DVD Jaquette de : Madame Butterfly (Melbourne, 2012)

Distribution

Interprètes
  • James Egglestone
    Pinkerton
  • Graeme Macfarlane
    Goro
  • Sian Pendry
    Suzuki
  • Barry Ryan
    Sharpless
  • Hiromi Omura
    Cio-Cio-San
  • Clifford Plumpton
    The Imperial Commissioner
  • Gregory Brown
    The Official Registrar
  • Jud Arthur
    The Bonze
  • Samuel Dundas
    Prince Yamadori
  • Nicole Car
    Kate Pinkerton
  • John Nguyen
    Dolore
  • Opera Australia Chorus
Mise en scène
Moffatt Oxenbould
Chorégraphie
Matthew Barclay
Orchestre
Orchestra Victoria
Chef d'orchestre
Giovanni Reggioli
Réalisation
Cameron Kirkpatrick
Origine
Arts Centre Melbourne
Année
2012

Informations techniques

Durée
150'
Nombre de disques
1
Zone/Région
Zone ALL
Éditeur
Opera Australia
Date de sortie
05/09/2013

Vidéo

Couleurs/N&B
Couleurs
Format images
1.78
Format vidéo
16/9 compatible 4/3
Codec/Standard vidéo
NTSC

Audio

Version(s) sonore(s)
5.1 DTS mi-débit
Stéréo PCM
Sous-titres
•  Allemand
•  Anglais
•  Coréens
•  Espagnol
•  Français
•  Italien

Madame Butterfly (Melbourne, 2012) DVD

Madama Butterfly

Note générale : 10/10

Giacomo Puccini

Opéra


Dans le monde fortement concurrentiel de l'opéra puccinien, cette Madame Butterfly captée à Melbourne en 2012 se distingue par de rares qualités qui ne tiennent pas seulement à l'art vocal. Voyons en détail ce qui fait tout l'intérêt de ce spectacle total mis en scène par Moffat Oxenbould et dominé par la figure authentique de la soprano japonaise Hiromi Omura. L'Orchestra Victoria est dirigé par Giovanni Reggioli. Un programme édité uniquement en DVD par le label Opera Australia.

<i>Madame Butterfly</i> mis en scène par Moffatt Oxenbould à Melbourne en 2012.

 

Face à Madame Butterfly, deux dangers guettent le magnifique opéra de Puccini : d'une part, un rôle écrasant et omniprésent sur scène pour la soprano qui incarne le rôle-titre, d'autre part l'orientalisme inévitable de la mise en scène. Si, parfois, il y a péril en la demeure pour l'un comme pour l'autre, voire même pour les deux, nous tenons avec cette captation de 2012, étonnamment tardive pour cette production de Moffat Oxenbould créée en 1997, une parfaite symbiose qui évite toute lassitude aussi bien que tout cliché.

 

Hiromi Omura interprète le rôle de Cio-Cio-San dans <i>Madame Butterfly</i> mis en scène par Moffatt Oxenbould.

 

Portant l’œuvre sur ses épaules, la soprano japonaise Hiromi Omura, outre un physique idéal, fascine par son aisance à incarner le rôle de Cio-Cio-San. Tout se passe comme si nous assistions avec un naturel désarmant au choc de deux cultures sans qu'il soit besoin d'en montrer les extrêmes avec excès. Une Butterfly proposée par une chanteuse occidentale, aussi excellente soit-elle, parviendra plus difficilement à nous toucher qu'une chanteuse japonaise, héritière dans ses gènes d'une irremplaçable manière d'évoluer et de jouer. Hiromi Omura ne donne pas l'impression d’avoir appris à se mouvoir avec des habits traditionnels, à s'agenouiller ou à s'exprimer avec ses bras, ses mains et son visage. Tout cela émane d'elle sans jamais que l'on ait l'impression d'une attitude travaillée pour l'occasion. Cet énorme atout se retrouve comme par miracle dans un chant que l'on peut qualifier paradoxalement d'intense dans la retenue. Ici, aucune faute de goût, aucune théâtralisation surfaite. Durant le long plan fixe qui accompagne le chœur à bouche fermée entre les deux parties de l'Acte II, seules les expressions de son visage nous parlent dans ce que nous recevons tel un grand moment de subtilité émotionnelle. Aucun cri de douleur vériste, pas plus de pleurs conditionnée, c'est la tradition comportementale japonaise que Hiromi Omura synthétise et nous propose sur la scène de l'Arts Centre Melbourne. De fait, nous avons l'impression d'assister en permanence à un spectacle issu du kabuki ou du théâtre nô. Les spécialistes apprécieront sans doute la symbolique des gestes et des regards, chorégraphie permanente à décoder.

Sian Pendry (Suzuki, de dos) et Hiromi Omura (Cio-Cio-San).L'endurance physique et vocale de Hiromi Omura se place au service d'un art, et l'émotion forte et pure qu'elle parvient à distiller constitue une vérité autrement plus convaincante que les outrances faciles et vulgaires qui sont parfois le lot de Madame Butterfly. La différence d'approche entre la soprano et Sian Pendry, qui incarne sa servante, est flagrante. Souvent proches l'une de l'autre, Suzuki s'exprime avec bien plus d'effets que Cio-Cio-San. Mais, fort heureusement, son incarnation vocale des plus naturelles ne ternira aucunement notre plaisir.

 

 

 

Barry Ryan (Sharpless) et James Egglestone (Pinkerton) dans <i>Madame Butterfly</i> à Melbourne en 2012.


L'américanisme de Pinkerton est assumé avec une relative sagesse par James Egglestone, loin des extravagances surfaites de l'Occidental venu s'amuser de gens et de coutumes qu'il méprise. Son Pinkerton est un homme, certes étranger au monde asiatique, mais doué d'un semblant de respect. La voix du ténor abonde en ce sens sans se distinguer, ni par une sensualité hors de propos, ni par une puissance qui dénoterait dans ce contexte. On pourrait qualifier sa voix de canalisée dans le sens vertical, émise dans l'étroitesse de la puissance et des couleurs, et vite plafonnante. Mais James Egglestone maîtrise cette limite et, malgré la légèreté de son timbre, s'écoute avec plaisir.
Le rôle du consul Sharpless, tout respectueux des valeurs asiatiques, se caractérise sur scène par sa position inconfortable d'Occidental désapprouvant l'attitude irresponsable du lieutenant et ami Pinkerton envers Butterfly. Barry Ryan, lui aussi, adapte son approche vocale au personnage et sait affirmer sa présence à chacune de ses interventions. Enfin, dans le rôle de l'entremetteur Goro, Graeme Macfarlane évite lui aussi la caricature, son chant se caractérisant toutefois par un très léger sigmatisme. Les autres rôles mineurs du Bonze (Jud Arthur), du Prince Yamadori (Samul Dundas) et de Kate Pinkerton participent en outre pleinement à la qualité globale de la représentation. Cette distribution on ne peut plus cohérente est soutenue avec retenue mais efficacité par la direction d'orchestre de Giovanni Reggioli. Lui aussi fait le choix d'un grand naturel expressif.

 

John Nguyen (Dolore) et Sian Pendry (Suzuki) dans <i>Madame Butterfly</i>.

 

Quant à la mise en scène de Moffatt Oxenbould, elle parvient aussi à résoudre les difficultés que pose habituellement Madame Butterfly. Une réussite également redevable aux décors de Peter England et Russell Cohen, à la lumière de Robert Bryan et à la gestuelle réglée par Matthew Barclay, laquelle s'inscrit en toute logique dans la tradition théâtrale japonaise. Le minimalisme zen du mobilier et de l'architecture trouve un écho dans le Japon du début du XXe siècle, de même que les magnifiques costumes d'époque aux couleurs chatoyantes. Sur la scène, le bassin qui entoure le plancher rappelle la fusion de l'élément naturel avec l'architecture japonaise. Enfin, la présence de personnages muets qui accompagnent le déroulement du drame et le charme du jeune John Nguyen dans le rôle du fils de Butterfly ajoutent à cette ambiance orientale de très bon goût et forcent l'admiration.

 

Hiromi Omura dans la scène finale de <i>Madame Butterfly</i> mis en scène par Moffatt Oxenbould.

 

Rien, dans cette Madame Butterfly, n'est à mettre au second plan. Opera Australia nous offre ici une pleine réussite en DVD. Malheureusement, un Blu-ray de cette captation n'est pas prévu…

Retrouvez la biographie de Giacomo Puccini sur le site de notre partenaire Symphozik.info

Nicolas Mesnier-Nature

Suppléments du DVD

- Photos de la distribution.

Bande-annonce du DVD

Critique Images et Son du DVD

Images

Ce master à la fois coloré et bien contrasté est au diapason des partis pris de la mise en scène et de sa délicatesse. La précision des images est très satisfaisante sur les plans serrés et diminue au fur et à mesure que la caméra s’éloigne mais, dans l’ensemble, le détail est assez présent. Quoi qu’il en soit, le Blu-ray de ce programme n’étant pas proposé par l'éditeur, il faut se contenter, en l’état, des possibilités du support DVD.

Son

Le mixage stéréo, assez large, trouve un bon équilibre entre voix solistes, chœur et orchestre. La dynamique globale est convaincante et la lisibilité de l’ensemble se montre satisfaisante.
La piste multicanale DTS apporte davantage de vie à la reproduction. Les chanteurs gagnent en présence et la projection vocale devient plus naturelle. L’orchestre s’épanouit latéralement et s’exprime avec bien plus de vigueur sans noyer le plateau. Les basses sont un peu plus présentes grâce à l’intégration du caisson de graves, tandis qu'à l’arrière, les enceintes surround se montrent particulièrement discrètes mais participent à installer une acoutique de salle très naturelle.

Note technique : 9/10

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Mots-clés

Giovanni Reggioli
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