Blu-ray Jaquette de : Mahler : Des Knaben Wunderhorn - Symphonie No. 10, Adagio (Kožená, Gerhaher - Boulez)

Distribution

Interprètes
  • Magdalena Kožená
    Mezzo-soprano
  • Christian Gerhaher
    Baryton
Orchestre
The Cleveland Orchestra
Chef d'orchestre
Pierre Boulez
Réalisation
William Cosel
Origine
Severance Hall, Cleveland, Ohio
Année
2010

Informations techniques

Durée
81'
Nombre de disques
1
Zone/Région
Région ALL
Éditeur
Accentus Music
Distributeur
Harmonia Mundi
Date de sortie
30/05/2011

Vidéo

Couleurs/N&B
Couleurs
Format images
1.78
Codec/Standard vidéo
AVC
Résolution vidéo
1080i

Audio

Version(s) sonore(s)
5.1 DTS HD Master Audio
Stéréo PCM
Sous-titres
•  Allemand
•  Anglais
•  Français

Mahler : Des Knaben Wunderhorn - Symphonie No. 10, Adagio (Kožená, Gerhaher - Boulez) Blu-ray

Note générale : 7/10

Gustav Mahler

Concert


Que d'anniversaires ! En 2010, les 150 ans de la naissance de Gustav Mahler et les 45 ans de collaboration entre l'Orchestre de Cleveland et Pierre Boulez en même temps que ses 85 ans, et en 2011… Le 100e anniversaire de la mort du compositeur. L'éditeur Accentus Music s'associe aux commémorations en éditant en Blu-ray et DVD un concert au programme évidemment mahlérien : l'unique mouvement de la Symphonie No.10 et les douze lieder Des Knaben Wunderhorn interprétés par Magdalena Kožená et Christian Gerhaher placés sous la direction du chef français.

Pierre Boulez à la tête du Cleveland Orchestra en février 2010.  Photo © Roger Mastroianni

 

Pierre Boulez justifie la composition de ce programme anniversaire dans l'interview que l'on retrouvera dans le supplément du concert : une création de fin de vie complétée par des morceaux écrits pour la plupart au début de la fructueuse carrière du compositeur. Outre qu'il est difficile de proposer un concert Mahler varié et d'une durée raisonnable, la cohérence est trouvée. Du reste, l'écriture désincarnée et moderne du dernier Mahler semble bien convenir à l'approche personnelle du chef français. Contrairement à certaines autres symphonies d'une intégrale qui prête à de fortes discussions entre mélomanes passionnés, la technicité sans faille et l'objectivité totale ne nous déplaisent pas ici. On pourra néanmoins se permettre, à l’issue du visionnage complet de ce concert, d'émettre quelques réflexions d'ordre général.

 

Pierre Boulez et le Cleveland Orchestra dans l'Adagio de la <i>Symphonie No. 10</i> de Mahler en 2010.  Photo © Roger Mastroianni

 

Mahler est pour Boulez une découverte "à reculons", comme d'autres compositeurs romantiques et notamment Anton Bruckner. Il est par ailleurs intéressant de constater que des chefs dont les conceptions sont aux antipodes des siennes, comme Philippe Herreweghe ou Nikolaus Harnoncourt, s'approprient eux aussi un "répertoire interdit", autrement dit des œuvres ignorées à leurs débuts et bien souvent absentes de celles qui ont participé à leur renommée. Les chefs "baroqueux" vont à la rencontre du répertoire moderne, comme les chefs "modernes" sont fascinés par le répertoire plus ancien que celui de leurs premières amours. Ces mutations dues à une évolution personnelle aboutissent à d'importantes conséquences : nos oreilles, habituées et formatées pour écouter un certain répertoire et l'associer systématiquement à un chef particulier, se trouvent dérangées dans leurs réflexes auditifs. Bartók joué par Harnoncourt paraît aussi invraisemblable que Bruckner et Mahler, justement, interprétés par Boulez. Ce qui vaut pour la musique concerne également les autres arts, et en particulier la peinture : tout comme l'oreille, l’œil inconsciemment façonné par la beauté classique de la Renaissance réagira différemment face à une toile moderne s'il en possède ou non les clés de lecture.

 

Magdalena Kožená.  Photo © Roger MastroianniQuoi qu'il en soit, il est indéniable que la fusion opère entre Boulez et le Cleveland Orchestra. Fruit d'une collaboration fort longue, on serait étonné à moins. Un orchestre virtuose américain s'acclimate le plus souvent à tout et le style imprimé ici est bien celui du modernisme : les lignes directrices de cette musique sont mises en valeur avec clarté et les instrumentistes parviennent à lui ôter la plus grande partie de son aspect romantique, ce qui aboutit à une absence totale d'émotion. Ce choix esthétique a pourtant ses limites, tant l'écriture mahlérienne, si on la suit sur un conducteur d'orchestre, va à l'encontre d'une approche édulcorée et d'un froid calcul de mise en place.

On se montrera encore plus surpris par la suite du programme.
Les deux chanteurs se partagent les douze lieder Des Knaben Wunderhorn : six lieder pour la mezzo-soprano et autant pour le baryton. Madgalena Kožená chantera les airs à connotation plus "féminine" et Christian Gerhaher se verra confier les aspects davantage "masculins". Même si ce choix peut prêter à caution, il obéit à une certaine logique. Mais il demeure étrange de chanter un cycle à deux, ce qui bouleverse là encore nos habitudes.
Nous avons déjà entendu la mezzo-soprano tchèque dans les Rückert-Lieder en couplage avec la Symphonie No.4 de Mahler dirigée par Claudio Abbado et le baryton dans Un Requiem Allemand dirigé par Christian Thielemann. Sans aller jusqu'à parler de changement radical, il semble bien que l'influence du chef aille là aussi dans le sens d'une plus grande objectivité et de plus de retenue dans l'expression du chant. Les textes du recueil sont forts, touchent les grands sentiments et posent des questions existentielles éternelles : l'amour, la vie, la mort, la déception, l'ironie, l'absurde, la nature et l'homme qui doit y faire face. Il y a donc bien de nombreux axes à exprimer en s'appuyant sur une écriture vocale riche et contrastée. Les chanteurs réunis ici, bien qu'excellents, ne vont cependant pas jusqu'au bout des intentions. On pourra comparer avec intérêt ces performances avec celle, bien plus expressive, de Thomas Hampson, également critiqué sur Tutti-Magazine.

 

Pierre Boulez, Magdalena Kožená et Christian Gerhaher sur la scène du Severance Hall de Cleveland.  Photo © Roger Mastroianni

 

Il semble juste de dire, pour conclure, que le poids de monstres sacrés qui se sont illustrés dans cette musique ô combien subjective enclave Pierre Boulez dans une autarcie interprétative quelque peu dangereuse. Mais serait-il le seul à avoir raison ou l'unique à avoir tort ? Il nous est impossible de trancher…


Lire le test du DVD Des Knaben Wunderhorn et Symphonie No. 10 de Mahler.

 

Nicolas Mesnier-Nature

Suppléments du Blu-ray

Anniversaire de Pierre Boulez.  Photo © Roger MastroianniEn Haute Définition :

 

- Dans une interview, Pierre Boulez fait le point sur son parcours et sa pensée interprétative riche d'enseignements. Des questions essentielles trouvent ici des réponses précises. Le chef a enregistré ce sujet en 3 langues : français,  allemand et anglais. (Stéréo DD, entre 11' et 19' selon la langue choisie).

- On fête l'anniversaire de Pierre Boulez sur scène, à la fin du concert. (anglais stéréo DD, 6')

- Quatre bandes-annonces de Blu-ray. (Stéréo PCM)

 

 

 

Bande-annonce du Blu-ray

Critique Images et Son du Blu-ray

Images

La conjuguaison des teintes chaudes et dorées de la salle et des instruments à cordes avec les habits noir intense de l'orchestre est magnifique. Soutenu par de puissants contrastes, ce master HD propose un haut niveau de détails et une profondeur d'image au diapason. Un léger fourmillement s'invite sur quelques plans larges, mais ce n'est là qu'une infime remarque au regard de la qualité de l'ensemble.

Son

La piste stéréo à la séparation idéale diffuse des timbres riches et une répartition spectrale très équilibrée. Sans aigus agressifs et avec des graves présents, l'exposition est assez large et l'écoute confortable. Les voix sont bien rendues mais toutefois un peu trop en retrait.
Le mixage 5.1 provoque une rupture absolue avec la piste stéréo, et c'est un véritable panoramique qui se déploie à l'avant, donnant à l'orchestre une profondeur et un relief magiques. Les basses reproduites par le caisson apportent une nervosité qui soutient bien mieux l'ensemble, tandis que la scène arrière fort bien intégrée aide à une répartition optimale. Les voix sont projetées avec une définition accrue qui permet d'apprécier les harmoniques avec beaucoup de naturel.

Note technique : 10/10

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Mots-clés

Christian Gerhaher
Gustav Mahler
Magdalena Kozena
Pierre Boulez
The Cleveland Orchestra

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