut) et Nicolas Courjal (Alberti), mais la dramaturgie et le casting les cantonne malheureusement à un regrettable second plan. On passera également rapidement sur la prestation de Marina Poplavskaya dans le rôle d'Alice. Si la soprano parvient à convaincre sur le plan dramatique, la voix est bien trop instable et la diction trop approximative pour nos oreilles françaises. Le peu de subtilité offerte par cette version revient de fait à la charmante Isabelle de Patrizia Ciofi, mais la maîtrise indéniable qu’elle a sur le rôle ne parvient pas pour autant à prodiguer la lumière que son personnage pouvait opposer à la noirceur du propos.

 

Jean-François Borras interprète le rôle de Raimbaut, ici à l'Acte I de <i>Robert le Diable</i>, sur la scène du Royal Opera House de Londres.

 

Cette approche aussi "sérieuse" s’expliquerait-elle en termes de contrepoint à la mise en scène ? Ce serait peut-être une explication… Il faut dire que la vision de Laurent Pelly a fait couler beaucoup d’encre, lui reprochant un certain grotesque. Le fait est que cette version est à la fois riche et passionnante par la multiplicité de ses références que seule, peut-être, une scène britannique permettait de mettre à distance avec un certain humour. Il est vrai que l’imagerie médiévale, relue par le romantisme gothique est ici passée au crible d’un second degré qui peut surprendre, dont la drôlerie n’a d’égale que la désespérance face à la petitesse humaine (d’où peut être le château d’Isabelle miniaturisé en carton-pâte par la décoratrice Chantal Thomas). Là où les références musicales procédaient de Verdi et Wagner, les références scénographiques se veulent bien actuelles et soulignent par des ficelles visibles et parfois pathétiques la vanité d’un certain romantisme où l’humain est pris en tenaille par des forces gigantesques qui le dépassent. Ici, l’humain reste de l’humain et les forces qui l’entourent ne sont que décors et projections aux ficelles si peu dissimulées. Exit la profondeur, le pathos, pour mieux confronter le public à un miroir de lui-même face à l’histoire.

 

John Relyea (Bertram) et Marina Poplavskaya (Alice) dans <i>Robert le Diable</i> sur la scène du Royal Opera House.

 

Patrizia Ciofi interprète le rôle d'Isabelle.

Là est peut-être l’explication de cette réception en demi-teinte, comme un rejet d’une certaine image de nous-même, de notre époque dont l’histoire n’est plus qu’une façade dénuée de grandeur. Une perspective pour le moins intéressante qui fait tout l’intérêt de cette version sans aucun doute par trop inégale, mais assurément intrigante…

 

 

 

 

À noter : Saluons la belle présentation de ce disque. Le boîtier abritant le Blu-ray est glissé dans un sur-étui dont la face présente une découpe laissant apparaître Bertram dans la gueule d'une créature fantastique à la mâchoire impressionnante !



Lire le test du DVD Robert le Diable au Royal Opera House

Philippe Banel

Suppléments du Blu-ray

Laurent Pelly.

 

En HD, et en anglais et français sous-titré en anglais stéréo PCM (pas de sous-titres français) :


- The Legacy of Robert le Diable donne la parole aux principaux interprètes de l'opéra, au metteur en scène Laurent Pelly et au chorégraphe Lionel Hoche. Ce court sujet bien traité nous permet de situer plus facilement l'œuvre dans la chronologie de l'Histoire de l'opéra et d'approcher les différentes parties vocales. (5'27)


- Photos de la distribution.

 

 

Bande-annonce du Blu-ray

Critique Images et Son du Blu-ray

Images

Cette captation HD délivre une précision constante à même de rendre justice aux nombreux détails visuels de la production (cf. la brillance des armures à l'Acte I). Les couleurs sont judicieusement équilibrées et le rendu ménage autant les vifs coloris que les délicates teintes chair. Le noir profond assoit en outre un excellent niveau de contraste. Le plaisir visuel est constant, boosté par un excellent piqué.

Son

La piste stéréo nourrit une scène avant qui expose suffisamment les voix sans pour autant étouffer l'orchestre. Les timbres vocaux et instrumentaux sonnent avec naturel et l'ouverture de la reproduction permet une écoute sans lassitude à la dynamique confortable.
Cette dynamique se voit décuplée avec la piste multicanale, laquelle ajoute une superbe profondeur à la scène avant, tout en la rendant plus large. Les timbres sont à la fois plus précis et la projection des voix, meilleure sans perdre de naturel, rapproche le rendu global d'une acoustique de salle. Les enceintes arrières sont parfaitement exploitées, et le caisson de basses apporte une assise considérable à l'ensemble et permet à certaines voix ou instruments de s'exposer avec plus de justesse. Ce mixage dote en outre les chœurs d'une bien meilleure présence.

Note technique : 9/10

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